V

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Les heures, les jours, puis les semaines passèrent. Un douloureux silence s’installa, et Jakab s’aperçut que l’attente devenait insupportable. L’habitude qu’il avait de se coucher avec les mots de Nocturnal s’était apparemment bien enracinée en lui, la cruelle absence envahissait et préoccupait chaque heure davantage ses pensées.

Les lames n’avaient aucun sens, leur toucher était fade. Ce n’est que lorsqu’il commença à se sentir perdu qu’il s’aperçut à quel point elle lui manquait, et combien il ne voulait pas la perdre.

Mais la Fille des mots ne revenait pas, et tout semblait mort.

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Défi
StockolmSyndrome

- J'avais pas prévu de me retrouver là aussi vite. En fait, j'avais pas prévu de me retrouver là tout court.

- Tu as quel âge ?

- Quarante-quatre ans.
Et toi?

- Quatre cent quatre-vingt-douze.

- ...

- ...

- J'ai une femme et des enfants, ils sont encore petits.

- Tu avais.

- ...

- ...

- Et qu'est-ce que vous faites de vos journées ici?

- Rien.

- Rien? Alors c'est ça le paradis?

- Qui te dit que tu es au paradis ?

- Où tu veux qu'ils me mettent ? Tous mes péchés sont confessés, je chantais à la chorale paroissiale, je...

- ... Hum.

- Quoi?

- Tu apprendras à ne plus mentir.

- ?.

- Tu auras le temps d'apprendre.

- ...

- ...

- C'est bizarre cette sensation. J'ai l'impression de graviter dans le vide béant. J'ai l'impression de bouger, pourtant, les images autour de moi se figent.

- Ton corps ne t'appartient plus.

- ...

Ah ouais ? Et vous en faîtes quoi de tous ces corps ?

- Du bois de chauffage.

- Sérieux ?

- "Sérieux". Comment crois-tu qu'il fait si chaud en enfer.

- ...

...

...

Je n'arrive pas à le croire...

On est en enfer ?

- Non.

- On est où alors bordel !

- On est chez toi. Bienvenue chez toi.

- J'y comprends rien.

- Ne pense pas qu'il faut comprendre.

- ...

- ...

- Tu dis que mon corps ne m'appartient plus? Pourtant je te vois toi, je te vois avec mes yeux, et tu as un corps.

- Tes yeux sont ton âme. Tu n'es plus qu'yeux. Tu n'es plus qu'âme.

- ...

- ...

- Es-tu réel ?

- Grâce à tes yeux.

- Tu es réel à mes yeux ?

- Tes yeux créer la réalité. Tes yeux sont réels aux yeux du créateur.

- ...

- ...

- On mange à quelle heure ici?

- Il n'y a pas d'heure ici. Le temps s'est arrêté.

- Vous avez même pas un self ou quelque chose du genre ?

- ...

- ...

- ...

- Dis, t'avais une famille toi?

- Oui.

- Elle te manque?

- Oui.

- ...

- ...

- Comment on fait pour les revoir?

- On ne peux que s'en souvenir.

- Et si je les créer avec mes yeux ?

- Les souvenirs ne se créer pas. Ils existent déjà.

- ...

- ...

- J'aimerais tant leur parler une dernière fois.

- Alors il te faut parler l'âme ?

Tu sais parler l'âme?

- Non.

- Je t'apprendrai.

- On peux leur parler avec l'âme?

- Ils peuvent comprendre ce langage. Certains même arrivent à le parler. C'est pour ça que je t'ai posé la question.

- Tu crois que ma famille parle l'âme?

- J'en doute. Très peu de mortels y arrivent.

- ...

- ...

- Et comment on fait pour leur parler l'âme?

- Il faut qu'ils te le permette.

- Comment ?

- Il faut qu'ils rentrent en eux même, qu'ils capitulent devant l'émotion, qu'ils flottent dans les tréfonds, qu'ils oublient la matière.

- je ne comprends pas.

- As tu déjà aimé quelqu'un qui a fini par disparaître quand tu étais là bas?

- Oui.

- N'a tu jamais ressenti leur présence ?

- Mon père. Je lui parlais parfois.

- Il t'entendais.

- Il ne m'a jamais répondu.

- Il te parlais, dans les couchers de soleil qui rendaient tes yeux humides, dans le ciel rouge, dans le vent froid, dans les frissons, dans la musique et les voyages, dans le papillon que tu regardais voler, dans le chuchotement des ruisseaux, dans tes rêves parfois, quand tu regardais tes enfants dormir, il était là, quand tu marchais les poings sérrés contre le vent, quand tu te sentais seul, que tu appelais au secours, il était là, il te parlais.

- ...

- ...

- ...

- ...

- Pourrais-je le revoir un jour?

- Les souvenirs ne se créer pas.

- ...

- ...

- Il y a quoi après?

- Après ?

- Après nous.

- Il n'y a rien.

- Il n'y a rien...

On est emprisonnés.

- Vois tu des barreaux autour de toi?

- Non.

- Il y en aurait eu, si tu l'avais désiré. Fais voyager ton âme.

- ...

Je ne sais le faire.

Je n'ai jamais su...

