Chapitre 1 Partie 4

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1975, Gottschalk

— Avancez donc et vous cassez pas la gueule !

Tout le monde était ivre sauf moi. J'aimais l'alcool, mais l'ambiance du bar était désagréable ce soir et je voulais être maître de moi. Les gens avaient trop abusé alors je me devais de compenser. Je n'en connaissais que la moitié. Il y avait des gens qui venaient juste de rencontrer Yolande et ils montaient avec nous, les premiers clients, les amis et c'était inquiétant, comme si je m'attendais à ce qu'ils violent tuent pillent et brûlent. J'ai mis le policier en moi en veille et j'ai suivi tout le monde en fêtard curieux de voir ce que la patronne voulait nous montrer. Elle avait l'alcool beau, les yeux rieurs et la voix entre le traînant et le suave, quand elle buvait Yolande avait une voix de chat qu'on réveille. J'oubliais presque ma femme enceinte.

Je la regardais monter de loin, avec au fond cette fierté ridicule de savoir qu'on est celui qui observe, assez mature pour ne pas faire partie du désordre, mais assez relaxé pour être amusé par les gens qui chantent dansent rient et gueulent. Et puis j'avais le droit d'être sérieux, j'étais un futur père, ma femme était enceinte. Je me le répétais souvent en regardant ces filles qui ondulaient autour de moi.

La famille de Yolande avait de l'argent, ses parents étaient les propriétaires du plus grand bar et du plus grand hôtel de la ville. Ils habitaient tous le premier et second étage de l'immeuble que tout le monde désignait comme « Chez les Rougemont ».

L'appartement après un couloir au papier peint floral s'ouvrait sur une vaste pièce remplie de plafonniers blancs, des spirales de tissu qui ressemblaient à des nuages peints par Van Gogh. Les murs étaient vert pomme et le mobilier jaune. Il y avait des poufs partout et de nombreux canapés autour de tables aux formes arrondies. De chaque côté huit fenêtres aux rideaux vert foncé donnaient sur la rue et sur un toit en tôle. La pièce faisait tout l'étage, presque cent mètres carré, et était parfaitement symétrique.

— Ici on a le droit de faire la fête ! On DOIT même la faire, ordre de la mère !

Tous les enfants Rougemont appelaient leur mère « la mère ».

Au centre, il y avait un coffre-fort qui aurait eu sa place dans une banque, ou dans un musée.

— Et voilà, l'œuvre du père ! Dix ans de travail !

Les gens ont fait « oooohh » et ont ri, un peu gênés. Personne n'a bougé. L'objet était intimidant. Plus que ça, on se sentait bête.

Yolande s'est approchée d'un meuble, l'a ouvert et a mis de la musique. Les petites percussions mignonnes du début de Heart Of Glass ont arrêté tout le monde et dès que la chanson a vraiment commencé, ils ont explosé. Yolande a sorti des dizaines de bouteilles d'alcool et les gens ont dansé. J'ai trouvé ça étrange que personne ne s'occupe plus du coffre.

Je me suis servi un verre et j'ai pris un pouf que j'ai mis pile en face. J'ai repéré dans un coin quatre hommes plus âgés qui buvaient un verre. C'était des clients de l’hôtel qui vivaient là depuis toujours. Le quatrième, celui qu'ils appelaient le Baron, semblait ivre mort. Il avait le regard vide et était appuyé sur la banquette comme si ses muscles ne pouvaient plus le soutenir. Les trois autres avaient l'air préoccupés et tristes.

Je me suis assis et j'ai regretté tous ces gens en mouvement. Avec un peu de concentration, j'ai réussi à les assimiler à l'air ambiant et j'étais satisfait. J'avais oublié les jupes courtes. J'avais aussi oublié ma femme enceinte.

Donna Summer maintenant, I Feel Love. Dès les premières notes, tout le monde a hurlé et j'ai fait semblant de sourire en levant mon verre parce qu'on commençait à me regarder bizarrement, seul sur mon pouf.

Je n'aimais pas ce genre de musique. Je n'écoutais que Kraftwerk en boucle. Au fond de mon verre, je me suis rendu compte que c'était pour ça que mes collègues m'appelaient le Robot.

