Chapitre 15

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Camélia et Adrien étaient partis quelques instants plus tard alors que Mael dormait encore. J'en avais profité pour faire un peu de ménage dans le salon, rangeant les jouets qui trainaient par-ci par-là. Non je n'étais pas maniaque mais j'aimais que les choses soient à leur place. Au bout d'une heure, je me suis finalement décidé à appeler Nathan et Maya puisque j'étais bloqué à la maison pour garder le gosse. Mon père m'avait envoyé un message pour s'excuser de partir sans prévenir en me laissant Mael sur les bras car mon oncle avait fait une mauvaise chute et l'avait appelé pour qu'il l'emmène à l'hôpital. Evidemment, il aurait été déplacé de râler dans ces circonstances, surtout que j'étais réellement inquiet pour mon oncle. Mais j'étais donc coincé à jouer au baby-sitter et il était hors de question que j'ai à supporter ça tout seul. Ce fut pourtant Nathan seul qui frappa à ma porte quelques instants plus tard, m'apprenant que Maya s'était trouvée un job à la foire d'été de la ville et qu'elle commençait aujourd'hui.

Nous avons donc investi la chambre de Mael puisqu'il occupait la mienne. Je m'étais mis entre les jambes de Nathan, le dos calé contre son torse tandis qu'il me maintenant fermement contre lui d'une main et me caressait les cheveux de l'autre.

-Alors, raconte-moi un peu ce qui s'est passé hier soir et ce matin.

Je me lançai dans un récit détailler des évènements sans me faire prier, trop content que mon amitié avec Adrien soit sauvée. Je devais juste éviter tout comportement ambigu avec lui vis-à-vis de Camélia et c'était tout à fait normal. Mais je pouvais le voir et lui parler et c'est plus que ce que j'aurais espéré il y a une semaine.

-J'ai beau ne pas aimer cette situation et cette Camélia qui t'a tant fait souffrir, je dois avouer que ce sourire m'avait manqué dernièrement, fit mon amant en effleurant mes lèvres de son pouce.

Il se saisit ensuite de mon menton pour me faire tourner la tête, rapprochant nos deux visages. Il s'arrêta à quelques centimètres de moi et je fondis sur sa bouche pour combler cette infime distance qui nous séparait. Je me perdis à nouveau sur ses lèvres tandis que nos langues se lançaient dans une danse endiablée que je le laissai mener.

-Dis donc, tu n'as pas de remords à m'allumer dans le lit de ton frère, petit dévergondé.

Je gémis contre sa bouche alors qu'il commençait à taquiner mes tétons.

-On s'en fout, haletais-je. Je dois mettre les draps à laver de toute façon, l'odeur de l'alcool s'est imprégnée dans le tissu.

-C'est que grand frère Shawn n'est pas d'humeur très sage aujourd'hui, me taquina le métissé. Mais en fait moi non plus je n'ai pas envie d'être sage, ajouta-t-il d'une voie rendue rauque par le désir. Tout ce que je veux pour l'instant, c'est voir ton visage se tordre de plaisir.

Sa bouche quitta mon visage pour s'aventurer plus au sud. Mon pantalon me fut ôté en quelques secondes, vite suivit par mon caleçon. Je me cambrai alors que sa bouche entoura soudainement mon sexe. Il me taquina en passant lascivement sa langue sur le bout de mon gland avec de me prendre entièrement en bouche lorsqu'il m'entendit grogner. Il releva les yeux pour planter son regard infiniment provocateur dans le mien. Cela mi fit frissonner de haut en bas et j'empoignai ses cheveux pour pousser sa tête encore pus vers moi, l'incitant à me prendre plus profondément. Sa langue qui jouait avec mon membre finit par m'achever et je vins au fond de sa gorge dans un long un long râle de plaisir. Mon amant se redressa lentement, passant sa langue sur ses lèvres d'un geste sensuel pour enlever les restes de ma semence sur son visage. Il vint ensuite m'embrasser de nouveau et je sentis mon goût sur sa langue. Je glissai ma main dans son caleçon, déterminé à le soulager à mon tour quand une petite voix encore endormie se fit entendre derrière la porte.

-Grand frère, tu es là ?

Nous nous figeâmes, interrompant tout mouvement, n'osant plus bouger. Mince, je l'avais complétement oublié celui-là, ne pouvait-il pas simplement aller regarder un dessin animé come tous les gosses de son âge ?

-Oui Mael je suis là. Je suis en train de défaire tes draps pour les laver. Je te rejoins après, va m'attendre en bas je te ferais à manger.

-D'accord, grommela-t-il avant que je n'entende des bruits de pas s'éloigner de la porte.

Je soupirai, soulagé. Que mon petit frère de 6 ans me découvre dans ce genre de situation dans sa chambre était bien le pire qui pouvait m'arriver. Dieu merci il avait au moins eu la décence de frapper. Je m'écartai du métissé et entrepris de finalement retirer ces fichus draps.

-Hé, qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vas pas me laisser dans cet état-là ?

-Désolé chéri mais ce sera la douche froide pour toi aujourd'hui, lui répondis-je d'un air contrit. Comme tu l'as si bien souligné, grand frère Shawn a du travail. Allez ouste, pousse-toi de là que je puisse enlever le couvre-lit.

Il prit un air offusqué mais se redressa tout de même, non sans m'avoir mordu l'oreille au passage.

-Vilain garçon, je te le ferais regretter plus tard. Compte sur moi pour ne pas oublier, le promit-il en m'admonestant une claque sur les fesses.

