Coup de tonnerre

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« Nous ne savons toujours pas qui est entré à Whitewaters » déclara Wyndt en raccrochant son téléphone pour la deuxième fois. « Leur véhicule n’est pas encore arrivé au refuge. »

« Quand tu dis nous…. »

« La police. Whitewaters est une réserve naturelle : les promeneurs sont autorisés à entrer mais pas les voitures ; c’est pourquoi j’ai mis en place un système de surveillance à l’entrée de la seule route praticable. »

« Un système qui permet de savoir qui se trouve dans une voiture si elle arrive au refuge ? »

Sael prit son air le moins suspicieux pour poser cette question. Iel n’était clairement pas très entrainé. 

« Il y a une caméra de surveillance sous le toit. Cela m’étonne que tu ne l’aies pas remarquée. »

L’adolescent fit la moue, et Wyndt devina qu’iel s’en était en fait rendu compte. « Il commence à se faire tard » dit le garde-chasse en regardant le ciel. « Même si nous partons maintenant, la nuit va tomber lorsque nous seront sur la rivière. »

Sael fronça les sourcils. « C’est pas le moment de faire du bateau. »

« De la barque. Et ce serait pour quitter Whitewaters, aller passer la nuit à l’hôtel. Mais c’est trop dangereux de nuit. »

Wyndt prit son sac à dos pour vérifier son contenu. 

« On pourrait passer la nuit dehors » fit remarquer Sael.

« Il y a moins douloureux pour se transformer en iceberg. »

« On ne peut pas rejoindre la route par la forêt ? »

« Trop long. »

Trop dangereux, en réalité. Wyndt n’avait pas suggéré à Marie de choisir Whitewaters par hasard : sans guide, il était presque impossible de se diriger dans la végétation dense qui vous forçait à faire de nombreux détours. Lui-même évitait de s’écarter des sentiers s’il n’était pas armé d’une boussole fiable et que le soir tombait. Si Sael se perdait, iel ne retrouverait probablement pas son chemin.

« Nous allons passer par le col du Noyé. »

« Tu veux dire qu’on va devoir marcher ? »

Son indignation fit sourire Wyndt. « C’est un sentier escarpé mais pas très pentu. Nous allons simplement longer le flanc de la montagne. »

Sael lui jeta un regard inquiet. « Celle qui nous fait de l’ombre en ce moment-même ? »

Wyndt acquiesça.

« Je dois remettre de la crème. »

Tandis que la jeune personne protégeait sa peau claire du soleil, Wyndt passa un coup de fil à Marie pour confirmer ses instructions. « Tu tombes bien, j’allais t’appeler » répondit-elle. « J’allais justement te dire d’attendre là-bas que Sandra vienne te chercher en voiture. Ça me semble être la meilleure solution, le temps que je réquisitionne des officiers de police pour aller jeter un oeil. »

« Tu n’appelles pas les… » Wyndt jeta un regard à Sael, occupé à se tartiner de crème solaire. « Des renforts ? »

« Si seulement. La grande cheffe m’a dit qu’on ne me fournirait absolument rien tant que la menace ne serait pas confirmée. Je pense qu’elle a d’autres priorités que la sécurité de notre petit oiseau ; il va falloir faire sans. » 

« D’accord. Dans ce cas, prévois large ; le chemin n’est pas long pour moi, mais Sael n’est pas un bon marcheur, et iel ne voit pas très bien. Je pense que cela nous prendra bien trois heures ; te rappelle quand on arrive. »

« Contacte Sandra, je serai occupée. »

« Compris. Bonne chance. »

« C’est ça. À tout à l’heure. »


La route fut encore plus longue que Wyndt ne l’avait escompté. Lui faisait régulièrement le trajet jusqu’au col, mais Sael avait du mal à poser un pied devant l’autre tant le chemin était étroit. Iel voyait très mal les aspérités d’un sentier que Wyndt entretenait volontairement le moins possible, pour dissuader les promeneurs de l’emprunter. Par endroits le sentier s’effaçait presque, englouti par un éboulis de la montagne.

Une petite pluie fine avait commencé à tomber et Wyndt voyait Sael s’inquiéter pour la tenue de sa protection solaire en cette forêt plus clairsemée. Son anxiété croissante augmentait le trouble de sa vision ; c’était un cercle vicieux. 

