Chapitre 6 : Le commencement

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La princesse était perdue, l'image de son père revenait sans cesse dans son esprit. Elle aurait aimé pouvoir s'entretenir avec ce jeune soldat, mais comme le veut la coutume après un combat, tous doivent festoyer pour montrer l'amour et l'amitié qu'ils partagent, afin qu'aucune animosité ne s'installe. Mais elle voulait plus de détails sur la mort de son père. Elle, qui n'avait que six ans à cette époque, désirait plus que tout connaître les dernières pensées de son père. Assise sur son trône, elle attendait avec impatience le moment où ce jeune chevalier viendrait, son regard fixé sur la grande porte blanche aux reflets bleus, puis sur le trône de son père en marbre bleu nuit aux motifs dorés. Les nobles parlaient comme toujours de la pierre sacrée et des recherches incessantes qu'il faisait pour la retrouver.

- Marquis Mélias que donnent les rumeurs du sud ? demanda Bolgram .

- Infructueuse encore une, il ne s'agissait que de plaisantins qui avaient monté une arnaque, répondit Mélias, un homme aux traits fins avec des cheveux bouclés.

- Et celle au nord-ouest ? demanda Bolgram.

- Encore une fois, ce n'était pas la bonne, répondit Pidore un homme gros, à la coupe au bol et au visage enfantin, ce n'était qu'un tour d'une troupe ambulante.

- Quelle malchance s’abat sur nous, se plaignit Pietro avec rage un homme petit, maigre avec un regard sournois, quand allons-nous enfin trouver la pierre sacrée ?

- Peut-être que nos ennemis la possèdent déjà, s'inquièta Sora, un jeune homme athlétique, aux cheveux mi-long châtain et aux yeux noisette.

- Impossible, dit Bolgram, si le royaume de Dragonis l'avait, la guerre serait déjà déclarée et si c'était le roi Androis, alors prions pour que cela nous soit épargné, car nous saurions qu'il a la pierre sacrée seulement au moment où nos têtes sentiraient la lame les trancher.

- Ça, c'est bien vrai, s'exclama Tosca, un homme musclé avec un seul bras, aux cheveux roux et à la barbe en collier. Le roi Clovius est certes un tyran de la pire espèce, mais le roi Androis est bien plus à craindre tant son intelligence n'a d'égale que ses millénaires de vie!

- Ne perdez pas espoir mes amis, dit le cardinal Valic, la pierre sacrée n’apparaîtra qu'à ses élus et nous, peuple de Désailia avons ses faveurs. C'est nous qui la trouverons car tel est sa volonté, le roi-dragon et le roi millénaire ne peuvent rien face à sa toute puissance, continuons les recherches.

Tout à coup, la grande porte s'ouvrit laissant apparaître le général Silver accompagné de la nouvelle recrue. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres des marches qui conduisaient au trône, s'inclinèrent puis le général Silver parla :

- Princesse Lys Von Himlen Argia je vous présente notre nouvelle recrue, qui va dès à présent vous jurez allégeance.

- Moi, le chevalier royaux Claymore jure de protéger le peuple de Désailia et de perdurer son héritage par mon épée ou par ma vie.

Tous applaudirent le serment accompli, puis le conseiller Folkins parla :

- Bien, maintenant il est temps de décider du grade et du poste de notre jeune chevalier.

- Ne devrions-nous pas attendre le général Gold ? demanda Silver.

- Nul besoin ce dernier est en mission dans les Terres du Nord, dit Folkins le visage grave.

- Oui, dans les Terres du Nord, ricana Pidore.

- Personnellement, répondit Claymore, je souhaiterais entrer dans la garde personnelle de la princesse.

- Silence ! hurla le cardinal Valic, tu n'as aucun droit, sois déjà satisfait d'avoir le statut de chevalier royaux.

Le cardinal se tourna vers toute l'assemblée présente dans la salle du trône et continua :

- N'oubliez pas chers nobles, que cet avorton insolent n'est là que par chance, car la pierre sacrée n'aurait jamais permis cela. La pierre ne l'a pas choisi, si elle l'avait fait, il posséderait le don. Envoyons-le dans les villes frontalières soutenir nos troupes déjà présentes.

- Oui, c'est une bonne idée, répondit le marquis Melias. Nos frontières sont fragiles et instables, la guerre perdure depuis des siècles, un chevalier royaux en plus devrait être un atout.

