Une étrange apparition

4 minutes de lecture

Arthur fourra un tee-shirt supplémentaire dans son sac à dos puis le ferma et le posa au pied de son bureau. Il ferma la fenêtre et les volets de sa chambre et fit, pour la première fois depuis une éternité, son lit. Enfin, il rangea ses stylos dans la trousse posée sur son bureau, afin de donner l'impression à sa mère que quelque chose avait changé. Il attrapa ensuite son sac, le jeta sur son épaule et se dirigea vers la sortie.

Il s'arrêta sur le pas de la porte, se retourna et contempla une dernière fois sa chambre. La chaussette traînant depuis des mois sous son lit ; sa figurine d'Aragorn, dans son armure scintillante sur son cheval à la robe sombre, perdue au milieu des cahiers de vacance à peine entamés, offerts si gentiment par son père et des boules de papier qui rendait le bureau inutilisable; son poster des Avengers, fraîchement installé à côté de sa fenêtre ; son armoire qui ne fermait pas tellement les vêtements qu'elle contenait était mal rangés ; les vestiges de cahiers de cours jonchant le sol de la petite pièce et sa bibliothèque à moitié vide, l'autre moitié alourdissant considérablement le sac à dos du jeune homme. Celui-ci se retourna, quitta sa chambre pour de bon et ferma la porte derrière lui, abandonnant les restes de sa dernière année de collège et se dirigeant la tête pleine de bons souvenirs, vers ses vacances bien méritées, qui commençaient enfin.

Le jeune homme rejoignit ses parents et sa petite sœur, Charlotte, sur le perron de leur maison. Ils grimpèrent tous dans la voiture, que sa mère démarra et la petite famille quitta la ville quand, soudain, Charlotte s'écria :"

-Maman ! J'ai oublié mon doudou sur mon lit ! Fais demi-tour ! S'il te plaît ! Son grand frère souffla de mécontentement. Sa sœur avait un don pour gâcher les départs en vacances depuis toujours et pour le faire enrager. Il lui répondit avec véhémence :

-C'est bon ! Tu peux te passer de ton doudou pour dix jours quand-même ! Ah oui j'oubliais : t'es qu'un ridicule bébé pleurnichard, égoïste et immature ! Je te signale qu'on est déjà sur l'autoroute, t'es en train de nous pourrir les vacances espèce sale gosse ! Tu n'est qu'un petit...

-Arthur Georges Aubry ! Ça suffit ! Le coupa son père, c'est toi qui te comportes comme un bébé immature ! Tu te calmes tout de suite et tu sera de corvée de vaisselle jusqu'à la rentrée, ça t'apprendra à insulter ta sœur! Regarde dans quel état elle est ! En effet, la petite fille avait les larmes aux yeux. Arthur se radouci :

-Mais quand même, elle exagère. Entre temps, sa mère avait déjà fait demi-tour et rejoint leur maison.

-Pas un mot, rétorqua son père, d'un ton sans appel."

Arthur se renfrogna et attendit que Charlotte et leur mère reviennent avec le doudou de malheur. Il bouda durant tout le trajet en voiture jusqu'à la plage, ce qui équivaux à la journée complète.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la maison de leur grand-père, Arthur le salua vaguement, n'aida pas ses parents à décharger le véhicule malgré leurs protestations et ne pris que ses bagages avant de se réfugier dans la chambre qui lui était attribuée depuis des années. Il jeta son sac par terre, claqua la porte et se vautra sur le lit aux odeurs de renfermé avant de crier un grand coup dans son oreiller. Il fini par s'endormir, et c'est le soleil éclatant qui le réveilla car il n'avait pas fermé ses volets la veille.

Toujours en colère, mais un peu calmé, Arthur descendit prendre son petit déjeuner et constata que sa famille était déjà partie à la plage. Heureux d'avoir un peu de répit avant l'affrontement qui suivrai indubitablement, il prit tranquillement son petit déjeuner.

Le jeune homme était étonné que ses parents ne lui aient rien dit lorsqu'il avait rejoint sa famille qui profitait du soleil sur une plage bondée de touristes, au bord de la Méditerranée. Il était allongé sur sa serviette de plage, à l'ombre d'un parasol, et somnolait. Soudain, un seau d'eau se renversa sur sa tête. Il se redressa et vit Charlotte courir vers la mer en riant, un seau vide dans les mains. Oubliant sa colère envers sa sœur, Arthur la poursuivit en riant, dégoulinant d'eau de mer. Il rattrapa rapidement la petite fille qu'il pris dans ses bras avant de courir dans l'eau tête baissée, ignorant les cris de protestation que poussait Charlotte. Dans un élan de gentillesse, le jeune homme passa le reste de la matinée avec sa sœur, pour le plus grand bonheur de leurs parents, heureux de les voir réconciliés.

Après le repas, Arthur s'éclipsa pour lire. Il trouva un arbre aux branches basses en marge de la plage sur lequel il monta. Confortablement installé contre le tronc, il débuta sa lecture. Au bout d'une heure, il releva la tête et suivit un vol de mouettes dans le ciel. Quand elles disparurent derrière le soleil, celui-ci l'éblouit. Pour une raison qu'il ignorait, il n'arrivait pas à décrocher son regard de la boule de feu qui lui brûlait pourtant la rétine. Au bout de quelques minutes, il crut discerner un visage derrière le cercle de lumière étincelante. Se croyant fou, il cligna des yeux. Quand il les ouvrit, le visage était toujours là, mais ses contours étaient plus précis. Les yeux brûlants, Arthur détourna le regard. Des points colorés dansèrent devant ses yeux durant de longues minutes, s'estompant au fur et à mesure.

Troublé, le jeune homme ramassa ses affaires et rentra chez son grand-père. La soirée passa sans qu'il s'en aperçoive, pensant sans cesse à cet étrange visage, persuadé qu'il était fou. Il s'endormit au bout d'un long moment à se retourner sous sa couverture, cherchant le sommeil.

Annotations

Recommandations

PM34
Réponse au défi « Dire Je t'aime » de @unbaltringue sur instagram
14
49
12
1
Défi
MAZARIA
Ecrire une phrase par jour, té, les doigts dans le nez, je te le fais, c'est ce que je croyais, sauf que en fait, c'est pas si facile parce qu'il y a l'inspiration, ou pas, l'envie, le temps, donc finalement je corrige: c'est pas si facile !
846
360
27
33
Larousse


On m’avait promis la huitième merveille du monde
On m’avait dit tu ne choisis pas, tu tombes
Mais cette chute-là n’est pas douloureuse
Elle te rendra incroyablement heureuse

On m’avait promis le soleil dans mon quotidien
Un feu ardent qui crépiterait dans mon cœur
On m’avait dit tu n’auras plus peur de demain
Ta vie s’esquissera avec de nouvelles couleurs

J’ai cru à l’amour, j’ai cru à sa beauté
Mais entre les on-dit et la réalité
Il y a parfois un monde
Et le mien est immonde
Sali par la rancœur
Et noyé par mes pleurs
Rendu acide par l’amertume
Froid et terni par la brume
La déception a submergé le tout
Balayant au passage mes espoirs fous

Car l’amour n’a eu pour moi aucune compassion
Brisant sans pitié mes si belles illusions
Il m’a laissé mon désespoir pour seul compagnon
5
33
1
1

Vous aimez lire Lilyplume ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0