VI

Une minute de lecture

Laurine n’aimait pas rentrer tard le soir. Attendre dans les couloirs lugubres du quartier d’affaires de La Défense n’était pas son passe-temps favori, encore moins quand il n’y avait pas un chat et qu’elle se raidissait chaque fois que quelqu’un passait un brin trop près. Les trains étaient de moins en moins fréquents plus l’heure avançait et pour le coup, il commençait à faire vraiment froid.

Ils n’étaient pas nombreux. Elle patientait en fin de quai pour éviter de se placer près d’un groupe de jeunes qui sortaient manifestement d'une fête bien arrosée. Elle se retrouvait au lieu de quoi non loin d’une autre personne tout aussi peu engageante et un peu trop statique, sur la bordure blanche. Une fille, au moins. Elle n’avait rien à craindre.

Laurine ne voyait pas son visage car elle lui tournait à moitié le dos. Sa chevelure rouge disparaissait derrière un joli bonnet bleu turquoise orné de motifs d’oiseaux colorés. Laurine aurait aimé en avoir un de ce style, mais elle avait peur qu’il ne siée pas avec ses cheveux blonds trop clairs.

Elle fut soulagée lorsqu’elle vit sur le panneau d’affichage que le train approchait. Sur sa droite, la fille au bonnet n’avait pas bougé. Les phares éclairèrent faiblement la pénombre et allaient bientôt arriver à son niveau. Et puis un mouvement capta son regard.

Elle eut juste le temps de voir la fille se jeter sur les rails.

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Adrien de saint-Alban

La voix éteinte un vieillard dont la fonction est parait-il, ministre de l'intérieur, s'exprimait.
Des larmes de crocodile lui tombaient sur la joue creuse. Il se lamentait de la disparition d'un gendarme sacrifié ou qui se serait sacrifié pour une femme blessée. La reconnaissance de la patrie. Toute la phraséologie pleurnicharde du politicard sonnait comme un discours convenu , préparé à l'avance .Il fallait montrer toute la commisération du gouvernement face au peuple meurtri.La parole d'un vieillard pour couvrir le sacrifice d'un jeune et vaillant gendarme.
Je hais ce gouvernement.
Je m'endormais dans les bras de Morphée, la télé allumée, allongé dans mon lit, sous la couette, confortablement en sécurité, bien au chaud. Les hurlements des sirènes et le bruit des hélicoptères sillonnant le ciel arrivaient à mes oreilles. Des sirènes hurlantes. Bien que fatigué de ma journée de la veille, j'essayai toutefois de lutter contre le sommeil. Je fis une tentative pour ouvrir une paupière déjà lourde, puis deux. Je voyais maintenant les ambulances qui s'en venaient gyrophare allumé, et qui partaient, des gens couraient partout, affolés. Cependant, des bribes de mots dit par un vieillard fatigué et en fin de carrière me parvinrent à la conscience qui, déjà alourdie, engourdie par une journée de travail, avait déposé les armes: Les remparts de carcassonne n'ont rien pu faire...Trèbes...attentat...superU...prise d'otage... ministre de l'intérieur...psychiatrique...désiquilibri...François Molins....Je salue le courage du crs...
Puis , tel un guerrier épuisé de ses coups d'épée, je sombrai dans une déception que je ne m'expliquais pas, je me rendormis lorsque j'entendis le dernier balbutiement d'un journaliste qui annonçait trois morts.
Petit joueur.
Adrien de saint-Alban

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