- Marquis, intervint le général Silver, avant toute décision de votre part, je me dois de vous informer que Claymore possède le don du roi, par ailleurs les frontières du nord ont toujours été calme et le poste armé placé là-bas a été décidé il y a des siècles pour des raisons qui nous sont inconnues. Envoyer une excellente recrue là-bas ne nous servirait à rien.

Tous tournèrent leurs regards vers Claymore, l'incompréhension se lisait sur leurs visages, car seules les nobles familles fidèles au roi pouvaient utiliser ce don si précieux qu'il leur avait été confié ; don que le roi tenait lui-même du roi Darios II, l'arrière-petit-fils de la déesse guerrière Athéna qui avait eu la pierre sacrée.

- Il est à parier, poursuivit le général Silver, que Claymore est l'enfant illégitime d'un de nos anciens nobles morts au combat lors de la chute de Narsal, la ville aux mille cristaux.

- C'est impossible ! hurla le cardinal Valic, la pierre sacrée ne l'a pas choisit.

- Vraiment ? répondit le général Silver, alors comment aurait-il pu utiliser la technique du roi sans le don ? D'ailleurs, son grade est équivalent à celui d'un général alors montrez un peu plus de respect.

- Bien au vu des informations que nous avons, dit le conseiller Folkins, ce jeune chevalier royaux ne peut être monté au grade de général, sa jeunesse en est la cause, au vu de ses grandes capacités, je pense que le grade élite pourrait convenir.

Un grand tumulte s'abattit dans la salle du trône puis le marquis Bolgram se leva montrant ses vêtements excentriques et prit la parole :

- Allons conseiller Folkins, vous devez plaisanter ? Vous refusez de donner le grade de général à cause de sa jeunesse, mais vous lui donnez le grade juste en dessous, c'est une blague ?

- Non marquis Bolgram, ceci n'est aucunement une blague, ses capacités l'exigent, quant à son poste, je pense qu'il devrait être posté sur nos frontières avec le royaume d'Andronia à l'est dans trois jours.

Tous se turent, les marquis se regardèrent puis le marquis Bolgram dit:

- Qu'il en soit ainsi, vous pouvez vous retirer chevalier Claymore.

- Quelle chance que vous sachiez écouter Folkins, dit Pietro en souriant, c'est mieux il ne faudrait pas finir comme Gold.

- Non une minute, fit une voix.

Tous les regards se tournèrent vers l'endroit d'où venait cette voix, pour y découvrir la princesse levant la main comme pour demander la parole.

- Oui ? ricana le marquis Melias, avez-vous quelque chose à ajouter princesse ?

- Non, seulement, je voudrais m'entretenir avec le chevalier Claymore.

- Bien, je vous en prie, faites, dit le marquis Bolgram.

- En réalité, je souhaiterais que vous me laissiez seule avec lui, mes questions à son égard sont purement personnelles et n'engagent aucune politique.

Le conseiller Folkins et le général Silver s'apprêtaient à quitter la pièce quand soudain, ils remarquèrent qu'aucun des marquis ne bougea. Ils regardaient la princesse, un sourire narcissique aux lèvres. Elle se leva descendit les marches, passa devant l'estrade et dit :

- Chevalier Claymore, venez marcher un peu avec moi, je vous prie.

Claymore suivit la princesse laissant les marquis entre eux. Ils passèrent plusieurs corridors et escaliers avant d'arriver dans un jardin d'intérieur. Des fleurs parsemaient le sol de mille couleurs, un arbre imposant et magnifique trônait au centre, avec à ses côtés un banc en fer forgé blanc finement ouvragé où reposé des coussins aux broderies sublimes. La princesse s'assit sur l'un d'eux, Claymore s'agenouilla devant elle :

- Je vous présente le célèbre et mythique jardin d'Athéna, d'après la légende, la déesse guerrière a décidé de fonder le royaume de Désailia en accomplissant le rêve de sa première souveraine, la reine Elysia. Cette dernière était tombée amoureuse de ce que l'on appelle l'arbre divin, de son environnement et de sa vue sublime, rêvant un jour d'y construire sa cité. Hélas, la vie ne lui a pas laissé le temps d'accomplir ce rêve et c'est plus de cent ans plus tard, qu'Athéna l'accomplit pour lui rendre hommage.

