Chapitre 6.3

5 minutes de lecture

Maddy s'ennuie en classe. Axel et elle sont arrivées au village deux mois plus tôt et ont été adoptées très rapidement. Depuis, l'enfant voit de moins en moins sa protectrice, cette dernière passant son temps avec ses amis, ses vrais amis, Tany et Toine. Maddy est jalouse. Pendant trois ans, elle a eu son Axel pour elle toute seule et elle doit maintenant la partager. Certes, la jeune femme est là tous les matins pour la réveiller, tous les soirs pour la border et lui raconter une histoire, pour l'embrasser sur le front et lui souhaiter bonne nuit, pour la rassurer quand elle fait un cauchemar et rester avec elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Mais ce n'est pas pareil.

La fillette gratte la table. Un bout de bois s'enfonce sous son doigt, lui tirant un petit cri surpris. Le professeur tourne la tête vers elle avant de reprendre sa leçon. Ils travaillent les additions. Si Maddy aime bien les mathématiques, elle préfère quand même les langues. En plus, elle n'a pas les mêmes facilité avec les chiffres qu'avec les mots, mais elle les aime quand même. Et puis ça l'occupe un petit peu au moins. Et puis, elle s'est fait des amis pour la première fois de sa courte vie, et ça, c'est important.

Elle tourne la tête vers la fenêtre. Il fait beau dehors même si le temps se couvre de plus en plus. L'hiver approche, elle le sent. Les arbres perdent leurs feuilles et c'est joli de les voir s'envoler.

- Maddison ?

Elle sursaute, l'air coupable.

- Oui, Arthur ?

Le professeur a bien précisé quand elle est arrivée dans sa classe qu'il voulait être appelé par son prénom et être tutoyé, mais que ça ne voulait pas dire qu'il ne fallait pas le respecter. Il croise les bras et Maddy rentre la tête dans les épaules.

- Tu veux bien répéter ce que j'ai dit ?

- Non je n'ai pas fais attention, désolée.

Elle a le visage rouge de honte. Ses camarades se sont tous retournés pour regarder la scène, captivante à leur yeux. Le professeur soupire.

- Écoute, Maddison, je sais que tu es en avance sur les autres, mais tu dois quand même suivre les cours, d'accord ?

La petite hoche la tête. L'homme souffle doucement. Il admire la vivacité de la gamine. Elle sait bien plus de choses que les enfants de son âge aussi est-elle tombée dans sa classe, celle des CE2. Quand il a vu ce petit machin pour la première fois, il a cru que c'était une blague. Finalement, le niveau est encore trop bas. Pourtant, elle n'a que cinq ans, il ne peut décemment pas la mettre avec des élèves de neuf. Si elle est probablement aussi mature qu'eux, voire plus, ces derniers la dépassent d'au moins une tête. Elle ferait encore plus tâche que dans cette classe-ci. Pensif, le professeur retourne au tableau.

Maddy, après quelques instants de calme, retourne à sa contemplation. Il y a du mouvement dans le ciel. Elle fronce les sourcils. On dirait un oiseau. Un gros oiseau avec une forme bizarre. Pourquoi n'a-t-il pas d'ailes ? Hum. Un gros oiseau qui vole très très vite. Il s'approche et grossit de plus en plus. Pourquoi va-t-il si vite ? Pourquoi ne tourne-t-il pas ?

Un reflet métallique atteint son œil et elle se lève avec un cri effrayé. Ce n'est pas un oiseau, c'est un drone. Plusieurs fois elle en a vu quand Axel et elle étaient en fuite. Mais lui est encore plus gros. Il porte un truc sous son ventre.

Tous les enfants se sont redressés pour regarder ce qu'il se passe et le professeur n'est pas le dernier à se précipiter vers la fenêtre. Maddy, elle, a reculé. Elle se colle contre le mur. Axel lui a déjà parlé de ces drones-là, elle lui a montré des photos. Ils sont très très dangereux. Elle veut crier à ses amis de bouger mais déjà la bombe touche le sol juste devant le bâtiment. Le souffle fait exploser le verre. Maddy lève un bras par réflexe et sens les petits morceaux aiguisés s'enfoncer dans sa chair tendre. Puis le monde n'est plus que rouge et jaune, chaud, bruyant.

