Chapitre un

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Comme à mon habitude, en rentrant de l'école, je monte en vitesse dans ma chambre en évitant le regard frustré de mes parents. Je prends ma douce lame de rasoir qui se trouve sur ma commode et m'assieds au milieu de mon lit. Sans l'ombre d'un doute, je remonte la manche gauche de mon pull, j'enfonce délicatement celle-ci au niveau de mon poignet, puis fais une ligne verticale. Cette douleur est tellement puissante que j'en oublie tous mes problèmes, mes idées noires et mes souffrances, quand soudain, j'entends des pas, sans doute ceux de ma mère, je mets la lame en dessous de mon oreiller, et rabaisse ma manche. Elle rentre dans mon cagibi sans toquer, ce qui me met hors de moi :
« J'ai eu ton directeur au téléphone. Tu as encore séché les cours. Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? » Déclare-t-elle.
Je la regarde d'un air sournois puis lui dis :
« Je m'excuse maman, je ne recommencerai plus dorénavant, j'ai été trop influencé par... Certaines personnes. »
De ce pas, elle ferme la porte. Je voyais dans ses yeux, une maman en détresse qui veut aider son fils, mais, qui n'y parvient point. Cela m'abat, je me fais déjà du mal à moi-même, pourquoi faut-il que j'en fasse aussi autour de moi ?

Je me lève de mon lit pour prendre mon ordinateur portable qui se trouve sur mon bureau puis m'installe paisiblement dans mon lit, en dessous de ma couverture. J'allume mon pc pour aller sur le forum "expliquez-moi", c'est un forum où nous pouvons poser des questions, sur tout ce qui concerne notre sexualité, nos envies, nos désirs... Et d'autres personnes nous répondent. J'avais écrit il y a peu un message expliquant ma situation : "Bonjour, je vous explique. Depuis tout petit, je joue avec des poupées, j'aime me maquiller et mettre des robes, je me sens femme. Malheureusement, je ne sais pas, et je n'arrive pas à m'assumer tel que je suis, je me cache, et j'en ai marre d'être perçu comme la personne que je ne suis pas. Jour après jour, cette chose me détruit peu à peu. S'il vous plaît, aidez-moi, je ne peux plus vivre comme ça... J'aimerais bien m'assumer, mais je ne suis pas assez fort. Merci pour vos réponses". Je pensais que les membres de ce forum allaient m'aider à m'assumer, moi, la vraie femme que je suis, mais au contraire, ils m'ont été d'une agressivité et d'une méchanceté épouvantable : "tu nous dis que tu n'arrives plus à vivre comme ça, et bien un conseil, prends une corde, et pends toi avec sale tapette." C'était plus fort que moi, j'ai versé une larme. Je pensais que le virtuel m'aiderait à m'assumer, et à me sentir à l'aise, mais au contraire, plus je passe du temps là-dessus, plus j'ai envie de m'autodétruire. Je décide d'éteindre mon ordinateur, le poser par terre, à côté de mon lit. Je reprends la lame qui se trouve en dessous de mon coussin. Pile au moment où je pose celle-ci sur mon avant-bras droit, une voix grave m'appelle : « Louis, on passe à table ! » Hurle mon père. Je redoute toujours ce moment de la journée, l'heure du dîner. Rien que le fait d'être avec ma famille me remplit d'appréhension.

Je descends les escaliers, je n'ai pu m'empêcher de voir que Sofia me dévisage. Sofia est ma sœur, une véritable vipère. Elle adore me rabaisser et me rappeler à quel point je suis une ordure de la société, elle ne sait pas que je me sens femme, mais elle sent en moi quelque chose de mauvais. Une fois à table, ma mère arrive avec un plat de potée auvergnate, j'adore ce plat. Au moins, il y aura quelque chose de bon dans cette journée...

Comme à son habitude, l'ambiance de notre famille est froide, voire même glaciale. Mon père a trompé ma mère il y a deux ans, alors qu'il partait en voyage d'affaires. Ma mère, naïve et stupide, lui a pardonné, et aujourd'hui, ils font comme si rien ne s'était passé. Je finis vite mon plat, pour pouvoir monter dans ma chambre, et ne plus à avoir à faire face à ma famille jusque demain matin.

Alors que je monte les escaliers pour monter dans ma chambre, mon père me donne une claque sur mon oreille droite et s'exclame : « arrête de te déhancher comme une pédale. » Je l'ai regardé, et je lui fais un sourire forcé. Ce pauvre type m'exaspère.

Une fois dans ma chambre, je m'assieds sur la chaise de mon bureau, prends mon IPod et mes écouteurs. J'écoute pour le moment "Till it happens to you", "Avant que ça n'arrive à toi", en français. C'est Lady Gaga qui chante. Il faut savoir que cette femme est mon idole, elle me redonne espoir sur celle que je suis. Elle est incontestablement parfaite, enfin, par rapport à mon point de vue de la perfection du moins. Elle s'habille peut être avec de la viande, mais elle assume toutes ses extravagances, et elle soutient les personnes homosexuelles par exemple, je trouve ça cool. Puis, on pourra dire ce qu'on veut, mais moi, j'aime ses chansons. En écoutant cette musique, je fais mes devoirs, mais cela ne dure jamais longtemps, à vrai dire, je m'en fous royalement de l'école, c'est le dernier de mes soucis. Après avoir fait tout ce que je devais faire, je vais de ce pas dans mon lit, pour dormir, et enfin rêver de la personne que je devrais être dans la vraie vie.

Je me réveille à six heures du matin. Il m'est dur de me lever, surtout qu'au fond, la journée va encore être mauvaise et mouvementée. Je pars ensuite prendre ma douche. Je me déshabille et me regarde dans le miroir. Je ne me reconnais pas, comme chaque matin une larme coule sur ma joue, puis je détourne mon regard de ce reflet, en espérant ne plus le voir de la journée.

Après m'être apprêtée, je décide de partir en direction de l'école. Je peux y aller en marchant étant donné que celle-ci est à quinze minutes à pied. Je m'allume une cigarette sur le chemin. Je suis jeune pour fumer, effectivement. Il y a deux ans, je voulais absolument mourir, mais j'étais trop lâche pour le faire. Tout le monde disait que ça faisait du bien, que ça déstressait. Au final, c'était le contraire, vu que je faisais des trucs dégueulasses pour les obtenir, ces cibiches. Le seul point positif, c'est que je vais crever plus vite. Puis, c'est plus simple de tirer sur une cigarette que de se pendre une bonne fois pour toutes. Ça demande moins de courage.

Après une dizaine de minutes de marche, j'arrive enfin devant mon établissement scolaire : "l'institut Saint-Albert", une école où les personnes sont superficielles, et ne regardent que le physique, si tu es moche, tu peux déjà faire tes adieux, tu seras le bouc émissaire de la plupart des élèves.

Et en rentrant dans l'école, comme j'ai l'habitude de le faire, je souris, et j'essaie de montrer à tout le monde à quel point je suis heureux, et que je n'ai aucun problème.


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