Rouge. 

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Trop tôt pour se lever.

J'étais rentré chez moi la veille, et avais aussitôt ré-enclanché la chaudière laissée éteinte, pendant ces quatre derniers jours. Cela faisait deux ans jours pour jours, que j'avais perdu mon père.

Nous étions en février et c'était aussi son anniversaire. Il aurait eu quatre-vingt six ans.

Le ciel était d'un rouge tragiquement beau, digne d'une toile de Delacroix, et accompagnait mon retour à cette heure tardive de la veille au soir. Trois ou quatre gigantesques éoliennes surplombaient la voie express de toute leur hauteur, lisses et blanchâtres.

Les pales impressionnantes étaient à l'arrêt, comme figées, et on entendait distinctement le bruit des roues sur l'asphalte.

La petite Ford focus grise roulait prestement, comme si elle voulait échapper à l'hiver finissant.

Nous franchirions bientôt les limites du département quarante-quatre et ses mornes paysages de tourbières, aux allures préhistoriques. Le temps semblait suspendu à cet instant précis, où la nuit va tout recouvrir.

Finalement, aucun cri, d'aucune créature à la peau squameuse, ne déchira le silence glaçial de cette fin de journée.

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