Chapitre 23 : l'écarlate.

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La nuit était claire et douce, la forêt paisible. À quelques mètres, une eau pure s'écoulait dans un lac. Les branches des arbres ployèrent légèrement sous une brise. Juchée sur une branche, une forme se mit en mouvement, ses vêtements se calquaient sur les couleurs environnantes la rendant presque invisible. La respiration haletante d'excitation, la forme était enivrée par le combat qui allait suivre. Un rayon de lune laissa deviner l'allure d'une femme, cette dernière regardait la fumée d'un feu s'élevait indiquant le lieu de sa proie. Rapide comme l'éclair, elle sauta d'arbres en arbres approchant de sa cible. Elle s'arrêta juste assez loin pour ne pas être détectée, son regard balaya la zone, ses ennemis n'avaient aucun moyen de fuir. Puis son regard s'arrêta sur ses proies au nombre de deux, l'une dormait paisiblement, l'autre montait la garde. Un homme d'une vingtaine d'années, les cheveux bruns en bataille, son corps était athlétique et semblait taillé pour toute forme de combat. Tout à coup, le jeune homme leva la tête, son regard semblé se fixer sur elle et ses yeux verts la pétrifia.
Ses yeux verts, elle les connaissait, les données stockées dans son disque dur mémoriel lui envoya l'image d'un lointain passé.
Elle se trouvait dans la capitale d'Andronia, l'un de ses généraux l'avait informé qu'il fait une belle prise. Elle se téléporta dans la prison du royaume, passa plusieurs cellules, puis s'arrêta devant une barrière bleue translucide reliée par deux piliers. Elle regarda le prisonnier, dont les mains étaient bloquées dans des machines qui l'empêchaient de bouger au-dessus d'un trou noir stabilisé. Angelina fut surprise par l'enfant d'environ huit ans qui se trouvaient là puis elle dit :

- Armos X224 qu'est-ce que cela ?

- C'est l'ennemi qui nous a causé tant d'ennui, celui qui a éliminé notre armée, lors de notre attaque contre Dragonis.

- Impossible ! Tes données doivent être faussées.

- Non, princesse, c'est bien lui.

- Très bien, laisse nous.

Armos fut téléporté, puis Angelina s'approcha et dit :

- Bonjour mon garçon.

- Bonjour Mademoiselle, j'ai peur, s'il vous plaît aidez-moi.

- Tu n'as aucune crainte à avoir, aucun mal ne te sera fait, mais je dois savoir, est-ce toi qui as détruit notre androïde ?

- Ce n'est pas moi, s'il vous plaît libérez-moi, j'ai peur de tomber.

- D'accord, ne bouge pas.

Angelina avança la main vers les cristaux d'un pilier, mais soudain, un jeune garçon aux cheveux blonds et aux yeux bleus avec un sourire malicieux l'arrêta dans son geste.

- Tu ne devrais pas écouter les menteurs, ma chère Angelina.

- Mais je ne suis pas un menteur, dit Clay.

- Vraiment ? dit le garçon blond, je pense que...

- J'ai peur ! coupa Clay, je veux sortir.

- Non, tu ne peux pas sortir, commença le garçon.

- Non, tu ne peux pas sortir, dit Clay.

- Arrête ça ! s’énerva le garçon.

- Arrête ça ! répéta Clay.

- Tu vas arrêter de répéter ce que je dis !

-Tu vas arrêter de répéter ce que je dis ! répéta Clay en souriant.

- Libère-le d'ici, Angelina, je ne veux plus le voir ! tonna le garçon blond.

Le garçon blond disparu avec énervement, Angelina regarda Clay et lui dit :

- Tu as de la chance, d'habitude, il n'est pas aussi conciliant.

- Je saurais m'en souvenir, dit Clay.

Les images s'effacèrent pour laisser la place à d'autres.
Angelina faisait route avec son vaisseau vers une ville prise récemment par leur armée, car on lui avait signalé la capture d'un garçon d'environ seize ans. Elle descendit de son vaisseau pour rejoindre le bâtiment de contrôle qu'ils déployaient dans chaque ville qu'ils prenaient. Elle se dirigea vers les cellules et découvrit un jeune homme aux cheveux bruns en bataille et aux yeux verts qui la fixait avec intensité, puis il lui dit :

- Bonjour Angelina, comment vas-tu depuis le temps ?