Puis le noir, de son drap sombre, la cueille et l'accueille en silence.

La planque était sombre et un peu humide. Si une bonne partie du mur à ma droite était en verre, ce n'était pas une fenêtre. Il n'y avait pas de réelle ouverture. Les quelques meubles étaient purement fonctionnels : deux paillasses qui servaient de lit, une sorte de petite commode pour ranger les quelques biens nécessaires qui tenait lieu à la fois de bureau et de petite cuisine. Une sorte de réfrigérateur était plaqué dans un coin, un micro-onde au-dessus. En soi, la pièce n'était pas bien différente des planques où je m'étais déjà rendue. La différence en revanche se situait dans ceux qui m'accompagnaient.

Dame Tanysha était allongée sur l'un des lits, le visage détendu. Elle ne dormait pas mais faisait visiblement confiance à la Main Antoine pour assurer notre sécurité. Ce dernier était en train de réchauffer des boîtes de conserve afin que nous puissions nous substanter, tout en vérifiant de temps en temps sur sa tablette si personne n'approchait.

Assise sur l'unique chaise de la planque, je repliai les genoux sous mon menton et les enlaçai. Depuis des heures je réfléchissais sur les paroles de Dame Tanysha. Sur la trahison qui m'était demandée. Certes, j'aurais pu refuser et tout reporter à l'Organisation mais comment pourrait-elle me croire ? Je n'avais aucune preuve de ce que j'avançais tandis que Dame Tanysha, elle, en avait pour montrer que j'avais épargner les deux enfants, ne réalisant pas ma mission et mentant par la suite pour les protéger.

Je lâchai un soupir, vaincue. S'il était discret, la jeune femme l'entendit tout de même puisqu'elle leva la tête. Ses yeux couleur charbon se posèrent sur moi. Je me redressai, et lui rendis son regard, décidée.

- Je le ferai.

Axel lève la tête quand un étrange bourdonnement retentit. Il lui semble familier. Elle fronce les yeux pour contrer la luminosité trop forte. Le ciel est assez nuageux mais la soleil brille fort derrière. Une petite tâche grise vole un peu plus haut. Quoique petite est un vaste mot, l'objet semble plus gros qu'un oiseau pour Axel. Elle plisse les paupières à nouveau. L'engin commence à descendre. Oh. La pensée file dans l'esprit de la jeune femme. Évidemment, un drone. Elle en a utilisé des centaines de fois, pour ses missions. Celui-ci semble plus récent, elle ne pense pas s'en être déjà servi. Axel hausse les épaules et revient à ses pommes de terre, peu dérangée.

Elle se redresse soudainement. Un drone ! Bien sûr que non, ce n'est pas normal, il est de l'Organisation. Cherchant l'engin du regard, elle le retrouve enfin. Il survole le cœur du village. Il semble avoir pris de la vitesse. Axel saute sur ses pieds pour courir mais déjà l'école a disparu derrière un épais mur de flammes et de fumée.

- Maddison ! hurle la jeune femme.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
beatrice

Sur ma feuille blanche
Tous les mots que je griffone,
Semblent disparates à mes idées
1
2
2
0
Gwenaelle Poncet


