Espoir

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 Après deux semaines enfermé à l'isoloir, j'ai l'impression de retrouver la confiance de Père Victor. J'écoute attentivement ce qu'il me dit, j'essaie même parfois de faire référence aux lectures précédentes et je sens que, petit à petit, je pourrais retrouver ma chambre et fuir définitivement.

« Tu as fais beaucoup de progrès ces derniers temps mon enfant, je suis fier de toi. Dit Père Victor.

  • J'étais frustré d'être là au début, mais j'ai fini par vous écouter et par comprendre mes torts. Grâce à vous je comprends mieux ce qu'attend Dieu de nous et j'espère vite retrouver le chemin de la messe pour pouvoir prier et présenter mes excuses.
  • C'est une très bonne réaction, je demanderai au Père Maximin s'il est d'accord pour te faire participer à la messe de demain matin. »

Quel ennui ! Je ne regrette finalement pas d'avoir manqué cette messe interminable, mais je dois me concentrer. Je dois faire illusion que cette messe est importante pour moi afin de regagner la confiance de mes maîtres.

Je n'ai toujours pas le droit de regagner ma chambre. Non seulement je subis la messe du matin, mais en plus de cela je dors à l'isoloir. Ma vie est un enfer. J'ai ouï dire qu'à ma majorité je pourrais sortir d'ici quand bon me semble, mais je n'attendrais pas jusqu'à cet âge. Je n'en aurais pas la force.

* * *

C'est finalement après un mois de bagne que j'ai pu regagner ma chambre. Il n'y avait plus rien. Il me restait quelques affaires, des draps propres, mais plus aucun objet et surtout il n'y avait plus mon livre. Des barreaux avaient été installés à ma fenêtre et un verrou supplémentaire ornait ma porte. Chaque soir, Soeur Francine passait pour vérifier que j'étais bien couché puis elle fermait le verrou afin de m'enfermer à l'intérieur. Chaque matin, c'est Père Victor qui venait me réveiller et qui me conduisait jusqu'à la messe. Ensuite, Soeur Margaux prenait le relais pour m'accompagner au réfectoire et enfin c'est Soeur Marie-Jeanette qui ne restait jamais loin de moi la journée. Ils ne me quittaient plus d'un oeil. J'étais coincé.

* * *

C'est Pâques ce dimanche. Tout l'orphelinat est en ébullition. Tous préparent la messe du village qui réunira des centaines de couillons. Il y avait longtemps que je n'avais pas pu profiter du jardin car Soeur Marie-Jeanette était bien trop occupé à me surveiller. Les prêtres n'étaient quasiment plus là. Soeur Margaux et Soeur Francine sont les deux seules adultes à s'occuper de nous.

Un ballon est tombé dans la cour de l'orphelinat, un des enfants le prend et décide de jouer avec. Il n'y a pas de ballon ici alors l'occasion est parfaite pour s'amuser différemment. Après quelques minutes, Soeur Francine intervient et confisque le jouet. Elle se dirige vers le cagibi et je décide de la suivre discrètement. Quand elle ouvre la porte, j'entr'aperçois une multitude de jouets et autres bricoles. C'est donc là que sont entreposés les objets interdits, c'est donc là qu'est mon livre. Soeur Francine ferme le cagibi à clé et la met dans sa poche. La messe est dans trois jours, il me reste donc trois jours pour récupérer mon livre et ainsi je pourrais profiter d'aller à l'Église ce dimanche pour m'enfuir avec mon trésor.

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