LE JOURNAL D’ELY

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LUCAS

Mes mains sont agitées de tremblements. Ça fait pratiquement trois jours que je résiste à la tentation que représente le journal intime d'Ely. Je regarde l'élégante reliure, ses initiales sur la couverture. Je la revois écrire dedans, allongée sur le sofa de l'appartement. Pour éviter de penser, j'ai dû travailler comme un damné ces trois derniers jours. J'ai même abattu tous le travail que j'avais en retard. Si Moira ne m'avait pas virée aujourd'hui du bureau, j'y serais encore.

Quand Duchemin m'a raconté l'histoire des sœurs de Courcelles, je n'ai pas su quoi en penser tellement cette affaire est invraisembable. Dire que je suis sur le cul est un euphémisme, je n'arrive pas y croire tout simplement. La jeune femme qui a vécu avec moi pendant deux ans m'a trompé sur toute la ligne ! Et même si je ne veux pas y croire, toute cette histoire racontée par Duchemin m'a permis de comprendre qu'Ely n'a jamais eu confiance en moi. Et encore, l'expression n'est pas à la hauteur du préjudice. Elle m'a menti sans vergogne sur certaines choses et a carrément occulté plusieurs aspects de sa vie.

Savoir qu'elle est peut-être en vie quelque part a finit de faire grandir ma colère, mon amertume et d'achever les sentiments malsains que je pensais éprouver pour elle. Une fureur sourde me submerge quand je pense que j'ai réellement culpabilisé au point de vouloir me foutre en l'air. Mes parents, ainsi que ma sœur Kelly ont voulu comprendre le pourquoi de mon état de nerf permanent, mais je n'ai pas répondu à leurs interrogations. Andrès et Casey semblent marcher sur des œufs chaque fois qu'ils s'adressent à moi, car ils savent que toute cette merde est en train de me bouffer la cervelle.

Je ne cesse de me ronger les neurones pour essayer de comprendre, sauf que je n'arrive à aucune explication logique. Mon regard porte de nouveau sur le journal que ma curiosité me pousse de plus en plus à ouvrir. Après de nombreux signes d'hésitation, je finis par me rendre à la première page.

25 Mars 2008

À Ely pour ces seize printemps....

Avec tout mon amour ......

En tournant la page, je reconnais l'écriture d'Ely, malgré quelques variations.

Propriété d'Ely de Courcelles Vous êtes priés, quel que soit l'individu, de ne lire ce journal sous aucun prétexte... Si d'aventure il était retrouvé avec mes autres carnets, qu'ils soient brûlés sans être lus.

16 septembre 2008

Je les ai encore entendus cette nuit. Malgré les portes closes, je les ai entendus... Ma sœur Ambre et cet homme. Il la baisait encore et elle semblait aimer ça. Ambre a toujours tendance à me voir comme une petite fille, mais il y a bien longtemps que je ne suis plus ce qu'elle croit. À seize ans, elle ne se doute même pas de certaines de mes manigances, mais il faut dire que je suis très douée.

Je suis très forte pour lui faire avaler n'importe quoi. Cet homme qu'elle fréquente lui non plus n'est pas ce qu'elle croit. Mais il pourrait me servir, alors je joue l'enfant réticente. Avant l'arrivée de ce mec dans nos vies, il n'y avait que nous deux, enfin que nous deux depuis que nous avions perdu notre mère. Mais à mon humble avis nous l'avions perdu bien avant sa disparition dans cet accident de voiture, car pour moi, elle n'était plus vraiment à nous.

Nous devions la partager avec Rémi, mon beau-père, et Vayia, la fille de celui-ci. Et à cause de ça, je les détestais. Oui, les détestais tellement que je priais chaque jour pour qu'ils disparaissent de nos vies. Je haïssais ma mère de s'être remariée et je détestais encore plus ma sœur Ambre d'aimer ces gens, qui à mon humble avis n'avait pas leur place dans notre famille.

