Chapitre 3 – Veronica Parker

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Mary avait mal au crâne, elle ouvrit péniblement les yeux, elle découvrit la lumière du jour filtrant à travers des branchages. Elle sentait l'odeur de l'humus tout autour d'elle, elle était couchée à même le sol forestier, au milieu des fougères, des cônes et des épines de conifères. Elle entendait des oiseaux chanter au dessus d'elle et le bruissement de petits animaux fouillant les environs en quête de nourriture.

Mary s'assit péniblement et découvrit ses vêtements réduits à l'état de haillons. Son pantalon était déchiré par endroits, comme lacéré par les branchages et les ronces, ses chaussures étaient sales, sa chemise était elle aussi déchirée par endroits mais pire encore elle était couverte de croûtes sombres. Mary gratta avec la main une de ces tâches, elle approcha sa main de son visage et sentit cette odeur métallique caractéristique du sang. Mary tressaillit d'horreur, elle ouvrit sa chemise pensant être blessée, mais elle ne découvrit aucune marque seulement du sang séché sur elle et sa chemise. Elle déchira un peu plus son pantalon pour voir ses jambes qui devaient être griffées mais il ni avait aucune écorchure. Inquiète elle chercha du regard son sac et son portable mais il n'y avait rien autour d'elle seule la nature l'entourait. Elle avait du perdre ses affaires la veille alors qu'elle marchait dans cet état de fatigue si intense.

Mary se releva avec difficulté, son corps était engourdi et elle avait de violentes courbatures. Elle se mit debout malgré la douleur intense et rattacha sa chemise déchirée comme elle put. Mary chercha autour d'elle un point de repère pour savoir où elle se trouvait. Elle ne devait pas être si loin que cela de la maison, elle se remémora la direction qu'elle avait prise la veille et regarda le soleil pour s'orienter. Elle débuta sa pénible marche de retour en serrant les dents et en sentant un goût de sang dans sa bouche.

Mary marchait depuis quelques minutes seulement et tentait de se remémorer les événements qui l'avaient amené là. Elle sentait une pression lui vriller l'esprit alors qu'elle se concentrait pour se souvenir. Son crâne lui faisait de plus en plus mal mais alors qu'elle allait abandonner un flash traversa ses pensées.

Il faisait encore frais, le soleil n'était pas encore levé, elle courait rapidement avec une agilité inhumaine, elle voyait avec une acuité d'animal nocturne et elle sentait avec un odorat de limier. Elle courait, grisée par un étrange sentiment, une émotion qui ne lui appartenait pourtant pas, elle ressentait un plaisir nouveau qu'elle ne comprenait pas. Elle sentit une fragrance particulière, un parfum couvrant une transpiration, elle entendit une respiration saccadée, des bruits de pas. Un puissant instinct s'empara alors d'elle. Un désir irrépressible de sang. Elle s'avança rapidement et pourtant sans bruit à la bordure d'un chemin et elle repéra sa proie. Une femme qui courait, des écouteurs sur les oreilles. D'un bond elle sauta sur la femme et d'un mouvement brutal du bras l’assomma.

Mary se souvenait fugacement de chairs déchirées, de giclées de sang, d'une violence outrancière, d'un cœur sanguinolent.

Mary sursauta, elle était terrifiée. Que s'était-il passé ? La créature, ou elle, Mary ne savait pas, avait attaquée cette pauvre femme. Mary s'était arrêtée de marcher, elle s'effondra sur une pierre et pris son visage dans ses mains en pleurant. Elle était perdue, que lui arrivait-elle ? Devenait-elle folle ? Et si elle avait fait du mal à cette femme ? Elle ne pouvait pas rentrer et mettre en danger son père.

Mary resta là à réfléchir, son mal de crâne s'amplifia subitement. Elle se releva d'un bond sans comprendre, elle se sentit étrangement bien, les courbatures disparues, ses peurs se dissipant telle une myriade de gouttes d'eau s'évaporant sous l'effet de la chaleur. Mary se sentait si bien et pourtant elle savait que quelque chose clochait. Elle tenta de se concentrer de reprendre ses pensées mais rien ni fit. Son esprit lutta un bref instant avant de se disloquer sous une pression plus forte. Mary s'évanouit.

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