Réveil

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 La tête du Gardien de l’Ordre apparaît par l’orifice soudainement ouvert et balaye l’inquiétude de Brociande. La mécanique soulagement détente lui fait oublier la hauteur basse du plafond et elle s’y cogne allégrement.

« Glochvar (voir notes), jure-t-elle.

— A tes souhaits, dit Razprael sautant lestement par l’ouverture, comment te sens-tu ?

— Comme quelqu’un qui aurait dormi trois jours et une surcharge énergétique à dépenser.

— Pas trois jours mais neuf en comptant aujourd’hui.

— Neuf jours ? »

 Elle est sidérée.

« Ta blessure n’était pas mortelle, mais, ces enfants de schgroup (voir notes) utilisent de la folubamine (voir notes) pour enduire la pointe de leurs flèches.

— Je ne connais pas ?

— Cholulipe (voir notes), ça ne te dit rien ?

— Si, elle donne un poison aussi violent que sa fleur parme est magnifique.

— Pas seulement… Les doctes en tirent un anesthésique pour les opérations délicates, un soporifique léger et un somnifère efficace. Tout est absolument question de dosage. Malheureusement quelques dépravés ont trouvé le moyen d’en faire un narcotique puissant, les cristaux de rêves… »

 Brociande revient en terrain connu. L’évocation du nom renvoie à un fléau. Les adeptes se transforment en véritable zombie n’ayant plus que, stricto sensu, la peau sur le squelette. Dépourvus de toutes protections, sans aucune force, ils meurent très rapidement dans des souffrances inimaginables telles que le recours, unique, est l’euthanasie par charité malgré leur innocuité.

« …Ce qu’ils ignoraient c’est que l’accoutumance survient dès la seconde prise. Ces assassins en ont utilisé une variante militaire. »

 Il y avait presque une nuance comique à entendre le ton outragé et révolté du Gardien de l’Ordre pour décrire ni plus, ni moins qu’un moyen de donner la mort. Indignation à considérer comme signifiante ? Elle est tentée de lui envoyer une pique cassante mais sa répartie habituelle s’est évaporée.

 Elle est sous l’emprise de trop d’émotions contradictoires, jamais ressenties, à la limite de la panique. Son cœur bat une chamade effrénée, exécutée en chorale jouant une harmonique plutôt hermétique. Souffle coupé, elle ne peut articuler le moindre son. Sa circulation sanguine, autonome et partiale, joue sa propre partition, pianissimo, limitant drastiquement toutes irrigations de ses artères dans l’attente d’un retour au calme de ses fonctions basiques. Pour avoir fait des études anatomiques, elle sait que le cœur aquinidé comporte trois lobes. Sans jamais en avoir eu la moindre conscience physique. Jusqu’à cette minute…

 Son repas de gloutonne pèse lourdement sur ses estomacs. Pensée inutile ou adjacente, question de point de vue ou conséquence de son instruction, elle relie poids ressenti et temps de digestion standard, six heures, et imagine le calvaire à venir.

 Honteuse, elle sent l’aigrette du haut de son front s’affaisser. Les aquinidés en choc émotionnel l’abaisse comme d’autres les oreilles ou rougissent comme les umens. Un manque de dignité peu séant dans la pratique aquinidé… Le regard interloqué de Razprael la remet dans le fil et comme si de rien n’était, elle enchaîne.

« Il n’y a pas d’antidote pour ce poison.

— Pour la foluscine… (voir notes)

— Il y a une différence au final ?

— Pas vraiment quand la folubamine est trop dosée au bout du bout, la mort survient. Mais il existe une thérapeutique, la rachloine (voir notes). D’ailleurs, nos énergumènes sont malins, ils avaient coupé le poison avec. Un dosage suffisant pour retarder et atténuer les effets. De quoi te mettre en conditions idéales et ouvrir toutes les options. Ùne dose de cristaux pour te rendre dépendante, une surdose pour te tuer ou l’injection de rachloine pour te guérir. »

 Elle sait que Razprael transporte l’équivalent d’une trousse médicale.

« Vous aviez de cette herbe? demande-t-elle.

— Non, aucune raison d’en avoir puisque, normalement, la folubamine n’est pas disponible au tout venant.

—Comment avez-vous fait ?

— Question idiote ! »

 Retour à la rhétorique normale du Gardien…

« L’antidote se trouve facilement ?

— Pas dans cette région ! En Aztageïre seulement… »

  À trois jours de galop continu si elle se fie à sa mémoire des leçons de géographie. Il avait dû rebrousser chemin, retraverser Arsanc puis l’Oraguèl et ses marécages piégeux et retour. C’est sûrement à ce moment qu’il avait aussi ramené le polsin. Vu sa fraicheur, il n’était donc rentré qu’hier soir voire cette nuit. Additionnés à la construction de la cabane, le compte y était.

