La Lettre

6 minutes de lecture

« À part les tremblements de Terre ? Tout va bien. »

Sky imagina son ami levant les yeux au ciel de l’autre côté de l’écran, avant que Sael n’ajoute : « Pour ma part, j’ai toujours mal au bras et personne n’arrive à comprendre pourquoi. J’avais aussi des petits soucis de peau, mais tout est rentré dans l’ordre. Comment se porte notre sylve ? »

Sky hésita avant de poser les mains sur le clavier. « Un peu caractériel. »

« Mouais. Rien de nouveau sous le soleil. »

Le jeune homme réprima un léger rire. « Il se montrerait moins ronchon s’il savait que tu es en vie. »

« C’est ça, donne-lui mon adresse et mon empreinte ADN tant que t’y es. Il travaille encore avec tu-sais-qui. »

De l’autre côté de la pièce, Wyndt reposait son téléphone après un appel interminable. Il fronçait les sourcils, l’air sombre.

« Toujours rien ? » demanda Sky en le voyant se diriger vers la cuisine.

Wyndt grommela et alla prendre une casserole dans le placard surplombant l’évier. Sky revint à sa conversation.

« Et la personne qui t’accueille ? Tu penses pouvoir lui faire confiance ? »

« Dans la mesure du possible. Merci pour les fichiers, au fait. Elle a trouvé mon projet publiable, du coup nous travaillons dessus. Il paraît qu’il y a des failles dans ma méthodologie, je ne te félicite pas ! »

« C’est ce qu’on nous a appris à faire en cours ! »

« Sky, au lieu de jouer à l’ordinateur, tu ne voudrais pas me donner un coup de main ? » lança Wyndt depuis la cuisine où il coupait des légumes.

« Je dois y aller », prévint le jeune homme avant de se déconnecter et d’effacer l’historique de navigation. Ils avaient pris soin de se contacter sur un réseau social distinct de ceux qu’ils utilisaient lorsque Sael vivait avec lui à l’Institut, mais toutes les précautions étaient bonnes à prendre.

Il se dirigea vers l’évier pour nettoyer les pommes de terre entassées à côté, évitant de faire du bruit pour ne pas déranger Wyndt, qui fulminait toujours dans son coin.

Après avoir bataillé un temps avec son récipient, un couvercle et deux cuillères à soupe dont il n’avait probablement pas besoin, Wyndt laissa tout en plan, s’immobilisa, poussa un soupir.

« C’est à croire que Sael s’est volatilisé. On a une piste claire jusqu’aux abords du ferry en ensuite pfffuit, plus rien, comme s’iel avait disparu dans l’eau du port. »

« Ça, ça m’étonnerait » répondit Sky en relevant gracieusement une mèche de cheveux pour la glisser derrière l’oreille.

« Comment peux-tu rester aussi calme ? » répliqua Wyndt un peu sèchement en rangeant les cuillères dans la casserole —il se rendit compte de son ineptie et ouvrit brusquement le tiroir à couvert.

« Notre planète tient encore d’un bout, n’est-ce pas ? Alors Sael est toujours vivant. »

« Ne me dis pas que tu crois à ces imbécilités ! »

Wyndt se frotta le front d’une main, se retourna pour s’appuyer au meuble. « Si Volovelle se préoccupait vraiment de Sael, iel n’aurait pas eu autant de problèmes. »

« Je ne pense pas qu’une créature comme Volovelle saisisse vraiment la portée de nos ennuis quotidiens. »

Distraitement, Sky attrapait un couteau —Wyndt interposa sa main, sans le toucher, juste au-dessus de son poignet. « Je m’en occupe. Tu peux peler les légumes. »

Les yeux à demi perdus dans le vague, il fallut un temps à Sky pour intégrer sa phrase ; il finit cependant par reposer la lame pour s’armer d’un économe.

Wyndt replaça le cadenas qu’il utilisait désormais pour sécuriser le tiroir. Puis il fronça les sourcils en saisissant un fruit orange vif près des légumes de l’évier. « Sky, ceci est un kaki. Que veux-tu faire d’un fruit dans une tourte ? »

Sky inclina la tête pensivement. « Je n’en avais jamais vu avant. Pourquoi est-ce qu’un kaki serait orange ? »

« Le fruit et la couleur n’ont pas la même origine », répliqua Wyndt en posant le fruit sur le comptoir et détournant le regard. 

