Chapitre 50

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   Ensuite, j'entrepris mon premier gros déménagement. Il y en aura d'autres dans mon existence alors que je suis du genre casanier et hostile aux changements. Nous avions loué une estafette Renault chez Avis. Les copains nous ont accompagnés avec leur voiture pleine de cartons de livres et autres chargements. Ils étaient une bonne quinzaine. Il pleuvait, la route jusqu'au petit village qui abritait le CHS Seglas, situé en pleine campagne, à quelques kilomètres d'une ville de moyenne importance, brillait comme un miroir, mais fort heureusement, sa fréquentation limitée nous offrit un voyage sans encombres, durant une heure trente environ.


Arrivés à destination, on nous dit que le bâtiment réservé aux internes était complet car les studios, prévus initialement pour des célibataires, devaient être doublés pour accueillir des couples mariés, éventuellement chargés de famille. On nous logea donc dans une villa de médecin-chef. Neuve, comme toutes les constructions de cet hôpital, spacieuse, avec une cuisine bien équipée, une grande salle de séjour largement éclairée, comprenant une majestueuse cheminée placée au milieu du mur de gauche en entrant. Un couloir donnant sur trois chambres à coucher, dont l'une d'elles permettait une sortie à l'extérieur, un bureau, les WC et la salle de bain. Sur le flanc droit de la maison, communicant avec la salle de séjour, un garage capable de contenir deux voitures, et un cellier rempli de bûches. Janine et moi, compte tenu de nos origines modestes, n'avions jamais connu un tel luxe.


De part et d'autre de la petite route, nouvellement tracée et bitumée, qui se terminait en cul de sac à l'orée d'une forêt domaniale, se trouvaient trois villas identiques, entourées de pelouses vastes et bien entretenues, sans clôtures ni barrières entre elles. Occupées d'un côté par deux médécins-chefs et l'économe, de l'autre par le directeur et le médecin-chef du service enfants, nos deux voisins directs.


Étant donné que la direction hospitalière peinait à recruter des internes, elle rémunérait les faisant fonction de la même façon que les titulaires. Un luxe supplémentaire. Non seulement nous étions logés, mais chaque jour, midi et soir, un responsable de la cuisine venait déposer nos repas dans le frigo et placards de l'internat. Nous allions être beurrés comme des petits Lu.


Le déménagement s'effectua dans les meilleures conditions, sans casse, sans lumbagos, dans une ambiance festive. Mais le soir, sous la pluie qui n'avait cessé de tomber, quand les copains s'en sont retournés chez eux, nous sommes restés assis sur notre canapé, entourés de cartons et de meubles en pièces détachées, épuisés, abasourdis, silencieux, la gorge nouée, à nous regarder piteusement dans le blanc des yeux. Ne sachant pas trop comment nous organiser. Janine devait rejoindre sous peu son nouveau poste à quatre-vingt-dix kilomètres de là, et par conséquent rechercher sur place un studio ou une chambre à louer. Ce qui nous obligeait en outre à trouver rapidement une solution pour la garde de notre fils, alors âgé d'un an. Ces problèmes nous paraissaient insurmontables. Et pour couronner le tout, s'ajoutait notre demande de divorce à déposer au tribunal des affaires familiales.


Dans ce parcours inconnu et semé d'embûches, il y eut quelques cadeaux. Les progrès, les bons moments, c'est au prix fort que je les ai payés, mais il en va ainsi pour tout être humain. Aussi, je décidai de prendre systématiquement et à tout jamais, le parti d'en rire, en grimaçant souvent, en échouant parfois... plutôt que d'en pleurer .

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