Chapitre 3

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Un soir, au café, un client s'installe au comptoir. Ma patronne, lassée de mes maladresses, me laisse la plonge et la caisse pour éviter un drame de plus. Le visage souriant, il commande un diabolo violette, ma boisson préférée. Il n'en faut pas plus pour démarrer une chouette conversation. Il s'appelle Nicolas, est fraîchement célibataire, une triste histoire de tromperie entre son ex et son meilleur ami. Il est touchant mais n'inspire pas la pitié non plus. Il semble voir la situation comme une occasion de passer à autre chose tout simplement. Nous avons beaucoup de points communs : nous aimons la même musique, les romans historiques, entre autre, et bien sûr le diabolo violette ! La soirée passe à toute vitesse, nous échangeons nos numéros et j'enregistre le sien sous le nom de Juliette, ma nouvelle copine de fac.

Il passe au café tous les soirs. Ma patronne semble amusée par la situation, je saurais plus tard qu'elle était rassurée de me voir m'attacher à quelqu'un de bien. Nous passons des soirées entières à refaire le monde. Il n'a jamais un geste ou une parole déplacée, même si il semble évident que nous nous plaisons.

La semaine suivante, il propose de me raccompagner chez moi. Il est chaque soir super énervé de savoir que je rentre seule dans le noir. Je ne lui ai pas vraiment parlé de la situation, il sait que j'ai quelqu'un, mais pas grand-chose de plus. Je refuse catégoriquement, n'osant même pas imaginer une seconde ce qu'il se passerait si Clément apprenait tout cela. Il part avec son petit air à la fois triste et inquiet et je devine déjà que je ne pourrais plus lui mentir très longtemps.

J'ai le nez fin ce soir-là, car je fais quelques pas et je tombe nez à nez avec Clément au coin de la rue, juste à côté du café.

« Clément ?! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Tu as quitté plus tard ? Il est minuit passé ! Je te dérange peut-être ? Tu devais sûrement être accompagnée !

- Heu oui... non ! Il y avait encore des clients à la fermeture, c'est tout ! Mais tu ne viens jamais me chercher, qu'est-ce que...»

D'un geste brusque, il m'attrape par le bras pour faire demi-tour puis m'entoure les épaules presque affectueusement. Il ne dit pas un mot de tout le trajet, mais je sens que quelque chose ne va pas. Il est vraiment étrange et surtout, pourquoi est-il venu me chercher alors qu'il ne l'a jamais fait depuis 6 mois où je travaille ici ?

Ce n'est qu'à la maison, une fois la porte lentement refermée qu'il explose. Il se met à hurler toutes les horreurs qu'il pense de moi : une fois de plus, je suis une imbécile, juste bonne à récurer les toilettes, une moins que rien qui ne sera jamais à sa hauteur. Il perd son temps avec moi et ne me garde que pour faire la bouffe, le ménage mais je le dégoûte, l'insupporte et j'en passe. Quand il prend quelques secondes pour enfin respirer, je tente de demander une explication. C'est là qu'une première gifle magistrale me coupe la respiration. Il s'arrête net, les yeux injectés de sang. Comme je n'ai pas compris, je tente une deuxième fois de lui demander pourquoi, mais il se jette sur moi, m'attrape au niveau du col et me propulse sur le canapé. Mon genou accroche la table basse en verre au passage et en quelques secondes, le sang transperce l'épaisseur de mon jeans. Je reste prostrée, bouche bée. Je n'ose plus respirer, même les larmes n'arrivent pas à couler. Je n'entends rien, plus rien que mon cœur qui bat à tout rompre. Après quelques secondes, ou minutes, la porte claque bruyamment, il est ressorti.

Je ne sais pas combien de temps je reste immobile. Je suis terrifiée à l'idée de ne pas l'avoir entendu revenir et qu'il recommence. Mon téléphone vibre dans mon sac à main. Je me redresse péniblement, le souffle encore court. Sms de Clément :

« Tout ça c'est ta faute, Margot, tu m'as poussé à bout et tu l'as bien mérité. Je ne rentre pas ce soir, mais n'oublies pas que tu es chez moi. Je veux que la maison soit niquel quand je rentre demain.»

Je ne sais même pas quoi répondre, ni ce qu'il s'est passé ni pourquoi. Il faut que je réponde, vite ! Je sais qu'il est furieux chaque fois que je tarde.

« Je suis vraiment désolée, mon amour, je te promets que cela ne se reproduira plus ! Je t'aime !»

Je m'excuse, sans savoir de quoi, mais il le faut. Je mets le téléphone dans ma poche, encore tremblante, quand mon regard se pose sur son bureau. Il a imprimé des captures d'écran, posées en évidence sur son plateau toujours hyper bien rangé. Je m'approche pour découvrir qu'il s'agit de mon pseudo, de celui de mon amie d'enfance, qui vit à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi. Je ne comprends pas... Enfin si ! Ce matin, j'ai discuté sur MSN avec Audrey, comme chaque jour nous nous donnons des nouvelles, soit par sms, soit pas MSN. Elle m'a cuisiné pendant trois jours, et ce matin, j'ai fini par lui parler de Nicolas. Bien sûr, j'ai dit beaucoup de bonnes choses sur lui, qu'est-ce que j'aurai pu dire de mal puisque nous nous connaissons à peine ?!