« Est-ce qu’on peut prendre une figue caque ? »

Wyndt, occupé à choisir des oignons, se retourna distraitement. « Ce n’est pas la saison des figues. »

Sael tenait à la main une sorte de cœur orange, surmonté d’un toupet de feuilles courtes et vertes.  

« Comment tu as appelé ça ? » 

« Une figue caque. J’ai vu ça sur le Réseau, c’est le nom qu’on lui donne ici, non ? »

Wyndt esquissa un sourire et passa affectueusement les doigts dans les cheveux teints de noirs. « Il me semble qu’on parle de 'kaki'. Je n’en ai jamais mangé ; tu connais ? »

Sael regarda le fruit qu’iel tenait entre deux mains, délicatement, effleurant sa peau épaisse mais transparente comme une coquille fine du bout des doigts. « On m’en donnait au goûter. Des fois ils étaient séchés et des fois frais, mais glacés, et c’était très bon. Ça faisait un peu mal aux dents quand on mord dedans. »

« Je vais t’en prendre. »

Wyndt poussa un soupir et vint s’appuyer d’une main sur le plan de travail près de Sky. « Désolé d’être d’aussi mauvais poil. Je ne dors pas très bien ce moment. »

« C’est pas grave », répondit Sky en secouant la passoire pour mieux égoutter ses légumes. Il réfléchit un instant avant d’ajouter : « Je comprends que tu vois la disparition de Sael comme un échec, mais… »

Il hésita. « C’est-ce dont iel rêvait depuis son arrivée à l’Institut. Chez sa famille d’accueil, avant, iel était encore assez jeune pour croire les mensonges qu’on lui disait, mais ensuite... Je pense qu’iel est mieux dehors, à faire ses propres choix. C’est quelqu’un de solide, tu sais. »

Wyndt se mordit la lèvre pour ne pas se montrer désobligeant. 

Sky était gentil, très. Aidant, assez affectueux compte tenu ses antécédents, et Wyndt s’en voulait d’éprouver de la rancœur à son égard, d’être là à la place de Sael, d’avoir été sauvé alors que son infernal garnement avait disparu quelque part entre la mer et le ciel. 

Alors que la tourte cuisait et que Sky bouquinait, Wyndt alla chercher son vélo pour se rendre jusqu’à la boîte aux lettres à l’entrée de Whitewaters.

Le soleil dardait ses rayons jaunes au travers des frondaisons d’automne, aveuglants éclats de lumière dans les feuilles en flammes. Sur la route, des toisons brunes et sèches s’amoncelaient, craquant sous les roues du vélo, dégageant une odeur de champignons humides, de foin et de terreau noir.

Wyndt relevait habituellement son courrier lorsqu’il passait en voiture, mais cela faisait plusieurs jours qu’il n’était pas sorti étant donné que Sky était en vacances. La boîte, de toute manière, ne contenait qu’une enveloppe anonyme de papier brun en provenance d’un petit pays oriental. Wyndt ne connaissant personne là-bas, il en déduisit qu’il s’agissait soit d’une erreur, soit d’un envoi déguisé de Marie, anormalement maladroit d’indiscrétion.

C’était une lettre imprimée sur papier simple sans signature ni date exposant que son expéditeur entendait faire prochainement porter en justice les intérêts des personnes dites « Blanches-Têtes ». Une connaissance commune lui avait recommandé de s’adresser à lui dans l’objectif d’obtenir son témoignage concernant les opérations d’enlèvement et de séquestration des Forces Spéciales effectuées dans ce cadre.

L’anonyme concluait en fixant un rendez-vous à Aberdinas, à quelques jours de là, lui demandant de venir s’il envisageait de lui apporter son soutien.

Wyndt retourna la feuille, ne trouva rien au verso ; c’était une qualité d’impression un peu baveuse donc assez basse qui contrastait avec la minutie avec laquelle son expéditeur avait justifié le texte au centre de la page, sautant chaque ligne avec dévotion, respectant consciencieusement tous les alinéas de coutume. La marge des paragraphes n’était pas parfaitement parallèle aux bords de la feuille —Wyndt supposa que cette lettre avait été soigneusement composée en aval par une personne l’ayant fait imprimer par un tiers ou sur une machine peu coûteuse —sans doute dans un Café Connecté, de manière à brouiller les pistes.

Sael aurait été assez malin pour agir de cette manière, mais iel n’aurait jamais utilisé ces tournures de phrases. Wyndt approcha la feuille de ses yeux pour vérifier que sa vue ne lui jouait pas de tours : la lettre était bien adressée à « Monsieur Wyndt Cynmor ».

