1 - Une petite mise au point

7 minutes de lecture

-NB Cette histoire est la suite de Bordée risquée et commence quelques instants après la fin de celle-ci -

Nuit du 31 frimaire 754, 00.00 heure

Padéril et son officier de quart arrivèrent à la passerelle de coupée, alors qu’un gros homme revêtu d’une épaisse fourrure la remontait, suivi à distance respectueuse par trois autres individus. Les cloches dans le lointain poursuivaient leur carillon.

— Rappelez-moi, demanda Padéril à voix basse, monsieur l’officier, qui dans cette équipe bénéficie du statut diplomatique ?

Sans sourciller, le jeune homme répondit sur le même ton.

— Son excellente le vicomte, son adjoint le chevalier et son secrétaire.

— Pas son ami, son invité ? s’enquit le jeune capitaine de sa voix meurtrie et soufflante.

— Non, commandant, lui confirma son second d’un ton tout aussi bas

— Alors, dès que ce connard a posé les pieds sur mon pont, vous me le faites embarquer discrètement par la garde et vous me le jetez au trou.

— À vos ordres, confirma le jeune officier sans s’étonner outre mesure.

Il salua alors que Padéril faisait un pas vers l’avant comme pour accueillir un ami cher et après un salut parfait serra la main du plénipotentiaire qui soufflait à mouvoir sa trop imposante personne.

— Quelle joie de vous recueillir à bord alors que commence cette nouvelle année, dit Padéril en mettant autant de chaleur possible dans sa voix alors que sa gorge le martyrisait encore de la tentative d’écrasement par le hallebardier un peu plus tôt. C’est un heureux présage, monsieur le plénipotentiaire.

— Hum… Oui ? Vraiment, s’étonna presque celui-ci qui se demandait toujours ce que sous-entendaient les suaves paroles du jeune commandant.

Leurs relations n’avaient pas commencé dans la douceur, l’envoyé exigeant une cabine digne de sa noble fonction et réclamant non moins celle que du commandant de ce navire qu’il estimait mis à disposition.

Un officier administratif de l’amirauté, Padéril haïssait cette engeance, avait fait en sorte que le plénipotentiaire soit entièrement satisfait du comportement de la flotte. Depuis cinq jours, Padéril dormait dans son bureau personnel ; sa chambre, ses sanitaires et sa salle à manger étant réservés à la mission diplomatique. Padéril était un impétueux. Cela lui avait parfois porté tort, il le savait. Mais certaines de ses connaissances lui avait appris à se maîtriser et, surtout, que la vengeance était un plat se mangeant froid.

Avec la brise de terre qu’ils avaient cette nuit et les températures qui descendaient, Padéril se dit qu’il était temps de s’offrir ce repas si particulier.

Padéril désignait la dunette de sa corvette, engageant son invité à s’y rendre.

— Je suis persuadé que mes gens ont préparé quelque chose de chaud et de léger pour que votre excellence se remette de ces longues cérémonies.

Enseigne Lamuka, veuillez conduire son excellence, je vous prie.

Une jeune femme à peine sortie de l’adolescence s’avança en saluant le plénipotentiaire avant de lui tendre le bras pour le guider. Padéril savait que l’homme n’était pas insensible aux parfums de la jeune femme et il en abusait pour manœuvrer ce prétentieux. D’un coup d’œil, il vit que la suite de l’envoyé était enfin sur le pont de son navire et que ses hommes relevaient prestement la passerelle les reliant à la jetée de pierre.

Sans qu’il n’ait à faire le moindre geste, l’officier de quart avait adressé un signe à l’officier des voltigeurs et en quelques instants, n’importe qui eut l’impression qu’un jeune civil fort élégamment vêtu venait de trébucher.

Les deux autres employés se virent intimer l’ordre de se taire et de ne plus bouger, alors que l’accidenté était évacué rapidement par le sas le plus proche.

Malgré toute la célérité de ses gens, Padéril ne put éviter que le plénipotentiaire s’en aperçoive et se retourne vers lui, outré.

