Chapitre 6 – Terrence et Sylvia

4 minutes de lecture

Jeudi 25 Juin 2015

Le coroner était un grand échalas aux tempes grisonnantes, il était cordial et parlait d'une manière lente et sophistiquée, il semblait à Sylvia qu'il avait un accent, britannique peut-être… Le coroner les avait conduit dans un laboratoire ou se trouvait des armoires réfrigérées en acier inoxydable.

« Donc comme je l'ai indiqué dans mon rapport la victime est une jeune femme de moins de trente ans, elle est morte dans le véhicule à la place du passager, le tueur était à la place du conducteur. »

Terrence interrompit le médecin.

« Pas de trace de lutte ? »

« Rien de probant. »

« Droguée peut être ? »

« Non pas de trace de substance de ce genre dans le sang. Mais elle pouvait très bien être attachée ou plus probablement ne pas se méfier. »

« Vous avez trouvé des éléments qui confirment cette dernière hypothèse? »

« Aucune attache n'a été retrouvé, et l’absence de trace de lutte me fait penser que la victime n'était pas sur ses gardes. »

« Vous en êtes sûr? »

« Certes non ! c'est une supposition de ma part, car comme je l'ai noté dans mon rapport, la victime a été tuée et démembrée, puis les morceaux ont été emportés par le tueur. Nous n'avons donc eu que peu d’éléments pour nos analyses. »

Sylvia intervint.

« Pourrions nous voir ces éléments? »

Le légiste alla jusqu'à un tiroir, l'ouvrit et récupéra un bac en plastique dans lequel se trouvait plusieurs poches. Elle contenaient des restes humains, lambeaux de peau, morceaux de chair, des os abîmés et des pièces de tissus déchirés.

« Voyez vous-même, comme je vous le disais il n'y pas grand-chose à étudier. »

Sylvia regarda avec attention les différentes poches en plastiques et s’arrêta sur celle contenant les os. Elle pris la poche et observa de plus près, l'un des os avait des marques, des sortes de rayures ou de griffures.

« Et ces éraflures que l'on peux voir sur cet os. » dit-elle à l'attention du médecin. L'homme jeta un œil sur l'os que tenait Sylvia.

« Oui j'ai vu ça, ces marques ont du être occasionnées par l’ustensile employé par le tueur... » Le ton du coroner laissait cependant planer un doute que Terrence saisit.

« Vous n'en êtes pas certain? »

« C'est à dire que dans d'autres circonstances j'aurais pu prendre cela pour des marques de crocs laissées par une bête sauvage, un ours par exemple. »

Terrence était intrigué, Sylvia ne montra aucun étonnement et répondit au médecin légiste.

« L'assassin a sans doute utilisé un objet pouvant laisser des traces similaires. »

« Oui c'est la conclusion de mon rapport, le tueur a sans doute utilisé des genres de pinces ou une larme munie de dents pour découper la victime. »

« Et en ce qui concerne l'identité de la victime ? »

« Nous n'avons pas eu de rapprochement dans nos bases de données. La seule certitude que nous avons, d'après les relevés ADN et les dents retrouvées, est que la victime était une jeune femme de moins de trente ans. »

Terrence reprit la parole.

« Vous avait trouvé des empreintes et un autre ADN dans le véhicule n'est-ce pas ? »

« Oui et ils correspondent à Andrew Ribot. »

« Le lieutenant Barett nous avait pourtant dit qu'il n'y avait pas de correspondances avec vos bases ?! »

« Effectivement Andrew Ribot n'était pas enregistré dans les bases nationales. Cependant j'ai comparé avec d'autres relevés correspondant à Andrew Ribot que le Shérif Douglas nous a envoyé. »

« D'accord… et en ce qui concerne les traces retrouvées dans la forêt proche de l'Indian Lake ? »

« Dans ce cas nous avons encore moins de restes, cependant vu la quantité de sang la victime est sans aucun doute morte. L'ADN correspond à celui de Veronika Parker. La victime a été tuée puis démembrée laissant apparaître la même procédure que dans le cas du véhicule de Monsieur Ribot. »

Sylvia avait toujours les sacs en plastiques devant les yeux, elle regarda Terrence.

« As-tu d'autres questions à poser au Docteur Morgan ? »

Terrence secoua la tête. Sylvia se tourna alors vers le médecin légiste.

« Merci Docteur, nous allons prendre les restes et tous les éléments de l'enquête. »

Le docteur Morgan hocha la tête et répondit avec un sourire en coin.

«Pour une fois que des inspecteurs m'aident à nettoyer mon laboratoire... »

Quelques minutes plus tard Sylvia et Terrence prenaient congé du médecin légiste. La jeune femme portait avec elle les restes humains dans un caisson réfrigéré. Terrence ouvrit le coffre de la Dodge à Sylvia et lui fit signe d'y mettre la caisse. A cet instant le téléphone de Terrence sonna.

