Chapitre 9

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Les années s’étaient écoulées. Il avait fait avec la fatigue, les douleurs musculaires et les petits tracas du quotidien. C’était avec énormément de courage qu’il avait relevé les défis un par un. Son chemin l’avait conduit jusqu’ici, inexorablement et maintenant c’était le jour de l’examen. Il était prêt.

Le petit Oom était l’un des meilleurs de son année, c’était devenu une évidence. Pour les besoins de la cérémonie, il avait fait couper ses si long cheveux sombres avant d’enfiler une robe. Le tissu était étrange sur sa peau. Il n’avait pas du tout l’habitude d’en porter et au creux de sa nuque, il sentait la pointe de ses mèches le chatouiller. Elles étaient si légères ! Il n’avait eu conscience du poids de sa crinière avant qu’on ne la lui coupe. Cet effet était contrebalancé par le poids du vêtement.

Ce fut sûr de lui et impatient à la fois qu’il débuta l’épreuve. Ils étaient nombreux, de nombreux petits prétendants à se presser les uns contre les autres pour commencer au plus vite. Mais en s’avançant avec eux, le jeune Oom n’était concentré que sur une seule et unique chose : il allait voir l’Akoutie. Pour la première fois de sa vie, son fantasme serait si proche qu’il pourrait le détailler du regard. Il pourrait observer ses courbes, écouter ses mots et ressentir sa présence. Ce ne serait pas qu’une ombre vague en haut d’un toit ou un souvenir si vieux que parfois, il pensait l’avoir rêvé. Non, ce serait un moment des plus tangibles.

Ce fut là, en tant qu’anonyme au milieu des autres, qu’il vécut son apparition en haut d’un balcon. La première chose qu’il vit, ce furent ses mains qui saisirent la rampe. Elles étaient larges et chacun de ses doigts lui parut puissant. Ses ongles étaient complètement noirs. Sa peau était si sombre qu’elle lui parut aspirer la lumière. C’était un Koros et en glissant son regard vers le haut, il vit à quel point leur Akoutie était immense. La largeur de ses épaules n’avait rien à voir avec son propre petit gabarit de Oom. Tout en lui dégageait pouvoir et force. Il n’y avait aucun doute dans cet être.

Durant un moment, il observa ses traits, le cœur battant la chamade, sans prendre conscience des murmures autour de lui. Son monde venait de s’arrêter à cette personne si particulière qui avait tant de pouvoirs sur leurs vies. Il le voulait. Lorsque le silence revint enfin, son regard n’avait pas bougé, il continuait de le fixer, admiratif et envieux. Ce fut là que la voix de l’Akoutie s’éleva, le faisant littéralement frémir.

- Je suis Roch'mey Taïji, j'appartiens au grand clan de confédération Koros et je suis votre Akoutie. En ce jour décisif, j'attends le meilleur de vous. Nous avons de grands objectifs et vous avez énormément de chance car ce n'est pas moins de neuf espèces que vous aurez l'occasion de rejoindre.

Le jeune Oom avait la sensation de vibrer sous sa voix et déjà, il avait envie de répéter son nom complet juste pour voir l’effet que cela produirait dans sa gorge et sur sa langue. Néanmoins, dans un coin de son cerveau les mots étaient analysés et savoir qu’il y avait neuf espèces n’était pas une bonne chose : il s’était préparé très dur et n’avait pas réussi à découvrir la totalité de ces anatomies. A titre d’essai, il serra son conduit interne une fois brève et le relâcha immédiatement après. C’était un exercice idiot des plus basiques, mais il lui permit de se rassurer. Il était capable, il avait la maîtrise de son corps et il réussirait à relever ces défis.

Le regard de Roch’mey balaya la foule sans but. L’assemblée était importante comme chaque année et s’il apprendrait à connaître intimement certains d’entre eux, pour l’instant, ce n’était que des sans-noms sans importances. Ils allaient devoir gagner leurs lettres de noblesses et se montrer digne d’intérêts. Un grand poids reposait sur leurs épaules.