« A quel moment devient-il poison irréversible ?

— Entre huit et dix jours suivant l’âge, la constitution et le dosage.

— Ils nous voulaient vivants. Ce ne sont donc pas des voleurs.

— Tu est naïve. Il ne te voulait pas tout à fait morte, nuance. Moi, il m’aurait abandonné sur place sans même m’achever. Le temps que je m’aperçoive de la perfidie, je n’aurais plus eu comme solution que le suicide. »

 Il accentue très fort le mot « perfidie ». Bis répétita dans l’air outragé… Un Gardien de l’Ordre considère-t-il qu’il y a une échelle honorable dans la manière de donner la mort, leur métier au fond, même affublé de légitimité ? Elle repousse la question, la range en haut de sa liste personnelle pour revenir à du concret.

« Comment as-tu compris pour moi alors ? repassant du vouvoiement au tutoiement.

— Par logique ! Même nul et ignorant en médecine, je n’en ai pas moins l’habitude des blessures. Comment les soigner, les effets et les conséquences à en attendre. La tienne n’aurait pas dû t’immobiliser plus d’une journée. Dès les premières heures, j’ai vu que quelque chose clochait. Ton coma n’en était pas un. L’idée du poison s’est donc imposé rapidement. Il me fallait déterminer lequel. Je suis donc retourné sur les lieux de l’agression pour vérifier. Le folubamine laisse une odeur caractéristique. À partir de là tout était facile. »

 Comme il y allait. Facile ?

« Et s’il avait été trop tard ?

— Tu sais. »

 Oui… Elle sait mais, autant ce savoir, quelques heures auparavant, n’a pas déclenché de réactions épidermiques, autant cette fois la colère lui monte en flèche au cerveau. Il ne lui laisse pas le temps de déborder et, comme souvent, lui coupe l’herbe sous les sabots.

« Perte de temps inutile… »

 Pourtant, cette fois, il se fend d’une explication.

« … une sous-estimation presque irrespectueuse de moi et de toi. Même au nom de l’aquinidisme minimum, aucune autre solution n’aurait existé. Concentre-toi sur le présent et sur nos agresseurs.

— Des gardiens de l’Ordre dissidents ?

— Sans être prétentieux, sûrement pas. »

 Le ton dément la précaution oratoire. Elle insiste quand même.

« Pourquoi pas ?

— Cinq gardiens ne nous auraient pas ratés. Nous ne serions plus là, répond-il, haussant les épaules, fataliste.

— Une idée de leur région d’origine ?

 Elle n’avait aucun doute sur le fait qu’il avait cherché à le déterminer.

« Non, mais ils étaient en Arsanc depuis très longtemps. »

 La surprise faillit la mettre cul par-dessus tête, au sens propre. Un seul clan vivait en Arsanc. Elle n’imaginE aucunement l’un des siens en mercenaires aguerris et assoiffés de sang. Même sa garde rapprochée, le plus près de ce que pourrait être des soldats, n’aurait pas eu l’envergure.

« Je dois les voir.

— Stupide… »

 La remarque pique son orgueil mais vu le fonctionnement de Razprael, elle réfléchit. Pas longtemps, l’évidence s’impose. En neuf jours, les slamtangs (voir notes) ont agi et les cadavres disparus.

« … Pas de scarifications tribales (voir notes), même modifiées. Aucune chance qu’ils aient été arsanycs.

— Sans jamais que nous les ayons repérés ? Quel rapport avec moi ? »

 Son désarroi est palpable et la réponse du Gardien, inattendue, n’améliore rien.

« Je ne sais pas, dit-il en forme d’unisson. »

 Une couche de brouillard par-dessus une épaisseur de brumes d’un inconnu de plus en plus profond… Si encore elle connaissait au moins les tenants et aboutissants du Gardien. Il ne répondrait certainement pas à une telle question directe. Elle se trompe et il s’en faut de peu qu’elle laisse s’envoler des paroles émises à voix basse.

« … devoir est de te ramener à l’Ordonnancerie. Par tous moyens… Quoiqu’il arrive, tu meurs. Si possible, pas n’importe comment, ni n’importe où. La réponse, je ne l’ai pas pour t’éviter de poser la question. Ma réussite signe ta fin et presque sûrement la mienne. »

 Aurait-elle dû éprouver de la surprise ? Du contenu, non, l’annonce ne fait que corroborer un sentiment flou mais ancré au plus profond d’elle. Par contre, que le Gardien viole une règle liminaire de l’Ordre est, en soi, une espèce de don antinomique. Pourquoi le…

« Ce n’est ni la première, ni la dernière fois. Dis-toi que le but est le seul incontournable. Il n’y a pas de règles qui tiennent pour les Ordonnés, seule la réussite compte.