— Capitaine Padéril ! Comment osez-vous !

Le jeune homme était effectivement capitaine de corvette, depuis trois ans et commandait ce navire depuis près de dix-huit mois. Mais seul un officier supérieur pouvait l’interpeller aussi directement.

Padéril s’approcha du délégué d’un pas vif et claqua des doigts.

— Matelot Waka, veuillez aider l’enseigne Lamuka à raccompagner son excellence. Surveillance visuelle permanente.

Puis il fixa le plénipotentiaire droit dans les yeux.

— Mettons bien les choses au clair ! dit-il d’un ton sans appel. Ton cher ami a organisé en partie l’enlèvement de la chef vapeuriste Sami, puis prétendu qu’elle avait déserté ! grogna-t-il plus qu’il ne parla. Agir ainsi s’appelle de la trahison ! Je ne suis pas dans les confidences de l’entourage de Son Altesse le prince héritier, mais je ne pense pas que la trahison en fasse partie. Maintenant, tu m’écoutes bien ! le menaça-t-il d’un ton ferme et d’un index vindicatif. Je vais ramener mon navire et son équipage auprès de la flotte, puis soumettre mes rapports et mes soupçons directement à l’amirauté. Si tu tentes quoi que ce soit, je te balance dans ce bassin plein de merde ou je te crame dans la chaudière de ma corvette.

Sans lui demander de réponse, il fit signe à son gars et à l’enseigne d’enlever l’envoyé trop choqué pour répondre quoi que ce soit. Padéril avait quelque chose d’effrayant lorsqu’il était en colère et cette fois-ci, il l’était vraiment.

Ses hommes retournèrent tous à leurs activités et le pont fut soudainement désert, balayé par quelques rafales qui rebondissaient contre les bâtiments situés en hauteur : forteresses, entrepôts, palais.

Padéril fit quelques pas vers la tourelle avant, suivit par l’officier de quart qui cherchait à comprendre ce que voulait faire son commandant. Il avait bien quelques idées, mais depuis qu’ils se connaissaient, Padéril l’avait souvent étonné par son inventivité.

— Monsieur Kalien, s’il vous plaît. Depuis quand les Montpelliérains ont-ils à vider ce bassin ?

— Une heure après votre départ, monsieur. Dès que la corvette latine a été annoncée.

— Celle-ci ? fit Padéril en désignant dans la nuit claire de ce Nouvel An la silhouette d’une corvette volante à moins de deux mille toises d’eux et flottant bien haut, signe qu’elle était au-dessus d’une surface rocheuse et non pas liquide, comme eux.

— Oui, commandant. La corvette carthaginoise s’est déplacée vers l’arsenal est. On apercevait ses mâts qui n’avaient pas été descendus. Et puis il y a l’impériale, qui nous bloque la route de l’ouest. Elle doit être au-dessus du port fluvial, mais est bien fixée à douze ménèz de la surface, au moins.

Cette dernière constatation indiquait donc que les quartz flotteurs du vaisseau aériens étaient récents ou bien rechargés. Les corvettes étaient des bâtiments de 28, des engins capables de survoler le sol à 28 ménèz, plus de 220 toises, d’altitude. Les surfaces liquides diminuaient toujours cette hauteur par deux.

La 18-07 avait été parquée dans ce bassin et Padéril, respectant en cela les instructions de l’amirauté, avait fait flotter son navire à moins de dix toises de la surface. En vidant le bassin, mais conservant assez de liquide, les Montpelliérains croyaient bloquer la corvette aquitaine et le rendre plus vulnérable aux autres navires. Il était vrai que pour peu, un catamaran de guerre aurait pu venir les accoster pour tenter de les prendre à l’abordage.

Padéril sourit à cette idée. Ça serait divertissant !

Il posa sa main sur une conduite en cuivre fixée au bastingage et son sourire s’élargit encore plus en sentant la chaleur et la pression sous son gant.