À un moment Sael s’arrêta net, si brusquement que Wyndt manqua de lae percuter. Iel respirait fort, très vite. Le sol, devant luiel, n’était qu’une coulée de couleurs. « Il n’y a plus de chemin. »

« Ce n’est que pour quelques mètres. »

« Je ne vois pas où je mets les pieds. »

Le flan abrupt de la montagne, s’iel chutait, l’entraînerait jusqu’à la racine des pierres en lae ballotant d’arbre en arbre. 

« Tu peux t’accroupir, si tu veux ; cela te donnera un meilleur équilibre. Sinon, je peux te porter. »

Sael se mordit la lèvre, puis serra les poings. Iel se baissa lentement, posa une main, puis les deux, contre les pierres en amont, et reprit son avancée. Wyndt mit une paume sur son flan du côté de la pente pour lae rassurer. 

C’était l’endroit le plus découvert de la montagne, donc le plus érodé ; leur chemin fut plus facile ensuite. La nuit tombait lorsqu’ils arrivèrent au col, un sentier étroit pris entre deux pans de montagne, presque une fissure. 

Sael, qui tâtonnait devant, se sentait cependant plus rassuré entre ces deux parois où la pluie faisait briller les pierres. Iel laissait glisser ses mains sur les rochers pour mieux sentir son chemin ; elles finirent par heurter un roc. Iel fronça les sourcils puis chercha une issue du bout des doigts. « Wyndt, c’est fermé. »

Le garde-chasse n’avait pas parlé depuis longtemps. Il faisait sombre, maintenant, et le monde paraissait encore plus flou que d’habitude. Acculé dans cette impasse, Sael se demanda un instant si tout cela n’était pas un piège.

« Un éboulement a bloqué le passage » répondit Wyndt allant dégager, derrière une pierre, le coffre métallique dans lequel était rangé son équipement. « Nous allons passer par dessus. »

Sael poussa un gémissement étouffé, et reposa les mains sur le rocher. « En quoi c’est pas clair, pour toi, quand je dis que je vois rien ? » Iel pouvait sentir son coeur battre tout contre la pierre, là où iel avait posé les doigts. « Et on n’est pas tous en aussi bonne santé que toi ! »

« C’est pour ça qu’on a inventé le baudrier » répondit Wyndt en brandissant devant luiel un amas de cordes indéfinissable. 

Pendant un instant, Sael songea à partir en courant, puis se souvint du passage sans chemin. Iel se demanda si jeter le baudrier dans le vide serait une bonne solution. Mais Wyndt était déjà en train de lui faire enfiler l’arnachement de cordes plates qui lui enserra les cuisses et la taille comme un piège. 

« Tu n’auras rien à faire » lae rassura Wyndt. « Je vais grimper en premier et passer l’autre bout de cette corde en haut. Ensuite, je descendrai en rappel pour te hisser. »

« Comme ça, à la force des bras ? » répliqua Sael en avalant sa salive. 

Wyndt l’attrapa par la taille et lae souleva sans forcer. « Tu ne pèses presque rien. Il faudra bien que tu t’accroches un peu, surtout en haut, mais ne t’inquiète pas, tu ne cours aucun danger. Ce ne sont que quelques mètres. » 

Le ciel paraissait encore clair au-dessus de la faille, mais à l’intérieur il faisait obscur et humide. Wyndt noua solidement l’extrémité de la corde au harnais de Sael puis s’approcha de la paroi. Les pierres avait été relativement protégée de la pluie en bas, mais le sommet ruisselait d’humidité. Bien que ce mur soit facile à escalader en temps normal, Wyndt allait devoir se montrer prudent. 

Il calait son pied dans la première prise lorsqu’il sentit une petite main l’attraper par le bras. 

« J’ai le vertige. »

Un nuage venait de jeter une ombre derrière laquelle la nuit s’étirait déjà. « Ce n’est qu’un mauvais moment à passer » répondit Wyndt en posant contre son bras une main rassurante. « Tu n’auras qu’à fermer les yeux et t’asseoir dans ton baudrier. Ce sera finit en moins de deux. »

Sael hésita. « Est-ce que… est-ce que je pourrais quand même lire mon dossier médical ? »

Sous entendu : si on ne revient pas.