- Pardon ? dit Angelina, on se connaît ?

- Oui, je suis le gamin que tu as libéré il y a quelques années.

- Je suis heureuse de retomber sur toi. Malheureusement, je ne pourrais pas te libérer cette fois, car les données que j'ai reçues te montrent clairement en train de détruire nos androïdes.

- C'est bien moi, mais pour ma défense vous attaquiez un village sans protection.

- Pourquoi t'es-tu fait capturé cette fois-là ?

- Mon maître m'a parlé d'un guerrier androïde surnommé l'écarlate, qui serait invincible alors je voulais voir un tel être.

- Bien, tu dois être satisfait alors, car l'écarlate, c'est moi.

- Vraiment ? dit Clay, je ne m'en serai jamais douté.

- Oui je sais, dit Angelina exaspérée, tout le monde est toujours surpris que je sois une femme.

- Non, que vous soyez d'une si grande beauté, dit Clay, à l'époque déjà, je vous trouvais sublime.

- Pardon, vous me trouvez belle ? dit Angelina surprise.

- Vos jambes sont fines et délicates, ainsi que vos mains douces et sensuelles, nul doute que tous les hommes aimeraient ne serait-ce qu'être effleuré par tant de douceur, vous devez être une de ces antiques princesses qui remplissent les contes et légendes, une déesse guerrière.

- Je ne comprends pas, vous vous sentez bien ?

- Très bien, mais je vous en prie laissez-moi découvrir qui se cache derrière cette fabuleuse déesse.

- D'accord, veuillez me suivre dans mes appartements, mais je vous mettrai des menottes.

- Je ne vous imaginais pas comme cela, mais soit, j'accepte.

Angelina sorti deux petites puces qu'elle posa sur les poignets de Clay, un cordon bleu translucide jaillit des puces pour former des menottes, puis elle le fit sortir de la cellule et le conduisit à ses appartements puis dit :

- Tu dormiras sur le canapé, il t'est interdit de quitter cette pièce.

- Aucun problème dit Clay, de toute façon, je ne saurais détourner mes yeux d'une telle beauté.
Les images s’effacèrent pour laisser d'autres apparaître.
Clay était allongé sur un grand lit, mangeant du raisin quand tout à coup un vieil homme apparut et dit :

- Qu'est-ce que vous faites là ?

- Ah, maître Ellias, tu m'as fait peur, comment es-tu entré ici ?

- Comment je suis rentré ? s'énerva Ellias, je suis rentré avec difficulté pour vous libérer et je vous retrouve affalé sur le lit, à manger du raisin. Je me suis inquiété pour vous sans oublier que vous n'avez pas fini la mission du roi Clovius.

- Il ne fallait pas, dit Clay d'un air nonchalant, tu n'as pas lu ma lettre ?

- Votre lettre ? s'énerva Ellias, vous allez rentrer dès ce soir, vous vous échapperez par la fenêtre ouest, c'est clair ?

- Mais je n'ai pas eu le temps de me battre contre elle.

- Par la fenêtre ouest ce soir, compris ?

- Bon d'accord, dit Clay en boudant.

Tout à coup, Angelina apparut en serviette et dit :

- À qui dis-tu d'accord ?

- Je remercie la pierre sacrée de m'avoir permis de te rencontrer.

Angelina ôta sa serviette et s'installa dans le lit avec Clay et dit :

- Ne perds pas ton temps à prier pour un tel objet, car crois-moi la pierre ne mérite pas tant.

- Que veux-tu dire ?

- Un jour, tu le découvriras peut-être.

Le silence se fit, puis après plusieurs heures, Clay se leva, s'habilla et quitta la chambre. Il se dirigea vers l'ouest, de toute évidence les systèmes avait été déconnecté, puis il entra dans une pièce ou une multitude d'étagères remplies de livres occupaient l'espace. Il avança jusqu'à la fenêtre ouest ouverte puis il s'arrêta et dit :

- Ce n'est pas joli de suivre les gens.

- Je te rappelle que tu es mon prisonnier, d'ailleurs, c'est toi, qui n'es pas gentil en te sauvant comme cela.

- Je te prie de me pardonner Angelina, mais il est temps pour moi de fermer cette escapade.

- Je ne te laisserai pas faire.

Soudain, Angelina se jeta sur Clay le frappant de son épée. Ce dernier esquiva le geste en effectuant un salto arrière. Elle continua ses attaques avec rapidité, mais à chaque fois Clay esquiva le coup.

