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Chapitre 1

Le travail du professeur Dondey, Docteur en sociologie, doit durer sept ans : il s'agit de démontrer que lorsqu'on brise un miroir, on n'est pas nécessairement frappé de sept ans de malheur. Il veut opposer la science aux superstitions. Il demande - avec l'aval de l’Éducation nationale - à des élèves de plusieurs classes de trois collèges types de briser un miroir. Il obtient aussi l'assentiment des parents d'élèves. Il promet de les retrouver, dans sept ans, pour voir s'ils se déclarent plus malheureux à l'issue de l'étude que leurs camarades de classe qui n'en ont pas cassé. Ceux qui en briseraient un malencontreusement pendant les sept années de l'étude devraient le signaler pour respecter le caractère scientifique de l'opération. Il leur demande de faire un exposé, en cours d'Histoire, pour expliquer l'origine de cette superstition. Cela remonterait à l'antiquité : sous l'Empire romain au premier siècle, les miroirs étaient rares et précieux. Ils reflétaient non seulement l'image de celui qui regardait, mais aussi son âme. Il était de mauvais augure de briser un miroir, car pour un Romain, casser son reflet c'était un peu abîmer son âme. Au centre de documentation et d'information du collège, avec l'aide des documentalistes, les élèves consultent les dictionnaires et encyclopédies et cherchent la définition de « superstitio » en latin, à l'origine de superstition qui signifie « se tenir au-dessus ». La superstition s'oppose à la raison et à la philosophie. Elle est le fait des penseurs du surnaturel et des adorateurs de signes qui peuvent porter malheur ou bonheur. Les élèves sont très heureux de participer à cette expérience. Grâce à cela, ils sont convaincus, pour la majorité, de l'absurdité des superstitions. Et briser les miroirs est un défouloir. Armé d'un petit maillet, chaque adolescent doit taper sur un petit miroir fourni par le professeur Dondey. On oblige les quelques récalcitrants. Certains font tout de même remarquer que la malchance n'intervient qu'à condition de casser involontairement le miroir et que l'étude est biaisée dès le départ.


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Cette nuit, j’ai rêvé  que je marchais dans un village désert. J’arpentais les rues sans rencontrer âme qui vive. L’air était doux en cette fin d’après-midi. Le parfum des lilas mauves me chatouillait le nez comme une plume. Un chat passa, me fixant de ses yeux jaunes.
J’arrivai sur une place au sol recouvert de terre, bordée de platanes. J’allai me placer en son centre puis attendis. Quelqu’un arriva, une femme habillée de rouge. Sans parler, l’air dénué d’expression, elle me rejoignit sur la place et attendit sans rien dire. Une autre personne, un homme habillé en bleu, arriva à son tour, puis fit de même. D’autres personnes, habillées de bleu, de rouge ou de jaune arrivèrent et rejoignirent les premières. Toutes silencieuses, au regard inexpressif. En quelques minutes, une foule compacte et silencieuse s’était amassée sur cette petite place. On aurait dit qu’ils attendaient quelque chose.  
Soudain, des cris déchirèrent le silence compact. Des oiseaux bleus, rouges, jaunes se posèrent sur les toits. Les personnes sur la place regardèrent alors vers le ciel, et levèrent leurs bras en même temps. Ils s’envolèrent dans le ciel bleu, puis disparurent.
Six coups résonnèrent alors dans le silence. Je me dirigeai vers l’église. Sa façade était toute grise, ainsi que celle des maisons autour. Les oiseaux se posèrent sur les toits qui devinrent rouges. D’autres sur l’église qui devint bleue. Je traversai un pont en pierre qui enjambait une rivière et regardai l’eau en contrebas. Sur la surface, un reflet dansait. Je regardai mieux. Le visage d’une jeune fille se reflétait dans l’eau, me fixant de ses yeux bleus. J’étais pourtant seule sur ce pont. Un peu effrayée par cette vision, je ne pouvais en détacher les yeux. Son regard insistant semblait m’appeler. Je résistai à grand-peine à l’envie de plonger, puis réussis à en détacher les yeux. Les oiseaux sur les toits s’envolèrent. Le rouge, le bleu le jaune se mêlèrent et tout se brouilla.
Plus de village. Je marchais dans des champs détrempés de pluie. Le ciel, la terre, les arbres, tout était gris. Je me dirigeais droit devant moi au hasard. Je devais trouver un abri. A chaque pas, la terre collait un peu plus à mes bottes et il devenait de plus en plus difficile de les en extirper.  Je distinguais à peine le paysage derrière le rideau de pluie.
Je vis au loin quelques taches de couleur mouvantes. Peut-être des gens ? Je me hâtai. Il me sembla reconnaître trois personnes marchant sous leur parapluie. Il fallait que je les rattrape, elles pourraient sans doute m’aider. Au moment où j’arrivai près d’elle, elles s’évanouirent, laissant la place à trois rochers gris.
 La pluie cessa. Le soleil fit de nouveau son apparition, pour se coucher. Le rouge, le jaune, le bleu composèrent une symphonie bariolée dans le ciel, faisant flamboyer les nuages. Dans l’un d’eux, je vis un visage apparaître, me faisant face, puis un deuxième, de profil. Les couleurs du couchant les animaient d’une vie irréelle, les irisant de feu, de fauve, de glace. Je les contemplai, fascinée.  Puis leurs traits, lentement, se défirent, poussés par le vent.
A mon réveil,mon regard se posa sur la toile que j’avais laissée vierge la veille au soir. Un visage y était esquissé. Je frissonnai en reconnaissant le visage de la jeune fille, entrevu dans mon rêve. Son regard bleu, si intense, me fixait.

 
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