Chapitre 10 : Chasse - Partie 2

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Coucou ! Voilà enfin la suite du chapitre 10 de Tyrnformen. Désolée de l'attente, il a mis un peu de temps à être écrit et je n'en suis toujours pas satisfaite. Mais bon, c'est cadeau :)


Chapitre 10 : Chasse

Partie 2


Aranwë n’était plus certain d’avoir les idées bien claires. Depuis une semaine, il errait dans les rues de la capitale dans un éternel jeu du chat et de la souris avec les hommes du palais, les paladins des Eglises et la mystérieuse amie de son médecin qui le retrouvait toujours où qu’il aille. Son monde n’était devenu qu’angoisse, insomnies et paranoïa. Il ne dormait plus, chaque bruit lui faisait craindre le pire et il se méfiait de tout le monde. Il n’était pas bête : dans la nature, l’espérance de vie d’un monarque n’était que de quelques jours au mieux. Il avait tout fait pour limiter la reconnaissance faciale : il avait coupé ses cheveux très courts, avait laissé poussé sa barbe alors qu’il détestait cela et avait troqué ses vêtements trop riches pour des habits de voyage modestes et une longue cape noire qui lui permettait de se déplacer plus discrètement.

Mais voilà, les recherches ne s’arrêtaient pas et la vue de cette fichue jeune femme qui le traquait toujours avait fini par avoir raison de sa patience. Il avait volé un cheval au maréchal-ferrand et avait pris le large. Par chance, les gardes censés surveiller les entrées et sorties ne l’avaient pas reconnu et il avait pu sortir sans mal. Sur la route depuis plusieurs heures maintenant, il commençait à trouver le temps long.


Son plan initial avait été de rejoindre Lazare, mais plus il y pensait et plus cela lui paraissait une mauvaise idée. Sa présence pourrait mettre en difficulté l’elfe et il craignait que les autres membres de son espèce ne le tue en le voyant. Cependant, un arrêt à Mornepierre lui serait bien utile, ne serait-ce que pour prendre des nouvelles de sa traque et essayer de trouver une solution pour son problème de peau qui ne faisait que s’aggraver. Sur son bras droit, des épaules au coudes, sa peau était entièrement recouverte d’écailles dorées. L’infection se propageait, et il n’avait plus besoin de se blesser pour les faire sortir. La nuit, il sentait sa peau se déchirer sans que cela ne soit douloureux pour autant. Il espérait simplement que la maladie ne gagne pas des parties visibles de son corps. Avec des écailles sur le visage, il était certain de terminer sur le premier bûcher qui se présenterait. Il avait été élevé dans les règles et les conditions des trop nombreuses Eglises qui régnaient en maître sur la région, il savait très bien que son rang ne suffirait pas à le couvrir cette fois-ci.

Le seul point noir de son voyage se trouvait être l’orientation. Il avait emprunté une carte à un vieil homme dans la Basse-Ville mais avait du mal à se repérer dans l’espace. Tant qu’il suivait la rivière, il réussissait à se situer à peu près, mais le Fleuve Miroir étant très long et ayant de nombreuses branches, il fut vite incertain de la direction qu’il prenait.

Son étalon tenait le coup malgré la cadence élevée et c’était tout ce qui comptait pour le moment. Il manquait encore un peu de pratique mais tâchait d’appliquer les conseils d’équitation de son vieux professeur. Le cheval était plutôt docile, mais avait tendance à faire un peu ce qu’il voulait. S’il avait faim, il s’arrêtait sur le bord de la route et ni les coups de pieds, ni les tirs sur la bride n’y changeaient quelque chose. Mis à part ce petit inconvénient, la promenade lui plaisait. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait libéré de toute responsabilité. Il redécouvrait les environs d’Isendorn avec euphorie. Lorsque sa mère étaient encore vivante, il avait l’habitude de venir ici, ou même de partir en délégation dans les autres villes du domaine. Mais le Roi lui avait interdit de sortir d’Isendorn après ce qui lui était arrivé et, jusque là, il n’avait jamais trouvé la force et l’envie de lui désobéir.

