Chapitre 7

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Raphaëlle aperçut Larani sur la terrasse, debout fumant sa pipe. Des volutes de fumées s'étendaient autour de son visage. La jeune Raphaëlle se dirigea vers elle, curieuse de connaître le résultat de son entrevue avec Alanet. Larani l'aperçu et lui sourit.

_Alors comment ça s'est passé? Demanda-t-elle le plus simplement du monde.

            La Noxum expira la fumée par le nez, posa la pipe sur la table à côté d'elle et commença à parler :

_Je crois qu'Alanet ne souhaite pas nous apporter son aide...

            Raphaëlle attendit mais Larani ne semblait pas décider à lui fournir plus d'explications. Ses yeux rouges continuaient de fixer quelque chose au fond des jardins. Tout ce que Raphaëlle voyait c'était les arbres aux couleurs de rouille et un petit chemin serpentant entre les massifs. C'était étrange comme les deux mondes se ressemblaient pensa Raphaëlle. Légèrement mal à l'aise par ce silence, elle décida de le faire cesser.

_Heu c'est quoi ce truc que tu fumes?

            C'était le seul sujet de conversation qui lui venait. Elle était dans un autre monde où vivaient des êtres à la fois semblable et différents et tout ce qui lui venait à l'esprit était une question stupide, de celle qui amorce les discussions.

            Larani lui sourit et lui tendit la pipe.

_Ah oui je n'ai même pas songé à t'en proposer. Les humains fument aussi la pipe?

_Ça se présente pas de la même manière. Dit Raphaëlle en tenant la pipe entre ses mains.

            Elle remarqua que l'ouvrage était finement réalisé, le bois taillé ressemblait à un animal. Le trou pour évacuer la fumée était en réalité les naseaux de l'animal. Raphaëlle tira dessus avec un mélange de curiosité et dégoût. La fumée à peine passé sa gorge ressortit aussi rapidement qu'elle avait été inspirée. La fumée était âpre et forte. Raphaëlle toussa violemment. Ce qui provoqua un fou rire de la part de Larani.

_C'est comme les bonnes bouteilles, il faut avoir un palais mûr pour l'accueillir.

            Le reste de l'après-midi se déroula ainsi. Larani et Raphaëlle discutant ensemble sur la terrasse des immenses jardins de la demeure d’Alanet. Raphaëlle en apprenait de plus en plus sur  Larani et sur son monde. En réalité, Raphaëlle se trouvait sur le continent Noxum appelé aussi Rêmes, comme sa capitale. Larani lui expliqua que c'était un roi du passé qui avait décidé de renommer ainsi la capitale royale, comme signe d'unité entre les différentes maisons Noxum. Car le continent se divisait entre différents territoires contrôlés par les différentes familles nobles. Il y avait régulièrement des combats et des heurts entre ces familles mais en ce moment la situation était plutôt stable. Et ce sûrement parce que les Yrodiens montraient dernièrement quelques signes menaçant. Et ce en ayant descendu  un des dirigeables Sygrines qui eut la stupide idée de se passer un peu trop près des frontières Yrodiennes...

            Raphaëlle se perdait quelque peu dans ce flot d'information.

_Mais alors toi et Alanet appartenez à une de ses familles nobles?

_Alanet appartient à la famille des Ethènes, pour moi c'est légèrement plus compliqué...

            Face au silence de Larani, Raphaëlle se sentit obligée de changer de sujet. Mais elle était curieuse d'en savoir plus sur la Noxum qu'elle considérait de plus en plus comme une alliée.

_Alors quel genre d'affaires dois-tu régler à Rêmes?

_J'aimerais revoir une vieille amie. Les dernières nouvelles que j'ai eues d'elle n'étaient pas très bonnes. Son père était très malade et maintenant que j'ai rompu mon contrat avec mon ancien employeur je vais peut-être pouvoir lui apporter mon aide. Tu vois de toute manière je comptais me rendre à Rêmes...

            Alanet vint leur rendre visite quand le soleil commença à décroître. Elles étaient toutes les deux sur la terrasse, en train de discuter.

_Tu es venu m'apporter un peu plus de feuilles de Longoulet? Demanda Larani, tenant dans sa main la pipe éteinte, sans rien à faire consumer.

_Non à dire vrai plutôt du moyen de te rendre à Rêmes avec une jeune humaine mais si tu préfères un peu plus de Longoulet pour ta pipe...

            Larani lui sourit.

_Bon si tu peux patienter encore quelques instants, on peut parler du sujet qui nous importe réellement? Donc voilà, matériellement te rendre à Rêmes ne pose pas de problèmes. Je pourrez-vous payer un billet pour le transcontinental, même si le voyage est plus long qu'avec un aéronef, vous passerez plus inaperçues. Je ferais apprêter un fiacre pour que vous puissiez vous rendre à la gare d'Ike.

