Aerouanttan

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Après une nuit passée à ne pas dormir, Vallia s’était préparée à la hâte et attendait que ses compagnons ne daignent la retrouver. Elle avait pourtant été claire la veille, une courte nuit de repos et tous devaient partir à Guoria Ket retrouver Ashron. Et la voilà qui attendait depuis maintenant trop longtemps à son gout.

Soudain, Guidomex et Hellie sortirent de l’édifice miroité devant lequel elle attendait. A la vue de leur amie, tous deux semblèrent gênés à l’idée de se faire réprimander de l’avoir ainsi fait attendre. Mais la vue d’Hasrabel lui fit oublier son agacement :

« Que fais-tu ici ? lui demanda-t-elle.

— Laissez-moi vous accompagner ! répondit-il sans plus d’explication.

— Pourquoi viendrais-tu avec nous?

— Il faut retrouver Ashron. Sans lui, je crains que nos dernières victoires soient vaines, expliqua Hasrabel. Et j’amène un stratorien avec moi.

— Un quoi ? demanda Vallia, suspicieuse.

— Faites-moi confiance, nous irons bien plus vite avec ça.»

D’un signe de tête, Hasrabel désigna une sorte d’aerogliss stationné non loin d’eux.

« Tu peux nous accompagner, dit Vallia sans concerter ses deux amis et en se dirigeant vers l’engin.»

A son bord, Hasrabel s’installa pour en prendre les commandes et détailla leur route. Pour atteindre Guoria Ket, ils devaient partir en direction de l’ora et traverser les plaines colorées de la Mariola Ial Tenet, puis bifurquer vers l’ara en coupant par les montagnes de Drihurla Man Ran et atteindre les côtes abritant la cité.

Hasrabel enclencha les réacteurs et l’engin s’éleva dans le ciel pour atteindre une altitude bien supérieure à un aerogliss Eraien. Puis il actionna les commandes et l’engin s’élança dans le flot de circulation pour rapidement atteindre la sortie d’Iriam.

Au son du réacteur du stratorien, l’esprit de chacun était libre de ses propres pensés. Le paysage aux multiples teintes et défilant à travers les vitres baignait dans la lumière des Solars, et seules les ombres des collines entourant Iriam Lest assombrissaient certains endroits.

L’esprit de Vallia était focalisé sur Ashron, mais aussi sur Leon. Elle était proche de le retrouver et d’enfin présenter son père à son fil. Même les récits d’Hasrabel sur la puissance des Magisterius et les dires d’Illuel ne freinaient en rien son ardeur à le retrouver.

Plusieurs heures furent nécessaires pour traverser les plaines de Mariola Ial Tenet. Malgré la vitesse de l’engin, Vallia remarqua l’extravagante végétation des lieux. Parfois, une impression de vie se dégageait en mouvement, dans un ballet lent et végétal de couleurs. « Ce n’était peut-être que son imagination fatiguée », se dit-elle en tentant de rattraper son précédente nuit infructueuse.

Soudain, émergeant d’un coin du champ de vision d’Hasrabel, une bête massive et de tous poils vêtus s’interposa sur la route du stratorien. Malgré une habile manœuvre, le Raeien ne put éviter l’impact qui projeta tous les passagers contre les parois du véhicule. Vallia, légèrement sonnée mais encore capable de se mouvoir, en sorti pour se retrouver face à la bête meurtrie, vite rejoins par deux autres encore plus grosse.

« Attention, un ourdox ! s’écria Hasrabel par une des ouvertures du véhicule, c’est très agressif ! »

A la vue de l’Eraienne, les deux bêtes se reposèrent sur leurs deux grosses pattes arrière et un rugissement caverneux s’éleva depuis leur gueule jonchée de dents.

C’était l’occasion qu’elle attendait. Depuis la chaude sensation qui avait crépité le long de son corps face aux deux Raeiens, Vallia voulait s’y essayait. Elle avait tellement vu Ashron le faire que ce fut une évidence.

« Aerouanttan » murmura-t-elle lentement, ses iris azurés emplies de détermination.

Un bruit sourd émergea du néant. Lentement, ce son s’éleva aux aigus et, depuis l’air ambiant, le feu se matérialisa pour former deux colonnes brulantes et aveuglantes. A leur extrémité, deux gueules de dragon fixaient déjà leurs futures victimes en se mouvant au-dessus des épaules de l’Eraienne.

L’instant d’après, les dragons avaient fuis leur position pour happer les ourdox qui commençaient à détaler, leur instinct ayant pris le dessus. A l’impact des dents pénétrant la chair des bêtes, des hurlements fut la seule réponse et le sang s’échappant des plaies cautérisa à vue d’œil. Puis, dans un maelstrom de brulures écarlates, une explosion vaporisa les bêtes et mis fin à leur calvaire.

« Comment as-tu fait ça ? demanda Guidomex qui avait reconnu la hud à l’œuvre.

— Je ne peux le décrire, répondit Vallia presque surprise. Ce n’est pas quelque chose que j’ai fait mais que j’ai ressenti.

— Nous verrons ça plus tard, coupa Hasrabel, le stratorien doit être réparé. Ca va prendre un moment.

— Etablissons un campement pendant que tu t’en occupes, répondit Hellie qui cherchait encore à comprendre ce qu’il venait de se passer »

Après une nuit sous les étoiles de la voute céleste que les yeux de Vallia admiraient, le périple dans le stratorien reprit comme il avait commencé, silencieux.

« Drihurla Man Ran constitue la chaine de montagnes la plus importante des terres d’Akmmar, commença Hasrabel qui n’aimait pas le silence pendant les voyages. Elle s’étend sur des centaines de kilomètres et ses cimes ne déneigent jamais. Nous devrons laisser le stratorien et grimper à pied au sommet, pour ensuite redescendre. Des tribus sauvages s’y sont installées et j’espère qu’elles ne nous poserons pas de problème.

— Je ne comprends pas, avec un tel niveau technologique, pourquoi ne pas utiliser d’engins volants ?

— Les cimes de ces montagnes culminent à des niveaux que nos dirigeables ne peuvent atteindre. C’est aussi pour ça que Guoria Ket à la réputation de forteresse imprenable, il faut déjà franchir Drihurla Man Ran avant de se frotter à ses remparts. »

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