- Les sélections seront longues et éprouvantes comme vous le savez déjà, mais vous devez être à la hauteur des espérances que nous avons fondé en vous et c'est pour vous y aider que cette année, exceptionnellement, je me joindrai aux examinateurs.

Si l’annonce provoqua un vif émoi dans toute l’assemblée, pour le petit Oom qui s’était préparé si dur en espérant un jour plaire à l’Akoutie, ce fut un bouleversement supplémentaire. S’il pouvait se faire remarquer, être vu, être touché par Roch’mey, alors peut-être le choisirait-il ? Et même s’il ne le faisait pas, il aurait eu l’immense chance de le côtoyer intimement ! Ce serait un honneur et le rêve d’une vie qui se concrétiserait finalement. Ce fut un sourire aux lèvres qu’il écouta les dernières instructions leur indiquant que ceux qui voulaient participer devaient se déshabiller et passer aux douches pour le début des évaluations.

Dans l’instant, le jeune était nu et il n’attendit pas un seul moment avant de se détourner, sûr de lui. Contempler son rêve du bas d’une tour, il l’avait fait durant des années. Le voir d’aussi près, en haut d’un balcon était une première, mais lui, lui, il voulait gravir tous les échelons et faire de son dossier un dossier si exceptionnel que même l’Akoutie pourrait souhaiter l’avoir à ses côtés. C’était son seul plan, sa seule chance et s’il savait qu’elle était dérisoire, il s’y accrochait fermement, ainsi il avança dans les douches et comme tous les autres avant lui et tous ceux qui le précèderaient, il s’arrêta un instant devant l’étrangeté du décor.

Il aurait pu s’émerveiller sur les parois vitrées Geresandres, mais tout ce qu’il avait en tête, c’était les longs cheveux noirs de Roch’mey, les quelques perles qui venaient s’enfiler sur l’une des mèches et son regard si confiant. Ce visage se graverait à tout jamais dans son esprit, mais au fil du temps, il s’altèrerait, alors il fit de son mieux pour profiter de l’image qu’il avait encore en tête tout en avançant. Il se retrouva dans les premières douches et bientôt, les jets l’éclaboussèrent avec soin, remontant méthodiquement le long de son corps. Ils passèrent et repassèrent jusqu’à ce que son corps devienne terriblement sensible. Autour de lui, il attendit les autres commençaient à se plaindre, la douche Geresandre n’était pas une mince affaire. Si le petit Oom le savait et s’il connaissait ce protocole précis, les autres étaient pour la plupart totalement naïf.

Lorsqu’un jet éteint se présenta devant sa bouche, il l’ouvrit sans attendre, le jet se fit aussi fin qu’adroit pour venir brosser chacune de ses dents, ses gencives et sa langue. De l’autre côté de son corps, un jet vint caresser son intimité de ses bourses et la partie sensible qui donnait accès à l’intérieur de son corps. Il se laissa faire. Ce n’était pas si compliqué, la suite le serait un peu plus, mais il connaissait tout cela alors en un temps record, il fut libéré et au lieu de sentir de la joie, il ne ressentit qu’un peu plus d’impatience encore. Il avait entrepris il y a longtemps un long marathon vers son Akoutie, une course folle, démesurée et terrifiante car il n’avait jamais l’assurance que son objectif soit possible. Mais à présent, il ne restait plus que quelques obstacles, la douche terminée, il avança sans crainte jusqu’à l’étape suivante. Il allait réussir, c’était l’évidence même !

Sous ses pieds, le sol était aussi lisse que froid. Les murs sans chaleurs aucune et la technologie omniprésente ne l’angoissaient pas, il marcha jusqu’à l’engin qui lui fournirait la fin du lavement et l’inflation nécessaire à une préparation Geresandre. Ce n’était qu’une broutille alors sans aucune crainte, il relâcha ses muscles et s’empala sur l’appendice volumineuse. Doucement il se redressa et provoqua trois va et viens doux destinés à détendre ses muscles en profondeur puis il s’appuya tout à fait, laissant le jet commettre son office. Si le liquide s’était abattu sur ses paumes, il l’aurait sans doute trouvé raisonnable, mais c’était à l’intérieur de sa chaire qu’il frappait avec force et la sensation était bien moins confortable.

