Tel Variamis

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Trônant devant son armée prête à fondre sur leurs adversaires, le regard d’Hasrabel scrutait l’ennemi lui faisant face. Soudain, le bloc si compact de loin s’étira en une marée de soldats courant vers eux, des hurlements se faisant entendre en écho.

Sans vaciller, l’Axem se tourna, sourire aux lèvres, et leva lentement son bras.

« En avant ! » hurla-t-il en l’abaissant.

Les six mille soldats laissèrent des cris s’échapper de leur bouche pâteuse à l’idée du combat, puis s’élancèrent à la rencontre de l’adversaire fondant sur eux.

« N’oubliez pas, nos cibles sont les Magisterius ! lança Eavael à sa troupe d’élite qui attendait encore les ordres. »

Se mêlant aux combattants déjà en marche vers l’impact des deux armées, la fine fleur de la Vaîncrus partit à la rencontre de l’ennemi, suivis par Guidomex, Hellie et Pavelox avec réticence.

Les premiers soldats de chaque camp s’écrasèrent au milieu de la plaine, dans un fracas de métal, de cris et de chair arrachée. Les troupes d’Eavael percèrent rapidement le front des premières lignes et les cadavres commençaient à cacher les couleurs des plaines de Tel Variamis.

Cherchant à rester en retrait, Guidomex aperçut deux soldats qui couraient vers lui et Hellie. D’un mouvement rapide, il bondit pour s’interposer, tandis que Pavelox attrapait le bras de l’Eraienne pour la tirer vers lui.

« Nous devons la protéger le temps qu’elle reprenne ses esprits. » s’écria Guidomex.

Hache Drihurlienne et driaxes à la main, les deux combattants s’unirent pour découper leurs ennemis dans un ballet d’assauts meurtriers. Parmi le chaos qui régnait atour d’eux, le flot de sang de leurs armes passa inaperçu. Têtes et membres orphelins jonchaient le sol souillé par le rouge liquide de la vie.

« Nous devons nous écarter du champ de bataille. Avec la confusion, ils ne remarqueront rien ! lança Pavelox à ses deux compagnons.

— On dirait que tu as compris la même chose que moi ! approuva Guidomex. »

Toujours en laissant leurs armes et leurs aptitudes martiales s’exprimer, les deux combattants se frayèrent un chemin hors du flot des combats. Pavelox ne lâchait pas le bras d’Hellie, pétrifiée par une peur qu’elle ne pensait pas capable d’éprouver.

Non loin d’eux, Eavael et ses soldats continuaient leur route vers l’objectif qu’ils s’étaient assignés. Et lorsque l’un d’entre eux se dressa face à lui, Eavael incanta Stolactus, pour se laisser le temps d’ordonner à quatre de ses soldats d’attaquer les deux Magisterius au contact. L’instant d’après, la hud s’évapora et les têtes de ses guerriers s’écrasèrent au sol.

Le chef de la Vaïncrus resta figé à jauger ses deux ennemis pendant qu’il envoya d’autres soldats tester leur technique de combat. Cinq sacrifices devraient suffire à déceler la faille qui lui apporterait la victoire. Cette faiblesse et ce qu’il pouvait maintenant percevoir grâce aux révélations d’Hasrabel sonneraient leur glas.

Dans un mouvement imperceptible, Eavael s’élança vers ses ennemis et blessa le premier avec une de ses courtes lames dentées. Sans stopper son mouvement, la deuxième sépara la tête du corps de l’autre Magisterius, la surprise s’étant figée sur son visage sans vie.

Celui encore debout incanta un flamboyant mur de feux autour de lui, espérant se protéger de cet ennemi devenu plus fort, mais Eaval s’était déjà glissé entre lui et la hud. Lentement, il enfonça sa lame qui mangea chaque morceau de chair afin d’avancer jusqu’à la lumière des Solars, de l’autre côté de son buste.

A la limite du flanc gauche de la bataille, Guidomex, Pavelox et Hellie s’en extirpèrent, emportant tous soldats croisés avec leurs haches. Les habits et leurs armes rougis par le sang, ils cherchaient du regard un endroit pour se réfugier

« Pavelox, tu tiens le coup ? demanda Guidomex.

— Oui, ça va ! répondit-il haletant.

— Et Hellie ?

— Toujours avec moi. »

Soudain, un combattant se dressa sur leur chemin. Surprit, Guidomex stoppa son avancée et fit signe à Pavelox d’en faire de même.

« C’est un Magisterius » remarqua le Raeien.

Sans qu’aucun mot ne leur soit adressé, le guerrier se rua sur les trois compagnons. Pavelox du lâcher Hellie pour parer l’attaque, et laisser la possibilité à Guidomex de lui trancher le bras armé. L’instant d’après, le Magisterius se trouvait aux côtés de Guidomex qui dû user de toute sa dextérité pour esquiver la lame qui se précipitait vers son cou.

