Avancées

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PL : 5

Affinité Louis 10/10

Affinité Adeline et Elisa : 7/10 - 6/10

Le contact picota ma paume, remontant de longs frissons jusqu'à ma colonne vertébrale ; je ne pus retirer ma main, prisonnière de celle de l'inconnu. Une poignée ferme, froide, lisse. Enfin, la pression diminua, quoique j'aie parfaitement senti une douloureuse pulsion au fond de ma poitrine, fanal d'alerte ?

Ma main retomba.

"Notre contrat est scellé, Sahara. Va et poursuis ta destinée."

Mon cheval fit demi-tour sans que je lui demande et, d'un impétueux galop, fuit à travers la nuit. Je jetai un regard en arrière, par réflexe, mais les arbres avaient déjà avalé mon contractant.

Je ne retrouvai pas Louis sur le chemin du retour et ne pus arrêter ma monture comme poursuivie par tous les démons de la forêt. Ecumante, épuisée, elle parvint aux remparts du château ; des gardes m'aperçurent et ouvrirent les portes à présent fermées.

"Besoin d'aide ? demandèrent-ils, m'aidant à descendre et apercevant nos airs échevelés.

- Je... Louis n'est pas rentré ?

- Non, est-il arrivé quelque chose ?

- Pouvez-vous avertir ma gouvernante Adeline de mon retour ?

- Bien sûr, princesse. Elle s'inquiétait beaucoup, mais n'a pas osé envoyer la garde à votre recherche. Elle sera ravie de vous revoir saine et sauve."

Je me mordis les lèvres tandis qu'on allait quérir Adeline. J'allais me faire disputer, c'était certain. Et mon frère qui n'était pas encore rentré, mais que s'était-il passé ? Etait-il parti immédiatement à ma recherche ? J'aurais dû le croiser, ou l'entendre. Ou bien était-il retourné voir son ami Célébi...?

"Princesse !" La voix, à l'intonation de soulagement et de colère retenus, coupa mes pensées. Ma gouvernante m'inspecta puis, voyant que je ne présentais aucune blessure, si ce n'était de nombreuses feuilles et branchages dans les cheveux. A son visage pincé et sa pâleur, je compris qu'elle s'était fortement inquiétée. Que n'avais-je mentionné cette escapade à Elisa ! Au moins ne se sentiraient-elles pas ainsi. Elisa voudrait-elle continuer à me servir ?

"Rentrons maintenant. Gardez cela pour vous, d'accord ? demanda-t-elle aux gardes qui hochèrent la tête. Si la rumeur de mes mésaventures dépassaient l'enceinte du château, non seulement j'allais attirer les lazzis sur nous, mais aussi l'opprobre : une jeune effrontée, sauvage, envoyée au manoir des Du Pinson pour la seconde fois ? La famille royale n'avait vraiment aucune honte. Si je ne savais me comporter, qu'allait-on dire sur ma mère ? Sur... le roi ?

Agitée par ces considérations que j'aurais dû avoir avant de partir en escapade avec Louis, je suivis ma gouverenante jusqu'à ma chambre et finis par m'effondrer à moitié sur le lit, glacée. Ce ne fus qu'à cet instant que je me rendis compte de ce que je venais de vivre. Et je ne comptais pas en parler... les risques étaient bien trop effrayants.

"Princesse... souhaitez-vous me dire ce qu'il s'est passé ?" s'enquit Adeline, tâchant d'être douce. Je soupirai. Une semi-vérité ne pouvait pas faire de mal.

"Avec Louis nous sommes partis en forêt pour voir un ami, mais mon cheval sur le retour a soudainement pris peur et s'est enfui dans la forêt. J'ai eu beaucoup de mal à le faire revenir. Je pense que Louis est parti à ma recherche, il ne tardera pas à revenir."

"Surtout s'il demande à son ami magicien de me localiser..."

Ma gouvernante ne savait quoi répondre. Elle était allée voir sa mère qui avait été tout bonnement incapable de me repérer. D'après elle, j'avais "simplement disparu". C'était bien pire que la dernière fois !

"Bien, il reviendra, ne vous inquiétez pas, lâcha-t-elle enfin. Vous avez besoin de sommeil. Demain, vous avez cours d'escrime.

- De... de quoi ?!"

Je m'étais relevée, choquée.

"Eh bien, oui... vous reprenez vos devoirs, princesse, après trois jours de repos, car vous disiez être fatiguée du bras. Mais... enfin !"

Moi, fatiguée du bras ? De l'escrime ? Mon repos avait donc démarré le matin de mon premier jour de calme... Serais-je capable de reprendre là où je m'étais arrêtée ?

M'étant mise en chemise de nuit, je plongeai sous les couvertures, épuisée.

Dans l'obscurité, une fois de plus, le briquet s'illumina. Bien plus violemment qu'auparavant toutefois ; je me réveillai brusquement, l'éclat frappant mes yeux. J'étais terrorisée, imaginant que mon contractant était revenu pour je ne savais quelle autre manigances. Ma vision revenant doucement, je compris d'où provenait la lueur et me levai, hésitante. J'avais bien rangé le briquet là, me rappelai-je ; j'ouvris le tiroir et fermai les yeux, aveuglée. Heureusement que les rideaux tirés sur mes fenêtres étaient bien épais !