Je me nomme Amayah Simons, j'ai vingt et un ans et il y a environ un an, il m'est arrivé quelque chose d'étonnant, cependant je ne me souviens de rien.
Je vivais avec mes parents et ma demi-sœur, Hayden. Elle avait vingt quatre ans et ce soir-là, elle était avec son petit ami, Cameron.
Nous rentrions de vacances mes parents et moi. Ce soir-là, nous nous étions fortement disputés. La rentrée arrivait à grands pas et je doutais encore de mon choix d'avenir.
J'avais obtenu un bac professionnel dans le Commerce, mais cette année j'avais décidé de partir à la Fac pour faire un DUT Information-communication Option « Métier du Livre et du patrimoine», pour me spécialiser et devenir Éditrice. J'allais donc débuter mon année avec ma meilleure amie, Kayla.
Nous ne nous adressions plus la parole depuis bien une heure. Nous étions à mi-chemin lorsque je sentis la voiture piler et dévier de trajectoire. C'est alors que j'eus compris que mon père venait de freiner et de donner un coup de volant vers la droite. Je n'avais pas compris tout de suite la raison de ce coup de frein. Je me penchai sur le côté et je vis une biche, courant comme si elle voulait fuir quelque chose.
Nous nous apprêtions à repartir quand nous vîmes une énorme bête surgir de la forêt. Elle devait sans doute suivre cette biche qui allait surement être son prochain repas.
Cette énorme créature courait. Elle s'arrêta net lorsqu'elle vit la voiture. Elle se rua ensuite sur nous et et balançait le véhicule quelques mètres plus loin. Je m'accrochais tant bien que mal à ma portière, mais elle s'ouvrit et je passai par celle-ci, pour atterrir sur le sol en béton. Je pus voir la 207 blanche chromée que chérissait tant mon père, faire quelques tonneaux avant de s'arrêter contre un arbre.
J'avais mal partout, cette chute m'avait causé de multiples douleurs au niveau de ma colonne vertébrale. J'étais terrifiée, je venais de voir cette chose tuer mes parents et je ne pouvais rien faire.
Assise sur le sol, je regardais la lune. Elle était presque pleine. Je sentais quelque chose d'étrange se mêler à mon sang chaud. Je compris que j'étais spéciale, un être à part, que les légendes, que ma grand-mère me racontait étant petite, n'étaient pas seulement des contes qu'elle me racontait le soir pour m'endormir mais la provenance de notre famille. Ce pouvoir coulait dans mes veines depuis toute petite.
Mon regard croisa celui de la bête et mon sang se glaça. Je fus prise d'une telle terreur que je reculai. Je venais de buter contre un arbre, je ne pouvais plus faire de pas aller plus loin. Je sentais comme une étincelle dans mes yeux, une sensation hors du commun. Elle avançait dans ma direction.je me figeai sur place.
Au loin, un loup blanc, les yeux rougeoyants nous observait. Il ne pouvait évidemment rien faire face à cette affreuse chose. Il me lança un regard compatissant. Je plongeai mes yeux dans ceux de ce beau loup blanc. Je sentais quelque chose d'étrange parcourir mon corps. Mes os se mirent à craquer, provoquant une intense douleur, m'obligeant à me tenir sur mes genoux et à poser mes mains au sol. Je fus maintenant à quatre pattes, souffrant le martyr, les yeux fermés.
D'un coup les douleurs cessèrent. J'étais soulagée de ne plus avoir mal. Au contraire, j'avais comme un sentiment de liberté.
C'est en ouvrant les yeux que je remarquai que mon corps avait changé. Mes ongles avaient laissé place à des griffes. Des poils de couleur blanche, grise et noire, ornaient mes bras. Mon ouïe était bien plus développée, ma vue était bien meilleure et je pouvais sentir le sang présent dans la voiture, signifiant que mon odorat l'était également.
Qu'étais-je devenue ?
Le loup blanc s'était avancé, la bête s'était arrêtée, tous deux témoins de ma toute première transformation.
L'instant d'après, la créature se jeta sur moi, poussant le loup blanc sur son passage. Je n'eus pas le temps de réagir que je fus projetée aux pieds de la voiture de mes parents. Me retrouvant au sol, je reprenais forme humaine avant de perdre connaissance.
J'avais reprit connaissance en entendant des voix. Je pouvais entendre un homme appeler les pompiers, les couleurs devenaient noires et mes paupières se faisaient très lourdes. Je fermai les yeux à nouveau et je m'endormis.
A mon réveil, je ne me souvenais plus de rien. Les derniers mots que j'avais pu entendre étaient « Accident de la route pour cause d'excès de vitesse » d'après les conclusions de la police.
C'est ainsi que je perdis mes parents ainsi que ma mémoire.
Peut-être me reviendra-t-elle un jour ?
Je me prénomme Amayah Simons, je suis une panthère garou et je ne me souviens pas de ce soir-là, ni de ma transformation. Je suis temporairement amnésique.
5
10
29
9

Vous aimez lire Jo Loschnel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0