Wyndt se mordilla les lèvres, pensif. « Écoute. Je ne peux pas te le promettre… mais je peux te promettre de faire de mon mieux pour le retrouver si on le perd maintenant. D’accord ? Et je te dirais au moins tout ce dont je me souviens. »

L’adolescent fit une drôle de grimace. « Bon, mais dépêche-toi alors. Il fait déjà presque nuit. »

Wyndt leva les yeux au ciel et s’élança vers le sommet de l’éboulis. Depuis le temps il le connaissait pratiquement par coeur, pourtant quelques prises échappèrent à ses doigts. Vers le sommet, où la pierre était mouillée, il découvrit un appui bien pratique à l’endroit où il lui fallait toujours se contorsionner pour avancer, mais dû presque bondir vers la prise suivante avant de se hisser au sommet. 

Ses craintes se confirmèrent lorsqu’il remarqua de nouveaux rochers et l’absence de ceux qu’ils avaient dû heurter dans leur chute. L’anneau de métal fiché dans le roc avait été déformé et jouait désormais dans son pas-de-vis ; il allait devoir se débrouiller sans. Malgré son athlétisme Wyndt n’était pas très calé en escalade ; il connaissait les techniques apprises en formation et celles qu’il avait développées ici, mais son point fort était la nage, pas la grimpette sur rocher mouillé en pleine nuit. 

L’obscurité se faisait d’ailleurs de plus en plus pesante.

« Sael ? »

Dans le noir, il l’apercevait à peine, cette masse grise immobile parmi les rochers sombres. 

« Il y a eu un éboulement, je ne vais pas pouvoir redescendre. Il va falloir que tu grimpes. »

Il put sentir sa panique avant même que Sael ne soit assez remis pour parler. « Tout seul ? »

« Bien sûr que non, mais ce serait mieux que tu fasses le début à la force des jambes. Comme ça nous seront sûrs que j’aurais encore toute mon énergie pour te hisser sur les derniers mètres. Les prises sont trop éloignées pour toi en haut, et il y a un gros rebord. C’est là que je te tirerai. »

« Tu ne peux pas coincer la corde quelque part ? L’enrouler autour d’un rocher ou je ne sais quoi ? »

Wyndt fit la moue. « Je n’ai pas assez de longueur et les blocs qui viennent de tomber n’ont pas l’air bien stables. Tu vois la première partie du mur ? Ce n’est pas tout à fait vertical, et il y a beaucoup d’aspérités. C’est celle-là que je voudrais que tu grimpes. Prends autant que possible appui avec tes pieds plutôt que tes bras. Les bras fatiguent plus vite. »

Il sentir la corde onduler et la fit coulisser dans le mousqueton de son baudrier pour la tendre autant que possible. Est-ce que Sael essayait d’en défaire le noeud ? Il s’assit et écarta les jambes pour caler ses pieds contre l’épais bloc de granit qui formait le rebord supérieur de l’éboulement. « Tu peux y aller ! »

Dans cette position, il ne voyait que le ciel et la forêt entre les deux pans de la fissure rocheuse. Le rebord de l’éboulis formait un appui confortable qui lui permettrait de soutenir le poids de Sael via ses cuisses plutôt que ses bras. Au début, il ne sentit que la tension de la corde oscillant sur le rocher et s’inquiéta de nouveau que Sael tente de dénouer la corde. Il ne s’était pas montré aussi patient qu’à son habitude, estimant qu’en lui donnant accès à son dossier médical il avait franchit une limite. Évidemment que l’enfant avait le droit de connaître ces informations ; seulement, c’était quelque chose de si important pour luiel, et Wyndt s’était sentit… 

Il savait que c’était la bonne chose à faire. Cette décision avait été dictée par ses valeurs. 

Elle n’aurait due être dictée que par ses valeurs.

Au-dessous, la corde se relâcha et il la fit immédiatement coulisser dans le mousqueton de son baudrier pour la tendre de nouveau. Sael passait son premier mur de nuit, sur une pierre mouillée ; pas besoin d’en rajouter.

Le début fut moins difficile que Sael ne l’avait craint : la corde qui le reliait à Wyndt restait tendue et lae portait presque. Les rochers, plus petits en bas de l’amas de pierres, offraient de nombreuses prises qu’iel parvenait à trouver assez facilement du bout des doigts. Iel commit d’abord l’erreur d’essayer de se hisser à la force des bras mais comprit assez vite qu’il valait mieux trouver un bon appui pour ses pieds puis pousser sur ses jambes, plus robustes. Iel parvint à grimper à peu près de sa hauteur sans trop de difficultés, puis trouva sa première prise vraiment mouillée. Là, au moment où ses doigts entrèrent au contact avec l’eau, iel comprit qu’iel avait fait une erreur. La crème solaire dont sa peau était imprégnée se dissolue instantanément, formant une pellicule grasse, et sa main dérapa. 

