CHAPITRE 9 : THOMAS (public averti)

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"Si tu vis selon le regard des autres, tu ne vivras jamais ta propre vie"

Lady Gaga

 Je n'arrive pas à détacher mes yeux des siens. J'espère qu'elle va dire oui. Je ne sais pas ce que je donnerais en ce moment pour qu'elle accepte. Dans le courant de la soirée, j'ai demandé à Oliver de se renseigner sur leur hôtel et d'aller prendre leurs affaires. Il restait une suite de libre dans l'hôtel que nous avons loué, je l'ai prise. Les filles seront bien auprès de nous. Bien sûr leur suite est à côté de la nôtre. En tournée, je dors toujours avec Julian tandis qu' Hector et Hugo partagent une suite. On a nos petites habitudes. Cela fait presque trente ans que nous sommes sur la route. On en a vu défiler des chambres d'hôtel, même si je dois dire qu'à nos débuts c'étaient plutôt des motels et plus minables que ce que nous connaissons actuellement.

 Elle me sourit, prend ma main dans la sienne et me dit :

— D'accord, de toute façon, tu as fait le nécessaire, je ne peux rien faire de plus.

— J'aime quand tu me dis oui, je lui réponds en l'attirant dans mes bras.

 Nous arrivons quelques minutes plus tard. Je m'arrête à la réception prendre nos deux cartes magnétiques. La réceptionniste me fait un de ces sourires, à se décrocher la mâchoire  ! Et cela me fait plaisir. Cela doit être la rançon de la gloire, comme dirait ma maman. Caroline est à côté de moi, sa main dans la mienne. Nous montons au dernier étage. Dans l'ascenseur, de nombreuses idées me passent par la tête et pas que par là. J'ai l'impression de manquer de place dans mon pantalon et cela ne m'est pas arrivé depuis longtemps. En ce moment précis, je vois Caroline nue dans un lit et moi au-dessus d'elle.

 Je m'approche d'elle et je la pousse tendrement contre la paroi de l'ascenseur. D'une main, je prends ses poignets et je les mets dans son dos. Mon autre main s'attarde sur son visage. Mes doigts suivent la courbe de son front, de sa joue et descendent le long de son cou. Je m'approche encore un peu d'elle. Nos corps se soudent et je dois faire appel au peu de bon sens qui me reste pour ne pas la prendre, là tout de suite. Je ne suis pas ce genre de mec. Je n'ai pas souvent dragué une fille depuis que je suis marié et, même s'il y a eu de temps en temps un accro, aujourd'hui c'est autre chose. Mon corps a trouvé sa moitié et je n'arrive pas, je n'arrive plus à le contrôler. Mon ventre est collé au sien et mes lèvres se perdent dans son cou. Son corps réagit autant que le mien. Je sens sa poitrine se durcir contre mon torse et ce n'est pas le fin t-shirt blanc qu'elle porte qui va me cacher le durcissement de ses tétons. En fait, je me demande si elle veut me cacher quoi que ce soit... je ne le pense pas. Nos regards se croisent, ses lèvres cherchent les miennes, s'approchent de ma bouche, je sens son souffle sur moi. Sa respiration est plus rapide. Elle sent bon le thé et le Limoncello que nous avons pris en fin de soirée. Je lâche ses mains, mes hanches se collent aux siennes. Ses mains parcourent mes bras pour aller se perdre dans mes cheveux. Son passage sur ma peau me met dans un état d'excitation que j'ai rarement connu. Elle s'en rend compte et ses hanches ondulent contre les miennes.

 Le fameux « till » de l'ascenseur retentit, mais aucun de nous ne bouge. Les portes s'ouvrent. On n'a pas envie de sortir, on ne souhaite pas partir d'ici. Malgré tout, un claquement de porte nous fait sursauter. Elle me sourit et me dit :

— Faut que l'on s'en aille, mais son geste est le contraire de ses paroles.

 Elle a passé sa main dans les boutons de ma chemise, et la tient comme si j'étais sa propriété, sa chose, son homme.

 Nous sortons à contrecœur en étant dans les bras l'un de l'autre et nous nous dirigeons vers la gauche, là où se trouvent nos chambres. Nous rencontrons Nathalie. C'est elle le claquement de porte. Elle porte ses chaussures à la main et a l'air épanouie, les joues rosées.

— Hey, tu fais quoi là  ? Tu viens d'où Nath  ?  lui demande Caroline.

— Je vais me coucher, suis crevée. Je t'attends  ? Bonne nuit Thomas, répond Nathalie.

— Vas-y, j'arrive. 

 En entendant ces mots, mon corps réagit. Je serre Caroline un peu plus fort. Je ne veux pas qu'elle parte. Pourtant, il le faut. J'ai besoin de repos, ma voix aussi et franchement, je ne vois pas comment je vais pouvoir me délasser avec cette femme à mes côtés. Nathalie entre dans leur suite, et nous arrivons devant la mienne. On se met face à face, les mains toujours enlacées.

— Faut que je dorme quelques heures, je ne vais pas pouvoir chanter autrement, lui dis-je la voix enrouée.

 C'est vrai, il faut que je me repose. Ma voix a besoin de sommeil, mais mon corps ne veut pas dormir.

— Je sais Thomas. Tu as un concert ce soir.

— Je ne veux pas me séparer de toi.

— Pour quelques heures, il le faut. Tu as besoin de calme.

— Ouais, faut être réaliste, si on entre à deux dans cette chambre, on ne va pas beaucoup dormir, ni l'un ni l'autre, c'est certain  !

