En bas des chutes

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Sael entendit sa toux avant d’avoir conscience de la douleur qui lui déchirait les poumons, et ne se rendit compte d’avoir craché de l’eau que lorsqu’un spasme lui retourna l’estomac.

Iel avait vaguement conscience de se retourner sur le ventre, que ses mains s’enfonçaient dans du froid et du mou ; iel ferma les yeux et s’endormit.

Beaucoup plus haut dans la forêt, Gustav et Aderyn avaient eu toutes les peines du monde à ramener Wyndt jusqu’au refuge de Whitewaters, alors qu’il se débattait comme un fauve pour leur échapper et plonger à l’eau. Aderyn écoutait Marie lui donner ses instructions pour la recherche au bout du fil.

Sael reprit conscience lorsque le premier tremblement de froid secoua véritablement son corps ; iel avait toujours les jambes dans l’eau glaciale. Tout faisait mal.

Wyndt, furieux et bouleversé de terreur, se dégagea soudain, courut jusqu’à sa voiture, fonça jusqu’aux barrières à l’entrée puis s’engagea à toute allure sur la route qui dévalait la pente, vers le val.

Un désagréable goût d’acide lui ravageait la gorge depuis l’estomac. Sael se hissa péniblement sur les genoux, épuisé et meurtri. Chaque geste lui coûtait autant que de soulever une tonne de plomb. Il faisait encore nuit, mais le ciel s’éclaircissait. Iel s’appuya à un rocher pour se remettre sur pied, tomba à demi dessus lorsqu’un vertige lae prit.

Tu peux le faire.

Wyndt dérapa lorsqu’il s’arrêta sur les graviers devant le parvis de la première maison jouxtant le fleuve. Il serra mal le frein à main et entendit le choc mat de sa voiture contre un arbre proche lorsqu’elle y buta mollement alors qu’il frappait comme un dément à la porte pour qu’on vienne lui ouvrir.

Un petit vieillard terrifié dans sa robe de chambre eut toutes les peines du monde à comprendre que ce n’était pas un cambriolage, et ne saisit peut-être pas vraiment le sens des explications que Wyndt s’efforçait de donner.

Il se retrouva avec une carte en main où était griffonné un numéro de téléphone, le nom « Wyndt Brynmor » et la description « recherche adolescent oriental de 16 ans tombé dans le fleuve ».

Il coinça le petit carton dans le pot de fleur de l’entrée avant d’allumer la télévision et de se faire un café.

Iel ne reconnaissait pas grand chose ; dans son état, tous les arbres se ressemblaient. Sael regardait les épines et les feuilles, les herbes et les herbes plus hautes ou plus jaunes, et se trouvait incapable de mettre un nom dessus.

Plantes.

Plantes partout. Chemin.

Au bout de la quatrième maison Wyndt s’était calmé.

Il retrouvait la terrifiante capacité de concentration qu’on avait requis de lui lors de ses entraînements en vue de passer le concours d’AS.

Démarrer. Conduire. Repérer. S’arrêter. Sonner, frapper, identifier, convaincre, repartir.

Durant les années de préparation à son concours, Wyndt appelait ça « faire le robot. »

Cette machine était prête à tout écraser devant elle.

Entre les arbres, Sael entendit vrombir un hélicoptère.

Une partie de luiel suggérait d’en avoir peur, mais le reste de son corps souffrait trop pour prendre cette faible voix en considération.

Marcher demandait déjà trop d’effort.

« Marie ? Oui, je sais, j’aurai dû attendre les ordres. Je suis la route à la recherche de témoins, n’importe qui ayant pu lae reconnaître, et je dépose son signalement.

« Discrets ? Discrets ? Il s’agit de la vie d’un gosse ! À ce stade, je n’en ai rien à faire de la politique internationale ; on va retrouver Sael, point barre.

