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Leur regard se croisait, mais ils ne se voyaient pas. Les sons se frayaient un chemin vers leurs oreilles, mais ils n’entendaient pas. Hellie les regardait, vivants mais l’esprit prostré dans la peur, l’effroi que le désastre ne revienne pour les prendre. Devant elle, les soldats de l’armée Raeienne déambulaient, cherchant à se ravitailler par réflexe et non par envie.

A ses côtés, Vallia laissait son esprit évaluer plusieurs stratégies, aux chances diverses mais toujours minces de réussir. Le camp de fortune était calme, propice à la réflexion. Entourée par les forteresses, l’armée d’Emerala commandée par Celenok achevait son débarquement, et préparait les armes en vue de la confrontation à venir.

L’arrivée de Naioji et des deux Eraiens sortit l’esprit de Vallia de ses réflexions guerrières. Ashron balaya du regard les Raeiens et Emeraliens qui se toisaient. « L’ennemie de mon ennemi est mon ami, » avait-il entendu une fois durant une soirée un peu arrosé. Cette affirmation sonnait bien faux ici.

« Ou étais-tu ? demanda Vallia à Naioji en fronçant le regard.

— A la recherche du corps de mon père.

— Oh, répondit Vallia qui comprit l’attitude de la Raeienne, l’avez-vous trouvé ?

— Rien : C’est tout ce qu’il reste de Syria.»

L’Eraienne s’approcha et, sans lui laisser le temps d’exécuter le moindre mouvement, elle enlaça Naioji d’une étreinte maternelle. Les bras collés le long de son corps, cette dernière voulue s’en défaire mais se ravisa en sentant les larmes rouler sur ses joues. S’ensuivit un sanglot qu’elle ne chercha pas à refréner, puis elle lui rendit son étreinte, en beaucoup plus serrée.

« Avons-nous une idée des forces face à nous ? demanda Ashron.

— D’après nos informations, plusieurs milliers d’Axem se sont retranchés en contrebas de Juril Valgiur. Aucun mouvement n’y a été détecté depuis, répondit Celenok en parcourant les documents devant lui.

— L’état de nos forces?

— A mal… Quatre mille Raeiens ont survécus et deux mille Emeraliens sont prêts au combat.

—C’est juste, beaucoup trop juste, répondit Ashron en scrutant les Raeiens autour d’eux. Et notre armée est ébranlée après la démonstration des Axems.

— Nous ne devons pas attendre qu’ils viennent à nous, coupa Vallia en s’écartant de Naioji. Nous devons aller à eux et les attaquer, ils ne s’y attendront pas.

— S’ils ne s’y attendent pas, c’est parce que cette idée est folle, rétorqua Celenok

— Laissons Vallia nous exposer son plan, trancha Ashron intriguée.

— Vous vous souvenez de Narue ? commença l’Eraienne en s’approchant d’une table fournie en feuille et crayons. Utilisons la diversion : Si nous attaquons en plusieurs points de leur camp, ils devront se disperser pour riposter. Ce sera la panique. Et après s’être bien fait remarquer, nous les attirerons là où nous aurons l’avantage, là où nous pourrons les prendre en tenaille : Les gorges de Juril.

— Si nous pouvons les concentrer en leurs fonds, des soldats en hauteurs n’auront qu’à déchainer la hud sur leur armée, ajouta Naioji qui écoutait attentivement depuis le début.

— Et si l’armée entière Axem ne nous suit pas ? demanda Celenok.

— Même si seulement une partie le fait, nous réduirons suffisamment leur nombre avec un minimum de perte. »

Un débat s’installa entre les Eraiens, Raeiens et Emeraliens. La stratégie de Vallia comportaient des risques : Se faire repérer dans le camp, que l’armée ne le suivent pas, et même qu’un désastre du chaos ne se forme tout de suite, maintenant, au milieu de leur assemblée. La peur et l’absence d’autre plan finit par l’emporter et la stratégie de l’Eraienne fut adoptée.

« Nous devrons être en nombre très réduit pour pénétrer dans le camp sans se faire remarquer, expliqua Vallia en écrivant sur la carte disposée sur la tablée. Trois équipes devront infiltrer leur camp. La première sera composée de Pavelox et Kaien. La deuxième, de Guidomex, Hellie et Naioji. Et enfin, la troisième, d’Ashron et de moi. Chaque équipe devra se concentrer sur un objectif défini dans le camp. Et nous devrons être éloignés les uns des autres pour disperser les Axems. Avant de l’infiltrer, un bastion spécialisé en hud de distance devra attaquer le camp à feux nourris, pour nous aider à entrer. Et enfin, Celenok regroupera les armées Raeiennes et Emeraliennes au canyon. Lorsque l’armée ennemie s’y sera engouffrée, le piège se refermera.

— Mais ne risque-t-on pas de vous blesser ? demanda Celenok. Vous serez en bas également ?

— Je peux protéger tout le monde.

— Je ne doute pas de tes talents hudique mais...

— Bien, le plan de Vallia est parfait, coupa Ashron. Vous savez quoi faire, que tout le monde se prépare. »

Celenok cessa les questions et tourna les talons pour sortir de la tente. En chemin vers le camp Emeralien, son esprit resta figé sur la folie Eraienne, celle qui a déjà vaincue la Communauté de Skyva autrefois.

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