Il n’aurait jamais imaginé que Sael ait pu oublier son nom de famille, raison pour laquelle il pensait que l’erreur n’avait rien d’accidentel.

Mise à part sa sœur, personne n’avait entendu son véritable patronyme depuis des années, et cela signifiait deux choses : d’abord, que Sael avait voulu prouver qu’iel était bien impliqué dans cette histoire sans risquer de révéler l’identité de Wyndt ; ensuite, que Wyndt irait à ce rendez-vous.

Annotations

Recommandations

Défi
Adrien de saint-Alban


Sauver ou périr, telle est leur devise. Une devise appliquée à la lettre. Pour Michel, on ne devient pas pompier, on l'est déjà dès le berceau. Cet esprit de sacrifice est un don insufflé dès la naissance.
Tel petit garçon veut être policier, tel autre gendarme. Cette vocation enfantine pleine d'abnégation précoce aura fait long feu jusqu'à ce qu'elle soit mise au rencart, éclipsée par celle de footballeur, les sirènes de l'argent ayant été fatales aux oreilles juvéniles déjà façonnées par la société mercantile.
J'ai pensé à Rémy, un jeune pompier de Paris en congé chez lui en Lozère et qui a sauvé des flammes une femme non moins âgée que lui. Oui, dans l'anonymat. Ce n'est pas un migrant ni un footballeur, Rémy, mais un gars bien de chez nous. Il n'a pas eu les faveurs des médias nationaux de Mamadou ni un tête à tête sympa avec le président avec son sourire content. Non, juste la reconnaissance de la feuille locale. Cependant c'était une pure production française. Un acte qui sentait bon la bravoure et le désintérêt, le pur sens chevaleresque des héros de livres poussiéreux dont ils ont gardé l'esprit. Le panache discret du chevalier sauvant du péril sa belle. Sans cabotinage et sans tricherie.
A quoi pense un soldat du feu lorsqu'il est en face de l'enfer, au milieu d'une fournaise?
A quoi pensait Michel dans la chaleur des flammes appelant de toutes ses forces que l'on vienne le sauver. Pour Michel, c'était plutôt être sauvé ou périr. Par chance, sa mère n'était pas loin.
On a tous devant les yeux ces images des tours jumelles, des corps tombant dans le vide que même un photographe a réussi à figer pour l'éternité. On imagine ces corps que personne n'est venu secourir. Des banquiers... qui sait? Ces corps deux fois abandonnés. Devant la tragique verticalité qui allait les engloutir, les mains encore odorantes des derniers dollars. Ont-ils crié maman ?
C'était la cruelle alternative, l'insupportable dilemme qui se présentait à Christelle. Allait elle perdre son fils? Elle avait bravé les flammes comme elle avait plusieurs fois bravé le destin. Le destin qui s'était maintes fois acharné sur son fils. Mais toujours là. Toujours présente à la minute même où il fallait qu'elle soit là.
La vie de Christelle tourne autour de ses trois enfants depuis que son compagnon l'a abandonnée en pleine bataille. Le destin en aurait fait de même si elle ne l'avait pris en main comme on prend un taureau par les cornes pour l’empêcher de vous écrabouiller. Le destin prend parfois un malin plaisir à vous écrabouiller. Il choisit au hasard. Peu importe qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un adulte. Le sort ne fait aucune différence, ne fait pas de sentiment. Le destin n'a pas de cœur, n'a pas d’âme. Le destin, c'est comme un banquier. Il frappe les yeux fermés sur les plus faibles. Il les ouvre quand il a accompli son méfait.
Souvent, le destin a ses complices réels ou supposés. Dès qu'un enfant souffre, il y a toujours un salaud qui rôde. Il suffit de le débusquer et de le mettre devant ses responsabilités.
On dit que le diable est dans les détails. Cette nuit là le détail avait l'apparence d'une chambre d'enfant situé au deuxième étage d'un immeuble qui venait d’être restauré selon les dires de la propriétaire. Oui, il venait d'être refait à neuf.
Il n'empêche qu'au beau milieu de la nuit, le feu s'est déclaré dans la chambre du petit Michel ,cinq ans.

Un problème électrique comme souvent.