« Et bien vas-y, fais-moi arrêter ! Je lae retrouverai, avec ou sans vous. Mais si c’est sans vous je n’aurai pas à t’en en informer. »

Les pierres d’une vieille bâtisse circulaire, bien entretenue, encadrée d’arbres à l’écorce autour de laquelle s’enroulent des bas reliefs de dragon aux yeux fermés.

Un temple.

« Marie ? Je suis désolé, je ne le pensais pas. Mais j’ai vraiment besoin de retrouver Sael, et ce n’est pas en restant planté à Whitewaters que je pourrais faire ça. À moins que tu aies quelque chose de mieux à me faire faire, je vais continuer de chercher le long du fleuve. 

« Je sais. Bien sûr que tu pourras me taper sur les doigts. Oui, tant pis pour la prime.

« Non, tu ne peux pas comprendre. C’est le gamin au bonnet rouge ; je ne peux pas le laisser tomber une deuxième fois. »

Sael s’adossa aux vieilles pierres en soupirant. Son corps, à présent engourdit, ne semblait plus sentir le froid, et la douleur s’y était installée comme une habitante. Iel ne voyait que d’un oeil et entendait le sang battre sous la peau de son crâne à droite, mais étrangement cela ne l’inquiétait pas.

Le vrombissement de l’hélicoptère dans un ciel déjà blanc, le murmure intermittent de véhicules sur une route cachée par les arbres ne l’angoissaient pas davantage.

Il n’y avait plus d’espace dans son esprit pour la peur ; il aurait fallut y faire de la place, en dégager les brumes.

Iel agissait par automatisme.

Wyndt déboula dans la cour de l’ancien temple druidique et freina si brusquement qu’il faillit passer au-travers du pare-brise.

C’était l’endroit par lequel il aurait voulu commencer mais il restait assez de sens en lui pour se douter que les voloviennes n’étaient pas capables d’intercepter dans le cours d’un fleuve un enfant dont elles ignoraient la présence.

De plus cette communauté-là ne faisait par partie de la branche extrémiste du mouvement ; ce n’était qu’une poignée d’adoratrices du Dragon Endormi qui s’étaient persuadées qu’une déesse tombée dans le pays des Deltas correspondait à une figure de leur propre mythologie.

En résumé, des groupies un peu trop enthousiastes.

Malgré l’heure matinale, des personnes s’activaient déjà dans la loge de bois construire à l’intérieur du temple.

Habituellement, Sael aurait frissonné de dégoût à l’idée de s’aventurer près de voloviennes.

Mais il était si difficile de se déplacer, de se trainer de chaise en chaise pour atteindre l’abris de l’autel rond au centre de la salle, qu’iel décida de ne pas y penser.

S’iel pouvait se glisser sous la nappe qui tombait jusqu’au sol, iel pourrait s’y reposer avant de partir.

Il lui fallait absolument se reposer.

La volovienne qui répondit à la porte était un homme, que Wyndt connaissait, d’ailleurs.

« Wyndt ! J’imagine que tu n’es pas là pour te convertir ; tu viens voir Isy ? »

« J’ai perdu Sael. »

Glaw eut une drôle de petite grimace à la mention de ce nom, s’interrompit une micro seconde dans son geste. Puis un : « Comment ça, ‘perdu’ ? » sincèrement curieux.

Il connait son identité, songea Wyndt.

« Il est tombé dans le fleuve. J’ai alerté les autorités, et des hélicoptères sillonnent la région » (important de les tenir informés du danger qu’il y auraient pour elles de cacher cet enfant) « et je vais jusqu’à la vallée pour prévenir tout le monde. Est-ce que vous l’avez vu ? »

Glaw avait pâli. « Tu l’as laissé tomber dans le fleuve ? » bégaya-t-il. Une autre volovienne s’approchait : « Qui est tombé dans le fleuve ? »

« La personne —tu sais— la personne que Wyndt, le garde-chasse de Whitewaters, gardait. »

L’autre volovienne écarquilla les yeux, fronça les sourcils, se tourna vers Wyndt : « Vous l’avez laissé tomber dans le fleuve !? »

En se rapprochant de l’autel, Sael se rendit compte que la porte de la pièce de bois qui avait été ajoutée au temple pour le rendre plus fonctionnel au cours des années était ouverte, et que ses occupantes (les voloviennes insistaient pour qu’on parle de tous les membres de leur culte exclusivement au féminin, par déférence envers leur déesse) étaient occupées au dehors.

