10. La reine des glaces

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Ariane

L’incident entre Endrick et Colin était passé inaperçu aux yeux du couple hospitalier. Cependant, le groupe avait préféré faire profil bas une fois la totalité des sacs rangés, Philéas s’étant empressé d’informer Émilie qu’ils comptaient quitter les lieux au plus vite. La maîtresse de maison, trop attentionnée pour les laisser partir sans affaires, leur avait donné six baluchons avec leurs habits secs et le nécessaire pour survivre en montagne. Ils avaient marché une journée entière, dormi dans une grotte froide et humide, puis avaient repris le chemin dès l’aube. Le ciel gris aux nuages violacés leur indiquait un agréable temps frais ; les rayons de soleil de la veille les avaient accablés dans leurs vêtements épais malgré la température hivernale. Ariane marchait entre Philéas et Endrick, l’air songeur.

- Vous pensez que les herbes d’Edelweiss sont efficaces ? demanda-t-elle soudainement.

- L’oiseau de Constance sait ce qu’il fait, répondit Philéas.

- J’espère que le coquard de Colin restera imprimé sur son visage toute sa vie, maugréa Endrick.

- Pourquoi es-tu tellement énervé contre lui ? l’interrogea innocemment Ariane.

Celui-ci se tourna vers elle, indigné. Il chercha ses mots comme si la réponse paraissait évidente, puis, son expression changea, laissant place à la surprise.

- À vrai dire, je ne sais pas. Je voulais une réaction de sa part. Vérifier qu’il était vivant. Parce-que quand on le regarde et qu’on lui parle, rien ne semble l’intéresser. Il fait comme si nous étions à sa disposition, et ça m’agace.

- C’est tout ? s’étonna-t-elle, les yeux ronds.

- C’est bien assez pour moi.

- Je ne pense pas qu’il soit comme tu le décris, intervint Philéas.

- Ah, parce-que tu le défends, maintenant ? s’emporta Endrick.

Philéas leva les yeux au ciel.

- Je pense plutôt qu’il se fait tout petit. Osmond a parlé d’humilité quand il l’a désigné.

- Oui, mais…

- On a déjà abordé le sujet, et je ne te comprends toujours pas, l’arrêta Philéas, le ton dur. Tu as eu une réaction de sa part, non ? Alors maintenant, laisse-le. Vous vivrez bien mieux en vous tenant à distance, tous les deux.

Ariane leva la tête vers Philéas, inquiète. Il avait, pour la première fois, exprimé son point de vue sur la situation en prenant le risque de vexer Endrick. L’Asiatique croisa son regard, les sourcils froncés.

- Vous êtes si grands, tous les deux, je me sens à l’étroit, dit-elle pour détendre l’atmosphère.

Philéas et Endrick se lancèrent un regard complice, ce qui eut le don de faire sourire Ariane dans sa cape. Elle les connaissait assez pour les remettre de bonne humeur.

- Tu es sûre que ce n’est pas à cause de ta grosse robe ? la taquina Endrick, ce à quoi la jeune fille rousse répondit par un coup de coude.

Philéas détailla Ariane du regard avec douceur, un léger rictus aux lèvres.

- Je la trouve très bien, moi, dans cette robe.

- Mais oui, fais donc le bon samaritain pour me faire passer pour le méchant ! s’exclama Endrick.

- Merci, Phil, répondit tout de même la rousse, ravie.

- Phil, s’esclaffa l’Alsacien.

- Tu es jaloux de mon surnom, Endrick ? lança Philéas, enjoué.

Ariane riait de bon cœur, prête à entendre la réponse de son ami, seulement, Justine les coupa en se figeant sur place :

- Taisez-vous tous.

Le vent s’était arrêté de souffler, plongeant la montagne dans un silence inhabituel ; inquiets, les adolescents se rassemblèrent autour de Justine. Tout était devenu étrangement calme à l’orée de la forêt de sapins devant laquelle ils s’étaient arrêtés, les nuages sombres prenant lentement de l’ampleur dans le ciel nébuleux. L’ambiance glaciale arracha un frisson à Ariane qui, emmitouflée dans sa cape, ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait.

- Nous sommes sur le territoire de la reine des glaces, souffla la blonde.

- Qu’as-tu lu à son sujet ? chuchota Philéas.

Justine ne répondit pas ; son teint livide et son regard vif traduisaient son anxiété.