Wyndt sentit un léger décrochage. « Ça va en bas ? »

Sael restait figé sur les pierres sèches, accroché à son rocher comme une grenouille tordue, le coeur battant, pressé autant que possible à ce mur de plus en plus vertical. Lorsque le premier moment de panique fut passé, iel releva lentement la main qui avait glissé vers le mur, cherchant un trou d’eau où se rincer les doigts. Il lui fallut ensuite répéter l’opération avec l’autre main, puis chercher une autre prise que celle déjà rendue glissante par la crème. 

« Il faut que tu montes encore un peu » lança Wyndt en sentant la corde se détendre enfin. « Lorsque tu arriveras à côté de la première boule de mousse, préviens-moi et je te hisserai. »

Sael leva les yeux, tentant de repérer ce dont Wyndt parlait dans le noir. Iel ne discerna rien et décida de grimper juste un peu plus haut. Ses paumes continuaient de glisser sur la pierre, alors iel chercha un recoin sec où les couvrir d’une poussière granuleuse qui les rendit moins dérapants, bien que les échardes de pierres lui piquent assez méchamment les mains. Ses bras commençaient à trembler de fatigue par-dessus la peur, et iel sentait ses jambes perdre leurs forces. Pourtant iel avait monté, quoi, cinq ou six enjambées ? 

Le mur ne serait bientôt même plus vertical, les plus grosses pierres s’étaient amoncelées au sommet alors que les plus petites dévalaient au sol. Dans le noir, sa main rencontra le vide. 

Au centre, il n’y avait pas toujours de matière. Il chercha un appui du pied et poussa dessus de toutes ses forces pour atteindre une aspérité en hauteur. Jusqu’à présent la tension de la corde était restée constante en le suivant dans ses déplacements, mais iel la sentit soudain disparaître tout à fait et se plaqua contre la pierre, paniqué. 

Wyndt avait bien fait coulisser ce long cordon ombilical qui le reliait à Sael, mais cette fois-ci il ne semblait pas aussi tendu, presque prêt à décrocher s’il tirait dessus un peu trop fort. « Sael ? Ta corde est toujours tendue  ? »

« Je ne la sens plus ! » murmura Sael en essayant de ne pas respirer trop vite, le front collé contre la paroi froide.

« Je pense qu’elle a dû s’accrocher » ajouta Wyndt sans l’entendre. « Il faudrait que tu la décoince, je vais te donner un peu de mou. »

Sael n’était pas sûr que Wyndt ait entendu son couinement paniqué, mais la corde se détendit légèrement plus. Iel sentait bien qu’elle devait être resté plus bas, qu’elle avait dû se prendre quelque part lorsqu’iel avait détendu sa jambe pour saisir cette nouvelle prise. Cependant cette pierre était bien trop haute pour qu’iel puisse simplement inverser le mouvement, et son autre main servait d’appui indispensable étant donné que son autre jambe n’avait pas trouvé de prise et s’appuyait inutilement contre un mur lisse. Où peut-être qu’iel pouvait l’utiliser pour trouver la corde ?

Précautionneusement, iel commença à tâter du pied le vide au-dessous de luiel. Iel pensa l’avoir trouvé et se mis à gratter très doucement dessus pour essayer de la décoincer.

« Tu t’en sors ? » demanda Wyndt au moment où Sael sentait la corde céder d’un coup —mais c’était en fait un éclat de roc. 

Iel poussa une exclamation étouffée lorsque son pied, en glissant, l’emporta tout entier ; iel sentit précisément chaque grain de sable rouler sous ses doigts lorsque sa main dérapa.

Wyndt poussa un juron en encaissant la secousse, heureusement préparé à cette chute qu’il amortit de ses jambes et que ses genoux allaient certainement lui rappeler dans les jours à venir. 