Iel allait en profiter pour se glisser sous la nappe de leur autel lorsqu’un éclat de voix le figea sur place.

« Je ne l’ai pas ‘laissé tombé dans le fleuve’, et ce n’est pas ce qui importe maintenant ! Ce qui importe c’est que vous, comme les autres, fassiez des efforts pour qu’on le retrouve ! »

Glaw émit un toussotement. « Nous feront ce que nous pourrons pour t’aider, Wyndt, mais tu sais bien que, mm… tous ceux qui sont tombés dans les rapides en sont, eh bien… À moins d’une intervention divine, il est peu probable que— »

« Eh bien il y aura une intervention divine ! » coupa Wyndt, exaspéré. « Sylly Sanders a survécu à sa chute dans les rapides il y a douze ans, et c’est par ici qu’elle a été retrouvée. Alors est-ce que vous allez vous joindre aux autres pour fouiller les berges ou est-ce que je dois passer un coup de fil à Volovelle pour qu’elle vous ordonne de le faire elle-même ? »

« Euh, doucement, pas la peine de s’énerver… »

Oui, c’était bien la voix de Wyndt.

Wyndt qu’iel avait laissé de l’autre côté du fleuve, en train de hurler. En train de hurler.

Une telle vague de soulagement ou de peine lae submergea qu’iel se retrouva au sol, toujours aussi épuisé, à se rendre compte qu’iel n’avait même pas la force de pleurer.

Mais iel ne pouvait pas laisser Wyndt lae retrouver, si ?

« On va aller jeter un oeil à la rivière maintenant, si tu veux ; Aeron peut se charger de la cérémonie seule. Est-ce que tu veux venir où est-ce que tu veux continuer à prévenir les autres ? »

Elles savent. Elles savent pour Sael ; je ne peux pas les laisser seules.

Mais les autres, en aval ? Et si Sael était arrivé plus bas, et qu’iel avait besoin d’aide—

Wyndt se souvint de de son propre plongeon dans les chutes, moins dangereux et de plus courte durée, qui l’avait brisé de courbatures et laissé couvert de bleu —sans compter les griffures accidentelles d’une Dolce en panique.

Les AS l’emmèneraient, s’iel appelait Wyndt. Les AS l’emmèneraient et iel ne se reverraient jamais.

Mais s’iel se cachait, peut-être…

Peut-être qu’iel pourrait revenir en douce plus tard, ce serait possible, non ?

Ce n’était vraiment pas un bon plan, mais Sael avait tellement besoin de quelqu’un, maintenant, de savoir qu’iel n’était pas complètement seul au monde.

Ses jambes ne lae portait plus.

« Je viens avec toi. »

Wyndt avait dit ça. Est-ce que c’était un mensonge ? Est-ce que c’était une promesse qu’il ne pourrait pas honorer ?

Est-ce qu’il…

« Marie ? Je suis au temple avec Glaw Saer, Rhian Jones et Aeron Price. Elles connaissent l’identité de Sael. »

Monsieur Saer le regardait téléphoner de loin. « Qu’est-ce qu’on fait ? » murmura-t-il à Rhian.

« Si on trouve la Protégée ? »

« Oui, qu’est-ce qu’on fait de Wyndt ? Il semble bien décidé à coller à nos basques, et on ne peut pas risquer de la leur laisser à nouveau. Ils l’ont laissé tomber dans le fleuve ! » rappela-t-il avec indignation.

« On trouvera bien un moyen de le distraire, non ? Tu n’as qu’à l’amener sur le chemin de gauche, celui qui fini en falaise, et moi j’irai voir les petites plages ; si la Protégée est bien par ici, c’est là-bas qu’on a le plus de chance de la retrouver. »

Assis sur les pierres du temple reconverti, aux murs gravés de figures serpentines et décoré de tableaux représentant Volovelle et son Guide, Sael avait prit le temps de souffler.