- Justine…

- Elle est dangereuse, dit-elle simplement. Sa taille de géante lui donne un avantage qui peut faire peur à première vue.

L’Asiatique se positionna face à elle et se pencha légèrement pour capter son attention, l’air grave.

- Ne recommence pas. La dernière fois, on a failli perdre Constance parce que tu pensais pouvoir nous protéger en nous cachant la vérité. Dis-nous juste ce qu’il faut faire pour nous sortir de là.

- Faites-moi confiance, je sais comment agir avec elle. Surtout, ne lui répondez pas si elle vous adresse la parole.

- Je ne te laisserai pas…

Philéas fut coupé par un cri perçant à faire glacer le sang dans les veines.

- Bon sang qu’est ce que c’était que ça ? lâcha Endrick.

Paniquée, Justine lui fit signe de se taire, mais il était trop tard ; la reine les avait repérés. Ariane frémit d’horreur en la voyant apparaître entre deux sapins ; grande d’au moins deux mètres, elle se frayait un passage en glissant sur le sol, ses vêtements noirs contrastant avec son regard à la lueur éclatante. Elle avait un air furieux et des cheveux en bataille. Son oiseau semblable à une chouette immense, au plumage aussi lisse que de l’ivoire, les fixait d’un œil mauvais, la pupille blanche en son centre scintillant dans l’ombre.

- Ainsi, les Six pensent pouvoir traverser mon territoire en franchissant l’orée de mon bois, déclara-t-elle d’une voix caverneuse. Comme c'est amusant. Regardez-les, tous pétrifiés... qu'il est délicieux de lire cette peur sur ces visages encore expressifs ; ça ne durera pas. Vous avez signé votre arrêt de mort ! hurla-t-elle en frappant le sol de son bâton.

Toute la neige fondit face à ce contact. En réalité, seule Justine avait posé un pied dans la forêt ; celle-ci se tenait droite comme un piquet, les jambes flageolantes. Ariane, quant à elle, était pétrifiée derrière Philéas. La reine eut un sourire cruel et, se délectant de la scène qui se présentait à elle, interrogea Endrick :

- N’es-tu pas, charmant jeune homme, le futur apprenti d’Auguste ?

Puis elle se tourna vers Colin :

- Le vieux Ernest est un conservateur, il n’hésitera pas à te renvoyer. Pourquoi ne fais-tu pas demi-tour tant qu'il en est encore temps?

Celui-ci ne répondant pas, la reine reprit d’une voix tonitruante en direction de Justine :

- Tu les as bien mis en garde contre moi, petite maligne ! Je sais que tu disposes des connaissances du laurellac depuis que ma tempête a englouti ton précieux livre.

Justine prit son courage à deux mains et leva les yeux vers elle avec crainte :

- Il n’est pas à vous, rendez-le moi.

- Vraiment ?

- Il appartient au puissant Osmond, celui qui vous dépasse de loin dans ce monde. Et il me revient de droit.

L’oiseau de la reine s’avança d’un pas menaçant, mais celle-ci l’arrêta.

- Il existe un châtiment pour les insolentes.

À peine termina-t-elle cette phrase qu’en un clignement d’œil, des étincelles entourèrent Justine d’une clarté aveuglante jusqu’à la faire disparaître.

- JUSTINE ! hurlèrent les cinq adolescents.

Un minuscule oiseau blanc, enfoncé dans la neige, sortit pour s’ébrouer en piaillant faiblement. La géante avait transformé leur amie en un pauvre volatile sans défense. Tous étaient sous le choc.

- Que vois-je ? s’étonna la reine en voyant Ariane.

Elle se déplaça, dépliant férocement ses longs ongles.

- La fille aux cheveux flamboyants, devant moi, accompagnée par mon plus grand ennemi, cracha-t-elle en fixant le phoenix.

Flamme pencha la tête, pas le moins du monde inquiet. À mesure que la reine approchait, Ariane bleuissait de terreur. Constance profita d'être hors de son champ de vision pour courir vers Justine et la porter entre ses mains.

- Je peux t’assurer que ta mort sera douloureuse, gronda la reine.

Ariane s’agrippa à la manche de Philéas qui s’était à nouveau placé devant elle pour la protéger. La reine le chassa d’un coup de vent, percutant le jeune garçon contre un arbre. Alors qu’Endrick s’apprêtait à le remplacer, Ariane sentit ses pieds quitter le sol et la main de la reine se resserrer autour de son cou.