Sans qu’aucun instant ne soit perdu, l’Axem enchaina par des huds gelées pour blesser Pavelox à la jambe gauche. Genoux à terre, ce dernier était à la merci de l’ennemi qui était déjà au-dessus de lui, arme levée pour séparer la tête de son corps.

Tout à coup, un mur de glace se dressa entre Pavelox et le guerrier ennemi. Guidomex chercha du regard la provenance de la hud pour voir Hellie, l’esprit de nouveau aguerrie et double épée dégainée.

Saisissant l’opportunité, Pavelox et Guidomex se ruèrent vers le Magisterius pour le provoquer au corps à corps. Pendant la confrontation, Hellie concentra sa Via pour sa prochaine attaque et, après en avoir assemblé assez, joignit ses mains pour incanter Erratum.

La hud Ervilienne émergea du néant au niveau du torse du Magisterius. D’un bon, ce dernier se dégagea mais Erratum ne faisait maintenant plus qu’un avec son corps.

« Éloigne-toi, vite ! lança Guidomex à Pavelox. »

Sans chercher à comprendre, le Raeien prit ses distances et vit le sourire narquois de leur ennemi.

« Eraien. Vous ne savez rien, leur lançât–il calmement, ses iris et sa pupille se fondant dans la sclérotique azurée de ses yeux.

— Hellie ! Maintenant ! » cria Guidomex à l’Eraienne.

A l’ordre hudique d’Hellie, Erratum engloba dans son maelstrom leur ennemi, pour se refermer sur son corps emprisonné. Mais dans un fracas de Via, ce dernier brisa la hud et son regard chercha ses victimes Eraiennes, sans succès, ils avaient fuis à l’ordre de Guidomex qui avait compris leur impuissance.

Hasrabel et Eavael avançaient à l’unisson sur le front de la bataille. L’armée adverse reculait inexorablement à mesure que la Vaïncrus avançait. De ses yeux entièrement bleus azurés, Eavael scrutait les lignes arrière ennemies, enfin devenues visibles. Trois guerriers attirèrent son attention, leurs regards étant similaires au sien.

Eavael ordonna à dix soldats restants de faire une percée pour les atteindre. Hasrabel lui emboita le pas en envoyant ses fantassins les assister. Restant en retrait, les deux Axems admirèrent les soldats ennemis, mais aussi les siens, se massacrer les uns les autres dans une pourpre valse bruyante.

Dans une transe destructrice, Eavael marchait vers ses trois prochaines cibles, décimant tous ceux lui faisant face, amis ou ennmi. Son sourire béat, signe de la folie meurtrière qui l’habitait, déformait son visage ensanglanté.

« Comment pouvez-vous nous tenir tête ?! demanda un des Magisterius lorsqu’Eavael arriva à son niveau.

— Votre secret est maintenant notre. Ashron nous a éclairés sur le dernier élément manquant.

— Ashron ? Cet Eraien ?!

— Quelle ironie ! Un Eraien va nous offrir la victoire sur votre communauté !

— Un Eraien ne peut pas comprendre notre force !

— Cet Eraien a pourtant tout comprit ! Prédire les mouvements, l’azur des yeux qui se révèlent, la vision des flux de Via. C’est si complexe et simple à la fois ! conclut Eavael en lançant une de ses lames vers la tête d’un de ses ennemis. »

Au son de l’épée pénétrant dans la chair ennemie, l’Axem s’élança sur les deux autres ennemis et un intense échange au corps à corps, épée contre épée, débuta au milieu des fracas meurtriers de la bataille. Non loin, les yeux d’Hasrabel regardaient le combat, sans qu’un intérêt ne m’effleure puisque l’issue était certaine.

« Comment pouvez-vous avoir percé le secret ?! » demanda un des Magisterius à Eavael.

« Cela fait des milliers d’année que nous cherchons ce secret, répondit calmement Eavael en bloquant l’épée de son ennemi. Mais nous ne parvenions pas à saisir la subtilité de votre avancée sur nous. Puis Ashron, de par la simplicité de son esprit, a eu la clairvoyance de se poser une question simple et a décelé ce qui nous échappait. Vous pouvez le voir, vous pouvez voir le cycle de la Via !»

Eavael serra d’un coup son bras enroulé autour de la gorge du Magisterius, l’empêchant de répondre, et enfonça sa lame dans le corps de son ennemi par sa tête. Le dernier Magisterius, jusqu’alors immobile, se rua sur Eavael dans un assaut désespérée s’empala dans l’autre lame de l’Axem, dont la vitesse surpassait l’œil non exercé.

« Pas de prisonnier ! Tuer les tous jusqu’aux derniers ! » lança l’Axem victorieux en voyant ses soldats qui se relâchaient.

Le carnage de la bataille Tel Variamis joua son épilogue dans un final carmin et glaçant de cris. La Vaïncrus éradiqua ce qu’il restait de la Communauté de Ryva, ne laissant que rivière pourpre et odeur rance de la victoire pour l’un, et de la défaite pour l’autre.

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