Je choisis de ne pas le provoquer d'avantage, je savais qu'il était sérieux et qu'il m'attendait au tournant. Je sortis de la chambre pour lancer une machine avant de descendre dans le salon, Nathan sur les talons. Au vu de l'heure tardive, un petit déjeuner n'était plus nécessaire et je commençai à faire chauffer des spaghettis. Le repas fut silencieux comme Mael n'arrêtait pas de lancer des regards suspicieux à Nathan.

-Pourquoi il est là lui alors qu'hier c'était ton amoureux qui était dans mon lit ? me demanda-t-il finalement.

-La copine d'Adrien est venu le chercher avant que tu ne te réveilles et Nathan est venu me rendre visite, c'est tout. Et évite de dire que c'est mon amoureux devant n'importe qui.

-Pourquoi il a une copine si c'est toi qu'il aime ? enchaina-t-il.

-Il ne m'aime pas Mael, c'est juste moi qui l'aime mais ce n'est pas réciproque. Mange tes pâtes.

-C'est pas vrai ! protesta-t-il vivement en ignorant ma dernière remarque. C'est toi qu'il a appelé et il t'a appelé Shawnie. Moi je suis sûr qu'il t'aime aussi. Mais c'est tant mieux s'il ne veut pas te le dire comme ça j'ai mon grand frère pour moi tout seul quand il n'est pas là.

Mais c'est qu'il n'en démordait pas ! Visiblement, Mael avait beaucoup apprécié cette semaine passée ensemble alors que je m'étais éloigné d'Adrien. Je me promis de ne pas le délaisser pour autant maintenant que les choses allaient mieux. Après tout, c'était un bon gamin au final.

-Et lui, pourquoi il boude ? Il est jaloux ? fit Mael en se tournant vers Nathan.

-Oh non, ricanais-je. Il est juste frustré.

Le métissé me lança un regard noir, lourd en avertissement.

-Frustré ? répéta le petit en ignorant cet échange silencieux. Comme moi quand maman ne veut pas me donner de cookies avant d'aller dormir ?

-C'est totalement ça frérot, l'approuvais-je. Nathan est frustré parce qu'il n'a pas eu sa petite gâterie.

Je ravalais aussitôt mon rire en sentent un pied s'aventurer sur mon entrejambe. J'avalai de travers et manquai de m'étouffer avec un spaghetti sous le coup de la surprise.

-Shawn ? Ça va ? s'enquit le petit qui ignorait tout de ce qui se passait sous la table. Tu es tout rouge d'un coup.

-O-oui oui, tout va bien ne t'en fait pas.

Je tâchai de finir mon assiette le plus naturellement possible en essayant de ne pas réagir face aux habiles caresses dont j'étais victime. Je tentai de chasser son pied lorsque je me sentis durcir mais il resta fermement en place.

Mon calvaire ne prit fin que dix minutes plus tard quand le repas fut terminé. Mael me dévisagea d'un air soupçonneux en voyant mon trouble soudain alors que j'essayais de cacher mon érection tout en remplissant le lave-vaisselle.

-Tu es sûr que tu vas bien ?

-Ne t'inquiète pas Mael, intervint Nathan. Ton grand frère est juste un peu frustré.

Je le fusillai du regard à mon tour. L'enfoiré. C'est qui y prenait du plaisir en plus à me regarder dans cet état. Je décidai de l'ignorer royalement et proposai de regarder un film. Nous étions en train de débattre depuis un bon quart d'heure (Mael voulait regarder La belle et le clochard, moi Avatar et Nathan le dernier Pirates des Caraïbes) quand je reçu un message d'Alex qui m'invitait au parc avec la bande. Je l'avertis que Nathan et Mael seraient avec moi et il m'assura que ce n'était pas un problème.

-Changement de programme les mioches, on va au parc !

Mael poussa un cri de joie tandis que le métissé se contenta d'hausser les épaulant en disant que tout lui allait. Nous étions donc tous assis en cercle dans un coin d'herbe au parc une vingtaine de minutes plus tard. Le gosse avait tenu à ce que nous nous installions près du skate park pour qu'il puisse s'entrainer et j'avais vite accepté, trop content d'avoir la paix. J'étais content de me retrouver là en bande et la présence de Camélia ne me gêna pas le moins du monde pour la première fois.

-Il ne te rappelle pas nous quand on était petit ? me demanda Adrien au bout d'un moment en regardant Mael.

-Un peu, admis-je. Même s'il est loin d'être aussi bon que moi.

-Vantard ! me dit-il en me donnant un petit coup d'épaule qui eut uniquement le don de me faire rire.

J'étais en train de parler avec Eden quand je sentis Nathan m'attirer vers lui pour que je m'appuie contre son torse. Décidé à le torturer un peu pour son geste pendant le repas, je fis mine de l'esquiver, ce qu'Alex remarqua.

-Oh oh, il y a de l'eau dans le gaz ?

-Laissez tomber, intervint Mael qui s'était rapproché. Ils sont juste un peu frustrés en ce moment. Donnez-leur des cookies et ça ira mieux.

Ce gosse attaquait toujours quand je m'y attendais le moins. Il était vraiment diabolique. Je cachai ma tête dans le creux du cou de Nathan, mortifié, tandis que toutes les têtes convergeaient vers nous. J'avais soudainement la brusque envie de devenir invisible. Il serait vraiment temps que quelqu'un se mette à fabriquer une véritable cape d'invisibilité pour ce genre de situation. Sérieusement, avait-on idée de faire des gosses ?

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