— Ainsi, même maintenant, tu m’écoutes ?

— Seulement quand c’est utile.

— Tous les…

— Ne sois pas stupide. »

 Stupide, son mot favori manifestement envers les non-initiés… Est-ce ainsi qu’il la voit ? Définitivement…

« Tu continues… »

 Elle se raidit, attrape son regard et se fige. Elle croit y lire, non elle y lit, comme un regret intérieur qui ferait des sabots et des doigts pour s’exprimer. Une expression fugitive aussitôt dédite par sa phrase suivante, en un seul mot lapidaire.

« Prête ? »

 Un mot pour signifier qu’il n’y aura pas de discussion sur le sujet. Son réflexe de rebelle adolescente qu’elle est toujours l’incite à répondre « à quoi ? » La certitude d’une nouvelle remontrance l’incite au silence. Elle se contente de faire « non » de la tête.

« Bien, allons-y alors, enchaîne-t-il sans se démonter. La vie est faite de moments, y compris pour les réponses à des questions dont, ni moi, ni toi, n’avons la moindre bribe de début d’éclaircissement. Hormis perdre un temps précieux… »

 Elle aurait bien envie de lui faire remarquer que pour l’avenir qui lui est proposé, peu importe l’endroit et le moment. Razprael, lui, sans plus de manière, entreprend de réunir leurs affaires. Le jour entre à flot par l’ouverture qu’il vient de dégager. Il lui montre pour lui signifier de sortir. Dans le même temps, il lui tend son baluchon, son arme et son carquois. Elle se redresse et se hisse péniblement. Une pointe douloureuse au flanc se rappelle à elle. Heureusement que le Gardien l’aide, sinon elle serait retombée.

 En haut, la lumière l’éblouit. Elle cligne des yeux tout en pensant subitement qu’elle pourrait l’abattre, là maintenant, dans l’instant de faiblesse où il va se trouver en remontant. Elle sait qu’elle n’en fera rien. Un début de gestuel collatérale à la pensée la fait se tourner vers l’ouverture. Elle faillit ne pas la remarquer tellement les propriétés mimétiques du fytsson dissimulent l’abri à la perfection.

 Razprael se hisse. Il tire sur un madrier. Tout s’écroule, révélant une ouverture béante. D’un de ses sacs de flanc, il sort un instrument inconnu d’elle et un bout de chiffon imbibé de stochton (voir notes). Il l’enroule autour d’un rameau long et souple. Il fait manoeuvrer une roulette de l’objet, produisant des étincelles. Il répète l’opération et la torche s’embrase. Il la jette dans la cavité qui s’enflamme presque aussitôt.

 Le Gardien recule à peine et reste sans bouger. Une rafale de questions se presse dans le cerveau de Brociande. Pourquoi bruler l’abri ? Gâcher du fytsson précieux et onéreux ? Qu’est-ce que cet instrument qui lance le feu presque immédiatement ? Là où le commun des mortels doit s’échiner à provoquer des étincelles en frappant deux morceaux de lave. Razprael se retourne et péremptoirement dit :

« Allez au trot.

— Non… »

 Brociande vient de laisser fuser son refus avec une tonalité d’autorité qu’elle ne se connaît pas.

« Pourquoi cette gabegie ? Pourquoi cet objet n’est-il pas connu de tous »

 Elle sent l’irritation dans l’attitude de Razprael, la tentation de l’envoyer paître. Il la regarde, mauvais. Il peut lire dans ses yeux sa détermination tout neuve.

« Je veux semer la confusion chez nos poursuivants. Un feu se voit de loin. Ils sont obligés de venir vérifier. Il ne leur faudra guère de temps pour savoir que nous étions là. Le fait que cet abri est à l’opposé de la route de l'Ordonnancerie va les interloquer. Comme toi, ils ne vont pas comprendre pourquoi je l’ai brulé sans raison logique. Il n’y en a pas tout simplement… Leurs déductions, fatalement, les obligeront à se séparer. Ai-je fait un détour avant de reprendre le bon chemin ? Ai-je décidé d’aller me cacher ? Deux possibilités parmi d’autres à vérifier. Quant à l’objet, c’est un allume-feu, courant chez les clans qui font l’effort de s’informer. »

 Sous entendu, pas comme celui d’Arsanc, stricte réalité, ses pairs sont rien moins que curieux et peu enclins à la recherche de nouveautés. Une brusque lassitude lui tombe sur les épaules. A quoi bon ? Continuer… Une bouffée de nostalgie… Un manque aussi soudain que paradoxal, absurde… Retourner en Arsanc… Son foyer… Quitte à mourir, autant le faire chez elle…

 Razprael a démarré, sans regarder si elle suit. Il est déjà loin et ne se retourne pas. Extra lucidité ? Elle sait qu’il ne le fera pas. Es maître du non-dit, il lui offre le choix. Du diable… Mourir, mourir ou mourir ! Seul, le moyen, au gré du lieu et des circonstances, différera.

