Chapitre 02 - 01

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L’homme avait du mal à réaliser qu’il se retrouvait bien devant une Terrienne. Il voyait une jolie femme à l’allure faible. Il étudia un instant les vêtements basiques de sa race. Sa silhouette élancée ne lui déplut pas. Et pourtant, ses yeux verts si similaires aux siens le perturbèrent plus qu’il ne l’aurait voulu. Le simple fait d’y penser fit ressurgir de violents sentiments. L’être se détourna de son regard et se focalisa sur ses pommettes saillantes, ses lèvres fines, ainsi que sa longue chevelure châtain clair. Celle-ci frisottait légèrement et ondulait sur ses épaules.

Il examina son nez délicat puis sa peau blanche sensible. Le charme de cette femme était incontestable. Il se détourna, car au final, peu lui importait sa beauté. Le visage de l’homme s’obscurcit. Énervé de se rendre compte qu’il était prisonnier, il croisa les bras, un réflexe qu’il n’avait pas perdu.

L’humaine semblait saoule, car elle tanguait, tenant difficilement sur ses jambes. Il sentait sa douleur ainsi que son immense vulnérabilité. À son grand soulagement, elle finit par s’asseoir.

Elle est tellement faible, remarqua-t-il, les yeux étincelants de haine.

— Je suis bien humaine ! affirma-t-elle, quelque peu surprise.

Elle le fixait comme si ses paroles n’avaient aucun sens. Il savait à l’avance qu’il allait la détester. Les Terriens se montraient tellement stupides, ils ignoraient tant de choses.

Ça ne doit pas être elle, réfléchit-il en écumant de rage.

Mécontent, il la foudroya du regard, ses pensées commençaient déjà à l’envahir.

Sache que tu vas mourir ! répliqua-t-il en une moue dégoûtée.

Il s’amusa à la voir pâlir. Il espérait que ce serait rapide, car il n’avait pas que ça à faire. Cette femme n’était pas l’être qu’il recherchait !

Mélly s’assit en sentant son énergie lui échapper. Elle s’écroula sur l’herbe sans que l’homme n’esquisse un seul geste pour l’aider. Il la fixait simplement sans sourciller en gardant un air bête hautain.

Il lui sembla qu’elle ne pouvait pas combattre cette force qui lui prenait tout. Au fond d’elle-même, la jeune fille savait qu’il en était la cause. Elle avait tellement peur qu’il ait raison. Ses paupières se fermaient et s’ouvraient par intermittence. Elle lutta tandis qu’elle se voyait aspirée à l’intérieur d’un gouffre sans fond.

Non. Il ne faut pas y aller, songea-t-elle.

Elle se concentra sur l’herbe qu’elle sentait sous ses doigts, sur le soleil qui réchauffait sa peau et sur l’air qui soufflait dans ses cheveux. Elle se raccrochait à ce qui pouvait être réel alors que tout se mélangeait entre rêve et réalité. Elle ne voulait pas mourir maintenant. La panique s’emparait de son corps. Ses larmes roulèrent sur ses joues jusqu’à ce qu’elle perçoive les battements forts et puissants de son cœur. Elle le vit comme sa seule source de lumière. Alors, petit à petit, elle s’éloigna du gouffre obscur de la mort dont l’imposante présence la clouait sur place.

Au moment où elle réussit enfin à rouvrir les yeux, elle remarqua que l’inconnu ne s’était pas éloigné. Il s’approcha, se pencha au-dessus d’elle et la considéra d’un air surpris. Sa façon de se comporter, froide et dénuée d’humanité, la perturba. N’avait-il aucune considération pour elle ?

L’homme fronça les sourcils, comme s’il l’avait comprise. Il changea d’attitude et s’assit nonchalamment près d’elle.

Tu résistes !?

Il lui sourit et fit mine de chercher ses mots. D’un ton joyeux, il poursuivit :

— Tu te crois sortie d’affaire ?

Sa voix devint sérieuse et il vint lui chuchoter à l’oreille :

La douleur n’a pas disparu, n’est-ce pas… Tu ne ressens simplement plus rien et c’est exactement ce pour quoi tu vas mourir. Laisse-toi aller, c’est plus facile !

Il se redressa tout en la fixant.

— C’est ton destin !

Mélly eut la vague impression qu’il se moquait de sa situation. Elle se demanda comment on pouvait rire ainsi de la mort. Elle aurait voulu effacer la joie qu’affichait son visage. La jeune fille désira s’exprimer, mais n’en eut pas la force.

Elle ne le laisserait pas gagner, il en était hors de question. Elle vivrait aussi longtemps qu’elle le pourrait. Jamais elle ne s’avouerait vaincue. Elle seule décidait de son sort. La douleur l’obligea pourtant à fermer les yeux. Le sommeil s’empara d’elle et la plongea au cœur des rêves.

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