— À mon départ, nous avions réussi à remplir nos réservoirs auxiliaires d’eau. Je vois que vous avez réussi à maintenir la pression.

— Bien sûr, commandant. Comment aurais-je pu négliger ça ! Par sécurité, j’ai demandé à plusieurs postes d’entrer en activité réduite, mais nous avons gardé notre pression et poursuivit le remplissage avec les pompes manuelles et les filtres. Cela gardait les hommes occupés. Avec ce crachin, j’ai fait déployer les coroles de nos trois mâts et récolté suffisamment d’eau pour approvisionner tout le réservoir des sanitaires. Le tender dihydro est maintenant au deux cinquièmes de sa capacité. Le tender diox est presque plein. Nous pourrions obtenir encore deux autres cinquième de dihydro, mais…

Le jeune officier n’eut pas besoin de poursuivre sa phrase. Padéril comprenait son problème. S’ils lançaient l’électrolyse, il fallait d’abord sacrifier du carburant pour en produire une plus grande quantité. Lors d’un vol avec des points d’eau accessibles, ce n’était jamais un problème, seulement une question de temps. Ici, dans un bassin à l’eau polluée, même un commandant audacieux comme Padéril y réfléchirait à deux fois avant de lancer l’opération.

Ils avaient poursuivi leur marche le long du passavant tribord de la corvette, dépassant la tourelle avant contenant le canon de 75, recouverte d’une bâche pour dissuader les regards curieux. Padéril arriva à la proue de son navire où un mât portait le pavillon parlementaire puis, en dessous, celui de Sa Seigneurie, Erwan, prophète parmi les hommes et duc d’Aquitaine.

Le jeune homme examina sa corvette, les mâts télescopiques pour l’instant repliés, la tourelle de 75 avant puis, derrière elle, les deux tourelles centrales, équipées elles aussi de 75, la dunette et la passerelle depuis laquelle il dirigeait ce vaisseau.

Derrière ces superstructures se trouvait une autre tourelle de 75, tournée vers la proue, un autres mât télescopique et enfin, reliée à la proue par un carter circulaire, l’hélice permettant à son navire des évolutions qu’aucun autre appareil d’une autre nation n’était capable d’accomplir. La maîtrise de cette technologie offrait aux flottes et marines aquitaines un avantage indéniable face aux multitudes impériales, latines et carthaginoises.

— C’est très bien, monsieur l’officier de quart. Veuillez rejoindre la passerelle et priez l’état-major de m’y retrouver dans dix minutes. Faites relever l’enseigne Lamuka par un voltigeur, je souhaite que tous nos officiers soient présents.

— À vos ordres, commandant, lui répondit son second, tout content de voir que les choses allaient bouger.

