L'Homme au Carnet 5

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Tout commença par une légère brise. Un vent frais, agréable. Beaucoup, réjouis, inspiraient profondément. C'était un nouveau souffle.

Ce fut après que la pluie vint. Quelques légers filets d'eau, tombant en diagonale, dans le sens du vent.

Bientôt, vent et eau se mêlèrent, se combinèrent. On entendit un coup de tonnerre. Puis deux. Puis trois. Enfin, la tempête s'abattit dans un profond silence.

- La Nature se réveille.

Les toits étaient arrachés tranquillement, les murs brisés comme on coupe un morceau de sucre, les meubles envolés comme happés par une gravité nouvelle. La ville s'émiettait.

Dans ce déchaînement de déstructuration, Sam retrouva la silhouette du fou. Lui, et les quatre qui l'accompagnaient, le poursuivirent.

Ils couraient. Où, ils ne savaient plus ; quand on renverse une ville comme un plateau de jeu, que toute organisation est annulée, les chemins, les rues n'existent plus. Alors ils couraient simplement sur une feuille de papier où l'on pouvait voir la gomme passer sur le dessin de la ville. L'homme au Carnet était avec l'artiste et la jeune fille. Derrière, Sam n'était plus accompagné que de trois personnes. Deux personnes, plutôt, fut-il décidé.

La gomme effleura la jeune fille. Elle sursauta ; une force l'aspirait. L'homme au Carnet eut le temps de l'arracher au néant. Elle sentit une vive douleur. "Aïe !". Elle était maintenant sur les épaules de l'artiste, sauve. Ils regardèrent en arrière. Deux silhouettes furent englouties par le vide. Il ne restait plus que Sam.

- Qui es-tu donc ? Que fais-tu à notre monde ?

- J'en dévoile l'absurdité, répondit-il. Et la fiction. Vous n'êtes que des fragments d'une imagination. Seul un rêve commun nous rendait vivants. Nous sommes nés de l'avenir.

Sam disparut.

Ils s'arrêtèrent alors. L'homme au Carnet désigna un chevalet. L'artiste s'y installa.

- Aujourd'hui est la fin, et le commencement. C'est le temps du rêve. Peignez, artiste, réenchantez le réel. Alors émergera le nouveau monde.

L'artiste, sans bien comprendre, apposa son pinceau sur la surface blanche. L'environnement s'en trouva transformé. Tout était possible.

- C'est la dernière fois que vous aurez à me faire confiance. L'uchronie est maintenant proche. Il n'y a plus qu'un pas à faire.

Il désigna la toile. L'artiste et la jeune fille se regardèrent. Cette dernière laissa éclater un petit rire espiègle, et se jeta sur la toile. Sa silhouette se réduisit jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une partie du dessin. L'homme au Carnet prit la main de l'artiste. Celui-ci hésita. Il regarda le dessin de la jeune fille, puis l'homme qui lui prenait la main, puis à nouveau la toile. Il inspira et s'abandonna à son œuvre.

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