Chapitre 2.3

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Maddy lève son passeport bien haut pour le montrer à l'hôtesse d'accueil. Cette dernière sourit et le tamponne puis elle imprime son billet, le lui donne. Elle fait de même pour Axel.

- Bon voyage !

Axel hoche la tête comme unique réponse, prend la main de Maddy et s'éloigne vers la zone d'attente. Une heure, puis elles embarqueront. Elle espère qu'ils ne les trouveront pas avant. Une fois dans l'avion, elles seront en relative sécurité. Elles ont déjà pris deux avions et trois trains pour brouiller les pistes, passant par le Canada, le Mexique et l'Italie. Après celui-ci, elles n'auront plus qu'un train.

Maddy sort le carnet de son sac et commence à griffonner. À côté, Axel tapote son genou de ses longs doigts. Ses yeux sautent de personne en personne mais nulle ne lui est familière. La jeune femme se détend légèrement. Elle vérifie tout de même que son couteau est bien caché dans sa botte et remercie l'Organisation qui, bien pratiquement, lui a fourni l'arme parfaite, faite d'un matériau indétectable par les rayons. Rassurée, Axel s'appuie contre son siège et attend.

Laurence m'accompagna dans les étages supérieurs. Elle vérifiait du coin de l’œil que je tenais debout et ne traînais pas.

- Dame Danielle va isoler ton ADN. Elle va ensuite l'implanter dans l'ovule d'une des Pondeuses, ovule préalablement débarrassé de son propre ADN.

- Une... Pondeuse ?

- Une femme dont le rôle est de porter des enfants. C'est elle qui donne naissance aux Mémoires, aux futures Mains ou aux futures Pondeuses. Les premières, comme tu l'as compris, sont créées in vitro à partir de notre ADN, celui les Dames. En revanche, les deux derniers groupes de rejetons sont les enfants naturels des Pondeuses et de certaines Mains triées sur le volet. En général, elles alternent leurs grossesses afin de ne pas épuiser leur corps par l'enfantement d'enfants prometteurs à chaque fois.

- Ah.

- On va te trouver de quoi manger puis tu vas devoir choisir quelle Mère et quel Sire tu veux pour ta mémoire.

Je n'en menais pas large, je ne comprenais pas tout ce qu'elle me disait. Je me sentais bête. Apparemment, j'ignorais encore beaucoup de l'Organisation.

- Qui sont-ils ?

- Un Sire est une Main particulièrement compétente à qui on octroie une plus grande liberté. Une Mère est une ancienne novice jamais passée Damoiselle, ou une Damoiselle jamais passée Dame, mais ce dernier cas est rare. Chaque Sire est assigné à une Mère et ils forment un couple qui est chargé des premières années des futures Dames. Ta mémoire leur sera confiée.

Je hochai la tête. Logique. Ma maternelle avait toujours semblé me reprocher mon existence, ce que maintenant je pouvais comprendre, sachant qu'elle voyait en moi la promesse d'un futur quand le sien était ruiné. Mon « père » lui, je l'avais toujours aimé. Il était mon préféré. Je frissonnai en me rendant compte que cette personne si importante pour moi n'était finalement qu'une ancienne Main, un homme dont le rôle n'est que soumission et obéissance. Cette simple idée me dégoûta.

Descendant du train, Axel parcourt la foule du regard en serrant la menotte de Maddy. Elle ne veut pas prendre le risque d'être séparée d'elle. Enfin, ses yeux se posent sur une grande femme à la peau matte. Une grosse tresse noire coule par-dessus son épaule. Elle a un grand sourire sur le visage et agite les bras dans leur direction. Axel lui répond, bien que plus sobrement.

Sans la moindre gêne, la femme prend la blonde dans ses bras et la serre fortement. Maddy, elle, reste un peu de côté même si sa main reste accrochée à la veste de son aînée.

- Axel ! Tu as changé depuis la dernière fois. Ça me fait plaisir de te voir !

Elle s'accroupit pour arriver au niveau de Maddy.

- Tu dois donc être Maddison, c'est bien ça ? (La petite hoche la tête, timide, mais reste cachée derrière les jambes d'Axel) Je m'appelle Tanysha, je suis une amie d'Axel.

Tanysha se relève et poursuit :

- Antoine tourne dans le quartier, il n'y a pas de place. Il est très pressé de te revoir Axel, depuis que tu nous as prévenus de ton arrivée, il ne parle que de ça !

Maddy est surprise de voir son Axel rougir légèrement. Cette dernière se racle la gorge pour cacher son embarras, ce qui n'échappe évidemment pas à l’œil de Tanysha. Elle avale un rire et passe son bras sous celui d'Axel.

- Tu me raconteras tout sur le chemin.

Laurence, après un repas rapide, m'emmena vers d'autres couloirs inconnus. Nous sortîmes dans la cour de derrière pour entrer dans une bâtisse isolée, plus petite que la Maison, le Logis. Je m’étais souvent demandé comment pouvait être son intérieur mais fus principalement surprise par la présence d'hommes. Comme vous l'avez compris, il n'y en a pas dans le bâtiment principal, et je n'avais jamais eu le droit de sortir de l'établissement de mon propre chef, aussi mes interactions avec la gent masculine avaient été assez... limitées. Laurence alla à l'accueil pour annoncer notre arrivée et je heurtai au même moment un jeune homme. Surprise, j'en oubliai mes réflexes et faillis tomber en arrière mais la main chaude du garçon se referma sur mon bras pour me garder sur pieds. Je levai les yeux vers lui. Il était grand, d'autant plus que j'étais petite. Lui baissa le regard puis sembla remarquer qu'il me tenait toujours. Il recula précipitamment, l'air légèrement terrifié.

- Veuillez m'excuser je ne voulais pas... Ce n'était pas mon intention...

Il coupa court à ses explications et finit par tout simplement s'incliner.

- Je vous prie d'accepter mes excuses, j'aurais dû regarder où j'allais.

Je reculai à mon tour d'un pas, finalement troublée par son propre trouble. Je savais les Dames nettement supérieures aux Mains, d'autant plus que ce garçon devait n'être encore qu'un aspirant, c'est-à-dire qu'il suivait la formation mais n'avait toujours pas le titre et la fonction. Si je le voulais, je pouvais ordonner qu'on l'enferme, ou même qu'on le fouette pour avoir osé me toucher. Mais je n'étais pas très portée sur les châtiments corporels, même pour un homme. En plus, ce garçon n'avait pas fait exprès. Même sachant cela, je n'avais jamais vu autant de crainte dans les yeux d'une Main (ou d'un aspirant, peu importe).

- Ce n'est rien, soufflai-je.

Il s'inclina encore et s'échappa, semblant fuir ma présence. Je le regardai partir sans bien comprendre.

Axel sent un sourire éclore sur son visage quand elle aperçoit Antoine. Le grand blond à la silhouette d'armoire à glace mais aux yeux pétillants. Il a laissé ses cheveux pousser, mais à part ça, il n'a pas changé.

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