- Que de magnifiques attaques, dit Clay, que c'est dommage que je ne puisse profiter d'un tel duel.

- Et pourquoi n'en profiterais-tu pas ? demanda Angelina. Tu as l'air de bien t’amuser et je sens que tu peux faire mieux.

- Merci du compliment, mais je ne suis pas dupe, tu n'essayes même pas de me frapper. Tu te retiens, pourquoi ?

- Parce que tu es le premier à m'avoir traité comme une humaine. Alors je t'en prie reste avec moi.

Clay regarda Angelina, la fixant de ses yeux verts avec intensité puis dit :

- Je suis désolé Angelina, mais tu dois m'oublier car nos royaumes sont ennemis.

- Oui, je sais, tu es le prince Claymore de Dragonis.

- Tu étais au courant ? répondit Clay, en tout cas, je te remercie pour ces quelques semaines.

- Restes, j'ai beaucoup aimé t'avoir auprès de moi.

- Désolé, mais je ne peux pas, mon maître est un vrai tyran, il me fait peur quand il est en colère. D'ailleurs, ce n'est pas de moi que tu as besoin, mais de t'ouvrir au monde. Ne sois pas triste Angelina tout ce qui a commencé doit finir.

Clay sauta en arrière par la fenêtre sous les yeux d’Angelina, regardant ce jeune garçon s'envoler sur un dragon dans la voûte céleste.
Les images s'effacèrent permettant à Angelina de revenir à la situation présente. Elle se rappelait ce jeune homme qui compté pour elle, mais elle se rappela surtout de l'avoir sous-estimé. Quel que soit le contexte de la situation. Elle descendit de là et s'avança droit vers ce jeune homme qu'elle avait tant espéré revoir.

- Cela faisait longtemps prince Claymore et futur roi de Dragonis.

Clay qui était resté assis, observa la jeune femme devant lui. La silhouette fine mais musclée masquée sous une armure seyante composée de jambières, d'un plastron et de gantelet en argent ou un symbole trônait. Puis sur le visage doux et angélique qu'il observait, sa peau blanche, ses yeux en amande et sa chevelure noire comme le geai virevoltant dans la douce brise du soir. Seuls ses yeux gris bleus avec des lignes or sur le globe oculaire blanc permettait de savoir qu'une femme d'Andronia se tenait devant lui.

- Oui, en effet, cela remonte à plus de dix ans, princesse Angelina Von Androis. Tu n'as pas changé, ta beauté n'a d'égal que ta rapidité.

Angelina eut un sourire gêné, puis s'assit en face de Clay et dit :

- J'aimerai dire la même chose pour toi, mais cela serait un mensonge, car tu ne ressembles plus au gamin qui me complimenter pendant notre combat, enfin presque, rit-elle.

- C'est vrai que j'ai plus l'allure d'un adulte à présent, pourtant, je vis depuis presque cinquante ans et toi, cela doit faire quoi... cinquante, cent ans peut être que tu vis.

- Je suis heureuse que tu me voies aussi jeune, mais n'espère pas que je te dise mon âge. Après tout ton père doit avoir dans les deux cents, trois cents ans grâce à la pierre sacrée qu'il a possédé pendant plus d'une vie.

- C'est vrai, nous avons tous eut la vie rallongée à cause de la pierre sacrée, mon père en premier lieu, mais aussi ton peuple en souhaitant devenir immortel.

- Je ne pense pas que mes ancêtres voyaient l'immortalité comme une transformation importante de notre physionomie en robot. Aujourd'hui, après des siècles nous sommes parvenus à nous rapprocher des êtres humains que nous étions, mais sans parvenir à le redevenir. Encore, aujourd'hui, notre population ne croît pas, étant donné notre incapacité à donner naissance. Mon royaume est surtout peuplé de programmes donnant l'impression de la vie. Et nous regrettons tous que nos ancêtres aient faits usage de la pierre sacrée.

- Et l'ironie fait que seule la pierre sacrée puisse un jour vous rendre à nouveau humain.

- Certes, mais si je trouvais cette pierre, je ferais tout pour la détruire, répondit Angelina les yeux fixes dénués d'émotion.

Clay regarda les alentours et prit une longue inspiration, puis regarda Angelina et lui dit :

- Vas-tu nous livrer combat ?

