Chapitre 08

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Dès que ses paupières se soulevèrent, Mélly fut aveuglée par une lumière vive. Elle cligna plusieurs fois des cils afin de s’habituer à son nouvel environnement. Tout lui apparut flou. Clouée au sol, il lui était impossible de se déplacer. Des douleurs vives lui barraient tout le corps.

Des ombres indistinctes l’encerclaient et l’observaient. Elle tenta de se concentrer sur elles sans trop y parvenir. Quelqu’un cria en remarquant qu’elle se réveillait. Les silhouettes s’agitèrent. Mélly grimaça sous cette chaleur écrasante qu’elle n’avait jamais connue.

Où avait-elle atterri ? Dans un désert ?

Ses pupilles finirent par percevoir des couleurs qui ne pouvaient pas être vraies.

Un ciel doré… songea-t-elle, fascinée.

Elle l’observa briller, incapable de trouver ses mots. Mélly pensait être morte pour arriver en un tel lieu. L’air était si différent de ce qu’elle connaissait : lourd et meilleur, bien plus pur. Il possédait presque un goût. Puis une rafale très puissante souleva ses cheveux. Celle-ci continua sa course vers les arbres qu’elle chamboula en animant vivement leurs branches et leurs feuilles. La fraîcheur apportée sur son corps par ce souffle impressionnant soulagea la jeune fille un bref instant de ses maux.

Mélly comprit aussitôt avoir atterri loin de chez elle. Rien de ce qui l’entourait ne lui était familier. Tout lui échappait et pourtant, elle n’avait pas peur. Elle sourit en sentant sur sa peau le plus merveilleux des rayons de soleil. Bien qu’il soit chaud et étouffant, il était là pour elle.

Ça va aller…

Mélly était persuadée qu’il s’agissait d’un signe positif. Son état, de toute manière si précaire, ne pouvait pas empirer.

Fais bien attention… Ici, ces gens n’hésiteront pas à te tuer ! prévint Itanys. Ils détestent les humains !

L’Illyfit examinait ce qui l’entourait d’un œil sévère. Il n’avait pas l’air ravi.

— J’ai si soif, gémit Mélly en un fin murmure.

Elle entrouvrit les lèvres et remarqua combien sa gorge l’irritait. On parut la comprendre, car une main fit tomber de l’eau fraîche sur son visage.

La jeune fille savait qu’elle ne se trouvait plus en France. Elle avait noté, lorsque les silhouettes discutaient entre elles, qu’elles parlaient un dialecte très différent du sien et tout aussi éloigné que l’anglais. Elle se morfondit à cette pensée. Pour une fois que d’être à moitié anglaise lui aurait servi.

Après avoir écouté les voix étrangères, Mélly se demanda comment elle faisait pour déchiffrer certains mots, pourtant convaincue de ne pas en connaître la langue.

Je divague… Je dois sûrement rêver.

— Non ! intervint Itanys, tendu. Nous avons juste atterri là où il ne fallait pas… C’est tout.

La jeune fille, si mal en point, n’avait plus le cœur à paniquer. Que pourraient-ils lui faire subir de plus ? Dans cet état, elle ne représentait pas une menace. Elle ne pouvait même pas se lever, et parler lui était même douloureux.

Il nous faudra beaucoup de chance ! poursuivit Itanys, le regard rivé sur les étrangers.

La chance n’existe pas… fit Mélly en grimaçant.

Elle allait continuer quand on coupa son discours intérieur :

— Qui êtes-vous ? lâcha une femme au ton cassant.

Une silhouette s’approcha. La jeune fille sentit qu’on pointait un objet tranchant contre son cou. Cela l’érafla. Comme sa vue était brouillée, elle avait du mal à identifier ce qui la menaçait ainsi. Elle avait l’impression qu’il s’agissait de quelque chose de long et mortel. Mélly essaya de parler, mais seul un fin chuchotement inaudible s’échappa de sa gorge.

— Alors ? reprit la voix cinglante.

La jeune fille, désorientée, ne parvenait même pas à répondre à cette simple question. Son corps ne lui obéissait pas. Sa tête pesait une tonne et elle dut fermer les yeux quand le ciel se mit à tourner autour d’elle.

— Qui t’a envoyée ? insista la femme qui, à son intonation, se fichait pas mal de la voir périr.

Mélly avait la bouche pâteuse. Elle ne pensait qu’à boire et redemanda de l’eau, seulement, personne ne l’écouta cette fois-ci.

— Si tu ne veux pas qu’on t’achève, réponds ! renchérit la voix.

— J’ai soif… s’il vous plaît, il fait si chaud… geignit Mélly.

Elle referma les yeux alors que les mots de la femme glissaient sur elle sans l’atteindre. Perdue, elle crut qu’était venue sa fin, quand une main imposante, grande et réconfortante vint serrer la sienne. L’humaine se sentit immédiatement en sécurité. Elle fut certaine de sourire à cette personne qui prenait soin d’elle. Son cœur s’emballa en pensant reconnaître son père. Elle répondit faiblement à l’étreinte, mais manquait tellement de force qu’elle n’était pas sûre que l’étranger ait perçu son geste.

Merci… songea-t-elle.

On la souleva. La main se glissa avec douceur dans son dos. Mélly crut voler et ses larmes inondèrent ses joues. Elle était soulagée qu’on l’aide, persuadée que cet inconnu ne la laisserait pas mourir.

Elle ferma et ouvrit les yeux par intermittence. Elle discerna le ciel plus beau et coloré que jamais.

— C’est la mort qui m’emmène ? demanda-t-elle avec difficulté.

— N… non… répondit une voix grave, perturbée.

Le moment n’est pas encore venu ! tenta de la rassurer Itanys, pas moins anxieux.

Mais Mélly ne l’écoutait pas. L’intonation de l’homme avait résonné en elle. La jeune fille aurait voulu remercier cet inconnu, cependant, elle ne trouvait pas les mots ni la force de parler. Il lui semblait primordial qu’il sache que sa présence comptait. Son odeur était douce et apaisante. Ses pas déterminés la réconfortaient.

— On dirait que je vais tomber… reprit-elle d’une petite voix, incapable de suivre le fil de ses pensées.

— Je te tiens !

Mélly distingua la couleur du sol. Elle plissa le front. Elle venait de comprendre que ce n’était pas seulement un pays différent, mais qu’elle se trouvait ailleurs, très, très loin de la Terre.

— Une planète rouge… lâcha-t-elle avant de sombrer tout à fait dans le sommeil.

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