Pendu au bout de la corde comme le battant d’un balancier, Sael tremblait comme une feuille, les mains serré sur le tissu rêche comme s’il offrait une quelconque protection. Les cuissardes du baudrier s’enfonçaient profondément dans sa chair là où elles appuyaient le plus fort. Iel entendait Wyndt lui demander si ça allait, s’iel ne s’était pas fait mal, mais ne put se résoudre à répondre. Ses doigts brûlaient. Il faisait soudain très froid. Iel tendit une main pour essayer de se raccrocher à la pierre, désormais à un demi-bras de luiel, mais se sentit soulevé à la place. Wyndt était en train de le hisser, comme il l’avait promis.

Sael n’était pas très lourd mais la corde arrivait couverte d’un gravier fin amoncelé par l’eau et Wyndt ne pouvait s’empêcher de grimacer en la faisait glisser dans son mousqueton. Il pensa à ce qui arriverait si le baudrier se déchirait soudain, ce qui était pourtant extrêmement improbable. Enfin il aperçut deux mains blafardes se découper sur le fond presque noir du ciel, qui s’agrippèrent au rebord en glissant d’abord sur la surface détrempée, puis il vit le visage de Sael apparaître et son buste qui, d’abord immobile, sembla soudain prendre vie et commença à se débattre en se tordant comme un vers jusqu’à ce que tout son corps glisse enfin sur la pierre. 

Ce devait être assez étrange pour Sael d’arriver comme ça entre ses jambes, relié à lui uniquement par cette cordelette, couvert d’eau et de boue. Mais iel se redressa presque immédiatement, les yeux écarquillés, et serra les bras autour de ses jambes repliées en poussant un gémissement étouffé. Wyndt n’eut qu’à se pencher pour lae prendre contre lui. 

« Là, c’est bien, tu t’es bien débrouillé. Et c’est finit, maintenant. »

Sael tremblait de peur et de froid, alors Wyndt se mit à lui frotter le dos et les bras. « On va souffler un peu avant de descendre. Le chemin est beaucoup plus facile de ce côté-ci, et nous n’aurons pas à marcher longtemps. »

Il lui caressa gentiment les cheveux. « Tu peux enlever ton baudrier. J’ai une autre boîte ici, je vais tout  ranger dedans. C’est mouillé, mais il faudra bien faire avec. D’accord ? »

Sael, ne répondit pas, comme abruti par les émotions. Cependant, à l’instant où Wyndt allait se lever, l’enfant passa les bras autour de son cou et le serra dans ses bras. 

« Promets-moi de t’occuper de Sky. Si je ne reviens pas. Promets-moi de t’occuper de lui. »

C’était si étrange. La nuit semblait grise et obscure au-dessus d’eux mais la peau de Sael luisait comme une pierre de lune, brûlante aux endroits où leurs corps se touchaient alors qu’elle était partout ailleurs froide ou glacée.

« Bien sûr. »

Les cheveux de Sael s’agrippèrent dans les poils courts de sa barbe lorsqu’iel se redressa. « C’est très important. Sky est la personne la plus importante du monde. »

Ses yeux tremblaient moins, comme deux gouttes d’eaux sur une feuille frémissant à peine. « Et tu diras au revoir à Dolce de ma part. Elle aussi, c’est… » Iel hésita, détourna un instant le regard. « Une personne qui compte pour moi. »

Iel s’interrompit encore une fois. « Et… toi… ne m’oublies pas, d’accord ? »

Wyndt fronça les sourcils, et lae serra contre lui, une main caressant la pointe de sa chevelure abîmée. « Je te le promets. »


La suite du chemin fut beaucoup plus facile car la lune les éclairait. Sael trébucha deux ou trois fois, et finit par lui tenir la main, très fermement, pour éviter de tomber. Wyndt imaginait qu’il n’existait plus que cet unique point de chaleur dans le monde, la poigne de cette petite main dans la sienne. 

Durant leur trajet, Marie avait appelé une nouvelle fois pour annoncer que leurs clandestins n’étaient en fait qu’une poignée de membre de l’Institut envoyés pour récupérer Sael. Madame Ward s’était fait vertement semoncer par les instances supérieures des AS, et leur avait rétorqué qu’on n’en resterait pas là. 

