CHAPITRE 59 :THOMAS

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"Parfois il suffit d'un instant pour oublier une vie,

mais parfois une vie ne suffit pas à oublier un instant."

Jim Morrison

 Le jour s'est levé il y a une bonne heure, mais je sais que c'est le meilleur moment pour elle pour dormir. Elle aime dormir le matin et dort de plus très bien à cette heure de la journée, elle ne m'a pas entendu rentrer. J'en profite pour la regarder, tout comme elle, elle le fait lorsque je me réveille à ses côtés. Ses traits sont calmes, reposés, ses cheveux sont emmêlés autour de son visage. Je me déshabille et je m'installe dans le lit, dans le sien, dans le nôtre. Je remonte le drap sur moi et je sens qu'elle bouge légèrement. Je suis allongé sur le côté, je la regarde dormir. Mes mains ne peuvent s'empêcher de la toucher, je suis tout à fait incapable de contrôler mon corps. Ma main gauche soutient ma tête et ma main droite dessine les contours de son visage. Mon pouce passe sur ses lèvres, aucune réaction au premier passage, mais au second, ses dents mordillent la pulpe de mon pouce.  Pourtant ses yeux sont clos. Cela me fait sourire, nous avons le même problème, totalement dépendants l'un de l'autre. Même endormi, notre corps réagit au quart de tour en sentant le corps de l'autre.

 Quelques secondes plus tard, elle se tourne vers moi, sa main me cherche, se dépose sur mon torse. Ses doigts font de petits mouvements et j'ai l'impression d'être brûlé, marqué au fer, je lui appartiens et rien ni personne ne pourra jamais changer cela. Ses doigts cherchent, scrutent, font des cercles, sa main monte vers mon visage et d'un coup ses yeux s'ouvrent. Elle a compris que je suis là, elle me sourit, bouge vers moi et sans aucun mot ses lèvres se déposent sur les miennes. Le nirvana existe et je sais que j'en suis l'heureux propriétaire. Ses lèvres ont le même goût que dans mon souvenir, nos corps se cherchent une fois de plus. Elle se glisse sur moi, au passage je lui enlève sa nuisette, puis je la serre dans mes bras, tout en me mettant sur elle et en la déposant sur le matelas. Mon corps est à sa place, j'adore sentir chaque parcelle de mon épiderme la recouvrir. Je mets fin à notre baiser, lui souris et passe mes mains le long de ses traits de chaque côté de son visage.

— Bonjour mon prince, bon anniversaire, me dit-elle.

— Bonjour ma princesse, merci, bon réveil, je lui dis en souriant.

— J'adore un réveil comme celui-là  !

— Un inconnu se glisse dans ton lit et tu le laisses faire  ? je lui demande tout en la regardant.

— Pas un inconnu, l'homme que j'aime. Mon corps est capable de savoir si c'est toi, à des kilomètres à la ronde et parmi des centaines de personnes. Je sais que ce n'est pas un inconnu, me dit-elle en passant ses mains dans mes cheveux et en essayant une fois de plus de remettre mes mèches rebelles en place.

— Tu m'as manquée ma princesse.

— Toi aussi, Thomas. Alors comment te sens-tu avec un an de plus  ? Papy va bien  ?

— Je vais te montrer ce que papy peut encore faire, je lui dis en l'embrassant à pleine bouche.

 Ma bouche a besoin de la sienne et ma langue s'enroule avec une facilité déconcertante autour de la sienne. Mes mains connaissent son corps par cœur et lui prodiguent des caresses en quelques mouvements. Je l'embrasse le long du cou, au milieu de sa poitrine et je continue à descendre le long de ses hanches. Je lui souris en lui disant : 

— Tu es en manque d'exercices, ma princesse, tu as un petit ventre qui se forme  ! On va remédier à cela. Je propose un cours intensif qui débute dès maintenant  !

 Je m'assieds sur mes talons tout en lui parlant, j'ai passé mes bras autour de sa taille.  Je la soulève, elle écarte les jambes et vient les enrouler autour de ma taille.

— Tu penses que je suis en manque d'exercices  ?

— Tout à fait, regarde, tu as un petit ventre que tu n'avais pas quand je suis parti de la Floride.

 Je caresse son ventre plusieurs fois, c'est vrai qu'il a une forme différente, mais il n'est pas mou, bien au contraire. La lumière du matin se faufile de plus en plus et dessine des ombres sur son corps. Je l'observe, elle a quelque chose de changer et je ne peux pas dire quoi. Ses seins sont plus fermes aussi, plus lourds lorsque je les caresse, je ne comprends pas directement ce qu'elle a de plus ou de moins depuis la Floride, mais il y a un changement.

— Tu oses me dire que je suis en manque d'exercices !!!! me demande-t-elle en caressant mes cheveux. Tu crois que c'est cela qui me fait avoir un petit ventre  ?