Annotations

Recommandations

Fortune_sala

23/02/2020
il était 8heures du matin c'était la date de mon anniversaire chez moi j'ai l'impression que tout le monde m'a oublié genre c'est une journée comme les autres en même temps suis pas trop surprise de la réaction des gens suis toujours celle qui pense aux autres.
Brunel(mon ex) j'ai pas arrêté de mentionner mon anniversaire et le bon Mr m'appelle à 17 heures pour m'engueuler... Comment peut-il me faire ça aujourd'hui ?
Mehdi(mon amoureux) malgré le fait qu'il soit au Maroc et moi au Gabon je l'aime pour toujours mais il a aussi oublié...c'est pas si grave que ça mais c'est ce genre de détails qui fait en sorte que l'amour diminue.
Aya ma chère sœur je l'aime tellement elle plus que n'importe qui me comprend.
j'ai reçu son Sms à13 heures et j'ai eu les larmes aux yeux tellement suis touché ...heureusement qu'elle n'est pas comme les autres.
j'ai passé une journée affreuse j'ai pleuré toute la nuit j'ai l'impression de ne pas être importante pour les autres je me sens si mal dans ce grand monde
Je suis assé jolie comme meuf...forme généreuse 1m74 teint noir je ressemble beaucoup à une sénégalaise. Meuf pas très compliqué je rigole beaucoup je boude beaucoup mais suis grave amusante.
Avec un jolie fessier la gente masculine m'apprécier beaucoup.Suis intéressante et assez soumise lorsque j'aime quelqu'un mais j'ai jamais eu beaucoup de chance dans mes relations...D'autres se servent de moi pour le sexe et je fais très souvent l'objet des Paris entre mecs (ça me fait mal mais vue d'un autre ongle suis assé bonne au point qu'on pari sur moi!!!).
Mes relations n'ont jamais mis du temps et ça forgé mon comportement je suis maintenant une chasseuse il n'existe pas un mec que je désire sans que je puisse l'attendre. Le problème est je risque d'être mal vue dans mon environnement donc je continue à faire la sainte pour ne pas décevoir mes parents.
Dans quel monde je vis?! J'ai tellement besoin de miracle(une histoire d'amour sans limite telle celle d'un conte de fée)mon histoire d'amour à moi ressemble beaucoup au 50 nuances de Grey. Mes conditions de vie sont pas trop comme j'aimerais je vis dans une grande famille vous savez comment ça se passe ici en Afrique enfin breff...
Le seul moment où je me sens réellement libre c'est lorsque Tard dans la nuit je suis allonger et je m'imagine une vie où suis je suis fiancé avec un médecin bien taillé de 25ans super Canon pas trop bavard qui fait l'amour comme Mr grey.
Et puis à mon réveil bonjour ma réalité "élève de classe de terminale" Je suis crevé...
0
0
0
2
Hilaze
Elbar Quézermistoss, ou "le guet" est un gamin des rues. Il vit au jour le jour, dans la bande de Jarvioss. Ils sont six, parfois sept ou huit gamins des rues de Narhcouyss, capitale de la seigneurie Driss, à survivre comme ils peuvent. Ils luttent contre les autres traîne-misère, contres les gardes et les mercenaires. Jarvioss les guide et les protège, ils le servent.
Le guet, suite à une rencontre, sait quand il faut prendre la fuite. C'est ce qui permettra à la bande d'échapper à un danger pire encore que leur quotidien : l'enfer de la guerre. Celle, sans fin, qui oppose les licorniens aux dragoniens.

Notes : cette nouvelle se situe longtemps après le Lys rouge, et quelques siècles avant Parc'o'zombi. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu ces autres nouvelles pour comprendre celle-ci. Elbar réapparaîtra dans un roman que je prépare, qui s'appelle "Le règne de la Chaotique".
La dernière partie, du nom de "version d'il y a 7 ans", était à la base le second chapitre du Règne de la chaotique... puis j'ai estimé que ça décalait trop l'arrivée du personnage principal, d'autant plus que cette partie donnait trop d'importance à Elbar... Enfin voilà, voyez cette partie comme un bonus. Je ne vous cache pas que j'ai eu la flemme de corriger les fautes ^^.

Si vous voulez savoir ce qui arrive à Jarvioss après tout ça, tournez-vous vers la nouvelle Pirateries... il vous racontera !

J'espère que cette nouvelle vous plaira, bonne lecture, et faites-vous plaisir dans les commentaires et annotations, membres du club Valentine ou non !
45
112
462
69
slidery
Un jeune et riche financier vivant son train de vie quotidien décide de retourner dans sa maison de famille pour prendre de simple vacance mais il ne pensait pas croiser sa cousine, une artiste en mal d'humanité.
Ces deux personnalités diamétralement opposées vont s'opposer, se déchirer et s'entrechoquer sous le même toit. Un échange entre une jeune femme humaniste qui vis pour les autres et se réfugie dans l'art pour contempler un monde fantasmé et un financier dont la vie s'est construit sur la confrontation et l'univers impitoyable des marchés qui lui ont retiré toute pitié.
Qui sortira gagnant de cette lutte idéologique entre l'altruiste et l'égocentrique ? l'idéaliste et le réaliste ? l'amour et l’orgueil ?
4
2
45
22

Vous aimez lire vixii_ecrivaillon ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0