Aquinidé (voir notes)

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Avertissement : c'est un long chapitre car il comporte de nombreux renvois vers des informations sur Myact et sa race dominante, les aquinidés.

 La songerie nostalgique/mélancolique de Brociande s’arrête brusquement. En longue praticienne de l’observation globale et du ressenti d’une atmosphère, ses yeux latéraux lui communiquent une infime distorsion dans l’apparente immobilité ambiante de l’horizon. Elle rouvre immédiatement sa vision frontale, jusqu’alors occultée comme souvent quand elle se laisse aller à ses pensées.

 Un instant de concentration, un froncement de regard, elle est, presque – ne jamais croire à l’indéniable – certaine d’avoir perçu une fumerolle s’élever au-dessus de la cime des arbres, là-haut, à hauteur du sommet Griola de la montagne Albury, l’accès le plus direct vers Arsanc. Qui dit feu, dit présence, dit visite. D’où elle le situe, il n’y a qu’un chemin vers une seule destination, le bordj d’Arsanc, unique localité de cette vallée. Chemins, routes, sentiers d’Hespyd sont soigneusement balisés, régulièrement entretenus. Le continent est vaste, les communautés, relativement, éparses. Il serait simple de s’y égarer. Ce voyageur ne peut qu’avoir pris volontairement cette route après le carrefour de l’Aroueta qui concentre trois destinations, Stracgi à trois cents kilomètres, Asztier à 273 et Arsanc à 156.

 Le jour n’est pas encore total dans la vallée mais Sotrapi, premier astre du matin, éclaire déjà en plein le sommet, détachant nettement les contours. Elle doit être la seule à l’avoir remarqué. La harde presque en entier est mobilisée pour la récolte. Ils profitent de la fraicheur matinale et seul un tremblement de terre leur ferait relever la tête.

 Brociande, avec son statut particulier, en est dispensée. Elle est libre de participer, ce qu’elle fait le plus souvent, à la plus grande joie de son escorte qui se retrouve presque déchargée et peut enfin faire autre chose. Ou non…

 Comme ce matin où elle a ressenti un besoin de solitude. Façon de parler quand on est entourée de gardes du corps… Dont elle ne tient plus compte, parvenant à oublier leur présence… Dans les bons jours, elle les assimile même à une simple extension de son enveloppe.

 Elle est assez lucide pour concevoir que, réciproquement, sa présence, et la responsabilité induite, pèsent sur leurs épaules. Ce travail de garde nuit et jour, partout, à tout moment, toutes circonstances, est routinier, ennuyeux, gênant, parfois humiliant dans certains moments où la solitude sied mieux. Toutes occasions de distractions sont les bienvenues.

 D’après ses estimations, si le visiteur entame la descente maintenant, il sera là d’ici trois/quatre heures. Du haut de son promontoire, à six cents mètres des travailleurs, elle est en position idéale pour attendre. Elle appelle Aloursa, la chef d’escorte :

« Je reste là ce matin.

— Entrainement ?

— Au corps à corps ? »

Aloursa hésite un peu avant de préciser :

« Seulement si nous récupérons les caparaçons d’entrainement.

— D’accord et aussi le déjeuner. »

 Manière de signifier qu’ils resteront là un grand moment. Elle ne leur a pas parlé de sa découverte. Chaque occasion d’avoir un petit secret personnel en est une bonne d’avoir la sensation d’exister par elle-même, même pour quelques heures ! Tôt ou tard quelqu’un signalerait une présence. L’étranger en descendant soulèvera un nuage de poussière caractéristique et fera rouler des caillasses.

 Deux heures durant, elle enchaine luttes, duels à l’épée, assauts galopés. Ses gardes se relaient pour lui offrir une adversité. En bonne aquinidé, elle se livre à fond, impétueuse. Quelques hématomes en devenir lui envoient des signaux d’alerte. Elle les ignore. Il faut qu’Aloursa, presque autant gouvernante que chef de groupe, sonne la pause pour qu’elle s’arrête. Sotrapi est déjà haut dans le ciel, Adpirus a commencé sa propre course. (voir notes)

 Assise, en pleine séance d’étirements – merci Aloursa veillant au grain – l’évidence s’impose. Personne n’a encore signalé une arrivée. Surprise, elle lève la tête vers la pente. Pas le moindre nuage de poussière à l’horizon.

