Chapitre 18: L'étendue blanche (partie 3)

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Des pas, qui s'approchent de plus en plus.

De plus en plus puissants, de plus en plus proches, comme un gong retentissant, la mort venant chercher son homme et faire son affaire. Une voix, non, deux. Trois ou peut-être plus. Une véritable cacophonie résonne encore et encore dans sa tête.

Réveillé seulement à moitié, le visage pétri de blanc par la surface neigeuse et les membres tout engourdis, il a envie de s'enfuir, mais son corps ne répond plus. La neige lui rentre dans la bouche, et lui procure une désagréable sensation. Il a envie de se retourner, mais il semble paralysé, comme si l'on avait déposé sur lui un voile invisible de plusieurs tonnes. Il veut crier, mais le froid bloque ses sens, l'empêchant de faire quoi que ce soit. Et ces pas qui continuent de s'approcher...

Lentement, mais inexorablement.

S'approchant du but qui ne devait être que lui, qui ne pouvait être que lui. Et avec cela, les voix qui s'amplifiaient l'une et l'autre, dans un vacarme incessant, insoutenable. Une lui disait de survivre, lui faisait revoir sa vie: la barricade, l'ennui, et puis ce fameux jour... Oui, ce fameux jour qui avait tout fait basculer. Mais l'autre voix elle, n'était pas du même avis, bien qu'elle lui faisait revoir sa vie: l'inutilité qu'elle avait représenté, l'état de folie dans lequel il était désormais, et puis la mort... Oui, la mort qui n'avait eu de cesse de vouloir le ratrapper. Il avait survécu jusqu'ici, mais désormais, il était à bout de souffle. Ses tempes lui faisaient atrocement mal, et la douleur qui lui parcourait le corps entier, comme un long et fin serpent s'enroulant autour de sa gorge et de ses poumons, l'empêchant de respirer parfois pendant quelques minutes, lui donnait l'impression à chaque seconde d'être comme un énorme ballon de sang sur le point d'exploser. Ses entrailles, percées de part en part de par la morsure de l'atroce créature, coulaient le long de son estomac, suivant le sillon de celle-ci, dans son massacre macabre. Et les pas s'approchent, encore et encore.

Encore et encore, encore et encore.

Encore et encore et encore et encore...

Et il n'entendait plus qu'eux. Il n'entendait plus que la triste mélodie qu'ils dégageaient. Et désormais, il n'entendait plus, plus du tout. Le noir total se fait autour de lui, le silence absolu. Un abîme sans odeur, sans rien à quoi se raccrocher, et le goût a disparu, celui de la neige et de l'amertume, celui de la folie aussi. Les voix l'ont abandonné, il doit faire un choix.

Mourir ou vivre ?

Vivre ou mourrir ?

...

...

L'histoire se répète...

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