"Pourquoi t'allumes-tu, toi..., soufflai-je, ébahie, le prenant dans les mains. Quelle splendide lumière tu produis ! Est-ce que tu faisais ça avant aussi ?"

Oui, je parlais toute seule. Le briquet, bien lourd dans ma main, ne voulait cesser de briller. Le sommeil m'avait quittée, ces histoires de magie me revenaient en boucle et je n'arrivais pas à m'en défaire. Comme je reposais le briquet sur la commode, songeuse, j'entendis soudain des voix :

"L'observateur l'a prouvé : quelqu'un est entré dans nos pièces, lorsqu'il n'y avait personne. Cette personne avait quelque chose d'étrange. Mais il était clair... qu'elle possédait la magie de lune.

- Cela serait-il en lien avec la disparition du briquet ?

- Si c'est le cas, je me demande vraiment ce qui se trame.

- Vous devez le deviner, Layen, on cherche à nous ravir notre succès. Comme cela a été depuis des siècles... Lorsque nous avons commencé, nous étions encore peu expérimenté, mais nous avons fait de notre mieux pour nous opposer à l'adversité. Et regardez où nous en sommes, maintenant ! Il y a deux siècles, nous n'étions qu'un duc et une duchesse sans trop d'importance, mais nous l'avons capturé, et alors..."

Je m'étais figée, seule dans ma chambre. Qu'avais-je perçu ? Le duc et la duchesse du Pinson parler ? Mais, c'était impossible ! De frayeur, j'en lâchai le briquet qui, en tombant au sol, émit un bruit sourd. La lumière stoppa à cet instant. Tremblante, je le récupérai et le rangeai sous le faux fond avant de retourner me coucher.

Je tournais bien deux heures avant de réussir à m'endormir. Deux heures après, la gouvernante venait me réveiller. Remarquant mes yeux bouffis, elle eut un profond soupir. Décidément, je devais lui faire des cheveux blancs...

"Vous n'avez clairement pas bien dormi, princesse. Cela ira-t-il pour votre leçon ?

- Il faut bien."

Elle ne répondit rien. Je devais tout de même voir Louis... et Elisa, pour m'excuser. Je m'habillai rapidement d'une tenue simple et sportive, sans bijoux.

"Je ne le sens pas du tout" J'avais sommeil et mes pensées s'embrouillaient. La salle, vaste et vide, excepté quelques sièges de repos sur les bords, m'intimida. Dès mon entrée, une voix familière m'interpella : je tournai la tête, repérant mon grand demi-frère !

"Louis !" m'exclamai-je en bondissant vers lui. Ma gouvernante maugréa dans sa barbe. Je n'en fis cas et nous nous sautâmes dans les bras avant de se retenir, voyant arriver mon précepteur.

"Tu m'expliqueras, Louis, tu m'avais promis, lui chuchotai-je.

- Oui... et... toi aussi. J'ai eu très peur."

Je baissai la tête. Parler de mon contrat avec une mystérieuse entité ne me paraissait pas très malin. Qui savait de quoi elle était capable ? Mais Louis avait un ami magicien très puissant. Plus puissant qu'Odiane. Je n'avais rien à craindre !

"Princesse, si vous le voulez bien, nous pouvons commencer.

- Oui, professeur." J'étais très inquiète de la suite des événements. Allais-je m'en sortir correctement ? Il semblait déjà que mon corps se positonnait naturellement, arme en main. Sensation bien trop étrange. Je reculai, confuse.

"Aujourd'hui, princesse, nous allons travailler la balestra."

"La quoi ?"

"Vous êtes douée, mais vous avez toujours un peu de mal avec cela. Je suis sûr qu'aujourd'hui vous allez parfaitement réussir.

- Je vais faire de mon mieux", déglutis-je. Avant que j'aie pu réfléchir plus avant, j'attaquai. Etait-ce ce que j'étais supposée faire ? Louis m'observai, au bord, sur une chaise, attentif. Il savait pour mon amnésie, je me demandais ce qu'il en pensait. Le précepteur fit un appel, me confondant, et je perdis mes réflexes. Un battement, et je fus au sol sans avoir compris comment.

"Princesse, tout va bien ?

- Professeur, si vous permettez, nous devrions nous arrêter là, fis-je, de peur que ma méconnaissance soit trop visible. J'ai très mal dormi..."

Je le vis hésiter. Adeline et Louis vinrent à mon secours.

"Elle reprendra cet après-midi", dirent-ils. Je hochai la tête en grimaçant. Je n'avais pas du tout envie de reprendre.

"Monseigneur serait furieux s'il apprenait votre attitude, princesse, me gourmanda Adeline alors que nous nous éloignions.

- Allons, elle a eu une dure soirée, l'apaisa Louis.

- A qui la faute ?" gronda-t-elle, ne pouvant s'en empêcher. Je me sentis coupable, heureusement, mon demi-frère était complaisant, il comprenait fort bien, aussi s'excusa-t-il avec sincérité, sans toutefois lui expliquer où nous étions allés.

A. Je pris le parti d'aller voir Elisa pour m'excuser et la mettre dans la confidence, car elle méritait bien de savoir ce qu'il s'était passé, étant donné qu'elle viendrait avec moi à la prochaine fête ;

B. Je me réfugiai dans ma chambre pour y retrouver le briquet que je désirais montrer à Louis. Peut-être pourrait-il m'aider et, enfin, me détailler sa conversation avec Célébi.

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