- Lâchez-la ! hurlait la voix d’Endrick qui résonnait en contrebas.

Ariane sut que la reine l’avait élevée trop haut pour être secourue. Se débattant comme un beau diable pour respirer, elle put apercevoir le petit oiseau qu’était devenu Justine voler jusqu’au visage de la géante et lui picorer les yeux.

- Horrible petite créature !

Ariane sentit les doigts de la reine plantés dans son cou s’enlever brusquement et son corps tomber dans le vide jusqu’à s’écraser dans la neige. Elle mit un temps avant de retrouver ses esprits, inspirant pour retrouver l'air qui lui manquait ; Philéas se tenait au dessus d’elle, le front en sang.

- Tu n’as rien ?

Ariane secoua la tête pour répondre, peinant à respirer. Endrick, Constance et Colin se tenaient derrière eux, tétanisés.

- Où est Justine ? demanda Colin avec lenteur.

Flamme, Loukoum, Brahms, Altesse et Edelweiss l’avaient remplacée, luttant corps et âme pour blesser la reine, en vain. Un peu plus loin se battaient Justine et Pia dans un bain de sang contre l’oiseau des neiges bien assez imposant pour les vaincre.

- J’ai peur pour elle, émit Ariane d’une voix à peine audible, se blottissant contre Philéas qui se cramponnait à elle.

La reine criait à s’en déchirer les poumons, vacillant en arrière sous les coups de pattes des oiseaux au point de lâcher son bâton. Justine en profita pour voler péniblement jusqu’à lui et indiquer aux autres de s’en emparer.

Endrick n’hésita pas. Il se jeta dessus sans réfléchir aux conséquences ; à peine eut-il le temps de l’attraper qu’il se prit un brusque coup de pied en plein estomac. Le jeune garçon roula dans la neige avant de s’arrêter au bord d’un fossé, inerte. À la plus grande surprise de tous, Colin rampa jusqu’au bâton, esquiva une tentative de la reine de le pousser et, après l’avoir lancé à Philéas, se faufila entre les arbres pour aider Endrick à se relever.

Après l'avoir ramené auprès des autres, Colin reprit le bout de bois et, d’un geste instinctif, l’éleva en hauteur avant de le laisser tomber dans le sol avec force. La terre se craquela autour d’eux et, sous les hurlements de la géante, les cinq adolescents sentirent le sol se dérober sous leurs genoux. Emportés dans un passage souterrain, ils foncèrent à toute vitesse sur le dos, redescendant toute la pente de la montagne qu’ils avaient arpentée jusqu’à ce jour. Ils débouchèrent sur un vaste champ d’épis de maïs, tous éjectés à la sortie du tunnel avant d’atterrir dans la terre.

Ariane se releva douloureusement, le visage marron et les manches déchirées. Elle se précipita vers les autres, s’assurant que tout le monde allait bien.

- Ça va, ça va, répondit Endrick en se redressant sur ses coudes. Où est Justine ?

Colin, Philéas et Constance furent les premiers à réagir ; courant en trébuchant, le souffle court, ils se laissèrent tomber auprès du corps fragile de Justine, étendue de tout son long. Ariane s’empressa de venir à eux, les larmes aux yeux.

- Elle est redevenue humaine, murmura Constance.

Tous ses membres étaient recouverts de cicatrices, son visage abîmé et ses vêtements troués ; elle était en piètre état. Edelweiss, le caladrius, claqua du bec en s’avançant jusqu’à la jeune fille blonde puis prit son envol, à la recherche de plantes médicinales.

- Justine, réveille-toi, s’il te plaît, la supplia Constance.

- Sa respiration est très faible, fit remarquer Ariane, désespérée.

Philéas déposa son oreille sur sa poitrine pour écouter son cœur, l’air tendu.

- Elle savait comment résister à la reine, et elle ne nous a rien dit, marmonna-t-il finalement avec frustration.

- Comme quoi, Colin n’est pas le seul à garder des choses pour lui, lâcha Constance avec sarcasme pour provoquer Endrick.

Le jeune garçon blond était assis en tailleur derrière le dos de Justine, faisant tourner le bâton de la reine sur lui-même. Il haussa un sourcil en voyant que tout le monde le regardait, l’air prudent.

