Chapitre 05 - 02

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Une fois la jeune fille libérée de ses attaches, les aides-soignantes s’en allèrent, la laissant seule avec le médecin. Mélly se redressa puis frotta ses poignets. Elle voulait bien croire qu’elle n’avait pas le sommeil facile, mais ce genre de mesures lui paraissait disproportionné. Elle se rappela alors ses convulsions et soupira. Enfin, ça ne l’était peut-être pas tant que cela finalement. Ses épaules s’affaissèrent et son visage s’obscurcit. En sentant l’insistance du médecin, elle s’empourpra. Elle n’avait pas l’habitude qu’on l’examine de cette façon et se racla la gorge.

— Où sont mes parents ?

Le docteur Setvert baissa les yeux sur sa fiche, la feuilleta puis sembla se décider.

— Ils sont repartis chez eux… Vous pourrez les voir dans un mois si tout se passe bien.

Le cœur de la jeune fille se précipita.

— Quoi ? Mais pourquoi ?

Elle avait la voix tremblante et serrait les draps avec force si bien qu’elle se rentrait les ongles dans la peau. La totalité de son corps se raidit. Elle se cacha derrière ses cheveux afin que personne ne puisse voir son désarroi. Itanys, qui ressentait tout, contracta les mâchoires, découvrant qu’il était possible de s’infliger des douleurs à soi-même.

— Vous le savez, n’est-ce pas ?! Je ne suis pas folle !

Mélly se tourna vers le médecin les larmes aux yeux. Cela avait surgi du fond du cœur. Elle trembla en comprenant qu’on l’avait internée pour de vrai. Jusqu’au bout, elle n’avait pas voulu y croire, espérant qu’on ne l’abandonnerait pas si facilement. L’homme qu’elle avait vu quelques fois se mordit la lèvre inférieure.

— Je n’ai jamais dit que vous l’étiez, assura-t-il avec calme, en croisant les jambes.

— Je veux sortir ! tonna Mélly, la mine butée.

— Je ne peux pas faire ça.

Le docteur Setvert eut l’air peiné et elle crut qu’il la prenait en pitié.

— Je veux sortir ! insista-t-elle.

— Il faut d’abord me parler.

Hors de question ! rugit Itanys comme si le médecin avait pu l’entendre. Ne lui dis rien !

Il se retourna vers la jeune fille qui feignit l’innocence.

— De quoi voulez-vous parler ? demanda-t-elle tout de même pour la forme.

— Ne jouez pas à ça ! s’impatienta l’homme en décroisant les jambes. On vous retrouve au bord d’une falaise sur la route des crêtes… Vous divaguez par la suite, en discutant seule, je tiens à le préciser… Vous montrez des signes de violence dans votre sommeil… Il est clair que vous êtes perturbée et je suis là pour vous aider.

Mélly avait détourné la tête afin de lui cacher ses larmes. Elle n’était pas folle, mais ce n’était pas elle qu’elle devait convaincre.

Tu ne l’es pas, assura Itanys, dont la colère s’intensifiait.

Elle dut inspirer longuement avant de réussir à se calmer puis d’affronter le docteur Setvert.

— Je me parlais à moi-même, expliqua-t-elle d’une faible voix.

— Ne me prenez pas pour un imbécile… !

Le médecin s’impatienta et se pencha pour lui saisir les mains avec douceur. Mélly tressaillit, incapable de ne pas masquer sa gêne.

— Vous pouvez tout me dire, vous ne risquez rien ! Vous comprendre m’aidera à vous traiter au mieux. Les médicaments nous permettront ainsi de contrôler un peu la maladie et de la stabiliser.

La jeune fille fronça les sourcils. Il la prenait vraiment pour une cinglée. Elle se mordit la langue, certaine qu’il allait la forcer à avaler ces maudites pilules qui la rendraient molle et débile. Elle n’en voulait pas et ses larmes affluèrent de plus belle.

Compatissant, le docteur lui tapota le dos alors qu’elle n’aspirait qu’à le voir disparaître.

— Je ne suis pas folle, répéta-t-elle dans un grondement sourd de rage contenue.

— Vous ne l’êtes pas, certifia à nouveau le médecin qui retourna s’asseoir.

Voyant qu’elle ne parlerait pas avec lui, il se saisit, sur un plateau, de deux cachets et les lui présenta.

— Cela devrait atténuer les hallucinations et vous détendre…

— Hallucinations, répéta-t-elle, incertaine.

L’homme ne se laissa pas impressionner et poursuivit d’une intonation douce.

— En à peine quelques jours, vous avez maigri et votre état ne cesse d’empirer… Je tente seulement de vous aider, affirma-t-il en plissant davantage encore ses yeux de chouette.

Mélly secoua la tête. Elle ne prendrait aucun traitement ! C’est ce qu’elle avait décidé.

— Vous êtes au courant que je peux vous forcer à les avaler ?

Elle ne savait plus quoi faire ni comment réagir.

— Et si je vous parle, vous me laisserez sans médicaments ?

Itanys faillit s’étrangler devant sa voix hésitante qui l’horripila d’un coup. La jeune fille avait décidé de voir si elle pouvait marchander et fut ravie de constater que le docteur Setvert n’y était pas opposé.

— C’est un marché qui peut se tenir, attesta-t-il.

— Je… Que voulez-vous savoir ? murmura-t-elle.

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