Action

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 Elle somnolait déjà quand un craquement lui fait ouvrir les yeux. Elle voit le Gardien tailler franchement dans le taillis. Un peu embrumée, elle perçoit qu’il fait ça pour elle. Après avoir dégrossi, il pratique, juste en face du chemin d’accès, une ouvertur de la taille d’une arcalète. Elle laisse le sommeil l’envahir.

 Quand Razprael la réveille, d’instinct elle sait que les trois-quarts de la nuit se sont écoulés. Il l’a laissé dormir vraiment longtemps. Elle est en pleine forme. Elle s’ébroue, saisit son arme et l’étui de munitions. Elle le regarde l’air de demander s’il veut dire quelque chose. Il hésite, fait non de la tête et, sans plus de cérémonie, s’allonge juste derrière un petit monticule à cheval sur le chemin. Il disparaît presque complètement. Il remue, bruyamment, mine de se caler plus confortablement. Inutile qu’elle demande pourquoi il n’a pas choisi le creux, bien plus confortable et adapté à leurs tailles.

 Elle se dirige vers le taillis. Il n’a pas perdu son temps pendant qu’elle dormait. Il a aménagé le creux de telle façon qu’elle puisse s’asseoir commodément, bien en face du chemin. Elle s’y cale facilement comme fait sur mesure. Machinalement elle se tourne et se croit victime d’une hallucination. Le Gardien se déplace en rampant à une vitesse frisant l’illusion d’optique.

 Ramper n’est, de loin, pas une pratique naturelle aquinidéenne. C’est même une gageure pour la majorité d’entre eux, réalisable qu’après un long entraînement. Brociande a appris mais, comme lui, jamais. Tout dans cette reptation va à l’encontre des leçons reçues. Sa position, presque fœtale, les deux paires de pattes antérieures resserrées sur le poitrail. Seules les avant travaillent. Il en tend une, l’ancre sur le sol, tire pendant que l’autre va chercher vers l’avant un nouveau point d’accroche.

 Il ne cherche nullement à être silencieux. Sans le visuel, elle ne saurait pas qu’il était parti. Sa reptation n’a provoqué qu’un bruit assourdi qu’elle a à peine perçu. Alors qu’elle se trouve à quelques mètres… Le son se dilue dans le brouhaha ambiant que provoque l’augternité, L’Heure de l’Abreuvoir. Le choix du moment d’entamer sa manœuvre n’a donc rien du hasard.

 L’augternité fait partie de ces instants que l’univers peut, parfois, réserver, un moment d’éternité et de rupture dans le continuum existentiel commun pour laisser place à un intervalle de Paix absolue. Le monde animal se regroupe autour des stropuliers. Ces arbustes sont capables à l’aide de leurs racines de puiser profondément l’eau pendant la journée avant de la restituer par suintement aux trois-quarts de la nuit. Regroupés en bosquets, l’aire formée devient alors le théâtre d’une trêve tacite où s’opère spontanément un partage équitable, méticuleusement respecté. Cet entracte n’a pas de durée spécifique, seul le lever du jour y met fin. Sur Myact, pendant quelques heures, trois ou quatre suivant la saison, règne une harmonie où n’existe plus ni chasseurs, ni proies.

 Elle, comme bien des aquinidés, par attraction, même si leur degré d’évolution les en dispense, ou quand ils sont en voyage, y participent parfois. Elle chasse doucement cette pensée nostalgique pour revenir au moment présent, la veille. Son arcalète est bien calée, en position de tir. En dépit de toute logique, elle espère ne pas avoir à s’en servir ; de ne pas avoir à tuer un des siens.

 L’idée de tuer n’est pas dans leurs gènes, une extrémité qui se produit qu’en cas de conflit insoluble. Ou, lui souffle une petite voix, sauf pour les Ordonnés ou les déséquilibrés. Le meurtre sur Myact est rarissime, considéré comme déviance absolue. La punition est précise, l’exclusion et l’exil. Ni plus, ni moins qu’une condamnation à mort. Affaibli par la rupture du lien métapsychique, essentiel pour eux, il n’est pas en mesure de résister longtemps aux pièges et encore moins aux prédateurs, nombreux. Ou, encore plus terrible, à la démence dépressive…

 L’arcalète est très sensible quelle que soit la tension de tir choisie. Pour ce soir, elle a opté pour trois flèches et une tension moyenne pour un angle de soixante degrés. Cette arme est l’incarnation de la prudence. Toutes les leçons de tir tournent autour, répétant à l’envi qu’elle seule est une source fiable de survie. Vérifier et revérifier poste, arme, angle de tir et mobilité pour facilité les mouvements et recharger. Son carquois est à portée, les projectiles installés dans leurs encoches ainsi qu’une demie douzaine d’autres dans les rainures de côté prêtes à être saisies pour les tirs suivants. Elle fait jouer les poulies. Il ne lui restera qu’à armer avant de tirer, une opération très rapide. Le faire avant aurait été une source de danger.