« En attendant, nous avons fait tout ça pour rien » exposa Wyndt à Sael, ce qui lui valut un regard noir. « Enfin, presque, il ne faut pas exagérer ; madame Ward a clairement admis avoir aussi projeté d’engager des professionnels si cette première tentative ne fonctionnait pas ; mais maintenant, elle va devoir attendre que ses supérieurs se débrouillent avec la police. »

« La prochaine fois, tu ne pourrais pas vérifier ça avant de me faire escalader la moitié de la montagne ? »

« Si nous avions attendu et que cela n’avait pas été le cas, tu aurais dû escalader la moitié de la montagne dans le noir complet. Ou bien est-ce que tu es en train de me dire que tu as trouvé ça trop facile et que j’aurais dû insister pour pimenter un peu ta première leçon d’escalade, mettons en pleine nuit sous une pluie torrentiell— aïe ! »

Profitant de la pénombre, Sael venait de lui tirer l’oreille et le regardait à présent en fronçant le nez. 

« Ah, tu le prends comme ça ? » sourit Wyndt en faisait trois pas faussement menaçants vers luiel —Sael s’éloigna d’autant et bientôt, ils se mirent  à courir. 

Le chemin s’étaient largement agrandit dans la descente et de ce côté de la montagne la forêt, recouverte d’un épais manteau de feuilles, poussait en arbres droits et espacés. Couverts de boue et d’égratignures, ils se découvrirent encore assez d’énergie pour bondir entre les masses noires en riant. 

« Vous avez pris votre temps ! »

Marie avait pris place sur le siège passager car Sandra avait pu faire l’aller-retour jusqu’à Nant-tref pour la récupérer après son altercation avec le personnel de l’Institut. 

« J’aimerais bien vous y voir, crapahuter dans la montagne en pleine nuit » répondit Wyndt assez joyeusement. Sael s’était collé contre lui, derrière son bras. « Du coup, on rentre au refuge ? »

« Pour cette nuit » confirma sa cheffe. « La directrice de l’Institut est dans le collimateur ; cela me donne quelques jours pour décrocher les autorisations et les fonds nécessaires au transfert de notre oisillon. »

Il faisait trop sombre pour que Sael puisse distinguer le visage des soit-disant policières, mais Wyndt préféra rester entre eux. 

« Bon, vous montez ? »

La lumière des phares éclaira brièvement l’intérieur de la voiture alors que les deux randonneurs prenaient place à l’arrière.

« Ça fait longtemps que vous travaillez ensembles ? » demanda Sael alors que Sandra démarrait. « Wyndt ne m’a jamais parlé de vous. »

« Quelques années » répondit succinctement la conductrice. « Je suis la dernière arrivée. »

« Quelques années, ça fait combien ? Plus de deux ans ? Cinq ans ? »

« C’est plutôt une collaboration » coupa Marie. « Prends à gauche, c’est un raccourci. »

Sandra ne dit plus rien après ça, et Wyndt ne répondit à ses questions qu’en lui demandant ce qu’iel aimerait faire une fois rentré au refuge. 

Elles les laissèrent devant la maison et repartirent aussitôt. 

« Tu les connais depuis combien de temps ? » demanda aussitôt Sael.

« Pourquoi est-ce que c’est si important pour toi ? » répondit Wyndt avec un sourire, mais un peu mal-à-l’aise.

Il laissa entrer Dolce qui depuis leur retour quémandait vainement des caresses et referma la porte. 

« La dame blonde, je la connais. »

Une gerbe rouge, un grand bouquet de fleurs sanglantes.

« Elle était là, il y a six ans, en Aesti. Elle s’appelle Marie. Marie Moravec. »

Capitaine Marie Moravec.

« C’est une Agent Spéciale. Depuis quand est-ce que tu la connais ? »

Wyndt se figea. Toomas mort dans une mare de sang. L’enfant aux moufles rouges. Son bonnet enfoncé sur les cheveux blancs.

« Qu’est-ce que ça peut faire ? Viens m’aider à nourrir Dolce, plutôt. »

Son doigt sur la détente. Le léger déclic de l’arme lorsqu’elle s’enclenche.

« Et ce n’est pas une AS, c’est une policière. »

Un filet de sang coulant devant le regard mort de Babirye, et le côté de ses dents blanches.

« Tu devrais aller prendre une douche et te coucher. »

Sael ne lui fit même pas remarquer qu’ils avaient marché tout l’après-midi sans se nourrir. 

« Tu devrais prendre une douche et redescendre manger. Je vais préparer quelque chose. »

Il fouilla dans l’armoire pour trouver le paquet de croquettes qui se trouvait sous sa main. 

