Chapitre 54

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    Notre relation prit la forme d'une alliance fondée sur l'intérêt de notre fils. Nous décidâmes de passer des WE et des séjours ensemble, afin de lui offrir des moments agréables et constructifs, si j'ose dire, en famille. Dans ce cadre, il y eut une semaine de vacances, dans un hôtel deux étoiles à Mougins, en septembre 1973. Nous n'étions séparés que depuis quelques mois. Nettement plus à l'aise sur le plan matériel, j'avais échangé ma vieille guimbarde contre une 204 Peugeot bleu clair, neuve, et assumé la totalité des frais de ce séjour sur la côte d'Azur.


Il s'agissait de notre second voyage dans la région. Nous l'avions découverte peu de temps après notre mariage, en y louant un bungalow dans un VVF, en compagnie de mon ami le pt'it Hugo et de sa future épouse, jeune diplômée infirmière, belle brune, gracieuse et adorable. Peu enclin à m'éloigner de mon berceau familial, plutôt casanier qu'aventurier, cette première expédition, hors des excursions organisées par mon lycée et l'amicale de notre cité, avec un couple d'amis chaleureux, conciliant et convivial, me transporta dans un autre monde, assurément. Un autre monde que j'ai aimé. Déjà, rien que le fait d'emprunter l'autoroute qui, à l'époque n'existait que jusqu'à Lyon, fut pour moi un choc. Habitué aux petites routes de campagne, je n'en revenais pas. Et ma 2cv non plus, qui s'époumonait, toussait, tressautait et calait dès que je dépassais les quatre vingts kilomètres à l'heure. Les stations service, auréolées de leurs fanions de toutes les couleurs, me rappelaient les fêtes et les kermesses de mon village natal. Et l’Estérel, quel spectacle ! Et la mer ! Je n'ai pas de mots pour décrire ce que j'ai ressenti en la voyant pour la première fois. Et la végétation ! Les odeurs ! Le chant des cigales ! Et la douceur du climat ! Même si en ce mois de juin là, le soleil ne s'était pas montré généreux, faisant dire aux autochtones que nous n'avions vraiment pas de chance de séjourner dans leur beau pays en ce mois de juin pourri. Mais pour moi c'était le Pérou !


Donc, pour cette seconde excursion, en septembre 1973, je succombai à nouveau sous le charme de cette région. Tout se déroulait au mieux, avec un temps de trajet diminué de moitié, le luxe d'une installation à l'hôtel, le bien être de notre enfant, le soleil omniprésent, les longues baignades sur les plages non encore surpeuplées. Jusqu'à ce matin du 11 septembre, lorsque nous descendîmes prendre notre petit déjeuner, et que les manchettes des journaux nous révélèrent que le général Pinochet avait pris le pouvoir au Chili, pour y installer une dictature militaire, que Salvador Allende était mort, ainsi que nombre de militants socialistes et communistes. Tandis que notre couple cheminait vers la réconciliation, le peuple chilien allait connaître la terreur pendant de nombreuses années. L’estomac noué, le cœur serré, sans un mot, Janine et moi avons retenu notre colère et nos larmes. L'horreur humaine venait d'anéantir le plaisir et la détente de ces vacances. Puis nous sommes repartis, chacun vers sa nouvelle vie, impuissants devant la haine et la cruauté d'un monde qui s'acharnait à gâcher irrémédiablement nos idéaux les plus nobles.


Par la suite, trônant dans ma villa de médécin-chef, libéré des servitudes conjugales, je pus consacrer du temps et de l'énergie au seul et unique idéal auquel me raccrocher, la psychiatrie.

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