- Je suis très honoré princesse d'avoir la chance de poser mes yeux sur une telle merveille, mais je doute que vous m'ayez demandé de venir pour me parler des légendes de notre royaume.

- Non en effet, j'aimerais qu'un instant vous oubliez que je suis la princesse et asseyez-vous à mes côtés.

Claymore s'assit au côté de la princesse, ils restèrent un moment ainsi, où seul le bruit du vent dans les feuilles régnait. Puis la princesse continua :

- Je voudrais vous demander de me parler de mon père. On m'a dit beaucoup de choses à l'époque, et le général Silver m'a également parlé de vous. Il m'a révélé que vous étiez resté seul avec lui un moment, j'aimerais savoir toute la vérité et pensez que vous parlez juste à sa fille.

Claymore regarda la princesse puis il dit :

- Lors de cet événement, j'ai été touché par une lame maudite et votre père m'a sauvé.

- Oui, je sais cela, il a vaincu la malédiction, puis s'est battu contre ce monstre inconnu et a péri en sauvant ses hommes, termina la princesse. Mais vous a-t-il dit quelque chose avant ? Je me doute que ces terribles souvenirs sont loin, mais si quelque chose vous revenez, je vous en prie, dites-le moi.

Un grand silence s'installa à nouveau, puis après plusieurs minutes, la princesse se leva, dirigea ses pas vers l'extérieur du jardin et dit :

- Je suis désolée, je ne vous dérangerai plus avec cela.

- Veille sur ma fille et protège-la, car je lui laisse un lourd fardeau.

La princesse se retourna vers Claymore, son regard était rempli de tristesse ; le vent soufflait faisant danser les feuilles qui voltigeaient vers le jeune chevalier. Lys perdu de vue le jeune homme pendant une fraction de seconde à cause d'une feuille qui passa devant ses yeux. Des que celle-ci fut passée, elle découvrit que le banc était vide, Claymore avait disparu, ne laissant aucune trace de sa fuite.
La princesse regarda tout autour d'elle, mais ne vit aucune trace du passage du chevalier Claymore. Elle tourna son regard vers l'arbre divin et plus précisément vers l'une des fleurs au pied de son tronc qu'il y a quelques jours encore été fanée. Cela lui rappela que comme elle, cette fleur avait dû mourir pour renaître.
                 2 Novembrio 1462
Elle avait six ans, son père était parti pour aider les soldats de la ville de Jullas. Soudain, elle entendit des voix s'élever de la salle du trône, elle accourut avec joie à l'idée que son père soit de retour. Lys poussa la porte, restant à son seuil et découvrit un chevalier royaux avec une cicatrice argentée, et le conseiller Folkins.

- Quel malheur, dit Folkins, quelle tragédie pour le peuple, pour le monde, mais surtout pour notre princesse.

- En effet, répondit le chevalier royaux, je suis navré d'avoir failli dans la mission à protéger le roi.

- Non, cela n'est aucunement votre faute, d'ailleurs, vous avez accompli votre mission en ramenant le peuple de Jullas. C'est pourquoi, vous serez élevé au grade de général, il ne me reste plus qu'à l'annoncer à la princesse et aux marquis.

Tout à coup, le souvenir changea pour en accueillir un autre.

                  19 Junus 1464
Le conseiller Folkins marchait dans les couloirs portant un plateau-repas, il tourna à droite puis s'arrêta devant une petite porte.

- Princesse, c'est moi, je vous en prie, ouvrez-moi.

Mais aucune réponse ne parvint de derrière la porte, alors il poursuivit :

- Vous ne pouvez pas rester éternellement dans votre chambre, cela fait deux ans que vous vous isolez ne laissant personne vous approcher.

Il attendit, mais personne ne répondit, Folkins soupira, puis il vit le général Silver s'avancer vers lui.

- Donnez-moi ce plateau, je vais m'occuper de cela.

Folkins acquiesça, puis s'en alla, Silver frappa à la porte, puis dit :

- Princesse, c'est moi Silver, je suis seul, laissez-moi entrer, je vous prie.

Un bruit de pas se fit entendre, puis un cliquetis indiqua que le verrou de la porte avait été levé. Silver entra, passa avec difficulté les obstacles devant la porte, puis il avança jusqu'au lit de la princesse et posa le plateau-repas sur la coiffeuse.