 Une fois terminée cette phase, bien calée, le regard braqué sur le sentier sombre, elle se retrouve soudainement désœuvrée. Une brèche béante pour voir surgir la réalité, le concret le plus cru d’une situation de vrai danger ainsi qu’une solitude aussi soudaine que totalement méconnue…

 Dans sa vie d’avant, toujours entourée, elle n’a pas le souvenir de l’avoir été vraiment seule un jour. Razprael a disparu. Sa présence, hormis toutes ses craintes et à-priori, est sécurisante. L’aube est proche, les sons presque absents comme un entracte avant l’éveil général. Elle repense à ce qu’il risque de se passer. C’est une chose d’avoir la volonté, une autre d’être devant presque le fait accompli ; une de tirer sur des cibles en bois, une autre sur des êtres vivants, sur ses semblables.

 Une question en amène généralement une autre. Pourquoi voudrait-on sa mort ? Question sans réponse. Tout est parti en vrille à l’instant précis où Razprael a prononcé son nom. Elle ne l’a pas compris sur le moment mais à cette seconde il l’a fait basculer du statut d’élue à victime. Au fond, peut-être est-ce la même chose… C’était hier, elle a l’impression que des années se sont écoulées depuis. Comme si les événements d’une durée de quelques secondes comptaient pour des mois. Que lui reste-t-il de cette journée ? Une rébellion aussi vite née qu’envolée suivie d’une résignation tout en fatalisme et une constante, le sentiment d’un sort injuste.

 La vie est curieuse. Les différences entre ce Gardien et ces mercenaires ne doivent pas tenir plusieurs pages de livre. Ils la veulent. À tous prix… Elle ignore même si au fond leurs buts et raisons ne sont pas similaires ou très proches. Des faits qui divergent profondément de ce qu’elle avait imaginé.

 N’a-t-elle jamais été autre chose qu’une marionnette ? Dont le manipulateur change au gré des volontés de commanditaires, mystérieux. Autant de constats qui créent turbulences en elle, mère source d’une rébellion, plus profonde, moins éruptive. Ces vagues insidieuses comblent chaque vide de son corps. Elle ne sait pas comment nommer le phénomène. La révolte qui crée la révolution ? La remise en cause de son pan structurel imaginé, ou fantasmé ?

 En une seconde de parfaite mauvaise foi, elle se verrait bien n’aspirer qu’à dérouler une vie normale. Un compagnon en union, des petits, deux pas plus, un travail régulier, une stalle à eux avec un lopin de terre à cultiver. Vieillir parmi leurs descendants et s’en aller tranquillement ceint de leur amour et rejoindre les prairies célestes. Tout le reste ne semble que chimères. Aventures, magie, sorcellerie, guerres, politique ou artistes, autant d’occupations mangeuses de temps, d’énergie ; d’illusions et de désillusions ; de solitude assurée pas forcément assumée ; de marginalité à la frontière de l’orthodoxie aquinidéenne et de non-conformisme voire d’hérésie menant à l’exclusion, l’exil et donc la mort. Pourtant bien ancrée au fond de son âme, la réponse est clairement « non ! »

 L’heure de l’affrontement, non, des affrontements a sonné. Le principal ? Celui entre soi et soi… Assumer sa réalité, son rêve dirait certain, la certitude d’avoir un destin. Fut-il éphémère… Peu importe pourvu qu’il marque les esprits présents et futurs. Ce chemin qui lui fait face sera l’impasse ou la porte ouverte. Elle ferme les yeux et s’applique à pratiquer la respiration des entrailles, lentement et en découpant chaque séquence d’aspiration et d’expiration.

 Quelques bruits, frottements, grésillements, craquements percent et transfigurent ce brouhaha silencieux qu’est la nature. Chaque moment de la journée a le sien, une tonalité et un effluve précis. Une gamme musicale…

 Instinctivement – ou insidieusement, murmure son mauvais génie intérieur – elle sait que c’est le moment le plus délicat. Celui où si l’ennemi avance, ses bruits, pour peu qu’il soit habile ou sache se déplacer en harmonie comme le Gardien, se confondent avec le fond. La simple évocation de l’Ordonné imprime son image dans son cerveau, son air sarcastique. Elle le voit, l’entend presque dire, « concentre-toi plutôt qu’imaginer ». Avec raison, doit-elle reconnaître.

