XXI

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Jakab fut réveillé par la lumière de l’écran et ne comprit pas tout de suite. Il crut d’abord que les personnes représentées sur le profil Facebook étaient des amis ou des connaissances. Puis il décala son regard et vit les larmes qui coulaient doucement sur son visage hanté.

Il sortit rapidement du lit et lui apporta un verre d’eau fraîche, qu’il la força à boire. Il devina de quoi il s’agissait et il était flagrant que cela ne lui faisait que du mal. Il lui retira maladroitement l’ordinateur des mains en se disant que cela aurait dû être sa première réaction, le referma un peu trop violemment et le plaça hors de portée. Impuissant, il regarda la défense qu’elle commençait tout juste à bâtir tomber comme une vulgaire plume. La force qu’elle avait semblé trouver par miracle fut balayée si facilement qu’il sentit la rage monter en lui. Il était désarmé face à la douleur et la détresse qui se peignaient sur ses traits, il pouvait simplement la regarder craquer en silence. Son regard était si fixe qu’il fut prêt à tout pour faire cesser ce qu’elle voyait devant ses yeux. Il chercha sa main mais ses doigts fins semblaient voguer sur la sienne sans trouver de prise. Alors il la prit dans ses bras et l’étreignit si fort qu’il ressentit ses tremblements dans tout son être. Il ferma les yeux et resta longtemps à épouser sa tristesse, caressant ses cheveux jusqu’à ce que sa respiration s’apaisât. Elle ne tomberait jamais.

Cassandre réussit à se rendormir au petit matin et se réveilla vers midi alors qu’elle se trouvait encore dans ses bras. Jakab fut soulagé de voir son visage se ranimer lentement, ses yeux clignoter et ses traits reprendre vie.

— Je ne mérite pas ta gentillesse.

Il la fit doucement taire, mais ses yeux d’ambre continuaient à le fixer.

— Si tu savais les nuits que j’ai passées à me maudire, reprit-elle. Si tu savais à quel point je n’arrive pas à trouver en moi quelque chose de sain et d’utile. Avec toi, c’est la première fois que j’entrevois le respect.

Afin de ne pas sentir la peine qui lui bouscula le cœur, Jakab se pencha sur elle et l’embrassa.

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        En l'espace d'une dizaine de jours, un hiver long et rigoureux s'est abattu sur l'hémisphère nord, dans les premières semaines, les températures descendirent au-dessous des moins trente degrée Celsius. Ne me demandez pas en Fahrenheit, je l'ignore. Les vieux, et les trop jeunes moururent facilement. C'est comme ça que j'ai perdu ma fille et mon fils. Ils étaient trop faibles pour un monde devenus trop dur. Les autres ? La plupart ont fui vers le sud en quête de chaleur. Vers l'Afrique vraisemblablement. Quelle ironie que ceux qui refusaient aux autres d'entrer partent tous en forçant leurs portes.

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