Les Lignes exilées

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« La mélancolie est l’illustre compagnon de la beauté ; elle l’est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse. »

– Charles Baudelaire

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Défi
WL276
Une rencontre, deux regards qui se croisent. Un désir naît, une passion s'enflamme.
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Antoine Delouhans
Le Commandeur Jewel est appelé sur une scène de crime, dans la cité de Furia, bâtie sur les ruines de l'ancienne Paris. Rien ne le prédestinait à faire cette rencontre aussi étonnante qu'inattendue, qui va le plonger au coeur d'un complot, bouleversant sa vision du monde et de lui-même.

InLife est un roman auto-publié via la plateforme de distribution Book On Demand, disponible en version ebook et papier. C'est le premier tome d'une série de romans courts (novella) dont le tome 2: Murmures, vous sera bientôt proposé.

La couverture est réalisée par mon épouse:)
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François Servant




Sur la berge de la rivière les roseaux s’inclinent, l’haleine du ciel est chaude pleine des saveurs de la terre humides, il n’y a plus aucun relief à l’horizon, les collines se sont effacées dans la brume, rien d’autre que les plumeaux blancs qui s’agitent dans le souffle, les tiges qui se courbent audacieusement. Même les arbres semblent avoir disparu. Ses pieds nus marquent la frange boueuse et fraiche, il prend plaisir à se retourner parfois, à regarder ces traces qui le suive, l’empreinte du temps, la succession de ses pas. L’homme marche et le flot calme l’accompagne.
Il s’adresse à elle avec respect, complimente les échos de lumière sur sa peau d’eau luisante. Je t’ai vue naitre dans la mousse entre deux rochers humides au pied des géants de neige, comme une larme de joie, qui aurait pu croire que ton fil timide et limpide s’enhardisse à ce point, glisse en cascades blanches, s’étale en méandres verts. Que ton murmure balbutiant, fragile, soit maintenant cette musique apaisante.
Dans l’air flotte l’odeur de la faim, voilà le moment où la providence s’invite, le prend par la main. Le nez au vent du soir, sous les ourlets violets et mauves des nuages à l’heure où le soleil s’enterre. Il est monté sur le contrefort, à la saison de mousson, ivre de pluie, le flot bouillonnant le franchit, se répand dans la plaine en nappes de limon épais. Du haut du promontoire il cherche la fumée, elle s’échappe du sol tout près d’un grand Banian solitaire. Les Paons accueillent la nuit.
 C’est une maison de terre, une maison de boue, au pied du grand arbre sage un buffle est allongé, la noirceur de son cuir s’anime du reflet des braises, des flammes du foyer, son ventre est une galaxie. Une femme accroupie sur le sol s’active au repas, elle frappe la pâte entre ses mains, prépare les galettes. Une maison simple, sans extravagances autres que celle que la nature a pu lui fournir. 


 



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