XLIX - 2015

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Le pré qui bordait la forêt était désert, comme tous les jours de l’année. Il n’y avait que l’herbe qui pliait sous ses pas, que la brise qui accompagnait son errance. Il était seul, si éminemment seul. Un AK-47 dans les mains, le vent lui soufflant ses confidences, le secret de la sérénité.

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Défi
Je suis une loutre

Ô, mon amie la mort,
Dans tes yeux noirs de nuit,
Je suis pâle de vie
Mais je me sens si bien,
Ô étrangement bien,
Si tu savais, ma mie !


Délivre-moi des maux,
Endors toutes mes peurs
Ainsi que mes douleurs...
On est bien peu de choses,
Toi mon amie la mort,
Tu me l'as dit en vain !


Je ne comprenais pas,
J'étais sourde à tes mots
Que tu soufflais tout bas,
Là au creux de mon âme
Qui s'obstinait à vivre
Une vie longue et belle !


Tes mains me berceront,
J'embrasserai tes lèvres,
Je grifferai ton cou,
J'aurai peur un instant
Puis m'abandonnerai
À la douceur des cieux !


Avec toi tout s'en va,
Les rires et les pleurs,
Les amis, la famille,
Les rides sur la peau,
Le bandeau sur les yeux,

Aussi un peu la vie !
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Odysseus



Je suis dans la forêt, vaste et grande comme l'amas blanc des étoiles,
Les arbres s'élèvent et les sapins verts percent la voûte céleste,
Un frisson parcourt mon corps, débris arraché au voile,
Triste, est mon coeur étreint ; mélancolique est mon sentiment funeste,


Je marche sur les traces du passé, et du présent qui s'enfuit,
Ca et là, la végétation abonde, les fleurs parsèment ce jardin nocturne,
Et le silence tonne, éclate comme la foudre, parmi la Lune endormie qui luit,
Sa beauté défile et je ne peux que succomber à son charme taciturne,

Est-ce un rêve ou bien seulement la réalité ?

La réalité, mon esprit répondait,
Une réalité tellement belle qu'on ne peut que s'incliner,
Et élever par la bouche tant d'attraits,



Le ciel bleu, comme les yeux fixés sur le lointain,
Embellit l'onde, qui s'étend là-bas, du matin au soir,
A demi-mots, j'écris son nom sur mes mains,
La lumière obscurcie, mes yeux ne peuvent la voir,


Aveugle parmi les borgnes ! Fou parmi les insensés !
Je m'allonge, et j'écoute cette symphonie vivante,
L'eau s'écoule, des flûtes répandent un son enchanté,
Des voix animales chantent dans cette orchestration reposante,


Sur l'horizon, des montagnes se déroulent, s'assemblent et touchent le ciel,
Les cimes enneigées, puissantes, dominent les plaines nues,
Le chagrin de mon coeur, mon chagrin existentiel,
Ne peut être guéri par la vie qui m'est échu,


Alors je soupire longuement au limpide mais lumineux clair de Lune,
Je m'endort, la mousse des pierres est mon oreiller et l'herbe verte, mon lit,
La nature tremble, le chaos s'épanche dans le grandiose spectacle nocturne,
Et la crainte s'envole mais la douleur de mon coeur esseulé, reste infinie.
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