 S’est-elle trompée ? A-t-elle rêvé ? L’étranger n’aurait-il pas entamé la descente ? Avait-il fait une erreur et rebroussé chemin ? Une intime conviction lui dit que non mais la réalité est là. Un fulgurant désappointement l’emplit. Il lui faut plusieurs minutes pour percevoir le murmure « Un étranger vient ! » s’élever des champs précédant de peu les cris des jeunes.

 Son escorte réagit immédiatement. Armes sorties, elle l’entoure, Aloursa à l’extérieur du cercle. De sa patte droite, elle montre le nuage de poussière qui s’élève en lisière de la forêt Bliku, à sept kilomètres du Bordj. La chef du groupe au vu d’un seul aquinidé décrète l’absence de danger et ses gardes du corps rompent la formation.

 Brociande, elle, s’interroge sans bouger. L’étranger a réalisé la descente en à peine deux heures et demie, sans soulever de poussières ? Il est bien sur le chemin mais elle est sûre qu’il vient seulement de le rejoindre et que ce nuage est délibéré. Elle s’approche d’un muret, occulte sa vue latérale pour focaliser la frontale mais c’est encore trop loin pour distinguer quelque chose.

 Elle se met en devoir d’attendre sans impatience, se contentant d’emmagasiner des impressions et images. Il galope sur ses six pattes. Il est couvert de poussière. A mi-distance, il change d’allure pour adopter le trot à quatre membres. D’emblée son train inspire l’élégance brutale et implacable. Il dégage une aura de détermination que la distance n’altère pas. Il ne soulève plus de fumée. Comment ?

 Parvenu à un kilomètre, il s’arrête soudainement sans à-coup. Il reste immobile quelques secondes. Le temps pour elle de se faire la réflexion que son apparence anodine est trompeuse. Même recouvert par la poussière d’un long trajet, le caparaçon qui le vêt est manifestement une armure de combat. Un outil non destiné à un aquinidé lambda…

 L’étranger s’ébroue. Il tire un linge de son harnais de poitrail et commence à s’épousseter minutieusement, s’attardant longuement sur la caparaçon. Au fur et à mesure l’armure retrouve un poli mat. Noire, elle est dépourvue de tout ornement. Il range le tissu après l’avoir secoué, en extrait un autre et entreprend de frotter énergiquement. Des nervures roses apparaissent striant le noir. Il ne peut y avoir de doute, la matière est de l’osdrine, un alliage d’ospaline ivoirine et de verdudrine carminée, transmutée. Outre qu’elle représente le métal le plus dur connu, imperméable même à un trait d’arcalète, habituellement ce mélange donne une couleur laiteuse zébrée de rose. Seule une théurgie primaire monopolisant une fraction importante de sœurs et frères de la Doctrine (voir notes) peut la réaliser. Un privilège, onéreux, réservé à la noblesse ou en récompense pour services rendus…

 L’origine de l’étranger est évidente, l’Ordonnancerie. C’est donc un seigneur, probablement un Servant supérieur. Viendrait-il la chercher ? Tellement habituée à être singularisée, à entendre qu’elle aura un destin – non spécifié –, elle n’envisage aucune autre option. Elle devrait éprouver du soulagement. Elle ne ressent que de la crainte. Démarche inusitée pour une aquinidé somme toute ordinaire ?

 Le regard toujours fixé en mode frontal sur le visiteur, elle ne peut s’empêcher de le trouver d’une beauté à couper le souffle. Et terrifiant aussi… Une tape brusque sur sa croupe la ramène aux réalités. Elle contrevient à toutes règles de décence, de politesse et de civisme. Observer quelqu’un dans ce qui relève du domaine intime – en ai-je moi ? – ne se fait pas. Est passible de trente coups d’étrille que son statut ne lui éviterait pas.

 Il sort un peigne de sa sacoche et entreprend de démêler sa crinière. Soudain il se fige, braque son regard droit sur elle. Il ne peut la voir dissimulée derrière son muret de protection, imposé par Aloursa dont la prudence n’a pas de limites. À cet instant elle l’en remercie silencieusement. Elle est transie. Il se détourne, s’arrête un moment sur son escorte non tenue à la discrétion.