- Comment allez-vous princesse ? Je vois que vous vous êtes coiffé, c'est bien.

- Vous avez dit que mon père ne me reconnaîtrait pas s'il me voyait, dit Lys en boudant.

- En effet, mais je voulais sous-entendre qu'il fallait que vous sortiez de votre chambre, sourit Silver.

- Comment pourrais-je sortir ? Je suis toute seule, les nobles se moquent de la mort de mon père, ils se partagent le pouvoir. Il n'y a que moi pour me souvenir de lui.

- Non, vous vous trompez, il y a des gens qui n'ont pas oublié votre père, dit Silver avec tristesse.

- Ah oui ? Et lesquelles ? Car je n'en vois aucun à part vous, pleura Lys.

- Je vais vous montrer quelque chose.

Silver sortit un petit cristal translucide, il appuya au centre. L'objet émit une lumière qui montra plusieurs visages.

- Qui sont-ils ? demanda lys.

- Ce sont les meilleurs de leur promotion parmi les chevaliers royaux. Il y en a quinze au total, choisissait en quatre et je vous parie qu'aucun n'a oublié votre père.

- Mais comment pourrai-je savoir ? demanda Lys.

- Je les enverrais chacun leur tour monter la garde devant votre porte, ainsi vous pourrez juger par vous-même.

- D'accord, dans ce cas, je choisis ces quatre-là.

- Très bien.

L'image changea pour laisser la place à d'autres.
                  1 Jullis 1464
Un gigantesque soldat dormait affalé par terre, son ronflement était puissant. Lys sortit, s'avança vers le soldat, il était colossal, sa peau était métisse et ses cheveux étaient crépus. Soudain un autre soldat aux cheveux blonds, aux yeux bleus avec un sourire espiègle passa devant elle. Lys le suivit du regard tant ses yeux semblaient l'analyser des pieds à la tête. Tout à coup, le gigantesque soldat au sol, émit un bruyant ronflement qui détourna l'attention de la princesse du soldat blond. Lorsqu'elle tourna la tête vers là où il se dirigeait la seconde d'avant, elle remarqua qu'il n'y avait plus personne alors que derrière elle, il n'y avait qu'un cul-de-sac. Pensant qu'elle avait dû rêver, son regard se porta sur le soldat géant endormi dans le couloir. Elle le regarda perplexe en pensant « Comment un soldat qui dormait pendant sa garde pouvait se souvenir de son père ? » Tout à coup, le soldat sursauta et cria :

- Non, je ne dormais par mon capitaine.

Lys pouffa de rire devant cette scène, puis dit :

- Calme-toi, je ne suis pas ton capitaine.

- Oh, je suis vraiment navré Votre Altesse, je ne voulais pas, pardon.

- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave. Cela t'arrive souvent de t'endormir comme ça ?

- Et bien ça m'arrive surtout quand j'ai faim, et hélas le capitaine m'as puni de déjeuner parce que je suis arrivé en retard.

- Je vois, viens avec moi, nous allons manger un morceau, au fait, comment t’appelles-tu ?

- Raphaël, votre Altesse.

Raphaël abasourdi suivit Lys dans sa chambre, où une quinzaine de plateaux-repas étaient disposés sur la table et la coiffeuse.

- Qu'est-ce que tout cela ?

- Ne fais pas attention, c'est Folkins qui se fait du souci pour moi, il croit que je me laisse mourir de faim. Mais je t'en prie mange.

Raphaël mangea une dizaine de plateaux puis dit :

- C'est à cause de votre chagrin qu'il a peur, dit Raphaël.

- En effet, mais ne parlons pas de moi, parle-moi de toi.

- Il n'y a vraiment rien à raconter Votre Altesse.

- Vraiment ? Alors dis-moi pourquoi es-tu devenu chevalier royaux ?

- Et bien, pour dire la vérité, c'est à cause de votre père lors d'un discours qu'il a tenu lorsque j'étais enfant. Il a dit que ceux qui avaient quelque chose à protéger, devaient devenir chevalier royaux. Bien sûr à l'époque, j'ai pensé à protéger ma famille, mais mon père m'a dit ceci « mon fils, il faut que tu voies plus loin ». Je n'ai pas compris de suite, mais lorsque mon père est mort, j'ai compris. Mon but, c'est de protéger tous ceux qui ont quelque chose à perdre, c'est ce que nos pères nous ont enseignés.