 Est-ce l’éclat du second soleil levant, Troyelle ? Son accès nostalgique, de la pure hésitation en fait, s’éparpille pour laisser place à une réalité plus crue. Arsanc n’est plus son foyer. L’était-il encore depuis le jour du Conciliabule ? L’Ordonnancerie, ses agresseurs inconnus, le pourquoi elle, autant d’éléments déterminants pour un seul but. Qui que ce soit, pour quoi que ce soit, sans connaître le plus petit début du pourquoi, ni du comment, peu importe, une résolution naissante bruisse et instille goutte après goutte dans ses veines. Rester vivante !

Son enfance s’envole, l’adolescence s’étiole, dissociées du flux de la réalité de ce présent, reléguées, bon gré mal gré, au rang de l’antériorité. Comme pour signifier son accord, son flanc se remet à lanciner, une forme de rappel que Razprael consacrerait d'un lapidaire « Sois factuelle ! » L'ajout d'un chapitre quatre aux trois choix initiaux… Celui de la vie contre l’occulte. Une autre voie vers le but final de toute existence, ironie, la mort, oui, choisie. Elle s’élance et se cale derrière le Gardien de l’Ordre.

Le présent lui appartient. Enfin…

Notes :

Glochvar, Schgroup : Insultes très grossières et communes, facilement traduisibles…

Cholulipe, Folubamine, Foluscine : le cholulipe est une plante rampante qui ne dédaigne pas grimper parfois. Elle produit à la fois des fleurs et des fruits minuscules, deux millimètres maximum. La folubamine est extraite de ces graines. C’est à la fois un anesthésique et un soporifique dont l’effet dépend intégralement du dosage. Les fleurs produisent un poison très vicieux, la foluscine. Elle conduit à une mort, lente, inexorable, douloureuse et abjecte, agrémentée de délires cauchemardesques, sans antidote connu.

Rachloine : est une herbe euphorisante à dose très faible mais hallucinogène en prise plus conséquente, à accoutumance très rapide. La désintoxication est possible au prix d’une longue lutte, douloureuse. Comme bien souvent, la rechute guette.

Slamtang : insecte, coléoptère, nécrophage et coprophage, opérant en essaim pouvant regrouper plusieurs centaines d’individus. En voir est le signe certain de la présence de morts proches. Ils ont un odorat très affuté qui leur permet de les repérer à des dizaines de kilomètres. Ils fonctionnent d’après un schéma social bien établi avec un bas de l’échelle, les coprophages, et un haut, les nécrophages.

Le slamtang n’a aucun prédateur, hors lui-même. Deux cas de figure sont possibles.

Soit l’essaim est trop développé, alors la nourriture vient à manquer. Ils se laissent mourir par dizaines, permettant aux autres de se nourrir et de se déplacer vers un lieu plus propice.

Soit deux essaims dans le même secteur déclenchent une guerre à outrance, parfois jusqu’à l’éradication complète de tous les belligérants. Le plus souvent, les pertes sont tellement importantes que les colonies n’ont plus d’autres choix que se réunir. Accessoirement avec une nourriture assez abondante.

Lors d’une de ces guerres, mieux vaut pour quiconque des Myactains ne pas se trouver au milieu. Il n’y survivrait pas, attaqué sans discernement par les coléoptères. C’est le seul cas d’agression du vivant par des slamtangs.

Scarification tribale : Chaque naissance donne lieu à l’apposition de la marque du clan originel. C’est sa carte d’identité. Sans elle vous n’êtes rien et n’existez pas. Une seconde existe en cas de changement de clans, mariages, mutation à l’Ordonnancerie, etc. Même la dissidence, rarissime, rarement tolérée, suit la règle.

L’appartenance à une famille suit une règle constat établie, immuable de l’aquinidisme : « Toute culture doit admettre, comprendre et agir de telle sorte qu’aucune domination raciale ne puisse se produire au détriment d’autrui et, surtout, celui de la planète. Tout développement non maitrisé diminue la place, l’espérance de survie et la qualité. »

L’observance de cette règle, veiller à l’équilibre mésologique et traquer les déséquilibres démographiques, est d’ailleurs un des rôles de l’Ordonnancerie et des Gardiens de l’Ordre. Qu’ils exercent sans faille… ni pitié…

Stochton : Pulpe du fytsson utilisé comme combustible et pour la fabrication de papier. Il se consume très lentement en dégageant une chaleur importante.

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