Le petit garçon dormait, se laissant bruler. Comme la grenouille de la parabole s'était laissé cuire dans la marmite. Michel s'est laissé brûler, tétanisé par ce qui se passait dans cette chambre. Un enfant ça reste un enfant.
Peu à peu une fumée noire, dense et âcre avait envahi l'espace, pénétrant par tous les interstices du meublé pour enfin alerter la mère qui dormait dans le canapé du salon. Une mère harassé par la fatigue sans doute, qui n'a rien vu venir et qui s'est glissée confiante dans les bras de Morphée, vaincue.
Les bombes au phosphore tombant sur Dresde et Cologne générant une chaleur atomique qui fit fondre le corps des enfants sur l'asphalte me vinrent à l'esprit. Que peut faire un enfant face aux flammes sinon se laisser mourir en criant maman? Oui, Michel criait:"maman , vient à mon secours!"
Guidé par son instinct maternel, la mère s'élança à corps perdu dans le couloir menant à la chambre, les bras tendus, heurtant les murs de cet interminable, de ce satané couloir,présageant le pire, la fumée âcre commençait à lui piquer les yeux et à lui ronger les poumons. Mais qu'importe, son fils brûlait sur son lit. Les draps, la couette étaient consumés. Le corps du garçon restait collé au sommier par le dos. Le lit superposé avait brûlé, ne laissait apparaitre que la structure en ferraille. La chaleur avait entamé la chair. Bien qu'il fit un noir d'encre elle distingua les bouts de peau qui se détachaient de ce corps devenu flasque et mou. Néanmoins, avec l’énergie d'une mère au désespoir, elle réussit à extirper ce petit corps de la fournaise, une fournaise qui était à l’œuvre. Tout fondait, les carreaux de la chambre claquaient, le plâtre du plafond cassait, laissant apparaître la brique rouge, une suie noirâtre tombait en goutte de chaleur sur le corps et sur la tête de la jeune femme, insensible devant l'effroi à la chaleur du carrelage qui lui brûlait les pieds.
Malgré le malheur et le désarroi qui s'abattaient d'un coup d'un seul, la jeune mère eut la force et la présence d'esprit de garder son petit d'homme par devers elle et ainsi l'arracher aux griffes de l'enfer. Non, cette chose lui paraissait impossible. Ce qui lui arrivait était du domaine de l'impensable. Une pareille catastrophe ne pouvait arriver. Un cauchemar dont elle se sortirait vainqueure et tout redeviendrait comme avant.
Ceux qui n'ont pas d'enfant ne peuvent comprendre.
Un pauvre gamin de cinq ans qui n'a pas ému ces monstres froids que sont les assureurs qui fleurtent avec des pratiques barbares. Qu'importe la vie d'un petit d'homme?
Pour ces types l'argent est un métier pas un sacerdoce. Pourtant, un assureur est mandaté par ses clients souscripteurs pour couvrir les risques de la vie en cas de besoin. Dans le cas de Christelle ce n'était pas un besoin mais une nécessité absolue, une bouffée d'oxygène. Mais les sirènes du destin ont fait dire au banquier que celui-ci n'était que l'auxiliaire d'une fatalité dont il ne pouvait entraver la marche impitoyable.
L'établissement bancaire où Christelle avait souscrit une assurance sur les risques quotidiens lui avait opposé une fin de non-recevoir. Le banquier, un homme gros et gras au visage rond et joufflu, suant à grosses gouttes derrière un ventilateur qui brassait de l'air chaud, il parlait en fixant ses clients par dessus ses lunettes rondes, affirmant de manière péremptoire que la jeune femme ne possédait pas de contrat d'assurance, ce qui n'était pas la vérité aux dires de la jeune femme. Christelle était persuadé d'avoir conclu avec la banque une assurance qui la protégerait, elle et ses enfants des risques de l’existence. Mais comme chacun sait, les banquiers joufflus vous imposent un parapluie les jours de canicule et vous le reprennent quand il pleut des cordes.
Pourtant, la situation devint intenable pour la mère de famille et elle n'avait que son assureur vers qui se tourner. Il lui fallait juste un filet de sécurité, ne serait ce que pour pallier aux soins annexes de son garçon, ceux qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, des soins parfois couteux qui étaient hors de portée de son portemonnaie.
Non, l'homme d'argent persistait dans son refus de lui accorder un premier secours.
Il n'y avait aucune trace de son contrat d'assurance.

Que faire?