- Non, rit-elle, bien que j'adorerais me mesurer à nouveau à toi, je n'en ferai rien. Surtout que je suis plus qu'étonné de voir le prince de Dragonis en compagnie de la princesse de Désailia.

- Nous sommes... Commença Clay.

- Ne cherche pas de mensonges inutiles, coupa Angelina, si vous êtes ici ensemble, c'est certainement que la pierre sacrée est dans les environs. J'imagine que te connaissant, elle ne sait pas qui tu es réellement ?

Clay resta silencieux gêné par l'exactitude des propos de son interlocutrice. Tout à coup, Lys releva la tête encore embuée par le sommeil, ses yeux se figèrent sur Angelina laissant monter un sentiment de terreur. Lys saisit son épée frappa à une vitesse incomparable son ennemi. Angelina para avec son avant-bras, mais Lys lança un coup d'épaule dans le ventre de son ennemi lui faisant perdre l'équilibre. Angelina glissa sur l'air s'éloignant de son adversaire grâce aux deux minis turboréacteurs de ses chaussures. Clay s'approcha de Lys et lui dit:

- Calme-toi ce n'est pas un ennemi.

- Tu te fous de moi Clay ? C'est Angelina Von Andronia, la fille du roi Androis. Les généraux m'ont parlé d'elle, mon père l'a affronté lors de l'attaque contre la ville de Spars. Le roi d'Androis voulait agrandir ses frontières, et frappa sans attendre la ville de Spars provoquant la mort de tous les habitants.

- Oui c'est vrai, répondit Angelina impassible, mon père est un vieux programme dénué de sentiments. Mais m'excuser pour cela maintenant ne servirait à rien, je ne peux revenir sur le passé. En outre, j'aimerais te présenter mes condoléances bien que tardive pour ton père, c'était un homme bien, sa mort m'a attristé et j'ai prié pour son âme.

- Vraiment ? interrogea la princesse pleine de larmes, pourtant vous, peuple d'Andronia, ne pouvez ressentir de sentiments.

- C'est vrai, mais le temps nous a appris à comprendre les données de perte familiale. J'appréciais ton père, c'était un grand combattant et un grand roi. Vous pouvez me faire confiance, je ne suis pas votre ennemi, et pour preuve je vais relâcher immédiatement vos amis.

- Nous te remercions, répondit Clay.

- Il n'y a pas de quoi, par contre si vous continuez votre chemin vers le mont maudit, vous risquez de perdre inutilement la vie. Vous devriez prendre le tunnel sous la montagne située sous la cascade, cela ne prendra que deux à trois jours de marche pour passer de l'autre côté, et ce chemin effraie les gens, donc vous ne risquez pas de faire une mauvaise rencontre.

- Attends pourquoi ce chemin effraie-t-il les gens ? demanda Lys.

- À cause de l'obscurité, dit Angelina en souriant, du moins c'est ce que tous croient, car ceux que l'on retrouvait ne répètent qu'un seul mot inexorablement « L'obscur, l'obscur ».

Lys et Clay se regardèrent avec inquiétude face aux propos d’Angelina, voyant cela, cette dernière rajouta :

- N'ayez aucune crainte, je l'ai déjà emprunté et il ne m'est rien arrivée. D'ailleurs, vous n'avez pas trop le choix, ils arrivent.

Angelina se retourna et montra au loin une armada de dragoniens chevauchant des dragons se dirigeant vers eux, la princesse d'Andronia se tint fièrement et continua :

- Dépêchez, je vais les retenir.

- Attends, tu ne vas rien tenter pour récupérer la pierre sacrée ? dit Clay.

- Non, j'ai tout le temps qu'il faut pour l'avoir, je suis immortelle et quelque chose me dit que la malédiction de ce monde va prendre fin.

- C'est ce que tu penses ? demanda Lys.

Angelina leur fit face, regarda Lys puis Clay et dit :

- Non j'en suis sûr, tel une promesse d'un souverain à un autre.

Sur ces mots, elle s'élança vers l'armada de dragons laissant Lys et Clay. À quelques mètres de là dans un buisson, Tralpios et ses deux acolytes avaient observé toute la scène d'un air dépité.

- Non mais sérieux, je suis vraiment maudit, dit Tralpios, pour que ce satané Clay soit ami avec l'écarlate.