L’appendice se rétracta tout à fait, le laissant évacuer tout le liquide qui avait été injecté. Le protocole indiquait qu’il fallait le faire douze fois. Aucune de ces étapes ne fut agréable, tombé dans une salle de préparation Geresandre était un manque de chance assez flagrant, mais le petit Oom n’en fit pas cas. Son esprit resta rivé sur les traits secs de l’Akoutie, sur le dessin de ses lèvres et celui de ses sourcils. Que la machine le lave cinq, dix, quinze ou cinquante fois ne ferait pas vaciller sa volonté. Lorsque la dernière étape arriva, il avait presque déjà un sourire victorieux sur le visage car il savait qu’il la réussirait sans aucun problème.

L’appendice conserva la même masse qui ne posait aucune difficulté à ses chairs détendues, mais le jet de liquide tiède s’intensifia grandement. Il ne fallut pas longtemps pour qu’il sente l’ouverture de sa matrice abandonner le combat et aussitôt, son ventre commença à se remplir d’une nouvelle manière. Doucement, il posa les mains sur le léger renflement qui apparaissait peu à peu. S’il parvenait à son but, il pourrait un jour ou l’autre voir ce phénomène se produire en d’autres circonstances. Il frémit en pensant au corps tendu de Roch’mey qui viendrait s’implanter en lui pour le remplir de semence et en ouvrant les yeux, il observa le léger gonflement en imaginant que ce soit un petit Koros entrain de grandir en lui. L’idée lui tira un sourire et déjà, l’expérience était terminée. Un préparateur s’approcha, un peu surpris d’avoir à intervenir aussi vite. Il palpa le ventre du petit Oom, tout était parfaitement en ordre, il avait réussi l’épreuve en un temps records. Il nota machinalement que le jeune se laissait parfaitement manipuler et qu’il était très détendu. C’était de bonne appréciation qu’il pourrait ajouter à son rapport. Il nota également son sexe flasque, mais ce n’était pas surprenant, ces protocoles étaient pénibles et désagréables, rares étaient ceux qui les appréciaient.

- Parfait, attend un instant, le dispositif va te vider mécaniquement.

L’aspiration fut nette et il parvint à faire sursauter le petit Oom qui ne s’y attendait pas. Pour le distraire, le préparateur meubla le silence :

- Tu peux rejoindre les bains pour te rincer et ensuite, tu pourras prendre la porte rouge pour accéder à la salle du rituel.

Du bout des doigts, il palpait toujours la matrice, c’était de mieux en mieux. Le mécanisme du en juger de même, car il reprit une brève, mais vive, injection tirant un bruit au petit Oom.

- Ce n’est rien. Juste un produit pour rééquilibrer ta flore intestinale. Tu as fait du très bon travail.
- Merci.

Le jeune se redressa, laissant la machine sortir de son corps sans effort et il suivit le préparateur jusqu’aux bains. Il savait que certains avaient besoins d’un moment pour se remettre de l’épreuve, mais l’inflation n’était qu’une minuscule étape en réalité. Pour le moment on s’assurait seulement que leurs corps étaient aptes à la procréation et que leur volonté était sans faille. Alors il se glissa dans l’eau, chassant le peu de sueur qui s’était accumulé sur sa peau et tout aussi vite, il en ressortit, bien décidé à enchainer les épreuves. Rester là, à se détendre ou à se congratuler n’avait aucun sens pour lui. Après tout, il ne se sentait ni endolori, ni fatigué, ni même anxieux ou hésitant. Il voulait juste avancer, un pas après l’autre, vers son rêve.

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