 Il reprend sa séance de brossage puis entreprend de confectionner une tresse, un sport peu pratique sans miroir et sans vision. Sa crainte remonte d’un cran. Une seule caste dans tout Hespyd et même Myact arbore un tel signe. Le murmure de ses gardes du corps la conforte dans son constat. Un Gardien de l’Ordre !

Ainsi donc, son pressentiment était bon. Le ramage n’a aucune correspondance avec le plumage. Gardiens de l’Ordre… Les paroles d’Auctor, un jour de confidences, oubliées depuis, resurgissent :

« Fille, en l’Ordonnancerie, tu rencontreras une caste dont je t’invite à te méfier au plus haut point. Tu les croiseras forcément. Ils t’ignoreront. S’ils te parlent… »

Il s’était tu. Par politesse plus que par intérêt elle avait relancé.

« Qu’est-ce ?

Qu’est-ce ? Ou qui… Les Gardiens de l’Ordre… Sans pitié, implacables, terribles jusque dans leur équité… Chacune de leur mission est une fin en soi, rien d’autre n’existe… Une élite, des guerriers formés à toutes les formes connues de combat. Des ordonnateur-trices de la Mort… Capable de la procurer de la manière la plus fraternelle et douce jusqu’à l’ostentation et la douleur maximale… Maîtres en illusions, optiques, physiques et artistes en prestidigitation appliquée, l’écume fantomatique de la magie disparue. Si ta méfiance ne doit s’appliquer qu’en un seul domaine, alors, braque la vers eux. Si l’un fait mine de t’adresser la parole, prie ou tente de le tuer. Ses réflexes te tueront rapidement et sans douleur. Mais j’en ai déjà trop dit, rentre chez toi. »

Auctor l’avait planté là. Ses paroles, elle les avait entendues mais, malgré la gravité et le tragique indéniable du ton, ne se sentit pas concernée. De plus en plus souvent l’oracle lui faisait ce qu’elle ne savait comment nommer. Confidences ? Apprentissages ? Conseils ? Elle triait arbitrairement.

Malgré tout, le soir, à la veillée familiale, elle s’en était ouverte à ses parents. Père se referma comme un stroudoul (voir notes). Mère afficha un regard triste. Elle ne brisa le silence qu’au terme de longues minutes que Brociande n’osa pas troubler malgré son impatience.

« Un Ordonné, l’autre nom des Gardiens de l’Ordre, la plupart du temps, s’immerge dans une harde, remplit sa mission et s’en retourne sans plus de manières. Hautement préférable à les voir arriver qui n’est jamais bon signe. Si j’ose dire ainsi, à visage découvert, il est investi d’un mandat encore plus institutionnel. La probabilité que son objet s’étende à plus d’un membre d’une communauté est presque certaine. Que sa cible englobe une famille, un groupe, parfois le clan entier, jetant discrédit et déshonneur, parfois ultime. Les conséquences peuvent être terribles jusqu’au suicide ou l’esclavage. »

 Cette résurgence donnent un sens à ces paroles. Pour qui vient-il – pas pour moi, j’espère ? Ni pour personne, sa rancœur absolument superficielle au fond n’irait jamais à souhaiter la disparition d’un des siens. Aucunement… Un Ordonné peut-il se déplacer uniquement pour un acte administratif ? Peu probable… Une démarche diplomatique ? Arsanc n’est rien et n’entend nullement qu’il en soit autrement. Une pointe hautement douloureuse, qu’elle voudrait bien pouvoir chasser, en vain, lui présage que le manuscrit de sa vie est en train de s’enrouler. Pour laisser place à un espace vierge, inquiétant…

 Elle regarde l’inconnu. Il vient de se redresser sur ses pattes arrières, « en marche debout » et de reprendre son avancée vers le bordj. Qu’il n’y soit pas à l’aise, une évidence sans importance. Elle souligne juste un peu plus la solennité. Autour d’elle, son escorte, et un peu plus loin, le clan, laissent sourdre une anxiété palpable. Ce qu’elle pensait être de la peur auparavant n’était que crainte. Ce qu’elle éprouve maintenant est indiciblement plus poignant. Elle transpire sans raison. Avec une envie de prendre ses pattes à son encolure et de fuir au grand galop vers n’importe où, dans un trou profond et inaccessible.