« Va te coucher, tu veux ? Je veux dire, te doucher. »

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Défi
Adrien de saint-Alban


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Les bombes au phosphore tombant sur Dresde et Cologne générant une chaleur atomique qui fit fondre le corps des enfants sur l'asphalte me vinrent à l'esprit. Que peut faire un enfant face aux flammes sinon se laisser mourir en criant maman? Oui, Michel criait:"maman , vient à mon secours!"
Guidé par son instinct maternel, la mère s'élança à corps perdu dans le couloir menant à la chambre, les bras tendus, heurtant les murs de cet interminable, de ce satané couloir,présageant le pire, la fumée âcre commençait à lui piquer les yeux et à lui ronger les poumons. Mais qu'importe, son fils brûlait sur son lit. Les draps, la couette étaient consumés. Le corps du garçon restait collé au sommier par le dos. Le lit superposé avait brûlé, ne laissait apparaitre que la structure en ferraille. La chaleur avait entamé la chair. Bien qu'il fit un noir d'encre elle distingua les bouts de peau qui se détachaient de ce corps devenu flasque et mou. Néanmoins, avec l’énergie d'une mère au désespoir, elle réussit à extirper ce petit corps de la fournaise, une fournaise qui était à l’œuvre. Tout fondait, les carreaux de la chambre claquaient, le plâtre du plafond cassait, laissant apparaître la brique rouge, une suie noirâtre tombait en goutte de chaleur sur le corps et sur la tête de la jeune femme, insensible devant l'effroi à la chaleur du carrelage qui lui brûlait les pieds.
Malgré le malheur et le désarroi qui s'abattaient d'un coup d'un seul, la jeune mère eut la force et la présence d'esprit de garder son petit d'homme par devers elle et ainsi l'arracher aux griffes de l'enfer. Non, cette chose lui paraissait impossible. Ce qui lui arrivait était du domaine de l'impensable. Une pareille catastrophe ne pouvait arriver. Un cauchemar dont elle se sortirait vainqueure et tout redeviendrait comme avant.
Ceux qui n'ont pas d'enfant ne peuvent comprendre.
Un pauvre gamin de cinq ans qui n'a pas ému ces monstres froids que sont les assureurs qui fleurtent avec des pratiques barbares. Qu'importe la vie d'un petit d'homme?
Pour ces types l'argent est un métier pas un sacerdoce. Pourtant, un assureur est mandaté par ses clients souscripteurs pour couvrir les risques de la vie en cas de besoin. Dans le cas de Christelle ce n'était pas un besoin mais une nécessité absolue, une bouffée d'oxygène. Mais les sirènes du destin ont fait dire au banquier que celui-ci n'était que l'auxiliaire d'une fatalité dont il ne pouvait entraver la marche impitoyable.
L'établissement bancaire où Christelle avait souscrit une assurance sur les risques quotidiens lui avait opposé une fin de non-recevoir. Le banquier, un homme gros et gras au visage rond et joufflu, suant à grosses gouttes derrière un ventilateur qui brassait de l'air chaud, il parlait en fixant ses clients par dessus ses lunettes rondes, affirmant de manière péremptoire que la jeune femme ne possédait pas de contrat d'assurance, ce qui n'était pas la vérité aux dires de la jeune femme. Christelle était persuadé d'avoir conclu avec la banque une assurance qui la protégerait, elle et ses enfants des risques de l’existence. Mais comme chacun sait, les banquiers joufflus vous imposent un parapluie les jours de canicule et vous le reprennent quand il pleut des cordes.
Pourtant, la situation devint intenable pour la mère de famille et elle n'avait que son assureur vers qui se tourner. Il lui fallait juste un filet de sécurité, ne serait ce que pour pallier aux soins annexes de son garçon, ceux qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, des soins parfois couteux qui étaient hors de portée de son portemonnaie.
Non, l'homme d'argent persistait dans son refus de lui accorder un premier secours.
Il n'y avait aucune trace de son contrat d'assurance.

Que faire?