- Je vois, dit Lys, les larmes aux yeux, promets-moi que tu reviendras me voir ? promis princesse.

Les images s'effacèrent pour laisser la place à d'autres.


                  7 Jullis 1464
Cette fois, Lys était avec une jeune fille petite et timide.

- Bonjour, comment t'appelles-tu ?

- Je... je m'appelle... Laura, Votre Altesse.

- Ça va ? Tu n'as pas l'air de te sentir bien ?

- Si ça va, Votre Altesse, dit Laura avec difficulté, c'est que je viens d'un fief loin d'Ailesia, et je ne m'attendais pas à parler à votre personne.

- Ne te fait aucun souci, mais tu sembles très timide et tu n'as pas l'air d'avoir le tempérament d'une guerrière, sans vouloir te blesser.

- Ne vous inquiétez pas Altesse, tout le monde me dit cela depuis toujours. Je n'ai jamais été très douée au combat, mais je ne savais pas quoi faire d'autres. Puis un jour, j'ai failli abandonner, et c'est ce jour-là que le don du roi s’éveilla, depuis tout le monde est derrière moi dans mon fief, et je ne m'attendais pas ce que cela me terrorise encore plus, mais il fallait que je continue pour eux, pour les protéger.

- Je comprends, dit Lys, j'adorerai parler plus longuement avec toi, me permets-tu de t'inviter à l'occasion ?

- Oui, se serait un honneur Votre Altesse, dit Laura en bégayant.

Les images s'estompèrent laissant d'autres images prendre leur place.


                   14 Jullis 1464
- Bonjour, tu dois être Sylvia, c'est bien cela ?

- Oui Votre Altesse, je suis heureuse que vous vous souveniez de moi, répondit une femme à l'allure mannequin.

- Nous nous étions vus lors d'une réception chez le général Mcnucsson ?

- C'est exact, je vous présente encore une fois mes condoléances, dit Sylvia, j'ai pleuré votre père et j'ai prié pour son âme.

- Vraiment ? Dit Lys, mais tu l'as déjà rencontré ?

- Oui, lors de cette même réception où nous nous sommes vus lorsque vous aviez cinq ans. Vous avez bien grandi. En tout cas, je n'oublierais jamais ce que m'a dit votre père « Toi je connais ton secret, et si tu veux mon avis, quelqu'un comme toi, qui aimes désespérément, devrais devenir chevalier royaux ». Alors je l'ai écouté et me voilà.

- Et as-tu révélé tes sentiments à celui que tu aimes ?

- Non pas encore, mais un jour je le ferai.

- Tu me le promets ?

- Oui, je vous le promets Votre Altesse, mais je vous en prie soyez patiente.

Les images changèrent à nouveau.
                  2 Altis 1464
Lys était dans sa chambre avec Silver.

- J'attends toujours le quatrième des soldats.

- Hélas, Votre Altesse, un malheur l'a frappé. Il a perdu toute sa famille ainsi que celle qu'il aimait.

- Vous ne devez pas l'abandonner, d'accord ?

- Promis Votre Altesse, mais dites-moi maintenant qu'avez-vous appris de notre petit jeu ?

- Que vous aviez raison, aucun d'eux n'a oublié mon père, car ses valeurs vivent en eux. Tel que le courage de protéger tout le monde, ou celui de protéger un être cher ainsi que le sens du sacrifice.

- C'est bien cela Votre Altesse, alors je vous en prie sortez de votre chambre.

- Très bien je sortirai, mais pas encore, je veux avant rencontrer le quatrième que j'avais choisi.

- D'accord Votre Altesse.

Les souvenirs changèrent à nouveau pour laisser la place à d'autres.
                  20 Altis 1464
Un homme, petit, les cheveux noirs, était appuyé près de la porte, Lys sortit et dit :

- Bonjour Irvine, comment vas-tu ?

Mais Irvine ne dit rien, pendant plusieurs heures, elle continua, mais il ne dit rien. C'est alors que Lys revint avec une ombrelle pliée et frappa le soldat qui para le coup. Elle renouvela sa frappe, mais Irvine la bloqua et dit :

- Cela suffit, pour qui me prenez-vous ?