Bluestaar, le hargmestre, décrète prématurément la fin du travail. Une retraite en bonne et due forme… Aloursa lui tapote l’épaule. Elle acquiesce. Les mots sont inutiles. Au trot, ils rejoignent le clan.

Brociande s’arrête au portail. Comme hypnotisée, elle jette un coup d’œil en arrière. Comment un être peut-il être tout et son contraire ? Terrifiant…

Et aussi beau…

Notes :

Quelques précisions sur la race principale de Myact, les aquinidés :

Son aspect est proche d’un cheval qui aurait la tête d’un élan sans ses bois. Il pèse, mâle comme femelle sans prééminence, de 750 à 1100 kg pour une taille variant de 1,8 à 2,5 mètres en hauteur, incluant la tête et entre 2,5 et 3,7 mètres de longueur.. Son espérance de vie est située entre 77 et 85 années myactiennes (71 et 78 ans terrestres). La gestation est d’environ 11 mois ( 12 terrestres). Son système digestif s’apparente à celui des ruminants terrestres, végétariens exclusivement, deux estomacs. Ses besoins en déplacement sont très réduits et il peut survivre plusieurs jours sans apport important et rester deux jours sans boire.

Il est doté de deux paires d’yeux, frontaux et latéraux, leur procurant une vision à 360°. A 600 mètres ils distinguent encore des détails et peuvent identifier précisément un objet. A 1000 mètres ils voient sans détails sans l’identifier précisément. Repérer des sources lumineuses à des dizaines de kilomètres. Ils peuvent distinguer les galaxies lointaines dont la plus éloignée, la voie Lactée, à environ 1,5 millions d’années lumière. Dernière spécificité, en fermant une paire d’œils, ils peuvent augmenter la netteté de leur acuité visuelle. Latéralement l’amélioration est presque insignifiante et tend à leur faire perdre l’équilibre interne. Frontalement, la portée en netteté peut atteindre de un à deux kilomètres sur une période toutefois limitée de deux à cinq minutes avec, en prime, une migraine.

L’aquinidé possède 3 paires de pattes ou, plutôt 2 classiques et une de bras. L’ensemble se termine par trois doigts dont un préhensile. Ses bras ont la même utilité et les mêmes usages que ceux des humains. En outre, en mode déplacement, ils servent d’auxiliaires de courses, leur apportant une stabilité, une régularité et une endurance supérieure. Cette pratique n’est pas innée malgré les siècles. Elle nécessite un apprentissage pour la coordination.

A la naissance, l’aquinidé ne se sert que de ses quatre pattes. Leurs bras ne sont qu’ébauches et ne se proportionnent qu’à environ 3,5 ans (environ 4 terrestres) et l’apprentissage du déplacement à 4 ans (environ 4,5 ans terriens)

Les déplacements aquinidéens adoptent 4 allures :

Le pas, marche lente (quatre pattes) : usage quotidien des tâches ordinaires. Jamais utilisé en déplacement long.

Le trot (quatre pattes) : guère différent au niveau de l’allure du galop modérato sauf qu’il est nettement plus fatiguant. La moyenne est légèrement inférieure, souvent et volontairement stabilisée aux alentours de 25 km/h. Il nécessite des arrêts plus fréquents. Utilisé quand l’usage des bras peut devenir indispensable comme dans une bataille pour tenir les armes.

Le galop modérato (pattes et bras) : le train le plus commun en voyage. Ils sont en capacité de le soutenir pendant six à sept heures pour une moyenne de 30 à 40 km/h.

Le galop de course (pattes et bras) : train qui peut atteindre une vitesse moyenne de 70 km/h pendant plus ou moins deux heures avec des pointes à 90. Les plus entrainés et endurants peuvent débouler à plus de cent. Ces dernières allures, très exceptionnelles, ne durent guère que 2 ou 3 minutes. Elles nécessitent une longue plage de récupération qui le met en état de faiblesse face à un quelconque danger. Il y faut vraiment une situation d’urgence.

Globalement les aquinidés ne se déplacent jamais en marchant tout simplement sauf à l’intérieur du bordj. Vu extérieurement, l’impression est qu’ils sont toujours pressés.

