2 - Préparatifs

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Le jeune officier de quart s’éloigna rapidement pour transmettre les ordres de Padéril, laissant celui-ci seul. Fouillant dans ses poches, il retrouva un de cigares acheté en début de soirée avec une des pièces d’or de la rançon qui devait servir à acheter Sami.

Padéril le fuma avec plaisir, même si sa gorge douloureuse protesta contre ce traitement et il attendit que le mégot soit minuscule avant de le lancer dans l’eau croupie du bassin. Il rejoignit la dunette d’un pas alerte, grimpant l’escalier conduisant à la passerelle. Seul le quart minimum était à son poste et l’officier de quart lui fit signe qu’il était attendu dans la salle de réunion située derrière la paroi, juste au-dessus de ses quartiers.

Padéril entra dans la pièce copieusement éclairée. Une douzaine d’hommes et de femmes vêtus de l’uniforme bleu ciel de la flotte, ainsi que trois officiers vêtus de gris, ses voltigeurs. Padéril avait perdu un tiers de son équipage pour cette mission. Ses hommes avaient été détachés auprès d’autres unités pour des raisons quelque peu étranges, la véritable étant qu’il fallait faire de la place à son excellence.

Padéril avait deux lieutenants de vaisseau, trois enseignes, son capitaine en second, le liaig de bord accompagné de son adjoint et six officiers mariniers d’expérience : deux responsables de la machinerie, deux de la navigation et deux autres pour l’artillerie. C’était une bonne équipe, mais un peu juste pour ce qu’il avait en tête. Il se tourna vers le plus jeune de ses enseignes.

— Enseigne Bluin, s’il vous plaît. Veuillez rejoindre le second qui est de quart et lui dire que vous prenez la main. J’aimerais que le capitaine Kulien se joigne à nous.

— Oui monsieur, répondit fièrement le plus jeune enseigne à bord.

Il prit congé en oubliant presque de saluer son supérieur, puis repassa dans la passerelle où tout le monde put l’entendre faire son compliment au second puis déclarer d’une petite voix tremblotante.

— Je prends la main. Il est 00.40.

L’instant d’après, le second de Padéril entrait dans la salle de réunion et s’asseyait à la première place libre. Sur un signe de tête, un matelot lui apportait un lait de noisette bien chaud et juste corsé d’une petite goutte de liqueur. Padéril se contentait d’un lait de chèvre chaud sucré au miel pour aider sa gorge.

Il déglutit avec difficulté avant de regarder l’assistance lui faisant face.

— J’ai la certitude que cette mission est un coup monté entre l’entourage du prince hériter et quelques accointances à l’amirauté. Ce qui est arrivé à la chef Sami ne fait que le confirmer.

Il y eut quelques approbations silencieuses, alors qu’il poursuivait.

— Notre devoir est donc de retourner au plus vite auprès de la flotte et de les avertir de ce qui s’est tramé ici.

C’était l’évidence même, mais la tradition voulait qu’après la nuit du solstice succédât deux jours supplémentaires, jours pendant lesquels toute activité travaillée était interdite. Le second souleva le problème.

— Commandant ? Les druides feront tous pour nous empêcher de partir et les autorités locales les soutiendront. L’histoire du bassin est éloquente.

— Je n’en doute pas, confirma Padéril. En fait, je me demande seulement s’ils seront prêts à nous empêcher de partir. Nous sommes sous pavillon parlementaire et donc détachés de toute obligation religieuse pour la bonne tenue de notre service. Il nous faut juste une petite excuse qui sonne juste et je pense l’avoir trouvée expliqua-t-il en sortant la pièce d’or de sa poche.

Tout le monde observa le double-soleil qu’il fit tournoyer sur la table.

— Voici une pièce qui devait servir aux Latins à payer pour la capture de la chef Sami. C’est en fait de la fausse monnaie et comme nous en avons répandu un peu derrière nous, les Montpelliérains sont au courant. Je me propose de me rendre à terre d’ici peu avec la confession signée du saligaud que j’ai fait coffrer et de jouer l’offusqué. Excuse auprès de la garde, retour chez nous, le coupable devant être livré à un tribunal druidique pour sa forfaiture. Cela les embrouillera suffisamment longtemps pour que nous mettions en route notre départ…

Padéril prit un air interrogateur avant de hausser les épaules : ou notre évasion, si vous préférez ce terme.