Le coffre-fort me fascinait. Une porte jusqu'au plafond, aussi large que haute, avec trois serrures aux engrenages apparents. Des centaines d'éléments, du plus fin mécanisme d'horlogerie aux grosses roues dentées de machine industrielle, entrelacés autour de ces trois points en triangle. Les clefs devaient être minuscules, je distinguais trois trous de serrure d'à peine un centimètre de haut, décorés d'arabesques. Tout était organisé autour d'une sorte de sceau dont les détails m'échappaient. Rien ne troublait l'harmonie de cette porte. La couleur or pâle, la douceur des formes contrastant avec les engrenages acérés, j'étais amoureux de cet objet. En face de lui ma propre imperfection me gênait. J'ai sorti un peigne de ma poche et j'ai vérifié mes cheveux, en arrière, alignés, des millions de lignes parallèles. J'ai posé le peigne sur mes jambes, bien au milieu. J'ai pensé qu'il fallait que j'en achète un autre, pour l'autre poche.

La soirée s'est déroulée sans que je ne m'en rende compte, hypnotisé par les courbes du coffre. J'ai imaginé l'action des engrenages une fois les trois clefs enclenchées et la musique, les danseurs, les rires et les clameurs se sont effacés au profit de la perfection du moment. Je vérifiais sans cesse mes cheveux et mon sourire. Il ne fallait pas que je penche d'un côté. Par sécurité j'ai posé mes mains sur mes genoux, je les voyais. J'étais sur le point d'enlever mon alliance quand quelqu'un m'a parlé sur ma gauche, ruinant la symétrie que j'avais établie dans mon esprit. Ça ne m'a pas mis en colère. J'étais juste déçu.

— Vous n'auriez pas vu mon père ?

— Non.

C'était Charlotte, la grande sœur de Yolande. Elle faisait tache dans l'ambiance festive, avec sa mine sérieuse et ses habits informes. Elle semblait un peu ivre.

— On ne sait pas où il est. Mais bon, dix ans enfermé ici à construire ce coffre, j'imagine qu'il veut prendre l'air, profiter.

— Oui, sans doute.

— Vous ne vous ennuyez pas trop ?

— Non non, ça va, j'admire le coffre.

— Je peux vous remplir votre verre, ou vous êtes en service ?

— Non, non, merci, je veux bien.

Charlotte oscillait toujours entre une colère sourde et fière et une normalité un peu ennuyeuse. Elle ressemblait à une boulangère qui aurait lu Par Delà Bien Et Mal et qui aurait détesté.

— Stanislas n'est pas là ? j'ai demandé.

C'était le frère de Yolande, l'ainé, un grand brun à l'air calme et méticuleux.

— Je ne sais pas, non.

— Je suis sûr de l'avoir vu pourtant.

— Il ne doit pas être loin, elle a dit, l'air agacé.

— Ce n'est pas important.

— Non...

— …

— Vous voyez les gens là-bas ? elle m'a dit en montrant dans le coin le groupe des quatre habitués.

— Oui ?

— Je les hais.

Elle est ensuite partie.

2015, Boris.

— Voilà.

Le coffre-fort était un cube de deux mètres de côté. Il était entouré du plus grand amoncellement d'objets que j'avais jamais vu. La pièce semblait à la fois immense et minuscule. Il y avait un lit et une commode, un passage pour y aller et partout des tas et des tas de choses entassés. Des piles de livres, des meubles en vrac, superposés les uns sur les autres, des cartons remplis de bibelots ou d'habits, des lampes, des statues de chiens, des vinyles, de vieilles télévisions, des objets dont j'ignorais le but, des objets dont je ne comprenais même pas l'existence, des soupières et au moins deux samovars, un sac rempli de rouleau de scotch et des aquariums vides empilés comme des poupées russes. Dans un coin, il y avait des centaines de cahiers identiques, jetés en vrac, comme s'ils attendaient leur autodafé. Je n'osais rien dire. Yolande n'était pas gênée.

— C'est le coffre de mon père.