Clément a dû tomber sur cette conversation et s'imaginer qu'il me plait, que je le trompe, que je vais le quitter ! Je tombe sur le sol en larmes. J'ai tout gâché ! Il a raison : tout est ma faute !

J'essaie des dizaines de fois d'appeler Clément, lui laissant tout autant de message vocaux, emplis de larmes, d'excuses et de promesses d'amour éternel. Il reste silencieux, et au bout d'une heure environ il coupe son téléphone. Je suis effondrée.

Vers 3h du matin, la sonnette stridente me fait sursauter ! Un sentiment de panique m'envahit, c'est Clément, j'en suis sûre !

Dans ma tête, j'allais lui ouvrir et lui sauter dans les bras. Comme dans les films, il me serrerait contre lui et tout irait bien. En réalité, le fait qu'il s'acharne sur la sonnette me terrifie, est-ce qu'il est toujours en colère ? Est-ce qu'il va encore être violent avec moi ? Non, il n'a pas fait exprès, il m'aime, j'en suis sûre ! Il a eu peur de me perdre, c'est tout ! Je me précipite sur la porte et ouvre, les yeux pleins de larmes, mais tentant un sourire pour faire bonne figure.

A peine ai-je déverrouillé la porte qu'il la pousse violemment m'envoyant valser à travers la pièce. Il m'attrape par les vêtements et me jette dans le couloir avant de refermer la porte sous les insultes, me rappelant que je suis ici chez lui, et que ce n'est pas à lui de dormir dehors. Madame Germain, la voisine d'en face referme sa porte en hâte, je ne comprends pas pourquoi elle n'intervient pas, mais à bien y réfléchir, je ne vais quand même pas mêler les voisins à une petite dispute d'un soir !

Je mets quelques minutes avant de reprendre mes esprits. Perdue, seule, ne sachant pas quoi faire, je prend mon téléphone et tente d'appeler mon père à la rescousse. Pas de réponse... En même temps, à cette heure-ci, je m'y attendais un peu.

Je ne me vois pas traverser toute la ville à pieds, alors je passe le reste de la nuit recroquevillée au sol, sous la porte cochère de l'immeuble, le téléphone dans la main, espérant que Clément me contacte dans la nuit.

Ce n'est que vers 8h du matin qu'il vient me voir, me poussant avec le pied, alors que j'étais tombée d'épuisement à même le sol. Son regard est méprisant, il me jette les clefs de l'appart' au visage.

« Je vais bosser, lèves toi, on dirait une mendiante ! T'as pas honte de dormir dehors comme une clodo ! T'es contente ?! A cause de toi, j'ai presque pas dormi de la nuit, je vais passer pour quoi auprès de mes collègues ?! Tu t'en fous toi hein ! Avec ton job minable, l'avis des autres tu t'en tapes !

- Je suis désolée, tu sais ce mec je m'en fous ! Il ne s'est rien passé ! Jamais !

- Je sais que tu t'en fous, tu m'aimes moi ! De toute façon, je te laisserai jamais partir, tu es à moi ! Parce que sans moi, tu n'es qu'une pauvre merde ! Toute ta vie, tu seras une merde ! Tu as de la chance de m'avoir ! Un autre t'aurait dégagé depuis longtemps !

- Je sais mon cœur, je suis désolée ! Je ferais tout ce que tu voudras ! Si tu veux, je vais passer quelques jours chez mon père, le temps que...

- Que quoi ??? T'as ameuté le quartier, c'est ça ?! T'as appelé ton père pour te plaindre de moi ? Tu lui as dit quoi sur moi ?

- Mais rien ! Non ! Je n'ai rien dit ! Je n'ai jamais rien dit de mal sur toi à personne !

- T'as intérêt ! T'as vu ce qu'il s'est passé hier, je peux faire pire si tu ne me respectes pas ! Je vais bosser, tu rentres et tu ranges le bordel que t'as fait hier !

Sur ces mots, il part travailler, me laissant totalement figée sur place. J'ai peur, terriblement, mais au lieu de fuir, je ne retiens qu'une chose : il me garde ! Il accepte qu'on reste ensemble ! Je me ressaisis et avant que les voisins ne descendent, je rentre dans l'appartement prendre une douche pour me réchauffer. L'entaille sur mon genou me fait mal mais ce n'est pas grand-chose. Je range et nettoie l'appartement. Une fois fini, je prends mon téléphone et j'envoie quelques mots à Nicolas pour lui dire de me laisser tranquille et de ne jamais plus chercher à prendre contact avec moi. Je supprimais son numéro et le message dans l'instant. Adieu « Juliette »...

Puis j'allume l'ordinateur pour travailler : accès refusé. Clément a tout bloqué. J'entreprends donc de finir mes fiches de révision pour les partielles qui approchent.

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