Ses oreilles bourdonnaient encore.

Appeler Wyndt ? Il n’était pas très loin, il viendrait lae chercher.

Mais pour quoi… pourquoi faire ?…

Sael croisa les bras autour de lui.

Iel se sentait tellement fatigué. Tellement…

Ses yeux étaient lourds.

J’aimerais juste pouvoir me reposer. Appeler Wyndt, fermer les yeux, et me reposer.

Même si les AS m’emmènent, même si l’Institut m’enferme.

Je crois que j’ai juste envie d’appeler Wyndt.

L’appeler, et puis sentir son odeur et ses bras autour de moi, avoir chaud, et pouvoir fermer les yeux, et pouvoir enfin dormir.

Même si c’est certainement une énorme bêtise.

Au moment où Wyndt raccrocha de son appel à Marie et se tournait vers les deux voloviennes, Sael prit sa décision et inspira tout ce qu’iel pouvait d’air pour pouvoir se faire entendre.

Mais ce fut à cet instant que les bras de la troisième volovienne se nouèrent autour de luiel, et qu’une main s’abattit sur son visage pour étouffer son cri.

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Défi
Adrien de saint-Alban


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Souvent, le destin a ses complices réels ou supposés. Dès qu'un enfant souffre, il y a toujours un salaud qui rôde. Il suffit de le débusquer et de le mettre devant ses responsabilités.
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Il n'empêche qu'au beau milieu de la nuit, le feu s'est déclaré dans la chambre du petit Michel ,cinq ans.

Un problème électrique comme souvent.

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Guidé par son instinct maternel, la mère s'élança à corps perdu dans le couloir menant à la chambre, les bras tendus, heurtant les murs de cet interminable, de ce satané couloir,présageant le pire, la fumée âcre commençait à lui piquer les yeux et à lui ronger les poumons. Mais qu'importe, son fils brûlait sur son lit. Les draps, la couette étaient consumés. Le corps du garçon restait collé au sommier par le dos. Le lit superposé avait brûlé, ne laissait apparaitre que la structure en ferraille. La chaleur avait entamé la chair. Bien qu'il fit un noir d'encre elle distingua les bouts de peau qui se détachaient de ce corps devenu flasque et mou. Néanmoins, avec l’énergie d'une mère au désespoir, elle réussit à extirper ce petit corps de la fournaise, une fournaise qui était à l’œuvre. Tout fondait, les carreaux de la chambre claquaient, le plâtre du plafond cassait, laissant apparaître la brique rouge, une suie noirâtre tombait en goutte de chaleur sur le corps et sur la tête de la jeune femme, insensible devant l'effroi à la chaleur du carrelage qui lui brûlait les pieds.
Malgré le malheur et le désarroi qui s'abattaient d'un coup d'un seul, la jeune mère eut la force et la présence d'esprit de garder son petit d'homme par devers elle et ainsi l'arracher aux griffes de l'enfer. Non, cette chose lui paraissait impossible. Ce qui lui arrivait était du domaine de l'impensable. Une pareille catastrophe ne pouvait arriver. Un cauchemar dont elle se sortirait vainqueure et tout redeviendrait comme avant.
Ceux qui n'ont pas d'enfant ne peuvent comprendre.
Un pauvre gamin de cinq ans qui n'a pas ému ces monstres froids que sont les assureurs qui fleurtent avec des pratiques barbares. Qu'importe la vie d'un petit d'homme?
Pour ces types l'argent est un métier pas un sacerdoce. Pourtant, un assureur est mandaté par ses clients souscripteurs pour couvrir les risques de la vie en cas de besoin. Dans le cas de Christelle ce n'était pas un besoin mais une nécessité absolue, une bouffée d'oxygène. Mais les sirènes du destin ont fait dire au banquier que celui-ci n'était que l'auxiliaire d'une fatalité dont il ne pouvait entraver la marche impitoyable.
L'établissement bancaire où Christelle avait souscrit une assurance sur les risques quotidiens lui avait opposé une fin de non-recevoir. Le banquier, un homme gros et gras au visage rond et joufflu, suant à grosses gouttes derrière un ventilateur qui brassait de l'air chaud, il parlait en fixant ses clients par dessus ses lunettes rondes, affirmant de manière péremptoire que la jeune femme ne possédait pas de contrat d'assurance, ce qui n'était pas la vérité aux dires de la jeune femme. Christelle était persuadé d'avoir conclu avec la banque une assurance qui la protégerait, elle et ses enfants des risques de l’existence. Mais comme chacun sait, les banquiers joufflus vous imposent un parapluie les jours de canicule et vous le reprennent quand il pleut des cordes.
Pourtant, la situation devint intenable pour la mère de famille et elle n'avait que son assureur vers qui se tourner. Il lui fallait juste un filet de sécurité, ne serait ce que pour pallier aux soins annexes de son garçon, ceux qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, des soins parfois couteux qui étaient hors de portée de son portemonnaie.
Non, l'homme d'argent persistait dans son refus de lui accorder un premier secours.
Il n'y avait aucune trace de son contrat d'assurance.

