Chapitre huit

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Elle s'approche de moi et me fait un câlin. Elle chuchote ensuite dans mon oreille : « Ne t'inquiète pas ça va aller. » J'en ai marre qu'on me dise tout le temps que tout va bien se passer, alors que je sais pertinemment que ma vie est un véritable échec. 

Je regarde ma sœur, elle me sourit. Encore une fois, elle se réjouit de mon malheur. Ensuite, je tourne les yeux vers le beau garçon, dont je ne connais toujours pas le prénom, lui me regarde d'un air inquiet. Ma mère est toujours occupée à m'enlacer, j'aimerais qu'elle me lâche. Qu'on me dise ce qui se passe ! Je sais que c'est lié à ma santé, mais c'est pas suffisant !

Le docteur s'avance vers moi et me rassure : « Ça peut paraître grave quand on en parle, mais physiquement parlant, il n'y a rien d'inquiétant ni de préoccupant. »

J'essaie de rester calme, pourquoi tourne-t-il autour du pot ? Pourquoi ma mère s'affole si ce n'est pas si grave. Vu son état, on dirait que je vais mourir... Je regarde le docteur et lui dis sincèrement, quoi qu'avec une pointe de colère : « Écoutez docteur, dites-moi. Plus rien ne me fait peur, pas même la mort, donc soyez franc avec moi. C'est tout ce que je demande, qu'on soit ne serait-ce qu'une seule fois sincère avec moi. »

Il soupire avant de prendre la parole : « Tu as un kyste au niveau du pancréas. Ce n'est pas très grave, il est tout à fait possible de le soigner. C'est difficile d'expliquer comment celui-ci s'est formé, par contre je peux te dire qu'il faudra que tu fasses une prise de sang. Ton urine est foncée, ce qui confirme l'hypothèse d'un kyste. Je te tiendrais au courant dans les heures qui suivent, je t'expliquerai ce qu'il en est du traitement, et de tout ce qui s'ensuit. »

Alors là, je ne m'y attendais pas du tout. Je viens à l'hôpital, car j'ai été tabassé par des imbéciles au niveau du ventre. Je pensais que l'échographie allait révéler quelque chose de grave lié à mes coups, mais pas un kyste. 

Ma mère toujours en pleurs dans mes bras : « S'il te plaît maman, lâche-moi. Tu as bien entendu le docteur, rien de grave. » Lui dis-je, agacée. Elle se retire, et me regarde avec un air inquiet. Une maman impuissante face aux douleurs de sa fille, une fois de plus. Elle frotte ses yeux, sèche ses larmes, puis regarde mon "sauveur" : « Qui êtes-vous ? » Demande-t-elle.

Avec stupeur, il s'approche de ma mère et lui serre la main : « Bonjour, je suis Steven, je suis journaliste de presse écrite et web. C'est moi qui ai trouvé votre garçon devant son école ce matin. » Dit-il. 

Alors comme ça, il s'appelle Steven. Quel joli prénom, et quel beau métier. En le regardant, j'oublie toutes mes souffrances et douleurs, il est magnifique. Même sa voix l'est. Elle me berce, me faisant presque oublier le sens des mots qu'il emploie...

« Enchantée, je suis la mère de Louis. Merci beaucoup, merci d'avoir sauvé mon fils ! » Ensuite, il note son numéro de téléphone, et me le donne. J'ai le cœur qui bat très vite, je pense être amoureuse. Je m'emballe trop vite, je sais. Difficile de croire qu'on peut tomber amoureux d'une personne alors qu'on la connaît que depuis le matin même, et encore... Mais il est tellement parfait ! Je le connais à peine, mais je le sais au fond de moi, il l'est, c'est même l'incarnation de la perfection. Il part, en me faisant un petit clin d'œil. Heureusement que je suis allongée, sinon je pense que mes jambes ne me tiendraient plus ...

J'avais l'impression d'être dans un conte de fée. Sauf que soudain, Sofia me fait revenir sur Terre : « Euh Louis t'es sérieux là ? T'es pédé ou quoi ? T'as vu comment tu mates son cul ? » Ricane-t-elle. Je la regarde, et lui demande gentiment de la fermer. 

Il y a encore quelques minutes, je voulais discuter avec elle, savoir pourquoi toute cette méchanceté avec moi, mais maintenant, c'est fini. Le sentiment de haine que j'ai envers cette pauvre fille est gigantesque. J'ai bien compris quel genre de personne elle est. 

« Maman, j'aimerais, s'il te plaît, que Sofia sorte de ma chambre d'hôpital. » Elle me regarde, puis son regard va en direction de ma sœur bien-aimée : « Sors d'ici ! » Hurle-t-elle. Je suis surpris, elle a vraiment été agressive envers Sofia. Une seconde après sa demande, ma sœur était déjà en dehors de la chambre. Bon débarras. 

Ma mère s'assoit sur la chaise sur laquelle Sofia était assise, puis je lui demande : « Maman ? Pourquoi tu t'es mise dans cet état ? Ce n'est pas si grave, le docteur a dit que ça se soigne. » Elle a du mal à me répondre, mais elle le fait en éclatant en sanglots : « Depuis le soir où tu voulais en finir, j'ai peur. J'ai la crainte de te perdre, à la moindre blessure, au moindre petit truc, je deviens folle d'inquiétude. Je ne veux pas te perdre. Je ne veux plus qu'il t'arrive quoi que ce soit.»