_C'est moi le problème, dit Raphaëlle ayant compris où voulait en venir leur hôte, c'est ça Alanet?

_Oui c'est toi, enfin, se rattrapa-t-il, pas toi mais ton apparence. Tu parles notre langue à présent, et je suis sûr que Larani pourrait te renseigner sur nos us et coutumes. Mais même si ta morphologie évoque celle d'un Noxum, ta peau blanche, tes yeux verts sont trop étranges pour nous. Tu attirerais les regards de tous les Noxums de la capitale. Et il vaut mieux pour toi que tu passes inaperçue.

_Oui c'est évident vu comment j'ai été accueillie, dit Raphaëlle se souvenant de son arrivée sur le continent Noxum. Si elle se retrouvait enfermée avec les autres humains, elle ne pourrait jamais comprendre comment retourner chez elle.

_ Vu ta taille, tu pourrais te faire passer pour un enfant. Une jeune fille.

            Raphaëlle interrompit Alanet:

_ Je vous semble si étrange que ça?

            Larani détourna la tête, en direction des jardins si bien entretenus de la demeure des Ethènes. Elle se sentait quelques peu gênée par la question de Raphaëlle.

_ Tu as bien vu comment ont réagi certains de mes domestiques? Imagine-toi dans une ville entière comme ça! Tu sais je pense que si tu avais moins ressemblé à une Noxum, on n'aurait pas besoin de faire autant de manières. Sur notre planète, il y a pleins de créatures étranges, mais là tu nous ressembles à la fois tant et si peu... Cela peut être déstabilisant. Mais ma femme a une idée pour te rendre inaperçue dans les rues de Rêmes. Suis-moi, on va voir ce que cette idée vaut.

            Alanet commença à se diriger dans sa demeure. Raphaëlle le suivit, déterminée, et sûrement heureuse d'avoir un vrai but depuis qu'elle était arrivée ici. Larani resta un peu en retrait, curieuse de voir ce qui allait se passer.

            L'idée d'Ekine était brillante par sa simplicité. Après tout c'était la peau blanche de Raphaëlle qui la rendait si différente de n'importe quel Noxum? Il suffisait de la masquer son visage sous un peu de maquillage, et le reste de son corps par des vêtements.

_Bien sûr, ça risque d'être un peu grossier, mais ça suffira je pense pour qu'on la laisse tranquille.

            Ekine avait également fait préparer une malle avec d'anciens vêtements lui appartenant alors qu'elle était plus jeune. Le jean ne faisait pas partie de la tenue typique des jeunes filles Noxum apparemment. Raphaëlle s'exila pour essayer les vêtements en toute discrétion et bien sûr ils étaient légèrement trop grands. Rien de surprenant à cela, Raphaëlle était après tout petite et menue, même pour une humaine. Mais la couturière de la maison s'occuperait d'ajuster ça, comme elle avait déjà reprisé les vêtements de Raphaëlle.

            Ekine prit ensuite Raphaëlle avec elle pour l'accompagner dans une petite pièce, où se trouvait tout son maquillage. Raphaëlle était surprise par le nombre de pot qui s'étalait sur la coiffeuse d'Ekine. Il y en avait trop pour une seule vie se dit-elle. Raphaëlle était loin d'être un garçon manqué, mais elle avouait sa plus parfaite ignorance dans le domaine du maquillage et de tous ses fards. Ekine lui tendit un pot contenant une patte bleue. Surement une sorte de fond de teint adapté aux femmes Noxums...

_ Je vais essayer de recouvrir ton visage avec ça, ce sera un début.

            Et à chaque passage de la main d'Ekine sur son visage, la peau blanche de Raphaëlle s'effaça un peu plus. Raphaëlle assistait à ce spectacle étrange dans le miroir de la coiffeuse. Et elle ne pouvait s'empêcher d'être légèrement effrayée par ce qu'elle voyait dans le reflet: une étrangère. Seuls ses yeux verts restaient identiques et Raphaëlle faisait tout pour qu'ils ne trahissent pas son malaise.

            Ekine se tint ensuite en retrait pour contempler le résultat.

_Tu ressembles presque à une jeune enfant. Bon il reste tes yeux, mais je pense que des lunettes teintées en noir suffiront.

            Ces quelques mots évoquèrent à Raphaëlle le souvenir d'Alik. Alik, et ses yeux non pas rouges mais blancs. Ces yeux qu'il dissimulait sous deux verres opaques. En y repensant, Raphaëlle se souvint qu'il manifestait une certaine gêne, et qu'il gardait ses lunettes même dans la pénombre.