- Surtout, après que l'on est volé un petit vaisseau à Androis et qu'on se soit écrasé au milieu de la tanière de terrifiantes hyènes. dit Lia

- En même temps, si vous m'aviez laissé conduire, cela ne serait jamais arrivé, dit Tralpios.

- Mais justement, c'est vous qui conduisiez maître, dit Etios.

- Comment oses-tu prétendre que c'est ma faute alors que la conduite est un talent inné chez moi ! Tonna Tralpios en frappant le jeune homme derrière la tête.

- Maitre, qu'attendons-nous pour attaquer notre ennemi ? Demanda Lia.

- Tu es folle, face à Clay, nous n'aurions aucune chance, heureusement, mon plan de départ suit son cours.

- Votre plan de départ ? demanda Etios, parce que vous en aviez un ?

- Bien sûr que j'en ai un pour qui tu me prends imbécile ? tonna Tralpios, frappant Etios avec sa chaussure, dès le début, j'ai prévu que nous volerions la pierre sacrée dès que Clay l'aurait trouvé, ainsi ce pauvre imbécile fait tout le travail pour moi sans s'en rendre compte.

Tralpios éclata de rire, qui se voulait terrifiant, mais qui semblait plutôt être celui d'un idiot, quand brusquement, il se tut en voyant Clay et Lys regardé dans sa direction. Après quelques minutes de réflexion, Lys et Clay décidèrent de partir immédiatement pour le tunnel sous la montagne. Ils passèrent entre la roche et le mince filet d'eau qui s'écoulait, là un encadrement de porte était découpé dans le roc ou d'étranges inscriptions étaient gravées.

- Il y a des runes, dit Lys, mais je ne connais pas cette forme, c'est étrange, mais je n'ai jamais vu ce genre d'écriture. Cela est inquiètant car les runes servent généralement à avertir d'un danger.

- Tu as raison Lys, mais si nous voulons la pierre sacrée au plus vite ce chemin est tout indiqué. Surtout, que la pierre pourrait nous glisser entre les doigts.

Ils acquiescèrent tout les deux, le temps ne jouait certainement pas en leur faveur donc le moindre raccourci était bon à prendre. Tout deux franchir la porte sous la montagne avançant à la lueur de la flamme enchantée créée par la princesse. Le chemin n'était pas compliqué, il n'y avait aucun tournant, ils continuaient pendant plusieurs heures avançant toujours plus profondément. Ils décidèrent de s'arrêter un petit moment, rien ne venait troubler le calme de la montagne. Clay remarqua un cours d'eau qui suivait la route qu'il devait entreprendre une fois reposé, une eau glacée et sombre qui ne renvoyait aucun reflet. Tout à coup, il sentit une présence, se tenant prêt à agir, ses muscles se contractèrent puis il sentit quelqu'un l'observer. Il se retourna brusquement vers la surface de l'eau, aucun reflet et la sensation avait disparu.

Clay se détendit, alla s'asseoir près de Lys. Cette dernière lui souriait tendrement, elle le regarda fermer les yeux, puis elle regarda autour d'eux, la roche sur les murs était lisse comme un cristal de couleur noire, cela ne la rendait que plus mystérieuse et magnifique. Elle reporta son regard sur Clay, puis senti quelqu'un en train d'observer, une respiration atteignit son oreille. Son corps se tendit et sa main se posa sur la garde de son épée, elle entendit une voix lui chuchoter « traître », elle se retourna aussitôt, mais il n'y avait rien. Lys se dit que la fatigue avait dû la gagner et que tout était le fruit de son imagination. Elle ferma les yeux profitant d'un repos bien mérité. Au bout de quelques heures, Clay commença à s'éveiller, ses yeux étaient toujours clos profitant des dernières sensations du sommeil. Tout à coup, il sentit un souffle d'air chaud sur son visage puis une voix lui murmurait :

- Elle va le savoir bientôt, elle va savoir que nous sommes son ennemi.

Clay resta silencieux, retirant doucement le poignard de son fourreau, il déglutit difficilement, jamais encore un ennemi ne s'était rapproché de lui sans qu'il ne le sente.

- Si elle découvre qui nous sommes, nous aurons des problèmes, chuchota la voix, tue la !