Quelque part, il se sentait presque coupable. Le vieil homme devait se trouver dans une situation complexe aussi bien au niveau militaire, clérical et diplomatique. La fuite du jeune homme aurait des conséquences s’il était rattrapé, mais il préférait ne pas y penser. Il faisait attention à masquer ses traces au maximum, changeait de direction plusieurs fois pour perdre de potentiels suiveurs. Il ne comptait pas retourner à Isendorn, peu importe la situation, même s’il fallait tuer pour cela.

L’idée ne l’enchantait guère mais lui avait traversé l’esprit plusieurs fois lors de sa chevauchée. Une fine dague ornait sa ceinture et il commençait à se demander si elle serait suffisante pour dissuader des bandits. Malgré une bourse encore assez grosse, il doutait d’avoir assez de pièces d’or pour acheter une bonne épée. De plus, il redoutait qu’une arme trop ouvragée attire l’attention sur lui. Un homme qui a l’air de transporter beaucoup de marchandises devient de suite la cible de rumeurs, et donc de bandits.


Il jeta un coup d’oeil au ciel : il ferait bientôt nuit et il n’avait plus croisé de villages depuis plusieurs heures maintenant. Autour de lui, seule la rivière et des arbres clairsemés bordaient une route de moins en moins visible et travaillée. Il quittait les sentiers pour les terres plus sauvages et cette idée l’excitait autant qu’elle l’inquiétait. Même si officiellement toutes les plaines appartenaient aux Balrarion, beaucoup de zones sauvages étaient en réalité la propriété de groupes de brigands et d’animaux sauvages dangereux. Néanmoins, les hautes herbes qui s’étendaient à perte de vue devant lui rendraient plus difficile la traque si quelqu’un se trouvait sur ses pas. Il fit avancer son cheval et quitta la route sans plus tarder.

La chance lui sourit une vingtaine de minutes plus tard lorsqu’en cherchant la rivière, il trouva une petite clairière ombragée par un gros rocher. La cachette offrait une couverture contre le vent et la pluie, mais aussi la possibilité de fuir rapidement s’il repérait un ennemi. Il descendit de cheval, descella l’étalon et le laissa aller brouter tranquillement.

Le prince déballa soigneusement sa couchette, achetée au marché noir, et s’installa dessus. Il savait qu’il devait préparer un feu pour se réchauffer cette nuit, mais il n’avait pas franchement compris comment en allumer un. Il craignait aussi d’être repéré ou de brûler la végétation alentour s’il s’endormait. Il opta pour une nuit froide et solitaire. De toute manière, il n’avait pas vraiment l’intention de fermer l’oeil. L’idée de tomber sur une bête sauvage le terrifiait et il avait peur d’être incapable de se défendre. Ce serait une bien triste fin.

Rassasié, son étalon s’approcha de lui et commença à le renifler avec attention. Aranwë lui caressa lentement l’encolure.


“Je ne t’ai même pas donné de nom, réalisa t-il.”


Il réfléchit un instant avant d’avoir un éclair de génie.


“Waneta.”


Quand il était petit, sa mère utilisé souvent ce nom pour désigner les chevaux. “Waneta” signifiait “Cheval borné” en langue elfique ancienne, et plus que jamais, ce nom lui paraissait approprié pour son destrier. Amèrement, il se rappela des paroles d’Adranar sur ses origines. Quelque part, il avait raison : il connaissait quelques mots d’elfique ancien, son prénom compris, sans jamais pourtant n’avoir eu de contact avec cette langue. D’où les connaissances de sa mère venaient-elles ? Cela l’inquiétait. Il n’aimait pas remettre en question ce qui touchait de près à sa mère. Mais peut-être les réponses à ses trop nombreuses questions se trouvaient là.

L’Académie des Alchimages possédait une grande bibliothèque qui lui serait bien utile. Mais ces derniers devaient déjà être au courant de sa situation. Néanmoins, il était doué pour se tisser des contacts et il espérait réussir à se faire un ou deux amis qui lui ouvriraient les portes en douce. Maintenant qu’il était dehors, il voulait trouver un but à sa vie, comprendre ce qui lui arrivait et surtout trouver une solution par lui-même. Il ne faisait confiance ni à Adranar, ni à son assistante qui le temps passant prenait fortement des airs de mercenaire. Quelque chose ne tournait pas rond chez ces deux-là sans qu’il n’arrive pour l’instant à mettre des explications dessus.