— On est d'accord, me dit-elle en me souriant et en se rapprochant de moi.

 Une fois de plus, ses mains remontent le long de mes bras. Ma chemise est relevée sur mes avant-bras et, ses doigts me parcourent. Son contact me donne des frissons et je ferme les yeux pour savourer ce moment. C'est délicieux, j'adore cela. Ses mains continuent leur ascension et se logent dans mon cou. Elle me regarde, elle me sourit. Son souffle se mêle au mien. Ses lèvres douces, chaudes, légèrement humides se rapprochent des miennes. Sa bouche se dépose sur la mienne.

  À ce moment-là, je dois faire appel au peu de bon sens que j'ai encore au fond de mon cerveau, autrement, je n'ai qu'une idée, ouvrir cette foutue porte et la coucher sur mon lit. Mon cerveau me dit de m'arrêter, mais mon corps ne l'écoute pas. Mes lèvres se pressent sur les siennes et j'adore leur goût. Ma bouche se fait impatiente, mon corps l'est aussi et je la plaque contre la porte de ma chambre.

 Ma langue se faufile au travers de ses lèvres et va s'enrouler autour de la sienne. C'est délicieux. Je resterais des heures à l'embrasser. Mes hanches sont accrochées aux siennes. Bon Dieu, un peu de savoir-vivre, cela ne fait que quelques heures que je la connais. Il faut que je me calme, que je reprenne mon sang-froid, mais comment résister à la chaleur de sa langue autour de la mienne  ? Comment résister à sa langue qui envahit ma bouche  ? À ses doigts qui passent dans mes cheveux  ?

 J'essaye de me calmer et je claque les paumes de mes mains sur la porte. Si je continue à la toucher, je vais perdre le peu de lucidité que j'ai encore. Je ne sais pas combien de temps, nous restons ainsi, mais c'est un des meilleurs moments de ma vie. Je me rends compte que mon corps a froid quand sa langue sort de ma bouche et que ses lèvres déposent de petits baisers sur les miennes. Je réalise que plus jamais je ne veux être loin de cette femme, de MA femme. C'est elle qui met fin au plus délicieux moment de ma vie. Elle me sourit, remet une mèche de cheveux derrière mon oreille.

— Il faut que tu dormes, tu as un concert dans quelques heures. Des milliers de fans attendent ce moment. Je sais ce que c'est, ne les déçois pas, repose-toi.

— Tu as raison. Mais je ne veux pas partir, je n'en suis pas capable physiquement, je lui réponds.

— On se voit dans quelques heures. Si je ne me trompe pas, une personne a déplacé mes affaires et les a fait installer dans la chambre voisine, me dit-elle en faisant un clin d'œil.

— On déjeune ensemble ? 

— Excellente idée  ! Vers quelle heure ?

— Vers treize heures trente si cela te va. Nathalie et toi vous venez chez nous ?

— Monsieur prend son déjeuner au lit.

— Non, pas du tout. On a la suite avec la terrasse. On mangera tous ensemble. On ne sera pas seul.

— Dommage, me dit-elle en passant sous mon bras qui est toujours tendu, paume sur la porte.

 Je me retourne et je lui souris,

— À dans quelques heures. Fais de beaux rêves ma princesse  ! 

— À dans quelques heures, mon prince, répond-elle avec beaucoup de tendresse.

 Elle traverse le couloir, ouvre sa porte, m'envoie un baiser et disparait dans sa chambre. J'entre à mon tour dans ma suite. Julian prend toujours la chambre de droite. Je me dirige donc à gauche. Je m'arrête au bar et ouvre une bouteille d'eau gazeuse citronnée. Le contact de l'eau sur mes lèvres me fait penser à Caroline. Ses lèvres avaient aussi un goût de citron. Cette simple pensée fait réagir mon corps et une fois de plus, je n'ai pas assez de place dans mon pantalon. Je me dirige vers la salle de bain. Une douche froide me fera du bien. Je me déshabille et je dépose mes vêtements sur la chaise. Je me dis que le pantalon en moins sera plus agréable, mais mon corps ne veut plus m'écouter. Je fais couler la douche, l'eau est glacée, j'adore les jets d'eau froide. J'enlève mon boxer et j'entre dans la douche.

 Les yeux fermés, je ne vois qu'elle, je ressens son corps contre le mien, je sens ses doigts parcourir mes bras, ses mains s'enrouler dans mes cheveux, ses lèvres sur les miennes. Un gémissement sort de ma bouche et je me retiens au mur pour ne pas vaciller. Merde, je n'arriverai jamais à dormir comme cela, mon corps est tendu comme un arc. Cela devient un état permanent. J'attrape mon membre en main, je me caresse et quelques secondes plus tard, quelques gouttes blanches sont déjà présentes sur mon gland, quelques mouvements de plus, mon corps se soulage en jets chauds et puissants sur le carrelage de la douche, mais rien n'y fait. Mon corps a besoin d'elle. Je ferme à nouveau les yeux, mais la première image qui apparaît alors est Caroline, ici devant moi dans la douche, l'eau dégoulinant sur son corps. Mon corps a la même idée que mon cerveau et mon membre est à nouveau tendu. Une fois encore mes mains se pressent autour de ma queue, je me soulage, mais ce n'est pas cela que je veux, ce n'est pas de cela dont j'ai besoin mais d'une splendide blonde qui dort à quelques mètres de moi.

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