Colère II

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Estelle dormait à poings fermés. Ludovic, à ses côtés, bouquinait en attendant Morphée qui  lui avait apparemment pour un lapin. Il ne cessait de se ressasser leur début de soirée.Cela avait été violent, mais pourtant si bon. Lui, d'habitude si passif, introverti, avait pris un malin plaisir à la dominer jusqu'à ce qu'elle vienne tout gâcher. Son érection était revenue rapidement mais Estelle avait décrété que ce n'était plus le moment, que du travail l'attendait.

Ludovic avait hésité à se glisser sous la douche pour se caresser et relâcher la pression. Ou alors de branler devant un porno vite fait. Dans ses fantasmes, il s'imaginait aussi aller se payer une pute pour se soulager.

Il n'avait rien fait de cela. Il voulait qu'Estelle finisse le travail qu'elle avait commencé. Elle l'avait chauffé à blanc, elle devait assumer.

Il observait la poitrine qui débordait presque de la nuisette de satin. Il admirait aussi ses cuisses dénudées qu’il aimait tant caresser. Il voulait la déshabiller, lui arracher sa nuisette et lui dévorer les seins. Il rêvait de se glisser entre ses cuisses pour enfin jouir et libérer son corps de toute cette frustration.

Il approcha sa bouche des clavicules d’Estelle, y déposant quelques doux baisers. Elle ne réagissait pas et commençait même à ronfler. Ses mains se posèrent sur sa poitrine généreuse, qu’il frôlait d’abord du bout des doigts, puis à pleines mains. Il embrassait le cou de la belle endormie, et une de ses mains glissa lentement vers le ventre et se faufila dans la culotte de dentelle, jouant avec la mince toison qui surmontait son sexe. Estelle s’éveilla lentement, mais sursauta en comprenant le comportement de Ludovic. Elle le repoussa :

  • Non mais ça ne va pas dans ta tête ? Qu’est-ce qu’il te prends ? Tu ne peux pas me laisser dormir ?
  • Je n’ai pas sommeil et je me disais qu’on pouvait finir ce qu’on avait commencé tout à l’heure.. Tu sais, sur le sol… Je crois que j’en veux encore, dit-il d’une voix lassive.
  • Et bien, démerde-toi tout seul. Moi, j'ai eu ce que je voulais. J’ai sommeil et une grosse journée qui m’attends demain.

Sans rien ajouter, elle se retourna sur la flanc et tira sur sa nuisette pour cacher ses fesses.

Ludovic ne céda pas pour autant. Il se plaqua contre elle et laissait sa main libre se promener des cuisses jusqu’aux seins d’Estelle. Son sexe durcissait, plaqué contre la raie de sa compagne. Sous l’excitation, il commençait à se frotter contre elle. Excédée, elle se leva du lit, alluma sa lambe et lui hurla :

  • Mais sérieusement, c’est quoi ton problème ?
  • J’ai la dalle. Tu t’es bien fait plaisir tout à l’heure, mais moi je n’ai pas joui. Je suis sur le point d’exploser si tu ne fais rien.
  • Mais je m’en fous. Branle-toi si tu le souhaites, mais laisse-moi tranquille. Je t’ai dit que j’avais besoin de dormir. Soit tu me fous la paix, soit je vais dormir chez ma soeur.
  • Bon, très bien. Allez, reviens, je te laisse tranquille.
  • Promis ?
  • Promis. Je ne te toucherai pas. C’est juré, dit-il en tapotant le matelas où Estelle dormait.

Sans rien ajouter, elle se glissa entre les draps, non sans une certaine méfiance. Elle éteignit la lumière et se tourna dos à Ludovic.

Le sommeil l’avait quitté. Le comportement de son amant l’avait dégoûtée. Elle n’aimait pas être dérangée, quoi qu’elle fasse. Si elle dormait, elle n’acceptait d’être réveillée que par son réveil, et uniquement si c’était nécessaire. Autrement, elle était d’humeur irascible.

Le sommeil la retrouvait enfin. Alors que la torpeur la gagnait et l’emportait, elle sentit un froissement de draps, un mouvement régulier à ses côtés, et Ludovic qui râlait en silence.

Ce n’est pas vrai, ne me dites pas que…

D’un geste vif, elle alluma la lampe et se retourna. Elle découvrit son compagnon, le sexe à la main, essayant de freiner ses derniers va-et-vients, mais c’était trop tard pour arrêter son geste. Il jouit dans un mouchoir jetable qu’il tenait de sa main libre, retenant chaque giclée dans le tissu de papier en poussant de faibles cris gutturaux. Estelle est stupéfaite, elle n’avait jamais vu un de ses compagnons se caresser devant elle jusqu’à l’orgasme. Elle restait bouche bée devant le spectacle de Ludovic tirant les dernières gouttes de sa semence. Il la regarda avec un air de défi, et lui lança :

  • C’est bien ce que tu voulais, non ? Tu voulais que je me débrouille ? Et bien voilà, c’est fait. Alors ? Heureuse ?

Estelle ne savait pas quoi penser. Est-ce qu’elle était en colère ? Déçue ? Excitée ? Elle avait une certaine frustration à être remplacée par une main et un mouchoir. Quitte à être réveillée, si elle avait connu l'issue de leur dispute, elle aurait préféré tirer son coup elle aussi. Finalement, ce fut la colère qui eut raison d’elle :

  • Mais c’est très bien, tu n’as plus besoin de moi, finalement, tu as l’air très bien te démerder tout seul ! Si tu me cherches, je suis sur le canapé. Amuse-toi bien avec ta main droite, enfoiré !

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