Quelque chose bougea dans les fourrés. Il dégaina sa dague immédiatement et, les bras tremblant, la pointa droit devant lui. Il déchanta rapidement en voyant une femme approcher à la lumière de la lune, qu’il reconnut sans aucun mal.


“Comment m’avez-vous retrouvé ? lui demanda t-il agressivement.

— Oh, j’ai quelques talents dans ce milieu, répondit Indrala nullement impressionnée. Tu laisses trop de traces derrière toi et tu n’as même pas eu l’intelligence de marcher dans la rivière. C’était incroyablement facile.”


Aranwë se leva pour lui faire face, mal à l’aise. Le ton de sa voix était inquiétant, presque vicieux : elle jubilait. Le prince jeta un regard à sa droite. Une forêt assez épaisse s’étalait à l’horizon. Entre les arbres, il pourrait la semer si elle se mettait à courir. A côté de lui, son étalon s’agita légèrement et tapa le sol du sabot. Il paniquait, le jeune homme pouvait le voir dans ses yeux. Mais pourquoi ?


“Fini de jouer, lui annonça la femme de but en blanc. Tu vas venir avec moi.

— Je ne rentrerai pas à Isendorn.

— Oh, mais je ne parlais pas d’Isendorn.”


La peau de son interlocutrice se recouvrit d’écailles rouge sang. Aranwë brandit son arme vers elle, de plus en plus incertain.


“Qu’est-ce que vous êtes ? lui demanda t-il, effrayé.

— Nous avons beaucoup de noms. Annonceurs du chaos, les Sanglants, les reptiles des cieux. Nous préférons l’appellation de “dragons”.”


Aranwë fronça les sourcils.


“Ce sont des créatures mythiques, tout le monde sait que les dragons n’existent pas. Et même si c’était le cas, votre espèce a été anéantie, c’est écrit dans les livres.

— Oh, je n’existe pas ? lui dit-elle d’une voix déformée, gutturale.”


Sous les yeux ahuris du prince, Indrala se jeta au sol, secouée de spasmes. D’immenses ailes rouges commencèrent à pousser dans son dos alors qu’elle lui paraissait de plus en plus imposante et bestiale. Paralysé par la peur, il fut incapable de bouger, sa dague toujours pointée sur la bête qui n’avait plus rien d’humain et qui se dressait désormais face à lui. La créature faisait au bas mot la taille du palais royal. Il s’agissait d’un reptile aux écailles rouges qui noircissaient par endroits. Terrifié, Aranwë comprit rapidement que s’il attendait, il était mort. Il n’attendit pas la fin de la transformation de son interlocutrice pour se mettre à courir vers la forêt. Un grognement de rage retentit derrière lui, puis le sol trembla sous les pas du mastodonte qui l’avait pris en chasse.

Les premiers mètres furent rassurants. Le sol était couvert de racines et de nombreux troncs se dressaient devant lui. Le monstre ne passerait sans doute pas entre les troncs étroits où il s’aventurait. Mais voilà qu’un tapis de feu recouvrit le haut des bois. Le jet brûla sans aucun problème un pan entier de la forêt et compromit la couverture d’Aranwë. Il devait maintenant faire attention à l’incendie et ses conséquences en plus du reste. Par deux fois, la patte du monstre réussit presque à l’agripper, mais il réussit toujours à faire un écart au dernier moment.

La fin de son calvaire arriva bientôt sous ses yeux. Dans un morceau de forêt encore intact, une cavité lui parut s’enfoncer suffisamment profondément pour lui assurer un abri temporaire. Il se jeta dedans à plat ventre et le regretta amèrement quand il réalisa que la faille était bien plus profonde que ce qu’il avait cru. Il s’écrasa sur le dos dans un gémissement de douleur qu’il ravala bien vite lorsqu’une forme massive boucha l’air libre au-dessus de lui. Le prince regarda autour de lui et se cacha derrière un gros rocher, à l’ombre de la faille. Le dragon l’avait perdu de vue mais reniflait bruyamment l’air. Le prince essaya de se rassurer en se disant qu’il ne pouvait pas entrer ici, mais même cela, il n’en était pas sûr.

Le souffle court, il prit quelques secondes pour calmer les battements affolés de son coeur. Il allait s’en sortir. Ce n’était qu’une question de temps avant que son poursuivant ne se lasse. Ou tout du moins, il l’espérait.

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Adrien de saint-Alban
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