Sotrapi, Adpirus :

Myact a deux soleils et pas de lune. L’orbite d’Adpirus est plus basse et il met moins de temps à faire le tour de Myact. À la saison tiède, il rejoindra l’astre premier vers la fin d’après-midi. En été, les deux se lèvent presque en même temps. En automne, Adpirus est le premier à apparaître, Sotrapi plusieurs heures après. En hiver, Adpirus a déjà disparu quand Sotrapi surgit. Les journée sont courtes et longues les nuits au printemps et en été ; journées longues et nuits courtes en automne et hiver.

Frères et sœurs de la Doctrine :

Ce sont ni plus, ni moins que les moines de l’Ordre du Trinitarisme. Ils sont les garants de la Foi, les servants mineurs et gardiens de la tradition. Ils vivent en reclus dans un monastère. Il n’en existe qu’un, à l’Ordonnancerie.

Le célibat n’y est pas obligatoire pourvu qu’une éventuelle union ou liaison n’implique pas l’extérieur. En gros, ils vivent en vase clos.

Cette caste est mystérieuse. Ses secrets, devoirs et obligations sont bien gardés. Tout ce qui est connu d’eux relève du « on dit », non vérifié et non vérifiable. Entrer au monastère, pour quelques raisons qu'ils soient, est ne jamais en ressortir.

La principale rumeur est qu’ils détiendraient les dernières pratiques magiques. Qu’ils les gardent jalousement et efficacement.

Cette opinion bien ancrée est renforcée par leur art, connu lui, de la transmutation de certains métaux en certaines matières. Le comment ils y parviennent n’a jamais transpiré. Ce véritable art est leur principale source de revenus et même profits. Ils le vendent à un prix prohibitif. Seuls les nantis y ont donc accès.

Pendant quelques années au siècle dernier, une rumeur fulgurante enflamma Hespyd. Les frères et sœurs de la Doctrine ne seraient que les Gardiens de l’Ordre, les Ordonnés. Fait jamais vérifié ou prouvé. La menace d’ébullition consécutive fut prise au sérieux. S’ensuivit une répression féroce mais discrète. Tout aquinidé prononçant ce genre d’hypothèse signait son arrêt de mort. Autant dire que les Gardiens de l’Ordre furent très occupés.

De nos jours, régulièrement la rumeur ressurgit avec les mêmes conséquences pour ceux qui la propagent.

Mythe ou réalité ? Nul n’en sait rien hormis les Ordonnés, les moines (même si l’ordre a disparu de nos jours suite aux évènements relatés ici) et la hiérarchie de l’Ordonnancerie.

Stroudoul :

Gastéropode dont la coquille ressemble à celle d’une huitre creuse, plus prononcée et hérissée de piquants, vénéneux pour les animaux de petites tailles, allergisant pour les autres. Sa taille à l’âge adulte peut atteindre jusqu’à 35 cm. C’est un animal peureux, se déplaçant sur de courtes distances ; ne restant jamais éloigné de son territoire ; qui dès qu’il ressent un danger, s’enroule dans son cocon, s’aplatit et peut rester ainsi des heures alors que tout risque est passé.

Le stroudoul vit en clan d’une vingtaine d’individus, jamais plus. Hermaphrodite, sa population s’autorégule d’une façon inconnue pour le moment. La recherche n’est pas le fort des aquinidés et est le fait d’individus isolés souvent qualifiés de dilettantes. Tout en étant respectés et d’autant quand ses travaux sont considérés comme apportant utilité. Nous touchons du doigt là un paradoxe des aquinidés. Toujours prêt à apprendre mais peu enclins aux découvertes abstraites.

Le véritable danger du stroudoul est de le rencontrer en période craintive. Non car il va se défendre mais, aplati, il ne se voit pas forcément. Il est aisé de lui marcher dessus. La certitude d'une douleur aigüe et d'un long moment de démangeaison.

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Avec le temps, on parle, on marche on se lève, on pense. Dieu qu'il est important à l'homme de pouvoir penser comme s'il ne lui suffisait pas de vivre.
Avec le temps on grandit, on pleure, on se relève, on sourit et, surtout, on aime, encore et encore, on distribue de l'amour autour de nous comme si nous étions des abeilles avec du polen et que nous l'amenions vers nos amies fleurs en manquent d'amour.
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