Lorsque Christelle reprit connaissance, elle était dans un lit d'hôpital sans savoir encore qu'elle venait de tutoyer le pire. Des hommes en blouses blanches étaient à son chevet. Des hommes bienveillants. Une bienveillance qui n’était pas de nature rassurante. Christelle avait la phobie de la blouse blanche. La première pensée fut pour ses enfants.
La psychologue lui avait dit:
-Ne craignez rien, vos enfants sont entre de bonnes mains!
Les psychologues, ces artilleurs que l'on envoie en première ligne sur le front d'une catastrophe pour adoucir une âme meurtrie quand on peine à soigner le corps.
Alors elle se remit en mémoires la scène terrible de l'incendie de cette nuit là.
La pensée qu'il y avait encore deux autres enfants à sauver la plongea dans une terrible angoisse. L'idée qu'elle pourrait les perdre à jamais la rendait folle de désespoir. C'était une course panique contre la montre. Il fallait faire vite. Le feu se propageait. L'épaisse fumée noire devenait dangereuse et pour elle et pour ses enfants. Par chance, la chambre de la fillette située en face de celle des garçons où le feu s'était déclaré était encore épargnée. Damien avait réussi du haut de ses huit ans à mettre Émilie sur la fenêtre et criait au dehors en donnant l'alerte. Voyant ses enfants au bord de l'abîme, instinctivement et sans penser à rien, guidée par une puissante volonté de protéger sa chair, la jeune femme prit la main des enfants puis les poussa vers la porte au milieu d'une fumée qui devenait de plus plus noire, mortelle.
Elle se mit à chercher ses dernières paroles adressées à ses enfants, ses derniers souvenirs alors qu'elle était dans le couloir de l'appartement en feu. Elle se souvient du salon être à son tour dévoré par le feu de l'enfer, sans doute après un appel d'air lorsqu'elle a ouvert précipitamment la chambre de la fillette. Elle se souvient d'avoir mis ses enfants hors d'atteinte des fumées toxiques près de la porte d'entrée restée ouverte par précaution. Seul, Michel a eu moins de chance.
Sentant ses forces l'abandonner, le corps las de respirer une fumée qui lui brûlait la gorge et les poumons, elle s'était effondrée. Évanouie.
Adrien de saint-Alban
1
2
0
7
Sonio

Albert et Léon
Les faux frères
Ont ils tord ou raison ?
10h - Avenue Jean Jaurès
Devant deux cafés express...
Bonjour Albert !
Comment vas tu Léon ?
Bien ça va , ça vient !
Trois fois rien
La routine
J'ai un nouveau chien
À cause de Micheline
Et toi Albert ?
Même refrain ?
Toujours avec le petit Robert
À portée de la main
Avec tes mots croisés
Tes lunettes dorées
Ta montre en plaqué
Ton costume croisé
Tes pompes en cro-cro
Tu en fait un peu trop !
Tu cherches à m'épater ?
...
Mon pauvre Léon
Depuis 68 tu rêves encore de faire la Révolution !
Tu n'as pas encore compris ?
Appris ?
Réfléchit ?
À quoi cela a servi ?
Même en lisant l'Huma
La société ne changera pas !
Finit le temps des barricades
Des grandes tirades
Des escapades
Des rigolades ...
Les pavés du boulevard saint Michel
La philo avec Murielle
Les riches ont des lingots d'or
Toi tu rêves encore ?
Tu sais :'
La lutte des classes
Travailleuses
Travailleurs
Les grands discours
Du grand soir
Du bon soir
On en à fait le tour
La révolution d'octobre
Le communisme
L'idéologie du Marxisme
Le mur de Berlin
Tintin !
On à donné
Mais Albert , ton capitalisme
Hé !
Manque pas de réalisme
Il écrase les petits en leur laissant des
Miettes...
La grosse part du gâteau
Chapeau !
C'est pas mieux
Mon vieux !
Dring ! le téléphone
Sonne ...
Excuse moi
Il à pas de quoi...
Je te dépose quelque part ?
Avec ma jaguar
Heu ! oui
Avenue Foch , chez la comtesse
Ma maîtresse .





1
3
4
1
Défi
Ranne Madsen
Quinze minutes.
Une entreprise originale, un lieu de paix et de sérénité, une porte ouverte à plus de sécurité et de stabilité pour toutes ces femmes au métier si dévoyé.
Quinze minutes.
Un recueil de témoignages, les voix de celles et ceux qui ont vu ce rêve fleurir puis flétrir. Un récit sans narrateur, ou plutôt avec une multitude de narratrices et narrateurs. Une histoire qui aurait pu finir bien.
Quinze minutes.
L'histoire du quart d'heure de gloire et du quart d'heure de chute qui a bouleversé la vie de dizaines de personnes. Et détruit la vie d'une d'entre elles.

-Écrit dans le cadre du défi "Grandeur et décadence"-
2
10
71
23

Vous aimez lire Laedde ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0