 Il l’a prévenue de ne pas se fier à son ouïe mais à ses yeux. Le sentiment du danger se concrétise. Son estomac se noue alors que sa respiration se hache et que son cœur choisit l’arythmie. Ses pattes tentent l’autonomie qu’elle ne parvient que mal à contenir. Elle tremble de tous ses membres. L’arcalète tressaute. Sa salive obstrue cette trachée qui ne veut plus s’ouvrir. Sa vessie se rappelle à son bon souvenir. Elle a froid en suant à grosses gouttes. L’image de son foyer surgit brutalement. Et l’envie d’y retourner à toutes pinces.

 Elle est en train de vivre ce que Razprael a nommé peur. Causalité d’un sentiment qui ne l’ont pas préparée à ses effets… Malgré tout, sa clairvoyance n’est qu’entamée et la réaction immédiate. « Idiote, quel foyer, se secoue-t-elle ! Il y a bien longtemps qu’il ne l’est plus. Devenu juste un gîte d’hébergement, amical mais sans plus, une transition d’avant départ pour d’autres cieux. » Une onde vibre dans son cerveau, précédant de peu des mots inarticulés.

« Ils arrivent… »

 La voix emplit sa tête. Silencieuse… Le choc est violent, la surprise complète. Elle a les intonations du Gardien mais pas de sonorité. Ainsi est-ce l’effet produit par la télépathie ? Bien que connue sur Myact, elle n’est pas génétique mais s’apprend. Réservée à l’élite du Trinitarisme et ses exécutants, la majorité ne la verra jamais à l’œuvre.

« … Cesse de te réfugier derrière les questionnements inadaptés. Il y a un temps pour tout. Celui-là est à l’action. Rappelle-toi, guette les changements de tonalité à mi-hauteur, pas les sons. Dès que tu crois en avoir repéré un, arme et sois prête à tirer. Attends de les distinguer plus nettement. Et continue jusqu’à épuisement de tes munitions. Si tu m’aperçois, c’est que ce sera fini. »

 Les mots, sans son, claquent tout de même sèchement, avec une volonté nette de la remettre d’aplomb. Il y réussit en partie. Elle s’attache à regarder, à mi-hauteur, comme précisé. Mais les pensées surgissent parfois en toute autonomie. Les indications de l’Ordonné indique qu’il pense qu’ils vont arriver en rampant. S’il se trompe ? Qu’ils chargent en vertu du surnombre ? Ou font pleuvoir une pluie de traits ?

« Alors nous mourrons, tout simplement, dit Razprael dans la veine fataliste propre à l’aquinidé. »

 Elle ne relève d’ailleurs pas. Pourquoi ne pas me parler depuis le début, se demande-t-elle ? S’aperçoit de sa niaiserie et attend stoïquement la réponse, sûre qu’il a entendu.

« Il fallait que je vérifie leurs propres capacités.

— Inutile que je demande comment tu l’as vérifié ?

— Absolument inutile ! Ils approchent. »

 Elle le croit sans détour, regarde, ne voit rien, n’entend rien. Elle affermit ses pattes sur son arcalète. Soudainement l’ambiance lumineuse diffracte. Elle arme son arcalète. Ses yeux, à force de fixité, commence à piquer. Elle papillote pour les humidifier. Des tâches commencent à se discerner, grises sur gris. Trois, émet-elle mentalement.

 Les formes imprécises se déplacent de la même manière et presque aussi efficacement que le Gardien. Elle applique soigneusement la technique de respiration. Se fixe un repère de tir. Curieusement elle suit la progression presque détachée. Ils approchent de son point de référence.

 Subitement, ils s’arrêtent. Elle panique et la tremblote la reprend. Elle entend sa propre respiration comme un souffle de forge apte à réveiller la terre entière. Comme une seconde vue, elle voit et entend une multitude de détails en un seul plan fixe. Armés leurs propres arcalètes, son doigt sur la détente, son frottement, le sifflement des flèches qu’elle lâche, la brise sur son museau, le passage d’un strochtousaure traversant le chemin en arrière des mercenaires et des cris de douleurs.

 Sans attendre, ni s’appesantir, elle s’active. Ouvrir le corps de l’arme, poser les traits dans les encoches, refermer, manœuvrer la poulie de tension, presser la détente. Ses flèches filent. Elle les voit nettement se perdre dans la nature.