Sylvia regardait Terrence faisant les cent pas autour de la voiture tout en discutant au téléphone, son trench-coat s'agitait à chacune de ses enjambées énergiques alors que sa voix grave restait égale, calme et ferme. Sylvia avait comprit que son interlocuteur devait être le Shérif Douglas. Elle attendait la fin de cette communication et observait son partenaire. C'était un bel homme, peu être un peu trop rigide et rationnel pour elle... mais avec un corps athlétique et un charme certain, elle sourit avant de détourner la tête pour éviter que ses pensées ne l’emmènent trop avant.

Terrence raccrocha et appela Sylvia qui s'était éloignée.

« Il y a une autre disparition, Kristen Williams 20 ans, serveuse dans un restaurant, c'est la petite amie de Andrew Ribot. »

Sylvia répondit du tac au tac.

« La victime du pick-ip !? »

Terrence préférait toujours avoir des preuves irréfutables, mais la conclusion de Sylvia paraissait logique.

« Sans doute, mais pour en être certain il va falloir obtenir des échantillons ADN de Kristen Williams pour les comparer avec ceux trouvés dans le véhicule.

« J’envoie une demande au bureau. » dit Sylvia en souriant.

« Tu leurs demanderas aussi une localisation du mobile de Mlle Williams. Mais avant, il y a autre chose. »

Terrence s'approcha un peu plus de Sylvia avant de continuer.

« Le Shérif a également perquisitionné la villa de Veronica Parker sur les bords du lac, il y a découvert une nouvelle scène de crime, même topo que pour les autres à une exception prés il y a des inscriptions sur les murs. »

Terrence tendit son smartphone à Sylvia.

« Regarde, peux-être que ton expertise pourra nous servir... »

Sylvia regarda les photos sur le mobile de son partenaire, il contenait plusieurs photos d'un mur blanc sur lequel était écrit en rouge, sûrement du sang, les inscriptions suivantes :

Aidez-moi / Le Soleil Rouge, le soleil de Sang / Je le vois / faite le taire / pitié aidez-moi

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Jacques IONEAU
Variantes de haïkus pour un sonnet.


Sur la plage de Mimizan
13
15
5
1
Jacques IONEAU
Des espoirs ?
8
14
2
1
Défi
PM34

Humanité...
Larve magnifique mais égocentrique, tu es Narcisse qui se contemple dans son lac jusqu'à en mourir ! Lève les yeux et vois la forêt brûler !

Humanité...
Qui suis-je pour te juger ? Un fragment de toi qui n'est ni respectable, ni méprisable. Un homme ordinaire qui, comme beaucoup, se pense différent. Un homme abject, en vérité, car conscient mais aussi immobile qu'un évanoui.
Un homme, en somme, qui n'a rien fait de sa vie.

Mais un homme, cependant, qui ose se prétendre écrivain et qui prend sa plume un soir pour te parler, en sachant bien que c'est vain.
Qu'ai-je à te dire, humanité, que d'autres n'ont déjà dit ? Que je te hais ou que je t'aime ? J'hésite entre les deux.
Tu n'es pas bonne ou mauvaise, humanité. Tu es créatrice de beauté et d'horreur. On pourrait essayer d'estimer en quelles proportions, mais serait-ce utile ?
Je n'ai, de toute façon, pas l'envie de me lancer dans des calculs. Tu devras donc te contenter de ma vision biaisée et subjective.

Humanité, listons quelques-unes de tes œuvres si tu le veux bien.
La Petite Sirène de Copenhague qui regarde, mélancolique, la mer. Auschwitz, lieu des pires horreurs. Le Colisée de Rome, où se sont affrontés hommes et animaux pour le plaisir du public. La Tour Eiffel, colosse de métal et représentante des techniques architecturale de son époque. Le SMS Vulkan, navire de soutien aux sous-marins de la Kaiserliche Marine. Les animaux musiciens de Brême, hommage au conte des frères Grimm.
Je ne parle là que de l'Europe et ne cite que peu de choses, c'est une encyclopédie qu'il faudrait pour tout lister.

Humanité... Il est temps pour moi d'annoncer mon verdict, car te voilà qui me lis.
Que dois-je penser de toi ? Je l'ignore, en vérité...
Que pensé-je de toi ? Ça je l'ai déjà dit... Mais sauras-tu voir au delà du texte ? Sauras-tu relier les points pour avoir la réponse ? C'est ce que nous verrons...
12
47
5
1

Vous aimez lire Guillaume Etuy ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0