Je me suis approché, presque honteux de vivre à côté de lui. Des milliers d'engrenages éclatants, sans un gramme de poussière comparé au fatras alentour. Sa présence semblait repousser le désordre, tant matériel que spirituel. Le reste de la tristesse qui m'avait submergé pendant la conversation avec les trois vieux s'est fait manger par le coffre. En face de lui il y avait un sens, je comprenais. Je ne savais pas quoi, mais je comprenais et c'était merveilleux. En son centre il y avait un sceau, un cercle et une croix qui le découpait en quartiers, dans chacun d'eux un autre cercle et la même croix qui les découpait de la même façon et encore un cercle dans chaque quartier, et ça jusqu'à l'infini. Le premier cercle ne faisait que dix centimètres de diamètre, mais je sentais que les cercles et les croix continuaient. Je sentais qu'en approchant un microscope on aurait pu observer de minuscules croix dans de minuscules cercles, jusqu'à l'atome, abandonnant sa structure pour former des croix dans des cercles, jusqu'à la fin, une croix et un cercle et encore en eux quatre cercles et quatre croix, et encore et encore. L’espace d’un instant, je me suis imaginé en train de le détruire avec un pied de biche, mais l’image était si repoussante que j’ai tout de suite arrêté l’expérience. C’était frustrant, je venais de trouver une limite que je n’avais même pas envie de franchir. Je me suis tourné vers Yolande.

— C'est... Incroyable. Votre père a fait ça ?

— Oui. Dix ans de travail et après on ne l'a plus jamais vu.

— Il est mort ? Enfin, je veux dire. Sans doute que oui là maintenant, mais...

— Je ne sais pas. Il est juste parti.

— ...

J'ai voulu dire que j'étais désolé, mais j'ai préféré changer de conversation.

— Et dedans ?

— Je sais pas, j'ai perdu la clef. Et il en faut trois.

— Ha...

— La mère, avant de mourir, elle m'a dit que là-dedans il y avait l'objet le plus important au monde.

La chose la plus incroyable que ma mère m'ait dite il y a de ça dix-huit ans maintenant, c'était qu'elle avait battu mon record à Tetris, alors j'ai fait une tête qui montrait que j'avais du mal à assimiler la réalité dans laquelle ce genre de choses étaient dicibles. « Il y a dans le coffre géant et parfait que ton père a construit avant de disparaître l'objet le plus important du monde ». Ça ne pouvait venir que d'un film.

— Elle vous a dit ça avant de mourir ?

— Oui. Deux trois jours avant.

— Oui je vois. C'était pas ses dernières paroles.

— ...

— Et donc, vous n'avez pas la clef ?

— Si, elle est dans tout ce bazar. Quelque part.

— Oh...

— Ouais...

— Vous voulez que je vous aide à chercher ?

— Il en manquera encore deux.

— Et elles sont où ?

— Mon frère et ma sœur l'ont. Stanislas et Charlotte.

— ...

— Et ça fait des dizaines d'années que je les ai pas vus.

— Ha...

— Je sais pas où ils sont. Stanislas a disparu juste après mon père. Ça fait dix ans que j'ai pas parlé à Charlotte au téléphone. Elle fait des peintures je crois.

— ...

— ...

— Et vous pensez que dedans, il y a de quoi sauver votre bar ?

— Je pense oui, la mère n'était pas le genre à balancer des trucs dans le vide. Elle avait semblé très sérieuse quand elle a dit ça.

— Hmm... Oui.

— …

— Mais ça peut être des tas de choses à l'intérieur non ?

— Oui, mais ça doit avoir de la valeur. Enfin je pense.

— Vous n'avez jamais essayé de l'ouvrir avant ?

— Non. Pas vraiment.

Je voulais savoir ce qu'il y avait dedans. Même si ce n'était que de l'argent. Je voulais voir ce coffre s'ouvrir, ses engrenages bouger, peut-être que le sceau allait tourner sur lui même, ça allait être merveilleux.

— OK.

— ... ?

— Je vais vous aider. Je suis en vacances à partir de samedi et j'avais rien prévu, alors bon, c'est mieux.

— T'es sûr ?

— Oui oui. On va commencer par faire le tri ici, ça va être facile. Allez, d'ici demain on aura déjà retrouvé votre clef et on sera en route pour le reste.

