Chapitre 7

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Bientôt vient mon anniversaire. Il est prévu d’aller chez mon père, qui pour l’occasion a prévu un repas avec mes grands-parents, ma tante, mon oncle et mon cousin. Moi qui n’ai jamais fêté d’anniversaire rien qu’à moi je suis ravie !
J’ai prévu d’apporter le gâteau alors la veille, je me mets en cuisine pour le préparer. Clément, contrarié au travail, se mure dans un silence glacial dès son retour. Il regarde un peu la télévision puis décide d’aller faire un tour, seul. Je décide de ne pas répondre, pour ne pas risquer de rater le repas de famille du lendemain. Je me remets à la préparation et verse la pâte dans le plat. Je préchauffe le four quand j’entends le petit wizz de MSN, indiquant qu’une de mes copines est en ligne. Je lance le minuteur du four et file sur l’ordi. Quelle surprise, c’est Isabelle ! Nous ne nous étions pas reparlé depuis mon départ, nous sommes tellement contentes de nous retrouver que je ne fais pas attention à l’heure et ce n’est que quand une horrible odeur étrange me parvient que je réagis.

Je n’ai pourtant pas encore mis le gâteau dans le four et le minuteur n’a pas sonné. Je cours quand même dans la cuisine pour découvrir une pièce totalement enfumée, pire des petites flammes apparaissent au dessous du four ! J’ai tourné le mauvais bouton ! Et au lieu de préchauffer le four, j’ai allumé la plaque électrique sur le dessus, où j’avais posé la corbeille à fruits en bois. Cette dernière est en train de lentement se consumer. Je me précipite pour éteindre le four et mettre la corbeille dans l’évier. Evidemment, c’est à ce moment précis que Clément rentre de sa balade.

Je n’ai même pas le temps de dire un mot, de prononcer la moindre excuse, que déjà il se met à hurler et m’insulter. Comme toujours, je laisse glisser les mots sur moi en attendant que la tempête passe, quand soudain il se met à me pousser, tout en me balançant un tas de méchancetés sur mes parents et à critiquer mon père qui ne m’a pas élevé. Je me redresse d’un coup, et c’est une folie furieuse qui s’empare de moi, ce reproche totalement hors sujet a le don de provoquer un déclic en moi, je me rebiffe. Je lui hurle avec toute ma rage de la fermer, de ne pas mêler mon père à nos histoires et à mon tour je le bouscule. Il ne s’y attend absolument pas et semble décontenancé, il recule à chacun des coups de poings que je lui envoie sur le torse. Lilou est là entre nous, il aboie et nous pousse, comme pour nous séparer. Un pas de côté et je perds l’équilibre, Clément m’attrape par le bras et me fait valser. Le chien passe au même moment, je bascule. Ma tempe vient taper la table basse, je porte aussitôt la main à mon visage : pas de sang. Dans ma tête c’est idiot, ce n’est pas très grave, tant que ça ne saigne pas. Je sens que je dois me relever tout de suite. Un coup de pieds dans la cuisse, je crie, un deuxième dans le dos, je me recroqueville et le supplie. Du coin de l’œil je vois venir le troisième au niveau du visage et Lilou s’interposer, je hurle de toutes mes forces ! Clément arrête son geste juste à temps. Le chien aboie de plus belle, campé devant moi, tout contre moi comme pour me protéger. Clément l’attrape par le collier et le fait sortir dans la cour, puis il revient vers moi et me balance mon manteau et mes chaussures.

« Tu dégages ! C’est à cause de toi que je deviens comme ça, tu vas me rendre fou ! Tu dégages dehors ! Et tu reviendras quand JE l’aurai décidé ! Ah et ne compte pas sur ton anniversaire, c’est annulé !»

J’ai tellement peur que je me précipite hors de l’appartement presque en rampant. Je ne me souviens pas de ce qui a pu se passer ensuite. J’ai marché, sans but pendant de longues minutes. Il faisait nuit, le va-et-vient du boulevard se faisait moins dense. Une dame m’attrape le bras délicatement et me demande si je vais bien. Je la regarde les yeux flous et bredouille un ‘oui’ à peine audible. Elle me dit qu’elle m’a vu faire le tour du quartier près d’une dizaine de fois et me demande une deuxième fois si je vais bien. Je me rends compte qu’il s’agit de la boulangère que je croise tous les jours. Les larmes envahissent mon visage, j’ai tellement honte… Elle me raccompagne à la maison, je pleure tellement que je ne m’en rends pas vraiment compte. Clément sort le sac poubelle quand nous arrivons. Il se précipite vers moi et m’entoure l’épaule de son bras :

« Ma chérie, mais ou étais-tu passée ?! Je me suis fait tellement de soucis pour toi ! Je t’ai cherché partout ! »

Puis revenant vers la boulangère.

« La pauvre, sa mère est morte ce matin, elle ne s’en remet pas ! Merci à vous de l’avoir raccompagné ! »

- Mais c’est bien normal, la pauvre enfant était toute perdue en pleine rue ! Prenez soin d’elle, elle a dû se blesser car elle a une marque sur le visage juste là… »

- Je vais la cajoler, merci encore pour tout, bonne soirée !

A cet instant, je suis tellement floue que je me laisse guider, à l’intérieur j’ai envie de crier au secours, de tout dire à la boulangère, même de la supplier de me garder avec elle pour me protéger. Elle fait demi-tour en nous souhaitant une bonne soirée, tandis que Clément me soutient

Une fois dans le salon, je brise le silence aussitôt :

« Tu ne m’as pas cherché partout comme tu lui as dit, pas vrai… »

- Jamais de la vie ! Tu crois que j’ai que ça à foutre de te courir après ? Tu peux bien crever la gueule ouverte que je t’enjamberais ma pauvre fille !

La réponse ne m’étonne même pas, je ne fais aucun commentaire. Je me dirige vers la chambre pour prendre des vêtements avant d’aller à la douche. En repassant par le salon, je tombe face à l’écran d’ordinateur de Clément, qui pianote à vive allure le sourire aux lèvres : un site de rencontre. Je ne m’arrête pas et fonce à la salle de bain. J’ai dû mal voir tout simplement, en tout cas je fais tout pour m’en convaincre.

Quand je sors, Clément m’annonce qu’il a appelé mon père pour annuler notre venue du lendemain. Je ne dis pas un mot, je m’en doutais. Je décide alors d’aller me coucher sans un mot. Je ne trouve pas le sommeil. J’entends Clément, accro à son ordinateur, tapoter inlassablement sur le clavier. Quand il vient se coucher, je fais semblant de dormir, il est presque 3h du matin.

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