- Ah enfin, sourit Lys, tu parles.

- Oui et alors ? tonna Irvine.

- Tu n'es pas du genre à faire la conversation, mais ce n'est pas grave, ce que j'attends de toi, c'est apprendre à me battre.

- Vraiment ? Mais pour quelles raisons ? demanda Irvine.

- Il y a quelque chose que j'aimerais protéger.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Irvine.

- Le souvenir de mon père.

Irvine parut désemparé, puis il alla dans la chambre de Lys. Et il revint avec deux morceaux de bois longs.

- Très bien, nous allons nous entraîner avec ceci.

- Mais c'est la tringle de mon rideau !

Et sans attendre un instant, Irvine se mit en position montrant les différentes techniques de base. Après un long moment, Irvine partit, le soleil était déjà couché.

- Vous vous débrouillez bien princesse, dit Silver qui venait d'apparaître.

- Merci Silver, mais j'aurai besoin de beaucoup d'aide si je veux devenir la meilleure épéiste des royaumes.

- Je ferai tout pour vous aider, dit Silver, et je serai toujours là en cas de besoin.

- Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez pas à être là, car c'est moi qui vous protégerais tous.

Les souvenirs s'effacèrent, ramenant Lys à la réalité, son regard se porta au loin, à la recherche du chevalier Claymore se demandant si ce dernier saurait faire honneur à la mémoire de son père.
Claymore marchait le long d'une rue de la ville, son regard s'attarda sur l'immense Tour blanche et plus précisément sur le balcon, d’où il pouvait deviner voir la princesse. Soudain, une voix se fit entendre.

- Lui faire le coup de disparaître comme ça, je te jure, t'en fait toujours trop.

- Vraiment, tu trouves général Silver ?

Silver sortit de l'ombre et s'approcha de Claymore, son regard devint sérieux puis il dit :

- J'espère que tu ne m'as pas raconté des balivernes et que je n'ai pas fait tout cela pour rien ?

- Bien sûr que non, je n'aurais jamais fait cela. Tu semblais plus convaincu il y a trois mois.

- Je t'ai cherché pendant longtemps Clay, et te voir réapparaître après dix ans m'a tout de même rempli de joie. Mais que tu m'apprennes qu'un contrat d'assassinat avait été fixé sur la tête de notre princesse ne m'a pas particulièrement réjoui.

- Ne t’inquiète pas Silver, je t'ai dit que je la protégerai, et nous avons tout planifié ensemble mon arrivée, l'épreuve, et même notre combat.

- Certes, et je t'ai aidé seulement à cause de cette vieille dette.

- Celle où je t'ai sauvé la vie pendant la guerre de Jullas ?

- Ne fais pas l'idiot Clay, si je t'aide, c'est parce que tu as exaucé les dernières volontés de mon roi, celle de partir en combattant et tu as fait de lui un héros, une légende. Voilà pourquoi.

- Donc j'avais bien raison, tu étais au courant que le roi avait menti et s'était condamné en prenant la malédiction de mort qui pesait sur moi ?

- Oui, je vous ai entendu en parler a travers la tente. Tu as écouté ses dernières paroles et tu as fait de lui une légende, qui a changé les principes du peuple de Désailia.

- J'ai fait de lui une légende ? J'ai plus l'impression d'avoir privé une petite fille de son père.

- Revenons à notre affaire, comment vas-tu protéger la princesse si on t'envoie dans la vallée des rois ?

- La vallée des rois, la seule frontière commune aux trois royaumes, terre désolée infestée d'une aura maléfique. Un endroit où il ne fait pas bon de vivre, qu'il vaut mieux éviter. Mais cet endroit semble plus être un placard qu'autre chose, et je n'ai pas l'intention de m'y établir. Après, il fallait bien se douter que nos chers nobles n'allaient pas me faciliter la tâche. Mais ne t'inquiète pas, il me reste trois jours pour remédier à cela.

Pendant deux jours, Claymore fit des ronds de jambe au marquis Bolgram, le couvrant de compliments sur sa façon de diriger, et le suivant dans ses déplacements. Ce matin, le marquis Bolgram était bien habillé avec des toges raffinées et son crâne chauve brillait d'un magnifique éclat.