- Pourtant je suis là moi, je te parle.

Comme on s'est déjà parlé.

- ...

-...

-...

Je te connais?

- Bien-sûr. J'étais là bas aussi, au delà des barreaux.

- ...

...

Je n'arrive pas à suivre.

- Il n'y a rien à suivre.

Il n'y a pas de chemins.

- Je suis sensé faire quoi?

- Il n'y a pas non plus de sens. Il y a l'horizon. Libre à toi de l'ouvrir. De le refermer.

- ...

- ...

-...

-...

- ...

...

...

Je suis mort comment ?

- Arrêt cardiaque.

- Je ne me souviens pas.

- ...

- Il y a longtemps?

- Pas plus tard qu'il y a cinq minutes.

- Alors il reste de l'espoir!

- C'est un mot qui n'engage que toi.

- Il demeure toujours de l'espoir!

- À ce qu'en disent les mortels.

- Aide moi à retrouver les miens !

- Je ne peux pas.

- Si, tu peux !

- Il n'y a que toi ici qui peux te venir en aide. Il n'y a que toi ici.

- Mais tu es là toi!

- Je fais partie de toi.

- Que dois je faire ?!

- La réponse est en toi.

- Alors la réponse c'est toi!

- ...

- Que dois je faire ?!

- ...

- Que dois je faire !

- ...

...

Tu dois faire un choix.

- Lequel !

- ...

- Parle bon sang!

- ..

...

Reste ici et tu ne connaîtra plus la douleur, choisis la mort et tu ne subira plus les atrocités du monde, choisis la mort et tu ne souffrira plus jamais de l'humanité, ne connaîtra ni haine, ni violence, ni pleurs, ni chagrins, choisis la mort et le repos de l'âme. Choisis le blanc, choisis la paix, et la lumière.

- Je veux revoir ma famille !

- Choisis de vivre et tu seras redevable envers ton créateur, choisis la souffrance des coeurs et il te prendra les yeux, choisis la vie contre ton âme, choisis le bruit contre le silence et il te plongera dans les ténèbres, tu ne verras jamais plus, ni l'horizon, ni ta famille.

- Je pourrais les sentir, embrasser ma femme, entendre mes enfants.

Je pourrais parler à mon père...

Ils sont mon âme. Seront mes yeux!

- Alors Choisis.

- ...

- Choisis!




























- LA VIE.
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Youg
Coucous les amis !

Voici mon petit texte qui répond au défi sur l'administration :)
Bien sûr ce dialogue est un peu romancé, mais j'ai voulu coller au maximum à ce qui s'est vraiment passé durant ces longues semaines.

N'hésitez pas à donner votre avis et bonne lecture :)
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Zoe Heller

C'est que j'explose les codes, mon cœur morose affiche trois milles bornes.
J'ai parcouru l'amour j'ai mis les voiles, ce jeu aussi acre qu'âpre me laisse instable .
C'est que les hommes pour moi c'est comme de l'air, ils me respires mais ne me saisissent guère, c'est la guerre dans mes pensées des qu'un veut me transpercer.
C'est qu'enfant j'ai grandi sans repères , sans père, et sans limites, la rue est la seule à contenir mon esprit car elle est la seule qui jamais me quitte.
C'est que l'oubli est mon sauveur, et la peur mon bourreau. Que je ne sais me faire dompter, sans couler les gens de mes fardeaux .
C'est que seule la lune détient mon mystère. Fille de l'ombre, mon secret n'appartient qu'au ciel.
C'est qu'ils me disent belle pour me soustraire et que je sais la beauté éphémère
C'est qu'au diable j'ai vendu mon âme quand on a vendu mon enfance pour quelques drames.   
C'est qu'à l'hôpital des espoirs meurent, que quelques grammes coulent dans mes veines mais qu'aucun cachet ne pourrai anesthésier ma peine.
C'est que c'était une princesse dans un monde où on les séquestres et que dans un autre ;maîtresse des orages et Rennes des pluies, elle faisait cracher une pluie de sang sur les neiges de son mari.
C'est que la folie me rattrapera, que la fumette est son fils et que je l'embrasse et l'embrase toutes les nuits à coups d'allumettes.
C'est que j'ai fait mon sursis mais paye encore les dettes du passé qui languit, j'en perds la tête, de souvenirs de fillette, sa main entre mes cuisses endolories .
C'est que jai la haine depuis petite, je suis pas les filières qu'on m'a prescrites. Parce que j'ai vu les failles de cette élite et l'humanité détruite dès lors que j'ai su lire.
Parce que je suis trop sensible, trop tangible, je vis sur un fil que seule moi ai construit alors je ne supporte plus qu'on le percute.
Parce que j'attends la chute, faute de trop écrire je crois manier la protagoniste de ma propre histoire, c'est vrai j'écris des monologue, je finis par croire que c'est peut être mon seul devoir.
Car je sais que la psychose n'est jamais loin, dort toujours dans un coin de mon sang. Malgré tout l'amour que je porte à mes origines , j'aurai laissé ça à cette famille pour naître sans,
C'est qu'à la fin du périple j'aurai juste voulu avoir le temps .

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