 Vite, recommencer. Son regard accroche deux formes allongées sur le sol. Une immobile, l’autre rampe vers les broussailles du bord, le troisième a disparu. La stridulation nette d’un carreau lui frôlant l’oreille droite la tétanise. Sans l’entendre vraiment, elle perçoit un second arrivant presque aussitôt juste avant de le sentir entrer dans son flanc. Sans logique, une réflexion lui vient. Comment a-t-il fait pour tirer aussi vite ? Sa troisième salve prend la direction des nuages déviée par la fulgurante douleur. Elle voit nettement les flèches retomber bêtement à moins d’un mètre d’elle.

 Elle flageole tellement de panique et de douleur qu’elle ne parvient pas à ouvrir le corps de son arme. Son carquois s’éparpille au gré d’un coup de patte malencontreux, inatteignable. En tâtonnant, elle essaie de saisir son coutelas. Elle ne le trouve pas. Elle est impuissante. Elle sent venir la fin et s’attend à tout moment à recevoir le coup de grâce d’une flèche. Rien ne vient. Où est passé le troisième ?

Chaque question contient sa réponse… Il avait beau jeu de le dire Auctor l’oracle… Le bruissement des feuilles de phryaspes lui en démontre la réalité. Deux oreilles se dressent, précédant de peu une tête. Le corps entier surgit du buisson et galope vers elle. Elle se met à hurler sans résultat avant de se rappeler que Razprael peut « l’entendre ». Elle lance alors mentalement, « j’y suis plus ».

 Une tornade surgit alors qu’elle en est encore au mot « suis ». Elle n’aperçoit qu’une ombre volant littéralement. Les deux pattes avant tiennent un glaive double à pointes recourbées et à barbelures sur un des fils et un coutelas à lame large.

 L’épée mouline à grands cercles rageurs, découpe tout sur son passage. La dague est tenue bien droite, prête à frapper. Le mercenaire n’a pas le temps d’esquisser la moindre défense que sa tête s’envole. Elle s’élève bien droite avant de repiquer vers le sol. Elle n’y arrive pas entière, découpée comme une lomne trop mûre par le glaive. Dans le même mouvement, Razprael a projeté son coutelas vers le buisson de droite. Un hurlement retentit puis un corps jaillit avant de s’affaler au sol. Son dos arbore une des flèches de Brociande, une blessure somme toute assez légère dont il aurait pu se guérir en s’enfuyant. Le glaive s’abat à nouveau.

 Brociande a un haut-le-cœur en voyant l’épée du Gardien s’abattre. Elle cherche des yeux le troisième assaillant. Il n’a pas bougé d’un millimètre. L’Ordonné en fait autant de son côté, le glaive haut. Il ne fait rien prouvant qu’il est bel et bien mort. Elle voit deux carreaux dans son corps, l’un dans ce qui semble bien être la région du cœur, l’autre de part en part dans la gorge. Les deux blessures sont mortelles. C’est donc elle qui l’a tué. Elle vomit, inondant son arme. Et s’évanouit.

Notes :

Arcalète : à l’origine, elle est constituée de quatre pièces courbes en opposition, d’une manivelle pour tendre le fil métallique de tension et de déclenchement de l’impulsion de carreaux. Une arme à un coup au départ, transformée par la suite, elle avait la possibilité de tirer jusqu’à huit fléchettes. A partir de deux, inutile de préciser que la précision était absente. Le maximum qu’elle pouvait propulser, huit, en éventail, sans aucune précision, d’une portée réduite. Utilisée normalement pour disperser les bêtes en meute, cette configuration sert peu en combat, sauf en cas de diversion.

Elle reçut de nombreuses modifications au cours des années. La première fut l’adjonction de tenseurs variables offrant diverses options suivant l’objectif, distance, vitesse, dégâts ; vinrent ensuite une lunette de visée ; puis, l’invention d’un chargeur permettant le tir « à répétition ». Ce chargeur contenait des traits plus petits de moitié, plus véloces et plus pénétrants.

Strochtousaure : imaginer un sanglier qui n’aurait que deux pattes, couverts de plumages et d’embryons d’ailes et vous aurez une idée précise de cet animal, absolument inoffensif, peureux et végétarien. Le seul vrai danger qu’il peut faire courir est de vous percuter de ses cent cinquante kilos dans sa fuite. Face à ce cas, se pousser est la seule solution.

Lomne : gros fruits, ressemblant à la noix de coco sans la coque. Comme elle, son cœur contient un liquide mais très acide mais aux vertus antiseptiques et calmantes. Sa chair est insipide et filandreuse.

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