_ Pourquoi certains Noxums ont un iris blanc? Questionna Raphaëlle.

            Et tout en rangeant distraitement son maquillage, Ekine lui répondit.

_ Tu as déjà croisé un Noxum avec des yeux blancs?

_Oui, celui chez qui j'étais avant d'arriver ici. Chez les êtres humains, ils existent plusieurs couleurs de cheveux, d'yeux et même de peau. Mais lui est le seul que j'ai vu avec des yeux blancs.

_ C'est parce que ce n'est pas naturel, Ekine s'assit sur une chaise, fatiguée par le poids de son enfant à naître et poursuivit. C'est une maladie qui ne touche que les jeunes enfants. On l'appelle la maladie du voile sombre. Elle porte très bien son nom car elle prive l'enfant de la vue. S’il est rapidement soigné, ça reste provisoire. Mais si le traitement tarde alors, le jeune Noxum peut garder des lésions ou encore perdre la vue. Le Noxum que tu connais a dû être traité tardivement. Viens on va essayer ta nouvelle tenue avec le maquillage.

            Larani et Alanet attendait patiemment dans le salon autour d'un bon verre.

_ Que comptes-tu faire une fois arrivé à Rêmes?

_ J'ai une vieille amie chez qui je pourrais loger. Je compte lui écrire une lettre avant mon départ pour la prévenir mais je sais qu'elle ne nous refusera pas l'hospitalité.

_ Et comment peux-tu en être si sûr?

            Larani poussa un léger soupir et bu une bonne gorgée de l'excellente liqueur que lui avait fait servir Alanet.

_ C'est une connaissance commune, dit-elle, un sourire apparaissant aux commissures de ces lèvres.

_ Non, ce n'est pas chez elle quand même que tu …

            Alanet ne put jamais finir sa phrase. L'arrivée de sa femme accompagnée la jeune humaine le coupa nette dans ses propos.

            Raphaëlle se tenait juste derrière Ekine. Cette dernière se recula pour que Raphaëlle soit visible, mais elle était devenue méconnaissable sous le maquillage sombre d'Ekine. Elle avait essayé de l'habiller de la manière la plus couvrante possible. Elle portait une robe grise au tissu finement ouvragé. Une étoffe noire venait serrer sa taille, son ventre et sa poitrine. Ainsi elle ressemblait bien plus à une jeune Noxum. Ses cheveux étaient recouverts par une cape d'un gris plus soutenu que celui de sa robe. Des gants venaient masquer ses mains. Seuls ses yeux restaient identiques, deux émeraudes perdus sur cette peau d'un bleu charbonneux. 

            Raphaëlle se tourna vers Alanet qui, une fois n'est pas coutume, ne disait rien.

_ Je suis prête pour Rêmes à présent?

            La nuit allait bientôt tomber à présent. Mais Alanet était décidé à s'entretenir avec l'Ourk attaché au fond de son jardin et marcha rapidement dans les jardins sans se soucier des massifs, ni des souvenirs que ces derniers évoquaient.

            N'rof était endormi sous son arbre enchaîné. Il n'avait à vrai dire pas grand-chose d'autre à faire. Et pourtant, il en voulut à Alanet de venir le réveiller alors que sous ses paupières assoupies repassaient les images du monde qui l'avait vu naître. Celui où il vivait libre avec les siens. Raphaëlle l'ignorait mais N'rof avait tout autant de raisons qu'elle de se sentir étranger sur ses terres. Depuis des siècles, les Ourks servaient de main d'œuvre peu cher aux Yrodiens, l'espèce à la peau écailleuse que Raphaëlle avait vue sur le tableau dans le salon des Ethènes. Mais les Yrodiens ne s'arrêtaient pas là et avaient fondé en grande partie leur empire sur le commerce d'esclaves. La plupart des Ourks étaient esclaves de générations en générations. Ils ne se montraient pas très combatifs et prenaient cette condition comme allant de soi. Assez étrange quand on savait que les Ourks appartenaient sans doute aux espèces les plus puissantes de Guilraen.

            Mais N'rof ne faisait pas partie de ces Ourks. Il n'avait jamais connu l'esclavage. Bien sûr comme tous les jeunes de sa tribu, il avait dû accomplir les tâches ingrates avant de pouvoir poursuivre son apprentissage et devenir chasseur comme son père et sa mère avant lui. De l'entretien des campements, au tannages des peaux de bêtes, jusqu'à la forge, dernière étape avant l'apprentissage de la chasse, il avait appris tout ce qui permettait à sa tribu de fonctionner. Pour les anciens de sa tribu, c'était grâce à cet apprentissage qu'il existait encore des Ourks libres.