- Qu’est-ce que vous avez ?

- Sans toi, on ne serait pas là, Colin, lui répondit Ariane, les yeux brillants.

- C’est vrai, tu as su te servir de cet objet naturellement, enchaîna Philéas avec étonnement. Ça a peut-être un lien avec Brahms.

Constance hocha la tête avec une certaine admiration. Endrick, qui se tenait derrière Ariane, fixait le sol avec un regard vague, les bras ballants.

- Endrick te doit la vie, mais il a trop de fierté pour te le dire, soupira Ariane en se tournant vers le grand brun.

- Je…

Endrick se gratta la nuque, ennuyé.

- Merci, finit-il par dire franchement, plantant son regard dans celui de Colin à la lueur du coucher de soleil. Merci infiniment.

Colin ouvrit grand ses yeux bleus, stupéfait. Cela eut le don de faire rire les autres, mais Ariane sentait qu’une nouvelle page se tournait ; Endrick et Colin restaient immobiles l’un en face de l’autre, leur expression changeant peu à peu en s’observant. Ils furent interrompus dans leur réflexion lorsque Justine bougea un bras, les yeux plissés.

- Où… où suis-je ? bafouilla-t-elle, perdue.

- Tu es hors de danger, maintenant, la rassura Ariane en lui prenant la main.

- Ne nous refais plus jamais un coup pareil, la gronda Constance. Tu aurais pu te faire tuer.

- C’était le seul moyen… vous n’auriez pas accepté que je prenne le risque de me faire transformer en oiseau, articula-t-elle en tentant de se relever. C'était le seul moyen pour dérober son bâton le plus facilement possible.

Philéas semblait s’être renfermé ; en croisant son regard, il eut un mouvement de recul.

- Je suis désolée, murmura Justine en s’agenouillant. Je sais que tu m’en veux, Philéas.

- Comment est-ce que je suis censé veiller sur vous si vous prenez des risques inutiles ? répondit-il calmement.

- Je ne voulais pas…

- Vous ne vous rendez pas compte, la coupa-t-il avec une voix tremblante.

- Phil…

Il s’affaissa, passant une main sur son front ridé par la fatigue.

- Je lui ai promis. Je l’ai promis à Osmond.

Un long silence accompagna sa phrase ; tous n’avaient pas saisi à quel point Philéas avait dû prendre sur lui pour s’occuper de chacun d’eux.

- Tu prends tes responsabilités trop à cœur, vieux, lui dit Endrick en lui tapant dans le dos.

- Je ne sais plus où j'en suis, lâcha-t-il simplement en se relevant.

Justine le regardait en pleurant silencieusement, ses joues terreuses gouttant dans son cou. Sans dire un mot, elle peina à se mettre debout et, d’un pas boitant, elle se rendit jusqu’à leur meneur pour l’enlacer. Philéas passa une tête derrière son épaule pour guetter la réaction des autres puis, maladroitement, il enroula ses bras autour de Justine pour la serrer contre lui. Ariane vit à son visage que cela lui faisait du bien.

- J’ai été bête, sanglota Justine.

- On a tous fait bande à part jusqu’à aujourd’hui, la rassura Philéas.

- C’est vrai. Ce qui vient de se passer avec la reine nous a montré qu’on avait tous besoin des uns et des autres, souffla Ariane.

- On aurait dû s’unir bien avant, confirma Endrick.

Colin et Constance se regardèrent, leurs deux âmes solitaires touchées par cette phrase. Ils se rendaient à l'évidence que les trois autres avaient raison.

- Tu pleures vraiment à cause de moi ? s’étonna Philéas en se détachant de Justine.

- Non, je crois que j’ai juste mal partout, avoua-t-elle, mi-riante, mi-larmoyante.

- Edelweiss arrive bientôt, lui lança Constance.

- Où est-ce que ce souterrain nous a fait atterrir ? demanda Ariane.

Justine lui sourit, le regard soudain pétillant. Elle semblait avoir tout calculé, le passage souterrain ayant grandement joué dans ses plans.

- On y est. On a quitté les terres abandonnées ; nous sommes désormais au cœur de la vallée des plumes.

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tggtllgeea
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jean-paul vialard


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En train de culpabiliser, je sentis le poids des regards indiscrets sur moi. Je m'éloignais la tête baissée.
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