Que faire?

Lorsque Christelle reprit connaissance, elle était dans un lit d'hôpital sans savoir encore qu'elle venait de tutoyer le pire. Des hommes en blouses blanches étaient à son chevet. Des hommes bienveillants. Une bienveillance qui n’était pas de nature rassurante. Christelle avait la phobie de la blouse blanche. La première pensée fut pour ses enfants.
La psychologue lui avait dit:
-Ne craignez rien, vos enfants sont entre de bonnes mains!
Les psychologues, ces artilleurs que l'on envoie en première ligne sur le front d'une catastrophe pour adoucir une âme meurtrie quand on peine à soigner le corps.
Alors elle se remit en mémoires la scène terrible de l'incendie de cette nuit là.
La pensée qu'il y avait encore deux autres enfants à sauver la plongea dans une terrible angoisse. L'idée qu'elle pourrait les perdre à jamais la rendait folle de désespoir. C'était une course panique contre la montre. Il fallait faire vite. Le feu se propageait. L'épaisse fumée noire devenait dangereuse et pour elle et pour ses enfants. Par chance, la chambre de la fillette située en face de celle des garçons où le feu s'était déclaré était encore épargnée. Damien avait réussi du haut de ses huit ans à mettre Émilie sur la fenêtre et criait au dehors en donnant l'alerte. Voyant ses enfants au bord de l'abîme, instinctivement et sans penser à rien, guidée par une puissante volonté de protéger sa chair, la jeune femme prit la main des enfants puis les poussa vers la porte au milieu d'une fumée qui devenait de plus plus noire, mortelle.
Elle se mit à chercher ses dernières paroles adressées à ses enfants, ses derniers souvenirs alors qu'elle était dans le couloir de l'appartement en feu. Elle se souvient du salon être à son tour dévoré par le feu de l'enfer, sans doute après un appel d'air lorsqu'elle a ouvert précipitamment la chambre de la fillette. Elle se souvient d'avoir mis ses enfants hors d'atteinte des fumées toxiques près de la porte d'entrée restée ouverte par précaution. Seul, Michel a eu moins de chance.
Sentant ses forces l'abandonner, le corps las de respirer une fumée qui lui brûlait la gorge et les poumons, elle s'était effondrée. Évanouie.
Adrien de saint-Alban
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Sonio

Albert et Léon
Les faux frères
Ont ils tord ou raison ?
10h - Avenue Jean Jaurès
Devant deux cafés express...
Bonjour Albert !
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Bien ça va , ça vient !
Trois fois rien
La routine
J'ai un nouveau chien
À cause de Micheline
Et toi Albert ?
Même refrain ?
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À portée de la main
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Tes lunettes dorées
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Tu en fait un peu trop !
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