— Nous sommes un peu courts en personnel, poursuivit-il, mais vous m’arrangez les équipes pour que battions le branle-bas de combat d’ici 01.30. N’oubliez pas de sélectionner les hommes qui renforceront nos voltigeurs. Lieutenant Salond, m’autoriserez-vous à utiliser vos hommes pour renforcer nos équipes ?

— Tout le plaisir sera pour moi, lui répondit le jeune officier de l’infanterie embarquée.

Padéril se tourna vers le voisin de Sami, qui était restée bien sage, mais qui récupérait rapidement de ses émotions de la journée.

— Maître Glaor ? Notre ingénieur ayant été assigné ailleurs, nous manquons de bras aux machines. Vous êtes plus ancien que Sami, aussi, choisissez votre poste.

L’homme, quelque peu âgé fit signe que c’était évident.

— La gamine aux commandes de la 142, déclara-t-il en reprenant le surnom de Sami avec affection, avec trois gars pour l’appuyer. Je lui fais entièrement confiance. Je garde le reste pour les alternateurs et la propulsion.

Padéril appréciait la décision et le montra d’un sourire avenant.

— Auriez-vous quelques demandes particulières ?

— Deux enseignes ne seraient pas superflus, commandant.

Le jeune capitaine de corvette fronça le nez.

— Un peu délicat, maître. L’enseigne Bluin est de quart et j’aurais besoin de Lamuka. Glifo est à votre disposition.

Le liaig se pencha vers l’avant.

— Commandant ? Mon adjoint est assez porté sur la machinerie, quand il ne révise pas ses ouvrages de chirurgie. Tant que nous n’avons pas d’urgence, je peux me passer de lui.

Padéril remercia d’un signe de tête et regarda Glaor.

— Cela vous convient-il, maître ?

— Il est le bienvenu, confirma celui-ci. Je le croise assez souvent dans notre département.

Padéril leva les mains au ciel, comme en un remerciement silencieux aux dieux.

— Très bien messieurs. Mettez-moi la 18-07 en état de combattre le plus discrètement possible. Vous avez trois quarts d’heure.

Tout le monde quitta la petite salle à l’exception de la jeune Lamuka.

— Enseigne, lui demanda Padéril. De quand date la dernière vacation TSF ?

— D’hier matin, commandant. Dès que la cité fut en vue, nous effectuâmes les dernières transmissions.

— J’aimerais que vous passiez quelque temps avec le radio et que vous essayiez toutes les fréquences à notre dispo.

— Sur toutes les bandes, commandant ?

— Oui et sans lever nos antennes, pour le moment. Vous pourriez peut-être attraper quelque chose au passage.

_ À vos ordres, commandant.

Padéril resta seul pour terminer son lait chaud, appréciant la douceur qu’il apportait à sa pauvre trachée malmenée et s’offrit quelques minutes à ne rien faire d’autre, ni même réfléchir, trouvant dans ce vide intégral un regain de confiance en lui-même. Il jouait gros.

