Chapitre 03 - 03

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— Tu es une fée ?

Bien sûr que non, répondit-il, scandalisé par ses propos. Ne me compare pas à vos mythes ésotériques dénués d’intérêt !

— Ce n’est pas moi qui avais des ailes dans le dos, se moqua-t-elle sans retenue. Avoue que la ressemblance est assez troublante.

Je ne suis pas une crétine de fée !

Mélly pouffa, ne parvenant plus à conserver son calme. Elle aurait dû être complètement abattue de se trouver seule à l’hôpital, à parler au vide, mais elle préférait prendre le bon côté des choses. Au moins ne s’ennuyait-elle pas. Elle savait aussi qu’Itanys tentait de la garder un maximum dans l’ignorance et elle était bien décidée à lui tirer les vers du nez.

— Alors si tu n’es pas une fée, qu’est-ce que tu es ?

N’imagine pas une seconde que je vais te le dire !

Il n’avait pas perdu de temps pour se remettre sur la défensive. Mélly croisa les bras puis le considéra le plus sérieusement du monde. Elle le dévisagea, résolue à remporter cette bataille.

Il parlerait, parce qu’elle en avait besoin. Après tout, il commençait déjà à gâcher son existence. Cela méritait des explications. Elle était de toute manière si têtue qu’elle pouvait attendre des heures ainsi.

Itanys aurait bien voulu l’ignorer, mais c’était sans compter sur un bruit assourdissant qui s’intensifiait et devenait douloureux. Il résonnait dans sa tête et le vidait de son énergie. Il mit quelques secondes à s’apercevoir que Mélly en était la cause. Il n’avait jamais vu personne d’aussi déterminé malgré ses deux cents ans d’enfermement. Le pire, c’est qu’elle n’avait pas l’air de se rendre compte de sa force mentale. Comment une humaine pouvait être à ce point différente de ce qu’il connaissait ? Faible faisait pourtant partie de leur seconde nature.

Itanys se détourna d’elle en grimaçant. Il réfléchit rapidement à ce qu’il pouvait lui révéler. Parler de ses origines ne serait pas si problématique.

Elle n’y connaît rien de toute façon, songea-t-il.

Il ne supportait simplement pas qu’elle le compare à une fée, même s’il savait qu’il y avait pire insulte en ce monde, seulement, son honneur s’en voyait entaché. Il la tuerait plus vite que prévu si jamais elle l’appelait encore une fois ainsi.

Pour le moment, il pouvait lâcher quelques infos, histoire de la complaire. Le bruit devenait bien trop étourdissant pour être ignoré. Itanys serra les dents. Il ne fallait pas qu’elle s’en aperçoive ou il vivrait un véritable enfer. Il devait déjà endurer ses pensées idiotes.

C’est bien assez difficile… s’emporta-t-il pour lui-même.

Je suis un Illyfit, concéda-t-il enfin à contrecœur.

Le son disparut tel qu’il était venu. Il poussa un long soupir de soulagement et son corps se détendit.

— Un Illyfit, répéta-t-elle sans en comprendre le sens.

Tu vois, ça ne t’aide pas !

Elle le cloua sur place de son regard noir qu’il apprenait à connaître par cœur.

— Bien sûr que si, objecta-t-elle.

Itanys l’ignora en fermant les yeux de brèves secondes. Il commençait déjà à anticiper ses réactions. Par esprit de contradiction, elle allait dire que ça lui était utile.

Tu es une simplette, ne put-il s’empêcher de rétorquer.

Elle arqua un sourcil et il aima la moue dubitative qui se forma sur son visage.

— Il vaut mieux être une simplette qu’un… Illyfit sans corps, bougonna-t-elle.

Itanys grimaça à nouveau, car elle avait raison.

Ce qui m’étonne, c’est que tu ne me poses pas la bonne question depuis une heure. Je l’entends tourner en rond ! Quand comptes-tu la sortir de ta tête ?

Outrée, Mélly plissa les yeux. Elle fit mine de réfléchir puis finit par se décider.

— Y a-t-il un moyen pour que tu partes ?

Il se rapprocha puis chuchota contre son oreille :

Tu ne me supportes déjà plus ?

La jeune fille le chassa d’un revers de main comme s’il avait pu être une mouche.

— Tu es, encombrant…

Crois-moi, il se redressa pour la contempler de haut, si je savais de quelle façon me séparer de toi, je l’aurais déjà fait !

Cette réponse ne parut pas la satisfaire. Elle s’allongea, cacha ses yeux avec son bras. Il ne put que l’écouter respirer en silence.

— Donc, si je comprends bien, on en a pour un moment à être ensemble !

Une vie, peut-être, avoua l’esprit.

Mélly souffla de désespoir tandis qu’elle prenait la totale mesure de ses mots. Itanys, dans ce même temps, put ressentir sa fatigue. La jeune fille ne s’éternisa pas longtemps. Elle se rendormit presque immédiatement. L’esprit se demanda comment elle avait fait pour rester en vie. Les humains manquaient cruellement de force, alors de quelle manière s’y était-elle prise pour résister au sortilège qui lui avait permis de l’envahir ?

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