Je sonnais comme un type payé pour motiver les gens dans les entreprises où la seule motivation était le salaire et je faisais la tête de fin de séminaire où le motivant avait besoin de motivation. J'ai pris le premier objet à ma portée, une sorte de fourre-choses bordée de mousseline marron.

— On jette ça non ?

— Non non, c'est toujours utile un porte-télécommande. D'ailleurs.

Elle l'a pris et l'a posé sur sa commode.

— Bon... Et ça ?

C'était un éventail brodé, des danseuses de flamenco. Il était cassé et une des danseuses en avait le bras droit qui pendait en arrière.

— C'était à la mère il faut pas le jeter.

Je l'ai reposé.

— En vrai vous voulez rien jeter hein ?

— Oui voilà, je savais pas comment te le dire t'avais l'air tout en train.

— Ça va être dur de retrouver la clef.

— Oui, ça fait longtemps que je cherche.

Je l'ai regardée comme j'aurais regardé un enfant et je l'ai tout de suite regretté. Les yeux de Yolande ont croisé les miens et j'ai vu au fond de ses iris clairs toute la noblesse du monde. La blouse à fleurs, le chignon mal fait, les rides et les bajoues tombantes n'y faisaient rien, Yolande faisait « rho » en silence et je me suis excusé.

— Je vais demander de l'aide, on verra demain. Et puis sinon j'ai mes vacances. Pour votre famille aussi, je connais quelqu'un qui pourrait m'aider.

J'aurai pu chercher par moi même, mais c'était une bonne excuse pour revoir Evgraf. Il était la seule chose anormale de ma vie. Il faisait les gros bras pour la mafia ou quelque chose dans le genre. Je ne lui posais pas de questions. Il débarquait parfois chez moi et me demandais si je pouvais le cacher quelque temps. Je le connaissais depuis longtemps, mais le contacter était toujours un événement. Je n'osais jamais lui proposer d'aller boire un verre ou de manger un morceau. Il me faisait peur. Il allait être content de me rendre service. Il allait facilement trouver la sœur et le frère de Yolande.

On est sorti et une fois la porte passée le coffre m'a manqué. Je n'ai pas osé demander qu'on retourne le revoir une dernière fois. Ne plus l'avoir dans mon champ de vision et le monde se retrouvait en désordre, les murs n'étaient plus droits et le sol semblait stupide. Loin du coffre j'avais envie de passer ma journée au lit à me plaindre. Tout était vain. Le coffre était le centre de la civilisation humaine.

Yolande est passée derrière son comptoir. Je pensais aux trois clefs et au mouvement probable des engrenages. J'ai bu une gorgé de bière et j'ai écouté les vieux.

— La première fois que je l'ai vu ce coffre, j'ai presque chialé. Je crois bien que j'avais pas été aussi ému depuis des siècles. C'était quelqu'un le père Rougemont, le genre illuminé par les esprits, mais illuminé par les bons, ceux qu'il faut écouter, qu'il faut leur obéir, sans se faire chier à tergiverser, c'est d'accord je vais le faire et on sait que c'est bien, a dit le Croisé.

— J'ose même pas aller le revoir le coffre, j'ai peur que l'émotion soit trop forte, que ça me fasse penser au Baron et que le cœur ne lâche, ou qu'il reparte, a dit le Poilu.

— Je sais plus si Blandus l'a vu le coffre. Une si petite bête, ça lui ferait quelque chose, j'en suis sûr. Ça lui ferait un souvenir à emporter quand il va mourir. Il pourra en parler avec les autres chiens morts et ça lui fera de quoi se faire respecter, une image comme ça dans les rétines, même des rétines de chiens, ça doit valoir un paquet de choses. Hein Blandus ! a dit le Belluaire.

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CV

Ce texte participera à un appel à texte, merci de me donner un maximum de conseils et de point à améliorer !
Chaque chapitre correspond à une réécriture du texte. Seule la dernière version en date peut être annotée, sinon je serait vite perdu ^^

Précision pouvant être utile : le genre demandé pour l'AT est l'horreur.
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