Lorsque Christelle reprit connaissance, elle était dans un lit d'hôpital sans savoir encore qu'elle venait de tutoyer le pire. Des hommes en blouses blanches étaient à son chevet. Des hommes bienveillants. Une bienveillance qui n’était pas de nature rassurante. Christelle avait la phobie de la blouse blanche. La première pensée fut pour ses enfants.
La psychologue lui avait dit:
-Ne craignez rien, vos enfants sont entre de bonnes mains!
Les psychologues, ces artilleurs que l'on envoie en première ligne sur le front d'une catastrophe pour adoucir une âme meurtrie quand on peine à soigner le corps.
Alors elle se remit en mémoires la scène terrible de l'incendie de cette nuit là.
La pensée qu'il y avait encore deux autres enfants à sauver la plongea dans une terrible angoisse. L'idée qu'elle pourrait les perdre à jamais la rendait folle de désespoir. C'était une course panique contre la montre. Il fallait faire vite. Le feu se propageait. L'épaisse fumée noire devenait dangereuse et pour elle et pour ses enfants. Par chance, la chambre de la fillette située en face de celle des garçons où le feu s'était déclaré était encore épargnée. Damien avait réussi du haut de ses huit ans à mettre Émilie sur la fenêtre et criait au dehors en donnant l'alerte. Voyant ses enfants au bord de l'abîme, instinctivement et sans penser à rien, guidée par une puissante volonté de protéger sa chair, la jeune femme prit la main des enfants puis les poussa vers la porte au milieu d'une fumée qui devenait de plus plus noire, mortelle.
Elle se mit à chercher ses dernières paroles adressées à ses enfants, ses derniers souvenirs alors qu'elle était dans le couloir de l'appartement en feu. Elle se souvient du salon être à son tour dévoré par le feu de l'enfer, sans doute après un appel d'air lorsqu'elle a ouvert précipitamment la chambre de la fillette. Elle se souvient d'avoir mis ses enfants hors d'atteinte des fumées toxiques près de la porte d'entrée restée ouverte par précaution. Seul, Michel a eu moins de chance.
Sentant ses forces l'abandonner, le corps las de respirer une fumée qui lui brûlait la gorge et les poumons, elle s'était effondrée. Évanouie.
Adrien de saint-Alban
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Sonio

Albert et Léon
Les faux frères
Ont ils tord ou raison ?
10h - Avenue Jean Jaurès
Devant deux cafés express...
Bonjour Albert !
Comment vas tu Léon ?
Bien ça va , ça vient !
Trois fois rien
La routine
J'ai un nouveau chien
À cause de Micheline
Et toi Albert ?
Même refrain ?
Toujours avec le petit Robert
À portée de la main
Avec tes mots croisés
Tes lunettes dorées
Ta montre en plaqué
Ton costume croisé
Tes pompes en cro-cro
Tu en fait un peu trop !
Tu cherches à m'épater ?
...
Mon pauvre Léon
Depuis 68 tu rêves encore de faire la Révolution !
Tu n'as pas encore compris ?
Appris ?
Réfléchit ?
À quoi cela a servi ?
Même en lisant l'Huma
La société ne changera pas !
Finit le temps des barricades
Des grandes tirades
Des escapades
Des rigolades ...
Les pavés du boulevard saint Michel
La philo avec Murielle
Les riches ont des lingots d'or
Toi tu rêves encore ?
Tu sais :'
La lutte des classes
Travailleuses
Travailleurs
Les grands discours
Du grand soir
Du bon soir
On en à fait le tour
La révolution d'octobre
Le communisme
L'idéologie du Marxisme
Le mur de Berlin
Tintin !
On à donné
Mais Albert , ton capitalisme
Hé !
Manque pas de réalisme
Il écrase les petits en leur laissant des
Miettes...
La grosse part du gâteau
Chapeau !
C'est pas mieux
Mon vieux !
Dring ! le téléphone
Sonne ...
Excuse moi
Il à pas de quoi...
Je te dépose quelque part ?
Avec ma jaguar
Heu ! oui
Avenue Foch , chez la comtesse
Ma maîtresse .





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Défi
Ranne Madsen
Quinze minutes.
Une entreprise originale, un lieu de paix et de sérénité, une porte ouverte à plus de sécurité et de stabilité pour toutes ces femmes au métier si dévoyé.
Quinze minutes.
Un recueil de témoignages, les voix de celles et ceux qui ont vu ce rêve fleurir puis flétrir. Un récit sans narrateur, ou plutôt avec une multitude de narratrices et narrateurs. Une histoire qui aurait pu finir bien.
Quinze minutes.
L'histoire du quart d'heure de gloire et du quart d'heure de chute qui a bouleversé la vie de dizaines de personnes. Et détruit la vie d'une d'entre elles.

-Écrit dans le cadre du défi "Grandeur et décadence"-
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