De toute façon, personne ne m'aimait, il n'y en avait que pour Ambre, c'était elle l'étoile brillante de notre foyer recomposée. Tout le monde l'adorait. Notre beau-père lui vouait un véritable culte. Vayia, notre sœur par alliance, ne s'en formalisait pas puisque pour elle aussi Ambre était la sœur parfaite. Il faut croire que l'histoire se répète, car Ambre n'a rien trouvé rien de mieux que de faire entrer ce type dans notre quotidien.

Quand je pense qu'elle m'avait promis à la mort de notre mère de ne pas faire rentrer d'étranger dans notre vie et de plus jamais me laisser au profit d'une autre personne. Ambre manque à sa promesse ! Elle va m'abandonner ! Elle va vraiment m'abandonner ! Et pour ça elle a va payer !

Je lâche le carnet au sol. Bon sang, mais qui est cette fille ? Elle n'a rien à voir avec la jeune femme qui partageait ma vie ! Ely était douce, soumise, malheureuse et rongée par une douleur que je ne comprenais pas. Certes, elle avait cette phobie de l'abandon qui ne la quittait pas, mais elle n'était ni injuste, ni cruelle !

Quand je l'ai rencontrée, elle avait à peine vingt ans, elle était attablée seule dans un des restaurants terrasses de la Rue Saint-Honoré. Je l'avais trouvée tellement belle et tentante que je n'avais pas résisté à son charme à la fois mystérieux et maussade.

Pour une fille aussi jeune, elle semblait traîner beaucoup de valises, cette pseudo-fragilité m'avait de suite attiré. Et contrairement à ce que je pensais, elle se comportait comme une parfaite soumise, à mille lieu de la novice que j'imaginais. Elle ne m'avait jamais dit qui l'avait initiée, mais la personne qui s'était chargée de son éducation avait vraiment très bien travaillé. 

Ely n'était pas la blanche colombe que tout le monde imaginait et j'ai pu m'en rendre compte à de multiples occasions. Quand je pense qu'Andrès me reprochait sans cesse sa jeunesse, il aurait été surpris de voir à quel point elle me permettait d'aller loin dans mes jeux. Je me souviens de tout ce que je lui infligeais. Je ferme les yeux et des images défilent dans ma tête.

Penché contre le sol, Ely est douce et transpirante. L'association de corde et de tissu accentue la beauté de son corps voluptueux. Son souffle est lent, attendant avec impatience que je la touche. Je vois des frissons parcourir sa chair et mon excitation grandit à mesure que j'aperçois certains signes de son impatience.

Sa chatte semble vouloir absorber le cordage qui frotte sa vulve. Ses orteils se recroquevillent vers l'intérieur de la plante de ses pieds, elle suce et lèche ses lèvres. Elle inonde son entrecuisses de ses fluides, au point qu'elle dégage une délicieuse odeur musquée qui me donne envie de lui lécher sa fente humide. À cette vision, je bande comme un fou, mais ce soir, je me suis promis de l'honorer.

- Tu mouilles n'est-ce pas, Ely ? lui dis-je avec douceur.

- Oui, maître, je mouille, gémit-elle.

- Pour qui mouilles-tu autant ?

- Uniquement pour vous. me dit-elle avec impatience.

Ses seins frottent contre le dallage de marbre blanc et ses tétons sont tellement durs qu'ils traduisent le degré de son désir. Elle se met à remuer la croupe dans l'attente de mon toucher, mais je refuse de céder. Je veux qu'elle expérimente le besoin, oui le besoin urgent. Je vais la faire attendre, puis la sucer avec la langue afin qu'elle jouisse encore et encore. Ma queue est si tendue que je sens bien que la fermeture de mon pantalon de travail se tend, prêt à se déchirer.

Je m'agenouille derrière elle et salive de pouvoir promener ma langue sur ses lèvres imprégnées de jus. Je me penche vers sa fraise délicate et passe délicatement sur sa chair tendre. Elle frisonne d'anticipation, mais je continue de me concentrer uniquement sur ses lèvres. Elle se tortille, crie, mais je refuse de la satisfaire laissant pulser son bourgeon qui gonfle en raison du frottement de la corde.