— Je ne sais pas, mais ce petit ventre n'y était pas quand nous étions en Floride. Remarque, je trouve que cela te va très bien, tu es splendide, rayonnante. Ta poitrine a changé aussi.

 Je la regarde d'un air interrogateur et poursuis tout en la caressant.

— Je ne vais pas me plaindre, loin de là, j'ai toujours trouvé que tes seins étaient parfaits pour mes mains.  Aujourd'hui c'est toujours le cas, mais il me semble qu'ils sont plus lourds, plus fermes, je ne peux pas l'expliquer.

 Elle me sourit avant d'ajouter :

— Un petit ventre et des seins plus fermes te font penser que je suis en manque d'exercices  ? me questionne-t-elle en jouant avec mes cheveux.

— Oui, tout à fait, il y a.... je laisse ma phrase en suspens et je reprends sa phrase, tu viens de dire quoi ?

— Je viens de dire « Un petit ventre et des seins plus fermes te font penser que je suis en manque d'exercices ? » c'est exactement ce que je viens de dire, confirme-t-elle en souriant.

— Ma princesse, non, enfin oui, ma princesse tu veux me dire quoi exactement  ?

 Mes yeux sont rivés aux siens, je l'ai déjà mentionné, je ne suis pas croyant, mais en ce moment je prie tous les Dieux que je connais afin qu'elle exprime ce que je veux entendre. Seigneur, pitié, dites-moi que j'ai bien compris et qu'en réalité ce n'est pas un manque d'exercices, mais un trop plein d'exercices qui fait qu'elle a un ventre et des seins fermes. Elle me sourit, son visage est illuminé, ses yeux deviennent humides, elle s'approche de mes lèvres, y dépose un baiser chaste et ajoute  :

— Joyeux quarante-cinquième anniversaire, mon prince  !

 J'ai fermé les yeux en remerciant Dieu  ! Mon vœu est exaucé, je vais avoir un enfant de Caroline, merci Seigneur  !

— Tu es sérieuse  ?

— Tout à fait, je te souhaite un excellent anniversaire, me murmurre-t-elle en souriant, mais ses yeux la trahissent et les larmes coulent le long de ses joues.

— Ma princesse, cela signifie ce que je crois ?

— Oui, Thomas, tu vas être papa ! Pour la septième fois, tu vas être papa !

 Je la serre dans mes bras et je l'embrasse autant que je peux sans manquer l'étouffer.

 Mes mains se déposent sur son ventre et le caressent lentement, je baisse les yeux vers son ventre et ajoute :

— Bonjour bébé c'est papa, j'espère que tu vas bien mon cœur. Je sais que ta maman prend bien soin de toi et à partir d'aujourd'hui papa est là aussi . Je t'aime mon bébé.

 Mes yeux rencontrent à nouveau les siens, elle est encore plus belle, enfin, si cela est possible. Caroline va me donner un enfant, je vais être papa.

— C'est génial, ma princesse, je vais être papa ! Merci, merci, merci.

Une fois de plus je l'embrasse et je poursuis  :

— Une fille, un garçon, on s'en fout ! Du moment que bébé soit en bonne santé, et toi tu vas bien ? Tu manges bien, tu dors bien ? Il te faut du repos, et de combien de temps es-tu enceinte, et pourquoi tu n'as rien dit ? Et c'est arrivé quand, et comment ? Enfin non comment je sais et...

 Mon flot de paroles est interrompu par ses lèvres. Elle me fait reprendre pied, je dépose mon front contre le sien et elle me parle calmement  :

— Notre nuit et notre journée de LA ont remis mon organisme en route. La nuit du nouvel an sur la plage a aidé à concevoir notre bébé. Je ne sais pas si c'est une fille ou un garçon, je suis enceinte de neuf semaines. Je ne voulais pas te le l'apprendre via Skype, tu m'as précisé que tu serais ici pour ton anniversaire, alors je me suis dit que cela te ferait un cadeau d'anniversaire sympa ? Non ?

— C'est le plus beau cadeau d'anniversaire. Merci ma princesse, tu fais de moi le plus heureux des hommes, merci.  Je jure de prendre soin de toi, du bébé, de tes enfants et des autres enfants que nous aurons, j'espère. Je t'aime Caroline.

— Je t'aime aussi, Thomas.

 Elle scelle ces mots par un tendre baiser qui de chaste passe à passionné en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Son corps a faim du mien et moi j'ai faim d'elle. Il ne nous faut que quelques secondes pour nous retrouver l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, lové l'un contre l'autre et il ne nous faut que quelques minutes pour nous retrouver sur le chemin de la jouissance. Elle y parvient en premier, mais mon corps la suit quelques instants après. On a fait l'amour plusieurs fois ce matin-là et en fin de matinée, elle s'installe dans mes bras en me déclarant :

— C'est l'instant que je préfère dans tes tournées, c'est lorsque tu rentres à la maison. Je t'aime, Thomas.

— Moi aussi, ma princesse, je t'aime.

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