Clay frappa à la vitesse de l'éclair, mais son ennemi avait disparu. Cet endroit n'était vraiment pas sans danger, un ennemi puissant devait y habiter ; il fallait vite se mettre en route, pensa Clay. Il s'approcha de Lys pour la réveiller, quand quelqu'un le regarda au loin. Clay fonça droit sur lui, mais il se retrouva devant la roche noire et sans aucun reflet. Clay ne comprenait pas ce qui se passer, il ne ressentait aucune énergie, pourtant, il n'avait pas rêvé, quelqu'un avait bien été là.

- Clay, chuchota une voix, Claymore.

Il se retourna, et vit son propre reflet sur la roche noire, ne comprenant pas pourquoi son visage lui apparaissait maintenant. Il se rapprocha avec prudence jusqu'au reflet le scrutant, mais le reflet ne recopiait aucun de ses mouvements.

- Vas-tu arrêter de faire l'idiot ? Nous devrions nous occuper d'elle.

- Quoi ? Dit Clay, mais de quoi parles-tu ?

- Ne sois pas idiot, elle va découvrir la vérité sur nous. Et quand ce sera fait, elle nous fera du mal et nous tuera. Tu sais qu'elle est tout à fait capable de nous tuer, alors nous devons le faire avant.

Clay regarda son reflet qui l'observait avec sérieux, se demandant s'il ne devenait pas fou, il retourna vers Lys. Approchant sa main d'elle, le reflet apparut juste à côté sur une pierre au sol.

- Oui, c'est cela, tue la pendant qu'elle dort, chuchota le reflet.

- Non, je ne la tuerai pas, dit Clay.

- Mais elle va savoir qui nous sommes, tu dois le faire, répondit le reflet.

- Elle ne saura pas, jamais, c'est impossible qu'elle le découvre, cria Clay avec inquiétude.

- Sauf si je lui dis, sourit le reflet.

Clay s'éloigna vers le bord du lac s'apprêtant à se rafraîchir quand il vit un nouveau son reflet.

- Non, tu ne lui diras rien ou je te tuerai, répondit Clay.

Clay sentit des mains autour de son cou l'étranglant avec force, il essayait de lutter, mais son ennemi était bien plus fort, c'est alors qui vit l'image de son père dans l'eau. C'était lui qui l'étranglait, ce dernier regarda le reflet de son fils et dit :

- Me tuer ? Tu n'as jamais pu me tuer.

Clay se retourna avec force et son père disparu. Reprenant ses esprits, il se précipita pour réveiller Lys sans regarder si un reflet était sur l'eau. Lys s’éveilla regardant Clay qui était à ses côtés tout transpirant et lui dit :

- Ça va ?

- Oui, ne t'inquiète pas, remettons-nous en route au plus vite, d'accord ?

- D'accord, mais es-tu sûr que ça va ? Demanda Lys.

- Oui ça va.

Tous deux reprirent le chemin, Clay avançait en tête comme un animal chassé. Lys ne comprenait pas ce qui se passait, elle s'appuya sur la roche pour descendre une marche, c'est alors qu'un air chaud souffla à son oreille.

- C'est un traître, chuchota la voix.

Lys se retourna, mais personne, c'est alors qu'elle entendit quelqu'un chuchoté :

- Lys… Lys… Lys...

Elle décida de suivre cette voix malgré l'inquiétude qu'elle ressentait. C'est là qu'elle vit son reflet sur une pierre, s'approchant avec prudence, elle dit :

- Qui m'appelle ?

- C'est moi, répondit le reflet.

Lys s'approcha de la pierre qui continua :

- Tu dois te méfier de lui.

- De qui lui ? Demanda Lys.

- De ce Clay, il est dangereux, c'est un traître.

- Ne dis pas n'importe quoi, c'est mon ami !

- Ce n'est pas ton ami, chuchota le reflet, c'est un meurtrier, il a abandonné les chevaliers royaux pour en finir avec toi.

- Non, c'était le plan le plus logique, et puis Angelina a promis de les délibérer.

- Angelina a menti, pourquoi libérerait-elle des chevaliers royaux ? C'est lui qui a tout organisé pour te séparer d'eux, puis te tuer.

- Non, il m'aime ! Jamais il ne ferait ça, répondit Lys d'une voix mal assurée.

- C'est un meurtrier, il a tué beaucoup de monde. Et il a tué ton père, chuchota le reflet.

- Non, il n'y avait pas d'autres moyens, répondit Lys s'enfuyant pour rejoindre Clay.