Absorbé par le festin que représente son miel, je la comble de mes caresses et elle finit par jouir sous les assauts de ma langue. Alors qu'elle profite de sa jouissance, j'introduis mon doigt dans son cul délicat.

J'essaye de rejeter cette vision de mon cerveau et observe de nouveau le journal d'Ely. Je me demande si je dois poursuivre cette lecture.

18 Septembre 2008

Je la vois s'épanouir de plus en plus, vivre avec plus d'assurance, sourire continuellement. Et je déteste chaque jour tous les changements qui se produisent en elle. Contrairement à Ambre, mon cœur, lui, est vide et ténébreux. Depuis qu'elle l'a rencontré à son travail , ce type, ce Damian nous fait continuellement sortir.

Graduellement, il est de plus en plus présent dans nos vie, jusqu'à ce que Ambre finisse par m'annoncer cette semaine l'affreuse nouvelle. Il veut l'épouser. Ma colère augmente en sachant que nous allons devoir vivre avec lui. Sous son toit, en acceptant le fait qu'il prenne part à notre quotidien.. Elle doit m'aimer moi, mais elle concède à cet homme son amour, sa confiance et la stabilité de notre famille.

Nous avons dû, elle et moi, grandir vite. Même si Ambre n'a que vingt ans, je dois reconnaître qu'elle fait très adulte. Elle tente par tous les moyens de me faire accepter cet homme, mais je n'arrive pas à m'y résoudre, donc je lui mène la vie dur. Elle ose dire que c'est pour mon bien, que j'ai besoin d'une figure paternelle, sauf que je suis persuadée qu'elle veut continuer à baiser ce mec sans culpabiliser ! Plus les jours passent et moins je supporte toutes ces salades !

22 Septembre 2008

Décidément, ça n'a pas tardé avant que cet imbécile ne se mêle de mon éducation, qui selon lui n'est pas adaptée aux personnes que nous allons bientôt côtoyer. Ce connard a osé m'inscrire dans cette école de merde. Et bien sûr, Ambre n'a rien dit. Elle n'a vraiment rien fait pour arrêter cette mascarade. Elle donne raison à ce salopard, en disant qu'un lycée public n'est pas à la hauteur ! Putain, ma grande sœur, qui jure m'aimer, me fout dans une école de merde pour les riches.

Après le déménagement forcé qui est venu bien plus promptement que je le pensais, je croyais pouvoir souffler un peu, mais non ! J'ai dû abandonner mes amis Rayl et Davis pour cette prison dorée complètement pourrie. Je rumine une idée fine pour me venger. Et si ma sœur chérie devenait une petite infidèle ? Attendons le mariage, qui sait, cette situation pourrait m'exciter davantage, sans que je sache pourquoi.

4 Octobre 2008

Je les ai vus cette fois, ma sœur était attaché à cette croix, elle avait les yeux bandés. elle ne pleurait pas, mais gémissait. Ils baisaient dans cette pièce sans savoir que je les observais, j'étais censée être chez Elize Monterrey, ma soi-disant nouvelle amie, mais si Ambre était intelligente elle aurait compris que je déteste cette barbie blonde !

C'est si commode de leur faire croire que tout va bien, il me suffit d'avoir de bon résultats, de me faire des amis et de pratiquer des activités comme tous autres mômes de seize ans. Comme ils sont loin de la vérité ... Je hais cette vie ! Cependant, je commence à aimer observer mon beau-frère baiser ou être en pétard. Il faut dire que le mari de ma sœur est très beau. J'ai remarqué comment il m'observe parfois, quand Ambre n'est pas là. Je vois dans ses yeux qu'il me regarde comme une femme.

10 Octobre 2008

Ambre est une zielinski ! J'ai essayé vainement de compromettre ma sœur chérie, mais rien n'y a fait. Il l'a épousée ! Selon Cami, le soi-disant ami d'Ambre, je suis infect, et il vaudrait mieux être débarrassé de moi. Sauf qu'elle n'y est pas du tout, je ne le suis pas encore, je vais l'être davantage, car si je ne suis pas heureuse, il n'y aucune raison pour que ma sœur le soit !

