CHAPITRE 7 : THOMAS

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"Il vaut mieux être détesté pour ce que tu es,

plutôt qu'être aimé pour ce que tu n'es pas."

Kurt Cobain


 Comme d'habitude, Oliver nous a déniché un splendide restaurant. C'est probablement une des rares exigences que j'ai : les soirs de concert, je veux dîner au calme et j'avoue que je ne veux pas être dérangé par des fans. Je sais c'est mesquin car sans mes fans, je ne suis personne, mais j'ai besoin de me retrouver avec mon équipe.

— Je voulais vous remercier pour le boulot qui a été accompli. Comme d'habitude, vous faites tous un taf extraordinaire. Merci à tous. Je voulais aussi vous annoncer que nous venons de détrôner « Thriller » en nombre de singles vendus  !

 L'ensemble des tables se met à applaudir, et cela me fait chaud au cœur. Je scrute toutes ces personnes qui travaillent avec moi. Je les connais chacune, personnellement. Nous avons une équipe de huit cents personnes qui bossent avec nous. Il y a quelques années, nous n'étions que quatre, que de chemin parcouru ! Je suis fier de ce que j'ai fait, fier de ce que nous avons accompli. Il est loin le temps des répétitions dans la cuisine.

 Je propose un toast, et les premiers plats arrivent. C'est succulent, parfait. Je suis comblé, j'aime la bonne cuisine, le bon vin, un bon repas en général, mais je me rends compte que ce n'est pas la cuisine qui me permet de passer un bon moment. J'essaie de m'en convaincre, mais je sais que ce n'est pas cela. Et j'en suis certain au moment où mes doigts croisent le chemin de ceux de Caroline.

 Elle est en pleine discussion avec son amie Nathalie, elle est assise à ma droite, la main gauche placée à plat sur la table. Je veux prendre mon verre de vin en main, mais mon corps ne m'obéit plus. Mes doigts se dirigent vers le verre mais s'arrêtent sur ceux de Caroline. À mon contact, elle se retourne et m'offre un splendide sourire. Je m'approche d'elle et l'embrasse sur la joue. Sa peau est douce, hâlée. Son regard croise le mien et tout à coup, je me dis que je voudrais goûter chaque centimètre carré de sa peau. Je me mets à penser à tout ce que pourraient faire mes lèvres sur son corps. Une étincelle parcourt ses yeux, aurais-je la chance que nos pensées coïncident  ?

 Le repas se termine, une musique douce est diffusée dans le restaurant.

— Tu m'accordes quelques pas  ? 

— Moi  ?  me répond-elle .

— Oui, bien sûr  ! Tu m'as déjà dit oui ce soir, alors j'ai pensé que l'on pourrait remettre cela  ? Tu as accepté devant cent mille personnes, tu ne vas pas refuser maintenant  ? 

— C'est parce que c'est toi, me susurre-t-elle , en se redressant et en me prenant la main.

 On se lève, on se retrouve sous une lumière tamisée, quelques autres personnes se mettent autour de nous, entre autres, Hector et Nathalie. Je ne sais pas ce qui se trame entre ces deux-là, mais quelque chose d'inhabituel passe dans les yeux d'Hector.

 Je prends Caroline dans mes bras, c'est un de nos slows, et bien sûr, je ne peux m'empêcher de fredonner les paroles.

 Mon corps s'installe près du sien et j'ai l'impression d'avoir trouvé ma place. Je ne veux pas quitter cet endroit. J'ai parcouru une grande partie de la planète, mais à ce moment précis, je ne veux pas être à un autre endroit. Je suis chez moi ici, avec elle.

— Merci de nous avoir accompagnés.

— Merci de nous avoir invitées, me répond-elle en souriant. Son sourire est désarmant, elle a une magnifique dentition, d'un blanc éclatant, parfaitement alignée. J'aime son sourire. J'aime tout ce qui touche à cette femme.

— J'ai une question. 

— Laquelle ? me dit-elle.