Elle retourna près de Clay qui avançait toujours avec rapidité, c'est alors que le reflet réapparut.

- Ça, c'est ce qu'ils t'ont dit, mais c'est un traître, et quand il en aura l'occasion, il tuera la fille comme il a tué le père.

Clay vit Lys regardait un mur avec attention, mais rien ne se trouvé à sa surface. Rassuré, il fit signe à Lys de le suivre vers un chemin longeant le précipice. Tout deux, l'un derrière l'autre longèrent la bordure avec la plus grande prudence. Quand tout à coup, un bord se détacha entraînant Lys dans sa chute. Par chance, elle se rattrape au bord, suspendu dans le vide, regarda en bas puis dit :

- Clay, viens m'aider, je n'arriverai pas à me hisser toute seule !

Clay s'apprêtait à avancer, quand soudain des mains se posèrent sur ses épaules et des lèvres se mirent à lui chuchoter :

- Laissons la tomber, ainsi les choses seront mieux, la chance nous sourit.

Clay regardait Lys essayant de remonter, et ses appels à l'aide étouffée par la voix continuaient sans cesse de chuchoter à son oreille « Laisse la tomber, elle ne saura jamais notre secret ». Lys avait les mains qui s'engourdissait sous l'effort, elle ne tiendrait pas longtemps puis la roche se mit à céder entraînant la fin de sa vie, mais soudain une main l’agrippa et la ramena sur la terre ferme. Elle regarda son sauveur, Clay avait finalement répondu à son appel, mais son ami était en sueur et une terreur sans nom était imprimé sur son visage.

- Eh bien, qui y a-t-il ? Tu as peur du vide ? Demanda Lys, j'ai bien cru que tu allais me laisser tomber.

Clay se leva sans un mot et continua son chemin. Lys se leva à son tour et vit son reflet dans la roche, s'approchant discrètement :

- Tu vois, lui dit le reflet, il allait te laisser mourir.

- Non, il m'a sauvé, répondit Lys, s'il avait voulu me tuer, il m'aurait laissé tomber.

- Réfléchi, s'il avait fait ça tout le monde l'aurait incriminé, répondit le reflet.

- Non, s'il avait voulu me tuer, il aurait pu le faire avant, il a tellement de puissance.

- C'est vrai, mais il ne veut pas qu'on sache que c'est lui. Tu ne trouves pas bizarre qu'un jeune homme aussi fort et puissant ait pu passer inaperçu pendant dix ans voir plus, toute sa vie ? Car, que sais-tu de lui ?

- Vraiment rien, c'est vrai, répondit Lys surprise de la véracité des paroles du reflet.

- Il vient d'un autre royaume, c'est sûr, chuchota la voix, envoyé pour te séduire et puis une fois qu'il aura ton trône et que tu auras baissé ta garde, il te tuera.

- Oui, tu as raison, sauf, si je le tue avant.

Clay avançait, il regarda derrière lui, Lys été assez loin. S'avançant vers le bord d'une flaque d'eau, il regarda son reflet et dit :

- Je ne peux pas la tuer, je l'aime, cela m'est impossible.

- Mais elle sait, elle nous soupçonne, répondit le reflet inquiet.

- Ou alors je ... commença Clay.

- Oui, tu as raison, c'est une bonne idée, si nous avions la pierre sacrée, nous pourrions la manipuler à notre guise.

- Oui, tu as raison cela nous permettrait de vivre même si elle le découvrait.

- Oui, mais si elle le découvre avant que nous ayons la pierre sacrée, que faisons-nous ? Demanda le reflet avec un sourire perfide.

- Nous la tuerons, répondit Clay, la pierre nous la ressuscitera.

Clay sourit d'un sourire perfide qui n'avait encore jamais traversé son visage de toute sa vie. Quand tout à coup des bruits le fit se retourner pour voir Lys derrière lui à quelques pas, un poignard à la main.

- Ça ne vas pas ? Demanda Clay, avec une fausse gentillesse dans la voix.

- Si si, ça va répondit Lys.

- Que fais-tu avec ce poignard dans la main ? Sourit Clay, aller donnes le nous, nous ne voudrions pas que tu te blesses avec.

- Non ne t'inquiète pas, je le garde, répondit Lys, concentrée sur son adversaire.

- Bien, mais reposes toi, tu dois être fatigué, dit-il feignant la compassion.