17 Octobre 2008

Ils sont partis depuis une semaine et je commence à m'impatienter, j'ai hâte de provoquer de nouveau une scène. Le coup des photos d'Ambre dans les bras d'un autre homme était une idée de génie, mon cher beau-frère est entré dans une colère noire. Mais pour une raison que j'ignore, il ne lui a rien dit.

Putain de merde ! Je lâche le journal d'Ely comme si celui-ci m'avait brûlé. Cette personne est monstrueuse ! Je me demande encore si Duchemin ne s'est pas trompé en me portant le journal de quelqu'un d'autre. Puis, je revois plusieurs images d'Ely en possession de ce journal. Je ne comprends pas. Comment une personne peut être à la fois si différente et effrayante ?

Il est exact que je n'ai pas pu réprimer ma curiosité dévorante, mais plus j'en apprends sur cette fille plus je suis horrifié. J'ai l'impression de pas connaître la femme qui partageait ma vie et j'ai l'horrible sensation d'être aussi imbécile que les autres. Cette femme n'avait rien de fragile, ni de doux, elle n'était pas soumise. Tout n'était que mensonges et manipulation ! Certains événements m'apparaissent alors clairement.

- Ely ? Ely ? Ely ?

Je la cherche dans l'appartement depuis plus de cinq minutes quand je finis par la découvrir allongée sur le tapis du bureau, en pleine écriture.

- Ely ?

Après cette ultime interpellation, elle finit par lever les yeux sur moi.

- Oui, Lucas, pardonne-moi, je ne t'avais pas entendu.

Elle lâche le carnet et le referme.

- Que faisais-tu ?

Elle sourit et me répond d'une voix enjouée.

- Rien d'important, Lucas, j'écrivais quelques lignes comme je le fais assez souvent.

Je me mets à sourire, car cette histoire d'écriture est une vraie blague entre nous. Elle ne me permet jamais de lire ce qu'elle écrit.

- Quelques lignes, dis-tu ? Ces quelques lignes ressemblent davantage à un roman ! Du reste, tu refuses catégoriquement que j'y jette un coup d'œil !

Elle affiche de nouveau une mimique énigmatique et s'esclaffe.

J'aime la voir rire, ces moments sont si exceptionnels.

- Ne vous fâchez pas, maître, j'ai seulement besoin d'écrire certains de mes sentiments, dit-elle avec humour.

Je la contemple et un frisson d'excitation me parcourt.

- Je ne suis pas contrarié. Tu devrais te préparer, nous sommes invités chez Andrès ce soir à dîner.

- Sommes-nous obligés d'y aller, Lucas ?

- Bien sûr ça fait un moment que nous ne sommes pas sortis. Que se passe-t-il, Ely ? Avant, cela ne te dérangerait pas d'aller chez Andrès.

- Je te rappelle que ton prétendu ami s'est constitué toute une histoire après qu'il ait cru m'apercevoir avec un autre homme.

- Putain, Ely, tu ne vas pas recommencer, n'est ce pas ? Et ce n'est pas mon soi-disant ami, mais mon meilleur ami. Par ailleurs, cette histoire date de plusieurs semaines et il me semble qu'Andrès s'est excusé auprès de toi ? Alors dis-moi, que veux-tu de plus ?

Je la foudroie de mon regard le plus noir. Elle me regarde d'un air contrit et pince les lèvres.

- Pardonne-moi, Lucas !

- Je te pardonne pour cette fois, Ely, mais tu vas me payer cette insolence !

- Oui, maître, me chuchote t-elle. Elle baisse les yeux et se dirige vers la chambre.

Bon sang, comment ai-je pu être aussi sot ? Je dois retrouver la sœur d'Ely. Elle est la seule à suffisamment la connaître pour avoir le fin mot de l'histoire.

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