            C'était avec une certaine mélancolie qu'il se souvenait des steppes blanches en hiver et qui devenaient de magnifiques plaines verdoyantes en été, du pelage gris et si doux de sa compagne, de ses petits qui aujourd'hui allaient être formés à la chasse...

            Devant lui se dressait le Noxum qui l'avait acheté, comme un simple objet. N'rof pouvait sentir la haine et la colère affluaient dans ses veines. Il savait que d'un coup de patte, il aurait pu le tuer. Et se savoir à la merci d'une créature aussi faible blessait sa fierté.

_ Pour une raison que j'ignore, la jeune humaine que nous hébergeons...

_ Raphaëlle, celle qui ressemble à une des vôtres mais sans l'être, murmura l'Ourk de sa voix grave.

_ Oui c'est elle. Elle veut que je te libère afin que tu l'aide pour se rendre à Rêmes. Mais vois-tu je n'ai pas la moindre confiance en toi.

_ Pourquoi? Parce que j'ai essayé de m'enfuir? Parce que j'ai essayé de rentrer chez moi?

_ Non! Parce qu’en faisant cela tu as failli tuer un des domestiques qui travaillent pour moi et mon père depuis des années. Un homme qui est devenu presque un ami.

_ Est-ce que vous traitez de la même manière les Ourks qui travaillent pour vous depuis des années? Je parie que parmi ceux que vous possédez, certains sont suffisamment vieux pour avoir servi votre père aussi? Dit N'rof un sourire montrant ses crocs.

            Alanet se tut. C'était pour lui plus qu'insultant de se faire rabattre le caquet par une créature sauvage qu'il considérait comme inférieur à lui, un être civilisé avec une culture et des connaissances que cet Ourk ne pourrait même pas soupçonner. Mais bien sûr, Alanet n'était pas du genre à martyriser les Ourks qui étaient sous sa responsabilité. Après tout, il reconnaissait volontiers que les Ourks pouvaient souffrir comme lui et n'importe quel animal. La servilité évitait aux Ourks de se comporter comme des bêtes, voilà ce qu’Alanet pensait des Ourks.

_Qu'aurais-tu fais, toi, si je t'avais retiré à ta famille pour faire de toi un esclave?

_Les Ourks qui travaillent pour moi ne sont pas malheureux, objecta Alanet, éludant la question de N'rof.

            N'rof poussa alors un soupir qui évoqua au Noxum un grognement, tout en jetant un regard en direction de l'endroit où se trouvait l'appentis désigné comme l'habitation des Ourks du manoir des Ethènes. 

_Le pire  c'est que tu as sans doute raison. Ces Ourks ne se rebelleront sans doute jamais. L'idée  même de liberté doit leur faire peur, ou alors elle a quitté leur esprit pour toujours. Ils sont esclave depuis leur naissance, comme leurs parents et grands-parents avant eux... Ils sont aussi différents de moi que la petite oumaine de vous. On ne fait presque plus partie de la même espèce.

            En disant cela, il s'était relevé. Redressé il était bien plus grand qu'Alanet, et les muscles que dissimulait son pelage bien plus puissants. Alanet remarqua en effet les entailles dans l'écorce de l'arbre, probablement dues à la friction des chaînes sur l'écorce. Mais ce fut surtout la parole pleine de profondeur de l'Ourk qui marqua le Noxum.

_ Tu n'es peut être pas qu'une bête sauvage.

            N'rof partit alors dans un véritable fou rire.

_Ça fait des années que je suis trimbalé par des êtres comme vous! Yrodiens, Noxums, peu importe à quelle espèce soi-disant civilisée ils appartenaient, ça ne les avais jamais  empêché d'être violent avec moi pour me forcer à travailler sans relâche. Pourtant j'ai toujours gardé la volonté de rentrer chez les miens, et c'est moi après la bête sauvage? J'ai fait une promesse à la petite oumaine, je la respecterais car elle est comme moi. Je la respecterais, avec ou sans votre accord.

            Alanet resta silencieux après ce monologue. La décision qu'il allait prendre était une pure folie se dit-il et pourtant il l'a pris.

            Il jeta dans l'herbe, au pied de l'Ourk, la clef de ses chaînes. N'rof se baissa pour la ramasser, sans s'en servir immédiatement, quelque peu décontenancé. Alanet lui montra alors l'arme qu'il dissimulait sous sa veste.

_Je préfère vous prévenir, si vous tentez de me faire à moi ou à ma famille, le moindre mal je n'hésiterais pas à vous abattre comme une bête.

_ Ne vous inquiétez pas pour ça, je connais le sens du mot honneur.

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