- Marquis Bolgram, vous êtes particulièrement élégant ce matin, où vous rendez-vous ?

- Et bien, Clay, mon ami, je me rends au marché soutenir le peuple, il est bon pour lui qu'il sache qu'un noble est à ses côtés.

Ils se dirigèrent vers le marché tout en parlant.

- Vous n'essayez pas de courtiser la princesse comme chacun des nobles ? poursuit Claymore.

- Mon ami, je me vois très mal essayer de séduire une fille de quinze ans, qui de plus, est la fille de mon défunt ami, une gamine que j'ai vu grandir et que j'ai aimé.

- Alors le roi Esteban était votre ami, quel noble remarquable vous faites.

Soudain, un homme s'avança avec un couteau vers le marquis Bolgram, prêt à le poignarder. Mais Claymore dévia le couteau et fit une prise de combat pour repousser l'assaillant qui s'enfuit en courant. Claymore aida le marquis Bolgram à se relever puis ils se dirigèrent vers la maison du marquis. C'était une maison en pierres blanches comme du lait, avec de fines mosaïques dessinant des cercles. Le marquis Bolgram paraissait figé, Claymore lui servit une tasse de thé qu'il avait demandé à la servante. Le marquis bu, puis les yeux emplis de larmes, il dit :

- Quelle horreur cela ne serait jamais arrivé du temps de notre roi, de mon ami.

- Que voulez-vous dire ? demanda Claymore.

- La princesse est certes chère à mon cœur, mais elle n'a pas la force de diriger le royaume. Et certains nobles le constatent de jour en jour. Vous-même avez dû le remarquer lors de la décision de votre grade et de votre poste. J'en ai eu mal au cœur lorsque aucun des nobles n'a quitté la salle du trône.

- Vous-même ne l'avez pas quitté marquis, fit remarquer Claymore.

- Pensez bien mon ami, que je ne puis changer les choses seul et que ma place elle-même est menacée.

- Menacé ? Vous, le grand marquis Bolgram ? Impossible ! Vous dirigez à vous seuls les nobles.

- Ne croyez pas ça mon ami, nous jouons nous, nobles aux chaises musicales, et tend que la musique continue, je suis là, mais un faux pas et c'est fini. Parmi les nobles, il y en un de bien plus dangereux que tous, celui qui nous manipule dans l'ombre, son pouvoir est incommensurable et il possède quasiment la totalité des richesses de ce pays. C'est pourquoi je vous remercie de votre présence pendant ces deux jours, mais nous sommes des hommes intelligents, et cette gentillesse n'était pas gratuite n'est-ce pas ?

- En effet, j'avais espéré que vous pourriez interférer en ma faveur pour que je devienne garde du corps de la princesse sur qui, une menace pèse.

- Je suis navré mon cher, mais aucun fait ne pourrait soutenir ce vote, et si je le faisais, ce serait une voix vide qui serait écoutée par des sourds.

Claymore se dirigea vers la porte, prêt à abandonner son plan, puis le marquis Bolgram dit :

- Nos conversations et votre présence vont me manquer, même si elles étaient feintes.

- Vous savez marquis Bolgram, malgré toute votre adresse pour vous accaparer le pouvoir, je pense que l'animosité envers la princesse ne soit qu'une feinte cachant la tendresse proche d'un père, et qu'il se pourrait bien que vous soyez l'un de ses plus fidèles serviteurs.

Claymore sortit de la ville, il marcha dans les rues pendant des heures, jusqu'à ce que le soleil se couche et que le voile de la nuit recouvre la ville. Il s'arrêta dans une ruelle sombre puis il dit :

- Bien, tu as fait du beau travail.

Un homme sorti de derrière une ruelle et dit :

- Vraiment ? Mais je n'ai pas réussi à tuer la cible, le marquis Bolgram vit encore.

- Qu'il meurt n'était pas nécessaire, la mission est un succès, voilà ton argent.

Claymore lança une bourse de pièce par-dessus son épaule puis il continua en lançant un regard meurtrier à l'homme.

- Ne t'avise pas d'essayer de tuer ce noble, ou de parler de moi sinon je t'assure que la mort ne serait pas le pire châtiment que je t'infligerais.

L'homme acquiesça, regardant son client partir et disparaître. Claymore regarda l'immense Tour blanche et le ciel, demain serait sa dernière chance.

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