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Fortune_sala

23/02/2020
il était 8heures du matin c'était la date de mon anniversaire chez moi j'ai l'impression que tout le monde m'a oublié genre c'est une journée comme les autres en même temps suis pas trop surprise de la réaction des gens suis toujours celle qui pense aux autres.
Brunel(mon ex) j'ai pas arrêté de mentionner mon anniversaire et le bon Mr m'appelle à 17 heures pour m'engueuler... Comment peut-il me faire ça aujourd'hui ?
Mehdi(mon amoureux) malgré le fait qu'il soit au Maroc et moi au Gabon je l'aime pour toujours mais il a aussi oublié...c'est pas si grave que ça mais c'est ce genre de détails qui fait en sorte que l'amour diminue.
Aya ma chère sœur je l'aime tellement elle plus que n'importe qui me comprend.
j'ai reçu son Sms à13 heures et j'ai eu les larmes aux yeux tellement suis touché ...heureusement qu'elle n'est pas comme les autres.
j'ai passé une journée affreuse j'ai pleuré toute la nuit j'ai l'impression de ne pas être importante pour les autres je me sens si mal dans ce grand monde
Je suis assé jolie comme meuf...forme généreuse 1m74 teint noir je ressemble beaucoup à une sénégalaise. Meuf pas très compliqué je rigole beaucoup je boude beaucoup mais suis grave amusante.
Avec un jolie fessier la gente masculine m'apprécier beaucoup.Suis intéressante et assez soumise lorsque j'aime quelqu'un mais j'ai jamais eu beaucoup de chance dans mes relations...D'autres se servent de moi pour le sexe et je fais très souvent l'objet des Paris entre mecs (ça me fait mal mais vue d'un autre ongle suis assé bonne au point qu'on pari sur moi!!!).
Mes relations n'ont jamais mis du temps et ça forgé mon comportement je suis maintenant une chasseuse il n'existe pas un mec que je désire sans que je puisse l'attendre. Le problème est je risque d'être mal vue dans mon environnement donc je continue à faire la sainte pour ne pas décevoir mes parents.
Dans quel monde je vis?! J'ai tellement besoin de miracle(une histoire d'amour sans limite telle celle d'un conte de fée)mon histoire d'amour à moi ressemble beaucoup au 50 nuances de Grey. Mes conditions de vie sont pas trop comme j'aimerais je vis dans une grande famille vous savez comment ça se passe ici en Afrique enfin breff...
Le seul moment où je me sens réellement libre c'est lorsque Tard dans la nuit je suis allonger et je m'imagine une vie où suis je suis fiancé avec un médecin bien taillé de 25ans super Canon pas trop bavard qui fait l'amour comme Mr grey.
Et puis à mon réveil bonjour ma réalité "élève de classe de terminale" Je suis crevé...
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2
Hilaze
Elbar Quézermistoss, ou "le guet" est un gamin des rues. Il vit au jour le jour, dans la bande de Jarvioss. Ils sont six, parfois sept ou huit gamins des rues de Narhcouyss, capitale de la seigneurie Driss, à survivre comme ils peuvent. Ils luttent contre les autres traîne-misère, contres les gardes et les mercenaires. Jarvioss les guide et les protège, ils le servent.
Le guet, suite à une rencontre, sait quand il faut prendre la fuite. C'est ce qui permettra à la bande d'échapper à un danger pire encore que leur quotidien : l'enfer de la guerre. Celle, sans fin, qui oppose les licorniens aux dragoniens.

Notes : cette nouvelle se situe longtemps après le Lys rouge, et quelques siècles avant Parc'o'zombi. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu ces autres nouvelles pour comprendre celle-ci. Elbar réapparaîtra dans un roman que je prépare, qui s'appelle "Le règne de la Chaotique".
La dernière partie, du nom de "version d'il y a 7 ans", était à la base le second chapitre du Règne de la chaotique... puis j'ai estimé que ça décalait trop l'arrivée du personnage principal, d'autant plus que cette partie donnait trop d'importance à Elbar... Enfin voilà, voyez cette partie comme un bonus. Je ne vous cache pas que j'ai eu la flemme de corriger les fautes ^^.

Si vous voulez savoir ce qui arrive à Jarvioss après tout ça, tournez-vous vers la nouvelle Pirateries... il vous racontera !

J'espère que cette nouvelle vous plaira, bonne lecture, et faites-vous plaisir dans les commentaires et annotations, membres du club Valentine ou non !
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slidery
Un jeune et riche financier vivant son train de vie quotidien décide de retourner dans sa maison de famille pour prendre de simple vacance mais il ne pensait pas croiser sa cousine, une artiste en mal d'humanité.
Ces deux personnalités diamétralement opposées vont s'opposer, se déchirer et s'entrechoquer sous le même toit. Un échange entre une jeune femme humaniste qui vis pour les autres et se réfugie dans l'art pour contempler un monde fantasmé et un financier dont la vie s'est construit sur la confrontation et l'univers impitoyable des marchés qui lui ont retiré toute pitié.
Qui sortira gagnant de cette lutte idéologique entre l'altruiste et l'égocentrique ? l'idéaliste et le réaliste ? l'amour et l’orgueil ?
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