- Non, non ça va merci, mais dors-toi si tu es fatigué, je veillerai sur toi pendant ce temps.

Clay et Lys entendirent la voix chuchotée à chacun « Il sait, que nous allons le tuer, il va essayer de le faire avant nous ». C'est alors que Clay continua :

- Et bien si tu n'es pas fatigué, continuons notre avancée.

Tous deux acquiescèrent marchant à bonne distance l'un de l'autre, après une heure de marche, ils sortirent enfin du tunnel sous la montagne. Clay se retourna vers Lys puis dit :

- Qu'est-ce que tu attends ? Une invitation peut-être ?

Clay sortit son épée qui fut aussitôt frappé par celle de Lys. Tous deux se regardèrent avec violence, ce combat devra en laisser un à terre. Clay recula, assura ses appuis et s’élança effectuant une frappe latérale vers la tête de son ennemi. Lys esquiva l'attaque en effectuant un salto arrière et frappa son adversaire avec son pied en plein visage. Les deux combattants se dévisageaient, ne prêtant aucune attention aux gouttes de sang qui coulait de leurs entailles respectives. À nouveau, ils s’élancèrent l'un sur l'autre, chacun déclenchant une pluie de coups et de ripostes ; Les lames sifflaient dans les airs découpant la chair et se souillant de sang. Les coups-de-poing et de pieds frappaient et fracturaient les os ; une boucherie de violence se déchaînait dans la forêt, inondant de sang l'herbe fraîche. Les épées s’entrechoquaient avec force et brutalité, aucun des deux adversaires ne voulait céder à l'autre, le combat s'avançait rapidement vers un duel d'usure. Donnant chacun un coup violent, les obligeants à reculer de plusieurs mètres, ils se regardaient avec haine cherchant la faiblesse de l'autre. Leurs transpirations se mêlaient aux écoulements de sang, leurs respirations étaient saccadées, démontrant la faiblesse de leur corps, bientôt tout deux s'écouleraient face à la fatigue et à la gravité de leurs blessures, ce combat n'en verrait aucun victorieux. Clay regardait son adversaire, jamais il n'aurait cru que ce combat aurait été si difficile.

- Qu'attendons-nous ? Lui dit son propre reflet, Tuons la.

- Qu'est-ce que tu crois que j'essaie de faire ? Hurla Clay.

- Eh bien, arrêtons d'essayer et faisons-le, dit le reflet sinon elle nous tuera.

Lys regardait l'homme qui l'avait trahi devant elle, cherchant le moyen de ne pas faillir, mais si elle continuait, elle finirait comme son père et ça elle ne pouvait, ne serait-ce que supporter l'idée.

- Il te faut trouver un plan, lui dit son reflet, sinon il va gagner ce sale meurtrier.

Lys et Clay regardaient chacun leur propre reflet, ils avaient été là, pendant tout le combat, prodiguant leurs conseils, mais en vain, cette fois leurs reflets dirent la même chose.

- Si seulement nous avions la pierre sacrée.

C'est alors que par coïncidence ou par destin, quelque chose de brillant attira leurs attentions pour la première fois sur autre chose qu'eux, depuis qu'ils étaient sortis de la grotte. Une grosse perle de la taille d'un œuf, bleuté au centre nuageux de couleur noire où scintiller plusieurs lueurs de différentes couleurs. Cette pierre qu'ils n'avaient vue qu'en gravure, et qui avait depuis si longtemps disparut se trouvait à quelques mètres d'eux. Tout était possible, ils pourraient battre et contrôler leur adversaire sans difficultés, et dominer tout ennemi. Tout deux regardaient la pierre sacrée, un vaste sourire aux lèvres, quand soudain, une pensée leur vint à l'esprit, ils n'étaient pas seuls, ils se regardèrent l'un, l'autre avec inquiétude. Sans signe avant-coureur, ils lâchèrent leurs épées et se jetèrent de tout leur long vers la pierre sacrée. Leurs muscles étaient endoloris, leur avancée difficile, rampant sur le sol, ils se griffèrent, se mordirent, tels deux animaux sauvages. Tout deux avancèrent leurs mains vers la pierre sacrée à quelques millimètres de la toucher. Elle est à nous, hurla leurs reflets. Quand soudain, une lumière aveuglante inonda la forêt, tout devint lumineux à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde, aveuglant tout sur son passage, laissant Clay et Lys inconscient sur le sol.

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