Au moment où j'allais lui répondre, le docteur de tout à l'heure revient. Il était parti il n'y a que dix minutes, et ne me laisse même pas le temps de profiter de ma mère : « Madame, j'ai le regret de vous dire que les visites sont finies. Louis doit nous suivre faire une prise de sang, ensuite il va parler avec une spécialiste pour en savoir plus. » Annonce-t-il. Ma mère s'en va donc de ce pas, me fait un bisou sur la joue, abîmée par les coups portés par mon putain de père. Je la vois s'éloigner, petit à petit. Une larme coule. Je ne comprends pas pourquoi, j'ai l'impression qu'elle me quitte pour toujours. Ce sentiment est affreux.

Je me lève, et suis le docteur. J'arrive dans une petite pièce où se trouve un lit de consultation. Je m'assois sur celui-ci et une infirmière arrive. Avec étonnement, j'aperçois l'infirmière Wolek. C'est fou comment en une seule journée, tant de choses peuvent se produire. Avec la rencontre du magnifique Steven. L'annonce de mon kyste. Puis la rencontre avec cette femme. Malgré cela, mon moral reste au même niveau tous les jours : au plus bas. 

« Bonsoir Louis, contente de te revoir ! Je te fais une prise de sang, puis tu devras aller chez Madame Godried, spécialiste du système digestif. Je pense que tu vois qui s'est, n'est-ce pas ? » Me questionne-t-elle. Je lui fais signe de la tête pour lui dire oui. 

Tout a été très vite. En quelques secondes, la prise de sang a été faite. J'adore cette sensation, quand l'aiguille me rentre dans la peau, ça me soulage, ça me fait du bien.

Je sors ensuite de cette pièce, et m'en vais en direction de la salle où j'ai fait l'échographie tout à l'heure. Je marche avec difficulté. J'avance petit pas par petit pas, j'ai l'impression d'être au bout de ma vie, j'espère que dans les jours à venir, tout va s'arranger. Même si je sais pertinemment qu'en rentrant, je vais à nouveau me faire cogner, triste de moi...

J'arrive enfin devant la pièce du docteur Godried, je toque, quelqu'un me dit d'entrer. Elle était assise devant son bureau, à écrire à toute vitesse sur son ordinateur, comme tout à l'heure. 

« Assieds-toi Louis, nous devons parler, c'est important. » M'avoue-t-elle. Je sais très bien qu'on va parler du traitement. J'ai peur, car je ne veux en aucun cas me faire opérer, j'espère qu'il y a d'autres moyens pour me faire retirer ce kyste. C'est pas que j'ai peur mais... Ok, j'ai la trouille. L'idée même de me retrouver ouvert en deux, sans pouvoir rien n'y faire, sur la table d'opération, ça me file des frissons. J'ai pas peur d'y rester, non. En fait, je n'ai pas peur de la mort. J'ai juste peur de souffrir...

« Bon, honnêtement, ce n'est pas du tout agréable ce qui s'est passé ce matin, mais sache que sans ça, peut-être jamais on aurait pu voir ce kyste. Mais c'est étonnant, tu n'as pas eu de symptômes ? Comme de violentes douleurs au niveau du dos, des nausées ou encore des vomissements ? » Me demande-t-elle.

Je la regarde, puis soupire. Comment lui dire que j'ai mal constamment et quotidiennement ? J'ai certainement eu des douleurs dues à ce kyste, mais je n'ai certainement pas fait le lien. Je vomis presque tous les jours, à cause de mon stress et de mon mal-être. 

« Nous savons que ce que tu as est bien un kyste. Nous en sommes persuadés. Par contre, nous ne sommes pas du tout sûrs du fait que ce soit un simple kyste, une tumeur bénigne ou une tumeur qui va devenir maligne. Donc dans les jours et semaines à venir, tu devras faire à nouveau une échographie, ensuite un scanner et pour finir une écho-endoscopie du pancréas avec prélèvement du liquide du kyste. Pour le traitement, il y a trois choix. Soit l'opération chirurgicale, soit le drainage percutané guidé par échographie, soit la tomodensitométrie, et le drainage endoscopique. Je sais Louis, tout ça a l'air très compliqué. J'essaie de t'expliquer comment on va procéder. » M'informe-t-elle.

Je suis tout simplement scotchée, je n'ai presque rien compris. Tout ce vocabulaire médical est tellement compliqué !

« Tu devras être suivi pendant quatre à six semaines. Tu viendras deux jours par semaine à l'hôpital, le mardi et le vendredi. Je vais te prescrire trois médicaments, que tu devras prendre matin, midi et soir. » Me dit-elle.

Donc je vais devoir prendre des antidépresseurs, et trois autres médicaments. Je vais être littéralement droguée, super... Sans compter que bon, je ne suis pas idiote, je sais bien que mon foie ne va pas trop aimer...

« Encore une chose Louis. Tu devras faire un régime alimentaire pauvre en glucides et en cholestérol, comprenant beaucoup de fruits et de légumes. Ainsi que des protéines maigres. Ne t'inquiète pas, je note tout ça. Tu donneras ensuite le papier à un de tes parents. » M'annonce-t-elle.

Je ne sais pas si c'est une bonne chose. Je ne mange presque jamais, et je suis très difficile. J'ai envie de pleurer, tellement de choses s'abattent sur moi, je ne serais décidément jamais tranquille. Je me lève pour partir, mais elle me retient : « Ce n'est pas tout Louis, j'ai oublié de te dire la chose la plus importante, mais je ne sais pas vraiment comment te l'annoncer. Tu me promets de rester fort ? » Me questionne-t-elle. 

Je la regarde, d'un air étonné. Que veut-elle dire par "rester fort" ?   


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