— Tu discutais avec Nathalie, je vous ai interrompues et tu m'as expliqué que cela ne serait pas poli de m'informer du sujet de votre discussion 

— Merde, tu as retenu cela ? 

— Je t'ai expliqué que j'avais une mémoire d'éléphant, lui rétorqué-je en passant mon pouce sur sa mâchoire inférieure.

 Elle me sourit et dépose un baiser sur mon pouce qui passe sur ses lèvres. Mon Dieu, comment un mouvement aussi anodin peut-il déclencher une véritable tornade en moi  ? Mon corps est tendu comme un arc. J'ai l'impression d'être sous cent mille volts. Je repasse sur ses lèvres et une fois de plus, sa bouche embrasse la pulpe de mon pouce. Automatiquement, ma prise autour de sa taille se referme plus, ma poitrine se presse contre la sienne, mes hanches sont collées aux siennes et comme je l'ai mentionné, je ne suis plus du tout capable de contrôler mon corps. Mon membre est dur et droit et trouve sa place contre son bas-ventre.

— Je suis curieux aussi, je veux savoir de quoi vous parliez.

— Beau gosse et curieux, cela va ensemble ?  me demande–t-elle.

— Allez dis-moi  ! oui le beau gosse est curieux  ! 

— Humm... on parlait de diverses choses. 

— Plus précisément  ? 

— Disons que nous discutions de choses entre filles. Cela te va comme réponse  ? me dit-elle en se pressant contre moi.

— Pas du tout. Je suis très exigeant et c'est beaucoup trop vague comme réponse, lui dis-je en plaçant ma main gauche sur sa hanche afin de la faire tourner et de me placer dans son dos. Une fois de plus, je constate que je trouve ma place tout aussi facilement dans cette position-là. Son corps se love au mien et je commence à avoir vraiment trop peu d'espace dans mon pantalon.

— Pas question de te donner plus de précisions. Va falloir gagner la réponse, mentionne-t-elle en déposant sa tête dans le creux de mon épaule.

Elle porte un t-shirt blanc à col bateau et le col descend de son épaule. Je déplace ses cheveux de l'autre côté. Une magnifique crinière blonde. J'aime passer mes doigts dans ses cheveux. Ils sont doux, souples, soyeux. Je dépose un baiser sur son épaule.

— Gagner la réponse  ?  D'accord, je vais me mettre au travail.

 Mes lèvres déposent une nuée de petits baisers sur son épaule. Lorsqu'elles atteignent la bretelle en dentelle de son soutien-gorge, mon étreinte se fait plus ferme, mes doigts se glissent sous la bretelle et la descendent jusqu'à la hauteur de son t-shirt. Je continue à l'embrasser, sa tête s'installe mieux au creux de mon épaule. Dans cette position, elle m'offre son cou, mes doigts et mes lèvres ne peuvent résister à cette invitation et prennent possession de celui-ci. Je respire sa peau, elle a une odeur douce, sucrée, elle me fait penser à un bouquet de roses.

 Je ne sais pas depuis combien de temps nous sommes enlacés ainsi, mais je n'entends plus notre chanson. J'entends « With or Without You » interprétée par Bono. Il fait calme, quelques couples sont toujours autour de nous. J'en vois certains qui quittent le restaurant. Moi je ne bouge pas, je suis bien dans ses bras. Son corps est chaud, musclé et mes mains ne peuvent s'empêcher de le parcourir. Elle me laisse faire, se colle à moi. Sa main droite passe et repasse sans arrêt sur mon bras droit et j'adore cette sensation. J'aime l'idée qu'elle puisse me désirer, j'aime l'idée qu'elle puisse avoir envie de me caresser, j'aime la caresse de sa peau sur la mienne. J'apprécie cet instant mais je veux plus, beaucoup plus. Je veux cette femme, corps et âme. Cette femme m'appartient à cet instant, mais je la veux pour demain, après-demain et pour les centaines de jours qui suivront.

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